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EAN : 9782955490457
570 pages
Éditeur : Patrice Quélard (31/05/2019)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Occitanie, début du XIIIe siècle. L'hérésie cathare gagne du terrain. Est-elle une cause à défendre, ou un fléau à abattre ? Dans un récit choral teinté d'inexorable, les uns affûtent leurs arguments, les autres leurs lames. Et si beaucoup ont déjà choisi leur camp, il n'y aura pas de place pour les indécis.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
MarcelineBodier
  30 juin 2020
Les lectures pour le Prix des Auteurs Inconnus se suivent et ne se ressemblent vraiment pas... Catharsis : disputatio est le premier volume d'une trilogie médiévale, qui se passe entre 1204 et 1207, à un moment où les Cathares avaient pris de l'importance dans le sud-ouest, et où l'Église catholique essayait encore de combattre « l'hérésie » à coups de joutes verbales. le roman mêle grande et petite histoire : la grande, parce qu'il met en scène des personnages qui ont réellement existé, retrace des séances de disputes entre équipes championnes de chaque camp ainsi que les ressorts de la manipulation de l'adversaire, reproduit la vie dans les cours de province et les succès des troubadours, véritables rock-stars de l'époque. Il y a d'ailleurs plusieurs véritables « cansos » qui sont reproduits. La petite histoire, parce qu'une partie des personnages est fictive, et que l'auteur imagine aussi des histoires d'amour et d'ambition.
C'est un roman historique, qui plaira aux historiens, c'est certain. Mais c'est aussi une satire politique, au sens où il passe par un sujet dépassionné (les controverses qui ont émergé il y a 800 ans autour des Cathares ne sont plus vraiment brûlantes) pour critiquer le monde contemporain. Là encore, c'est extrêmement réussi. Bien sûr, si je vous dis « une société où un groupe religieux s'écarte de la religion majoritaire, qui, elle, le diabolise et veut l'empêcher de prendre toute influence » : on peut facilement trouver des résonances contemporaines. Mais cela va plus loin. Il s'agit aussi des liens qu'entretiennent les groupes concernés avec ceux qui incarnent le pouvoir de l'argent. C'est là que les personnages fictifs trouvent tout leur sens, d'ailleurs : ils permettent à l'auteur de mettre en scène un monde bien plus complet, réaliste et dans lequel nous pouvons nous reconnaître indirectement, que s'il s'en était tenu aux seuls religieux.
Tout cela m'a impressionnée, et j'aurais adoré avoir un coup de coeur. Mais il m'a manqué de l'émotion. Non pas qu'il n'y en ait pas : je guettais les passages où reviendraient Poncia et Bernat, Bertrand, Adalays. Mais l'ADN du livre, ce n'est pas ça : c'est la reconstitution historique, c'est la satire politique. Alors si vous ne me ressemblez pas, que vous redoutez les livres qui cherchent à vous tirer des larmes, et que vous attendez au contraire qu'ils offrent un cadre intellectuel solide, sérieux et à partir duquel projeter et décentrer nos maux contemporains pour mieux nous faire ressentir leur logique et leur vanité, alors précipitez-vous. Ce roman vous enthousiasmera.
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Franckync
  07 juin 2019
Titre : Catharsis Disputatio
Année : 2016
Editeur : Ed2a
Auteur : Patrice Quélard
Résumé : An de grâce 1204, l'hérésie cathare gagne du terrain en occitanie. Les légats du pape tentent de contrer la propagation de ce qu'ils considèrent comme une hérésie. Au même moment à Toulouse le commerçant Jean Taillefer prépare sa fille Poncia à prendre sa succession. A cette occasion celle-ci apprend à connaître son père, un homme prêt à toutes les forfaitures pour obtenir le monopole de la draperie de luxe.
