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EAN : 9782277301691
153 pages
Éditeur : J'ai Lu (01/11/1998)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 56 notes)
Résumé :

A l'extrémité de la Pointe du Raz, l'île de Sein est un rocher plat, sans arbres, désespérément sauvage. Là, sous l'Ancien Régime, vivent quelques familles de pêcheurs, âpres, durs, pilleurs d'épaves, superstitieux et violents.Dans ce lieu maudit, où l'évêque de Quimper ne se donne plus la peine d'envoyer un aumônier du culte tant les candidats sont rares, Thomas Gourvennec, simple... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Biblioroz
  19 octobre 2018
Nostalgique de sa Bretagne, Henri Queffélec écrivit ce roman à Paris pendant l'occupation. Il s'inspire alors d'un fait historique survenu au début du XVIIè siècle sur l'île de Sein : après le départ du recteur et en l'absence d'un successeur, le sacristain se vit provisoirement confier l'église et assurer les prières dominicales.
Récemment réédité chez Pocket, c'est l'occasion de découvrir ce petit roman et de se transporter sur cette île bretonne à une époque bien éloignée de l'attrait touristique que ce monde insulaire représente aujourd'hui.
Après le départ de leur prêtre, les îliens qui s'estiment bons chrétiens n'ont pas mérité cet abandon spirituel et réclament à cor et à cri un nouveau curé pour les guider. Mais cette paroisse retirée du monde et battue par les vents n'attire aucun recteur.
Thomas Gourvennec, sacristain et pêcheur, se lance, un dimanche, dans un sermon pour dénoncer certains actes païens suite au naufrage d'une chaloupe. Mais loin d'en être blâmer, toute l'île le réclame car il prêche aussi bien qu'un prêtre !
Mais « Il ne voulait pas se fourrer au presbytère comme un bernard-l'ermite dans un bigorneau. »
Tiraillé d'un côté par son honnêteté à ne pas usurper la place de prêtre et d'un autre côté par l'envie de répondre aux besoins religieux des paroissiens, Thomas attire le respect, l'admiration, mais également la jalousie de certains îliens.
C'est un petit roman qui s'apprivoise doucement au beau milieu de ces habitants rudes, qui ne mangent pas toujours à leur faim et que les voisins du continent considèrent comme des sauvages, essentiellement pêcheurs, pilleurs d'épaves lorsque l'occasion se présente. Des îliens, à la foi inébranlable, qui aux milieux des disputes ont un besoin puissant de religion pour les unir sur cette terre isolée. L'image des lits clos revient souvent, nous sommes bel et bien en Bretagne !
L'écriture est magnifique et donne vie aux éléments naturels : le vent qui se rue sur l'île, les tempêtes dans les ténèbres qui menacent d'engloutir cette terre, les vagues rugissantes qui transforment les rivages.
J'ai beaucoup aimé cheminer aux côtés de Thomas qui porte sa paroisse afin que ce petit monde clos ne sombre pas dans la folie. Le sujet est intéressant et porté par des mots et des personnages touchants.
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Nanali
  14 août 2017
Je découvre Queffelec avec ce roman et je dois avouer que je n'ai pas vraiment apprécié.
Pourtant je reconnais que c'est bien écrit et que les descriptions de l'île, des îliens, de la mer et des intempéries sont très belles.
Mais tout simplement ce n'est pas ma tasse de thé et je me suis ennuyée ferme pendant les 3/4 du livre.
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Chri
  03 avril 2011
Vivre sur une île est toujours une expérience ethnologique. Celle-ci au ras de l'eau face au raz de sein avait tout pour façonner des hommes durs et donner du travail au curé comme à celui du Cucugnan. Des naufrageurs premiers on sait depuis qu'on leur doit leur rôle au front de la première guerre mondial : impliqués comme le cochon dans l'omelette au lard.
Aujourd'hui on note leur implication à la société nationale de sauvetage en mer. J'ai fait 2 fois le pèlerinage et je recommande ce site classique en lisant 'le recteur de l'île de Sein'.
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frandj
  25 juillet 2018
Henri Queffelec est un auteur français mort en 1992 et, accessoirement, père de l'écrivain Yann Queffelec. Il a beaucoup écrit, notamment sur sa Bretagne natale. Cela fait longtemps que le titre de ce livre avait attiré mon attention: j'ai fini par me décider. Au début, j'ai trouvé la lecture très peu attrayante. Le sujet parait étonnant. En ces temps déjà lointains, les habitants de l'île de Sein, confetti isolé au large de la Bretagne et battu par les tempêtes, sont privés de curé: aucun titulaire nommé par l'évêque ne veut rester sur place. Ce manque fait souffrir les îliens, ça parait bizarre mais c'est ainsi. L'auteur illustre à cette occasion l'immense influence de l'Eglise "ancien style" sur le petit peuple.
