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ISBN : 2277301698
Éditeur : J'ai Lu (01/11/1998)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 44 notes)
Résumé :

A l'extrémité de la Pointe du Raz, l'île de Sein est un rocher plat, sans arbres, désespérément sauvage. Là, sous l'Ancien Régime, vivent quelques familles de pêcheurs, âpres, durs, pilleurs d'épaves, superstitieux et violents.Dans ce lieu maudit, où l'évêque de Quimper ne se donne plus la peine d'envoyer un aumônier du culte tant les candidats sont rares, Thomas Gourvennec, simple... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Biblioroz
  19 octobre 2018
Nostalgique de sa Bretagne, Henri Queffélec écrivit ce roman à Paris pendant l'occupation. Il s'inspire alors d'un fait historique survenu au début du XVIIè siècle sur l'île de Sein : après le départ du recteur et en l'absence d'un successeur, le sacristain se vit provisoirement confier l'église et assurer les prières dominicales.
Récemment réédité chez Pocket, c'est l'occasion de découvrir ce petit roman et de se transporter sur cette île bretonne à une époque bien éloignée de l'attrait touristique que ce monde insulaire représente aujourd'hui.
Après le départ de leur prêtre, les îliens qui s'estiment bons chrétiens n'ont pas mérité cet abandon spirituel et réclament à cor et à cri un nouveau curé pour les guider. Mais cette paroisse retirée du monde et battue par les vents n'attire aucun recteur.
Thomas Gourvennec, sacristain et pêcheur, se lance, un dimanche, dans un sermon pour dénoncer certains actes païens suite au naufrage d'une chaloupe. Mais loin d'en être blâmer, toute l'île le réclame car il prêche aussi bien qu'un prêtre !
Mais « Il ne voulait pas se fourrer au presbytère comme un bernard-l'ermite dans un bigorneau. »
Tiraillé d'un côté par son honnêteté à ne pas usurper la place de prêtre et d'un autre côté par l'envie de répondre aux besoins religieux des paroissiens, Thomas attire le respect, l'admiration, mais également la jalousie de certains îliens.
C'est un petit roman qui s'apprivoise doucement au beau milieu de ces habitants rudes, qui ne mangent pas toujours à leur faim et que les voisins du continent considèrent comme des sauvages, essentiellement pêcheurs, pilleurs d'épaves lorsque l'occasion se présente. Des îliens, à la foi inébranlable, qui aux milieux des disputes ont un besoin puissant de religion pour les unir sur cette terre isolée. L'image des lits clos revient souvent, nous sommes bel et bien en Bretagne !
L'écriture est magnifique et donne vie aux éléments naturels : le vent qui se rue sur l'île, les tempêtes dans les ténèbres qui menacent d'engloutir cette terre, les vagues rugissantes qui transforment les rivages.
J'ai beaucoup aimé cheminer aux côtés de Thomas qui porte sa paroisse afin que ce petit monde clos ne sombre pas dans la folie. Le sujet est intéressant et porté par des mots et des personnages touchants.
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Commenter  J’apprécie          90
Nanali
  14 août 2017
Je découvre Queffelec avec ce roman et je dois avouer que je n'ai pas vraiment apprécié.
Pourtant je reconnais que c'est bien écrit et que les descriptions de l'île, des îliens, de la mer et des intempéries sont très belles.
Mais tout simplement ce n'est pas ma tasse de thé et je me suis ennuyée ferme pendant les 3/4 du livre.
Commenter  J’apprécie          141
Chri
  03 avril 2011
Vivre sur une île est toujours une expérience ethnologique. Celle-ci au ras de l'eau face au raz de sein avait tout pour façonner des hommes durs et donner du travail au curé comme à celui du Cucugnan. Des naufrageurs premiers on sait depuis qu'on leur doit leur rôle au front de la première guerre mondial : impliqués comme le cochon dans l'omelette au lard.
Aujourd'hui on note leur implication à la société nationale de sauvetage en mer. J'ai fait 2 fois le pèlerinage et je recommande ce site classique en lisant 'le recteur de l'île de Sein'.
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frandj
  25 juillet 2018
Henri Queffelec est un auteur français mort en 1992 et, accessoirement, père de l'écrivain Yann Queffelec. Il a beaucoup écrit, notamment sur sa Bretagne natale. Cela fait longtemps que le titre de ce livre avait attiré mon attention: j'ai fini par me décider. Au début, j'ai trouvé la lecture très peu attrayante. Le sujet parait étonnant. En ces temps déjà lointains, les habitants de l'île de Sein, confetti isolé au large de la Bretagne et battu par les tempêtes, sont privés de curé: aucun titulaire nommé par l'évêque ne veut rester sur place. Ce manque fait souffrir les îliens, ça parait bizarre mais c'est ainsi. L'auteur illustre à cette occasion l'immense influence de l'Eglise "ancien style" sur le petit peuple.
Le sacristain Thomas Gourvennec va peu à peu assumer (ou, du point de vue de l'évêque, usurper) la charge de curé. Thomas est un brave homme, qui bénéficie d'un soutien sans faille de ses ouailles - sauf d'un certain François qui le déteste. Le lecteur se trouve ainsi plongé dans la vie de cette micro-communauté, rude, agitée par quelques conflits et parfois en marge de la légalité; je ne raconterai pas la fin. Personnellement, je me suis vraiment intéressé aux personnages et à l'histoire racontée, qui est simple et pourtant originale. Et, en plus, Henri Queffelec écrit bien…
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CocoetYvette
  14 mai 2017
Un roman un peu oppressant ou le personnage principal est l'île en fait. Ille de Sein à l'écart du continent, balayée par les tempêtes. l'île et ses habitants des êtres durs qui n'ont qu'un seul et unique repère : la religion (catholique).