Mon humble avis : Ceux qui suivent mes chroniques savent à quel point j'ai adoré Fratricide le premier roman de Quélard. Une lecture surprenante et addictive que je recommande encore une fois pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de découvrir ce texte. Depuis lors, dès que l'occasion m'en est donnée, je n'ai de cesse de dire du bien de cet écrivain talentueux, à mon humble avis, injustement méconnu. C'est dire le plaisir que j'ai eu de recevoir le premier tome d'une trilogie de Quélard consacrée au moyen-âge, période que j'apprécie particulièrement ( voir mes avis sur la quête ou la religion deux livres références sur cette période ) . Je commençais donc ma lecture avec un à-priori très favorable et quelle ne fut pas ma déception au bout d'une trentaine de pages : phrases longues et alambiquées, propos confus, personnages innombrables, mais où donc était passé la petite musique de Quélard qui m'avait tant plu ? Heureusement et je ne sais par quel miracle le désappointement fit rapidement place à l'intérêt dans un premier temps puis au plaisir dans un second temps. Comme si le texte se déliait, comme si l'auteur retrouvait sa liberté le reste du roman fut un vrai et immense plaisir de lecture. D'une érudition rare ( le travail de documentation de Quélard est impressionnant ce qui était déjà le cas avec Fratricide ), addictif mais aussi inventif, Catharsis est un roman aux qualités indéniables. J'avoue avoir été largement plus intéressé par le destin de Taillefer et sa fille que par les controverses théologiques entre chrétiens et hérétiques mais malgré ce petit bémol je recommande particulièrement cette lecture. Maîtrisé ( si l'on excepte le début évidemment ), la construction de ce roman aux multiples protagonistes démontre une fois de plus le talent et le savoir-faire de cet auteur pour plonger son lecteur dans cette époque passionnante et troublée. Il serait temps que Patrice Quélard soit reconnu à sa juste valeur, c'est à dire celle d'un maître conteur. Si ces petites chroniques pouvaient y contribuer vous feriez de l'auteur de ces quelques lignes un blogueur comblé.
J'achète ? : Oui et encore une fois je te conseille de lire aussi Fratricide du même auteur. Tu découvriras un écrivain rare, exigeant, et talentueux.

Lien : https://francksbooks.wordpre..
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Franckync
  01 juin 2017
Titre : Catharsis Disputatio
Année : 2016
Editeur : Ed2a
Auteur : Patrice Quélard
Résumé : An de grâce 1204, l'hérésie cathare gagne du terrain en occitanie. Les légats du pape tentent de contrer la propagation de ce qu'ils considèrent comme une hérésie. Au même moment à Toulouse le commerçant Jean Taillefer prépare sa fille Poncia à prendre sa succession. A cette occasion celle-ci apprend à connaître son père, un homme prêt à toutes les forfaitures pour obtenir le monopole de la draperie de luxe.
Mon humble avis : Ceux qui suivent mes chroniques savent à quel point j'ai adoré Fratricide le premier roman de Quélard. Une lecture surprenante et addictive que je recommande encore une fois pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de découvrir ce texte. Depuis lors, dès que l'occasion m'en est donnée, je n'ai de cesse de dire du bien de cet écrivain talentueux, à mon humble avis, injustement méconnu. C'est dire le plaisir que j'ai eu de recevoir le premier tome d'une trilogie de Quélard consacrée au moyen-âge, période que j'apprécie particulièrement ( voir mes avis sur la quête ou la religion deux livres références sur cette période ) . Je commençais donc ma lecture avec un à-priori très favorable et quelle ne fut pas ma déception au bout d'une trentaine de pages : phrases longues et alambiquées, propos confus, personnages innombrables, mais où donc était passé la petite musique de Quélard qui m'avait tant plu ? Heureusement et je ne sais par quel miracle le désappointement fit rapidement place à l'intérêt dans un premier temps puis au plaisir dans un second temps. Comme si le texte se déliait, comme si l'auteur retrouvait sa liberté le reste du roman fut un vrai et immense plaisir de lecture. D'une érudition rare ( le travail de documentation de Quélard est impressionnant ce qui était déjà le cas avec Fratricide ), addictif mais aussi inventif, Catharsis est un roman aux qualités indéniables. J'avoue avoir été largement plus intéressé par le destin de Taillefer et sa fille que par les controverses théologiques entre chrétiens et hérétiques mais malgré ce petit bémol je recommande particulièrement cette lecture. Maîtrisé ( si l'on excepte le début évidemment ), la construction de ce roman aux multiples protagonistes démontre une fois de plus le talent et le savoir-faire de cet auteur pour plonger son lecteur dans cette époque passionnante et troublée. Il serait temps que Patrice Quélard soit reconnu à sa juste valeur, c'est à dire celle d'un maître conteur. Si ces petites chroniques pouvaient y contribuer vous feriez de l'auteur de ces quelques lignes un blogueur comblé.