Le sacristain Thomas Gourvennec va peu à peu assumer (ou, du point de vue de l'évêque, usurper) la charge de curé. Thomas est un brave homme, qui bénéficie d'un soutien sans faille de ses ouailles - sauf d'un certain François qui le déteste. Le lecteur se trouve ainsi plongé dans la vie de cette micro-communauté, rude, agitée par quelques conflits et parfois en marge de la légalité; je ne raconterai pas la fin. Personnellement, je me suis vraiment intéressé aux personnages et à l'histoire racontée, qui est simple et pourtant originale. Et, en plus, Henri Queffelec écrit bien…
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CocoetYvette
  14 mai 2017
Un roman un peu oppressant ou le personnage principal est l'île en fait. Ille de Sein à l'écart du continent, balayée par les tempêtes. l'île et ses habitants des êtres durs qui n'ont qu'un seul et unique repère : la religion (catholique).
Seulement les curés de l'époque ne s'y précipitent pas alors la vocation va naître sur place en la personne de Thomas Gourvennec, simple pêcheur et sacristain qui décidera de prendre en charge ces âmes à la dérive. Il va se heurter à ces hommes et à ces femmes encerclés par les rochers... Sous la plume d'Henri Queffélec vous allez vivre des histoires de femmes, d'enfants d'hommes, d'amour, de jalousies, de religion et les récits de grandes tempêtes apocalyptiques.
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critiques presse (1)
LeFigaro   11 juillet 2016
Un recteur de l'île de Sein du Brestois Henri Queffélec constitue une déclaration d'amour à la Bretagne.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   29 octobre 2014
Il doute du témoignage de ses yeux qui virent le printemps sur l'île et il voudrait croire qu'il a vu des mirages. Il n'est pas possible que des aubes glorieuses, se déployant dans le fond du ciel, aient éclairé ce morceau de récif...
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AproposdelivresAproposdelivres   19 février 2020
Il doute du témoignage de ses yeux qui virent le printemps sur l’île et il voudrait croire qu’il a vu des mirages. Il n’est pas possible que des aubes glorieuses, se déployant dans le fond du ciel, aient éclairé ce morceau de récif…
Sur le continent, des maisons humaines, des fermes qui se disent pauvres, mais où la lande étincelle dans les cheminées plus belle qu’à la floraison de Pâques ; les animaux, derrière la cloison, qui réchauffent les maîtres ; le fumier gras, dehors, qui suinte comme du beurre ; les petites fenêtres qui emprisonnent dans l’air le froid, la pluie et le vent, et les obligent, pour réclamer pitance, à ne passer qu’un bras maigre qui tâtonne ; villages terrés contre le sol, paysans et pommiers, monotonie heureuse et rabougrie du temps.
Dix années. Mais rien ne doit plus, aujourd’hui, le retenir dans l’île… Certitude illusoire. La mer, le dépaysement, la solitude morale ont détruit son courage et, si l’on résistait à son entreprise, en poursuivrait-il le dessein ? Qui sait si son refuge, loin d’être la prière, ne serait pas la folie. Auprès des lavoirs, tandis que les femmes battent et rincent, les innocents jouent dès le matin. Ils s’assoient sur des mottes de terre un peu hautes et, levant la tête, la tournent de droite à gauche et de gauche à droite comme s’ils voulaient la dévisser. Ils rient des vaches qui courent. Quel repos ! Quel éloignement des bouffées et des clameurs atlantiques ! Comme il est loin le pillage des heures, du bien-être et de la chaleur par les bandes armées du vent !…
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AproposdelivresAproposdelivres   19 février 2020
Dix années.
À la fin de la troisième année, c’est Anne Le Berre qui sort lever des lignes à cent mètres du port, derrière un rocher tranquille. La mémoire prétend que des alouettes, dans cet après-midi de juin, chantaient parmi les haubans du ciel. Une brume tombe, mouillée comme une grève après la marée, une brume qui sent le sable et le sel. Hypocrite, elle enveloppe tout. Les formes des maisons s’affaiblissent, s’exténuent. La brume se dissipe… Homme et barque ont disparu.