Seulement les curés de l'époque ne s'y précipitent pas alors la vocation va naître sur place en la personne de Thomas Gourvennec, simple pêcheur et sacristain qui décidera de prendre en charge ces âmes à la dérive. Il va se heurter à ces hommes et à ces femmes encerclés par les rochers... Sous la plume d'Henri Queffélec vous allez vivre des histoires de femmes, d'enfants d'hommes, d'amour, de jalousies, de religion et les récits de grandes tempêtes apocalyptiques.
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critiques presse (1)
LeFigaro   11 juillet 2016
Un recteur de l'île de Sein du Brestois Henri Queffélec constitue une déclaration d'amour à la Bretagne.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
araucariaaraucaria   29 octobre 2014
Il doute du témoignage de ses yeux qui virent le printemps sur l'île et il voudrait croire qu'il a vu des mirages. Il n'est pas possible que des aubes glorieuses, se déployant dans le fond du ciel, aient éclairé ce morceau de récif...
Commenter  J’apprécie          210
BibliorozBiblioroz   19 octobre 2018
La mer mangeait l’île. Eux, ils capturaient les poissons de la mer. Ils s’étaient installés sur le dos de la mer comme des puces sur le dos d’un chien et ils vivaient de sa substance tandis qu’elle cherchait à les abattre. Guerre sans paix ni trêve.
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ElidoreElidore   20 février 2019
Quel miracle cette île! Combien il avait raison, M. Pennaneach, le dernier curé, de soutenir que tous les enfants de l'île devraient porter, comme second prénom, celui de Moïse, sauvé des eaux. L'île de Sein, ni plus ni moins que la corbeille de Moïse, avait été protégée par Dieu. Elle eut dû mille fois couler sous la mer. Elle défiait les éléments, cette petite chose plate, ce récif maigre et venteux, elle était dans la mer comme Jonas dans la baleine, comme Daniel dans la fosse aux lions. C'était miracle qu'une fois pour toutes, un beau jour, les flots ne déferlent pas dessus, ne l'arrachent, ne l'entraînent pas dans les abîmes, et le miracle, et le miracle à chaque instant se poursuivait.
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ElidoreElidore   20 février 2019
Qu'ils eussent aimé se présenter à Dieu avec les mages! Un quatrième mage existait dans leurs rêves, un simple pêcheur, apte à suivre sur les collines désertiques les mêmes étoiles qui le guidaient sur les eaux, et qui ne pouvant rien offrir de rare, aucun parfum, aucun métal, eût offert à Dieu les pauvres biens de son corps, sa fidélité, sa ruse et sa force. Mais tandis que les autres n'offraient qu'une part de leurs biens, il avait tout apporté...
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BibliorozBiblioroz   18 octobre 2018
Le raz de Sein apparut. Les vagues dansaient, sautaient, la mer se creusait et se boursouflait, s'écrasait contre les récifs. Sur un large espace, damné ou sacré, elle semblait en ébullition et en furie constantes, clapotant, s'effondrant, se dressant, avec des gestes monotones et farouches d'ivrogne ou de sourd-muet.
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Video de Henri Queffélec (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Queffélec
Émission complète : http://www.web-tv-culture.com/naissance-d-un-goncourt-de-yann-queffelec-1317.html
Il est né à Paris mais ses racines sont belles et bien bretonnes. Yann Queffelec a toujours revendiqué cet attachement, il l?a prouvé dans plusieurs de ses ouvrages comme son « Dictionnaire amoureux de la Bretagne ». Plus jeune, il se rêvait aventurier sur les mers, prenant la plume au gré de ses escales. Car si la voile était sa passion, l?envie d?écriture était déjà présente, encouragée par une mère aimante et affectueuse. En revanche, côté paternel, ces velléités n?étaient pas bien vues. Pas facile pour le grand romancier de la mer que fut Henri Queffelec, grand prix de l?académie française en 1958 avec son « Royaume sous la mer » d?imaginer son fils marcher dans son sillon. Ce conflit père-fils qui perdura jusqu?à la mort d?Henri Queffelec a profondément marqué son fils Yann qui en a fait un livre « L?homme de ma vie ». Au-delà de ces souvenirs personnels, Yann Queffelec a aussi bien sûr écrit de nombreuses fictions mais toujours les relations familiales et le mal-amour se répondent en écho. Avec près d?une quarantaine d?ouvrages alternant romans, récits, essais ou poésie, le parcours d?auteur de Yann Queffelec est bien sûr marqué par le prix Goncourt, en 1985, avec « Les noces barbares ». Ce titre reste associé à la rencontre entre Yann Queffelec et l?éditrice parisienne Françoise Verny, une rencontre improbable, un soir d?hiver sur le quai d?un port de Bretagne, quand Françoise Verny eut cette phrase à destination du futur romancier « Toi, chéri, t?as une gueule d?écrivain ». On imagine la scène? Avec humour, tendresse et émotion, Yann Queffelec nous raconte les mois qui vont de cette rencontre portuaire inattendue à l?obtention du Goncourt, cette relation quasi filiale entre ce jeune auteur en devenir et cette éditrice, faiseuse de talents, à la personnalité bien trempée. Dans ce livre où le lecteur est pris à témoin par l?auteur, Yann Queffelec se dévoile, avec ses bons et ses mauvais côtés, il nous parle d?une époque peut-être révolue ou auteur et éditeur ne faisaient qu?un et il lève le voile sur le monde secret de l?édition parisienne. Tout cela avec une écriture pleine d?originalité, de sonorité et de poésie. « Naissance d?un Goncourt » de Yann Queffelec est publié chez Calmann-Lévy.
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