J'achète ? : Oui et encore une fois je te conseille de lire aussi Fratricide du même auteur. Tu découvriras un écrivain rare, exigeant, et talentueux.
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Marie-Nel
  02 octobre 2020
Dès les premières pages, on sent que l'histoire va contenir des faits précis, on sent tout de suite le travail colossal qu'a dû entreprendre l'auteur en amont. D'entrée de jeu, l'auteur nous donne la liste des personnages rencontrés et une carte des lieux visités. On se rend tout de suite compte qu'il va y avoir pas mal de personnages.
Je ne vais pas trop revenir sur l'histoire, pour ne rien dévoiler d'abord et ensuite, parce que je ne saurais pas trop comment vous la raconter. C'est compliqué à expliquer et surtout à entrer dans les détails. C'est un récit qui se vit au fur et à mesure. Tout ce qu'il faut savoir, c'est qu'on est au tout début du XIIIème siècle, en 1204 exactement, et que l'on se trouve dans le sud-ouest de la France, entre Carcassonne, Béziers, Narbonne, Albi. En ces temps là, dans cette région, vivaient les Cathares, ou les hérétiques comme les appelaient les catholiques. Les Cathares n'avaient pas du tout la même façon de penser que les Catholiques. Dans cette histoire, on va donc suivre un groupe de prélats qui vont sillonner les routes de cette région et se présenter dans les villes où il y a le plus d'hérétiques afin d'un convertir un maximum à la religion catholique. Je vous laisse imaginer les problèmes devant lesquels ils vont s'engouffrer, entre des batailles d'idées, des conflits entre personnes d'influence, leur tâche sera ardue.
Dans un même temps, on suit une jeune fille, Poncia Taillefer, à Toulouse. Son père a une bonne situation puisqu'il est tisserand, il fabrique des draps pour des personnes hauts placées, et a trouvé une teinture qui va lui permettre de changer la couleur de ses tissus. Il enseigne à sa fille tout son savoir, dans l'optique de lui céder un jour son affaire. Poncia s'entend bien avec son père, qui lui laisse beaucoup de liberté, à l'inverse de sa mère avec laquelle la jeune fille rentre souvent en conflit. Elle aime se promener dans sa ville, surtout les jours de marchés. Elle va y faire une rencontre inattendue qui va lui ouvrir des portes sur un autre monde. Et petit à petit, son père se révélera sous un jour nouveau, pas toujours comme il le faudrait pour Poncia.
Et on suivra enfin une bande de brigands qui a une mission bien particulière à mener, toujours en rapport avec les religions.
Avec ces groupes de personnages, on se rend compte de la différence qu'il peut exister dans leurs modes de vie. Les prélats ont une vie assez confortable, mais pour mieux faire passer le message de leur dieu, ils n'hésitent pas à faire leur chemin à pieds nus, à dormir dehors et refuser les abris. Poncia a la vie d'une jeune fille à la bonne situation, mais elle préfère côtoyer les personnes plus pauvres. Et enfin, les brigands, eux, ont une vie très pauvre, très dure, ils ne sont pas tendres entre-eux.
C'est intéressant de voir comment fonctionnent les différentes classes de la société d'alors au travers de ces différents personnages venant d'horizons bien distincts. L'auteur les a très bien dépeints, il est d'ailleurs très pointilleux dans les descriptions, celles-ci apportent beaucoup de réalisme à l'histoire sans pour autant apporter trop de longueurs. J'ai appris énormément de choses sur les Catarhes, sur leurs vies, sur leurs combats, sur leurs pensées. Il en est de même du côté des catholiques, avec les travers que peut avoir l'Église à cette époque. La société civile est quant à elle très bien représentée avec la famille Taillefer. J'ai beaucoup aimé la suivre, voir son mode de vie de cette époque, comprendre comment la société fonctionnait, avec ses mesquineries et ses secrets. J'ai suivi avec plaisir Poncia et l'ai vue évoluer dans les rues de Toulouse. J'ai aussi aimé voir comment vivaient les troubadours dans les châteaux. Leurs vies ne tiennent bien souvent qu'à un fil et sont tributaires de leurs bons mots. En bref, l'auteur a extrêmement bien détaillé chaque caste, dans ce qu'elle a de bien ou de moins bien.