N’est-ce pas plus terrible encore, à la fin de l’antan, la mort de Louis Yvinec ! La disparition d’Anne se conforme à une sagesse de l’horreur : personne n’a rien vu ni rien entendu et personne ne sait rien. Mais personne n’a vu Yvinec sauter en pleine nuit dans sa barque ni s’éloigner à la voile… et tout le monde raconte qu’il a trouvé une épave, un baril, de malaga ou de rhum, et croisé pour attendre la nuit : il grimperait chez lui en cachette et enterrerait le baril. La tempête croisait aussi. On entendait gronder la bise comme un chien qu’un autre chien irrite. La tempête éclata… Personne, ce jour-là, n’a rencontré Yvinec et, si l’on demande aux pêcheurs d’où ils connaissent l’histoire de l’épave, ils crachent et se dérobent derrière des mots. Le prêtre ne les soupçonne pas de mensonge. Ils détiennent une science effrayante et lui, pauvre terrien, il ne lutte pas contre eux.
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ElidoreElidore   20 février 2019
Quel miracle cette île! Combien il avait raison, M. Pennaneach, le dernier curé, de soutenir que tous les enfants de l'île devraient porter, comme second prénom, celui de Moïse, sauvé des eaux. L'île de Sein, ni plus ni moins que la corbeille de Moïse, avait été protégée par Dieu. Elle eut dû mille fois couler sous la mer. Elle défiait les éléments, cette petite chose plate, ce récif maigre et venteux, elle était dans la mer comme Jonas dans la baleine, comme Daniel dans la fosse aux lions. C'était miracle qu'une fois pour toutes, un beau jour, les flots ne déferlent pas dessus, ne l'arrachent, ne l'entraînent pas dans les abîmes, et le miracle, et le miracle à chaque instant se poursuivait.
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BibliorozBiblioroz   19 octobre 2018
La mer mangeait l’île. Eux, ils capturaient les poissons de la mer. Ils s’étaient installés sur le dos de la mer comme des puces sur le dos d’un chien et ils vivaient de sa substance tandis qu’elle cherchait à les abattre. Guerre sans paix ni trêve.
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Video de Henri Queffélec (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Queffélec
Émission complète : http://www.web-tv-culture.com/naissance-d-un-goncourt-de-yann-queffelec-1317.html
Il est né à Paris mais ses racines sont belles et bien bretonnes. Yann Queffelec a toujours revendiqué cet attachement, il l?a prouvé dans plusieurs de ses ouvrages comme son « Dictionnaire amoureux de la Bretagne ». Plus jeune, il se rêvait aventurier sur les mers, prenant la plume au gré de ses escales. Car si la voile était sa passion, l?envie d?écriture était déjà présente, encouragée par une mère aimante et affectueuse. En revanche, côté paternel, ces velléités n?étaient pas bien vues. Pas facile pour le grand romancier de la mer que fut Henri Queffelec, grand prix de l?académie française en 1958 avec son « Royaume sous la mer » d?imaginer son fils marcher dans son sillon. Ce conflit père-fils qui perdura jusqu?à la mort d?Henri Queffelec a profondément marqué son fils Yann qui en a fait un livre « L?homme de ma vie ». Au-delà de ces souvenirs personnels, Yann Queffelec a aussi bien sûr écrit de nombreuses fictions mais toujours les relations familiales et le mal-amour se répondent en écho. Avec près d?une quarantaine d?ouvrages alternant romans, récits, essais ou poésie, le parcours d?auteur de Yann Queffelec est bien sûr marqué par le prix Goncourt, en 1985, avec « Les noces barbares ». Ce titre reste associé à la rencontre entre Yann Queffelec et l?éditrice parisienne Françoise Verny, une rencontre improbable, un soir d?hiver sur le quai d?un port de Bretagne, quand Françoise Verny eut cette phrase à destination du futur romancier « Toi, chéri, t?as une gueule d?écrivain ». On imagine la scène? Avec humour, tendresse et émotion, Yann Queffelec nous raconte les mois qui vont de cette rencontre portuaire inattendue à l?obtention du Goncourt, cette relation quasi filiale entre ce jeune auteur en devenir et cette éditrice, faiseuse de talents, à la personnalité bien trempée. Dans ce livre où le lecteur est pris à témoin par l?auteur, Yann Queffelec se dévoile, avec ses bons et ses mauvais côtés, il nous parle d?une époque peut-être révolue ou auteur et éditeur ne faisaient qu?un et il lève le voile sur le monde secret de l?édition parisienne. Tout cela avec une écriture pleine d?originalité, de sonorité et de poésie. « Naissance d?un Goncourt » de Yann Queffelec est publié chez Calmann-Lévy.
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