Je ne peux pas dire que je me suis attachée à tous les personnages. Celui qui m'a marquée le plus et que j'ai aimé suivre en particulier est celui de Poncia. Elle m'a beaucoup touchée par sa force de caractère. Les autres sont tellement nombreux que je n'ai pas eu le temps de m'attacher à eux. On passe des uns aux autres suivant les chapitres, cela donne du rythme à l'histoire, mais cela m'a perdue plus d'une fois aussi. Je ne savais plus dans quel camp était le personnage que je retrouvais dans un nouveau chapitre, s'il était cathare ou catholique, certains noms se ressemblent beaucoup, je devais donc souvent revenir au début à la liste donnée par l'auteur pour savoir qui est qui. Cela ne me dérange pas plus que cela d'habitude, mais c'est pour moi toujours plus pesant à faire quand je lis sur la liseuse. Avec un livre papier, je trouve toujours plus facile de revenir en arrière, il y a beaucoup moins de manipulations qu'avec le numérique. Mais bon, cela n'a rien à voir avec le roman, c'est juste une question logistique lectrice.
Mon point négatif ira donc à ce grand nombre de personnages que je n'arrivais pas à assimiler. J'ai trouvé en plus que l'histoire mettait du temps à s'installer, j'ai commencé à véritablement rentrer dedans au bout des cent premières pages. Après, lorsqu'en fouillant sur internet, je me suis rendue compte que c'était en fait une trilogie, que je lisais donc le premier tome, j'ai compris que celui-ci servirait surtout à poser la base de toute l'histoire avec la présentation des personnages que l'on va suivre sur trois tomes. Il est donc tout à fait normal que la mise en place ait été plus longue que pour un roman classique. Je pense que si ça n'avait pas été une lecture pour le Prix des Auteurs Inconnus, j'aurais fait une pause dans ma lecture. Celle-ci demande en effet une certaine concentration et application de la part du lecteur, et j'ai lu ce livre à un moment compliqué pour moi dans ma vie personnelle et cela n'a pas aidé non plus. Donc, la « faute » de ce ressenti revient totalement à mon état du moment et non pas au livre et à l'auteur. Je pense d'ailleurs que je lirai les parties suivantes, pas tout de suite car j'ai besoin de lectures plus faciles, mais j'ai très envie de savoir ce qu'il va arriver à tous ces personnages. Car le final est plein de suspense, des faits de dernière minute corsent l'histoire et présagent ainsi un second tome très intéressant.
J'ai apprécié le style et l'écriture de Patrice Quélard, recherchés, aboutis, il a un grand talent. Il a très bien su adapter ses mots avec l'époque, tout en les expliquant à la fin du livre. Il a un vocabulaire très riche, des phrases très bien construites, le lire est vraiment très enrichissant sous tous les points de vue. Il rapporte et décrit très bien les différents enjeux sociétaux de l'époque, le climat social, la pauvreté du peuple contre l'extrême richesse du pouvoir. On sent que l'auteur s'appuie sur de grands écrits de spécialistes du monde cathare et c'est hautement appréciable et donne beaucoup de réalité à son récit. D'ailleurs, quand on lit la liste des personnages au début, l'auteur nous montre que certains ont existé réellement et ne sont pas inventés par lui, cela m'a épatée, car ça demande un travail encore plus précis pour arriver à mélanger des personnages fictifs aux réels. Peut-être m'a-t-il manqué juste une touche de passion ou de sentiments en plus, que j'ai trouvé dans les chapitres concernant Poncia, mais moins dans les autres. D'ailleurs, chaque chapitre nous emmène dans un autre monde, avec un nouvel enjeu, un nouveau défi à relever pour les différents personnages.
C'est une lecture vraiment très enrichissante. J'aime beaucoup quand mes lectures ont ce double rôle de me divertir et de m'enrichir de nouvelles connaissances. J'ai déjà lu des romans sur les Cathares et celui-ci est au même niveau que les plus grands noms d'écrivains. Je pense que je n'oublierai pas de sitôt cette lecture. Et dès que je serai sortie de ma période un peu chamboulée, je me procurerai la suite pour savoir ce qui arrive. Ce sont des périodes de l'Histoire qui me sont encore un peu méconnues, et je suis friande d'en apprendre plus.
Si vous aimez les romans historiques, les livres qui vous enrichissent, ce roman est fait pour vous. Je suis en tout cas très satisfaite d'avoir fait cette double découverte, celle de l'histoire des Catarhes et celle d'un nouvel auteur que je vais m'empresser de noter dans mes auteurs à suivre.

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RAPHIKI
  06 août 2017
Aujourd'hui, je remets le couvert dans la catégorie roman historique signé Patrice Quélard, genre littéraire dans lequel je ne me plonge que très rarement. Autant dire que malgré moi, mon regard n'en est souvent que plus intransigeant et cela tient au fait que le roman consiste déjà en soi, à mon avis, en un exercice technique élaboré, et l'intégration d'une coloration historique avec tout ce que cela comporte de rigueur et de maitrise d'éléments factuels n'enlève certainement rien à sa complexité.
Disputatio, premier volet de la trilogie CATHARSIS, est un ouvrage de très bonne facture revenant sur la tragédie cathare, un chapitre de l'Histoire française avec lequel je n'étais vraiment pas familiarisée (honte à moi, mais mieux vaut tard que jamais).
Oeuvre historique, absolument, puisque propulsant le lecteur à l'aube du XIIIème siècle, en Occitanie, en plein coeur d'un débat, voire d'une rixe, théologique opposant cathares, considérés comme hérétiques, une l'Eglise catholique romaine qui commence à cristalliser bon nombre de mécontentements et à compter dans ses rangs quelques détracteurs. L'auteur tente, avec une langue soignée et fluide d'appréhender les tenants et aboutissants de ce nouveau courant et d'en faire le portrait le plus fidèle au lecteur bien souvent novice, suivant avec application sa progression.
Mais Disputatio ne se contente pas de se travestir en simple récit, la dimension romanesque joue un rôle central dans l'ouvrage, dans sa dynamique, en ce qu'elle permet au lectorat, peu téméraire ou dissipé, de se projeter en pareil terre disputée, de trembler à l'idée d'une mauvaise rencontre à la lisière d'un bois ou encore de monter à la tribune en prenant la pleine mesure des arguments de chacun, et surtout, de ne pas se noyer dans un vocabulaire inédit et peu familier ou un simple enchainement de faits où il est tâche bien mal aisée que d'identifier chacun des protagonistes, tous arborant des patronymes similaires.
Disputatio est un roman séquencé, j'entends ici que nous suivons le parcours de différents personnages - d'une primitivité et férocité redoutables à bien des égards - et ce, simultanément : tantôt le chemin de croix (sans mauvais jeu de mots) de représentants catholiques partis à la reconquête du peuple, tantôt les péripéties de la famille Taillefer, propriétaire d'une draperie de luxe (avec en tête d'affiche, j'ai nommée la fille, Poncia et ses écarts) ; en passant par celui de routiers malfamés mandatés pour servir les bas instincts de quelque seigneur mal intentionné.
De cette lecture, je ressors encore avec cette problématique des rapports étroits qu'entretiennent Pourvoir et Religion, a fortiori de ses accapareurs, cette dernière étant par essence pourtant dépourvue de toute ambition de cette nature. Je me suis également considérablement enrichie et ai le sentiment de m'être appropriée un peu de notre histoire et de ne pas avoir seulement survolé la thématique.

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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
RAPHIKIRAPHIKI   06 août 2017
" Point de mitre ni de tonsure, ils portaient tous la barbe et les cheveux longs, parfois rassemblés grossièrement derrière la tête et formant un chignon ou queue de cheval, et pour tout habit ils n'avaient qu'une robe de laine noire, sans aucun signe ecclésiastique que ce fût. Mais ce qui obsédait littéralement Bertrand de Bizanet depuis un certain temps déjà, c'étaient leurs pieds. Car ils ne portaient que des sandales sur leur peau nue ! Et Bertrand en venait vraiment à se demander si la raison pour laquelle ses propres pieds n'étaient que des blocs de glace qu'il sentait à peine sous ses épais bas de laine et ses souliers fourrés, c'était ce maudit courant d'air, ou plutôt la simple vue de ces treize paires de pieds nus immobiles dans leurs sandales. "
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Video de Patrice Quélard (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrice Quélard
Après avoir délibéré il y a quelques semaines, le jury du ✨"Prix du roman de la Gendarmerie Nationale​"✨ composé de gendarmes​, de personnalités du monde culturel et des Editions PLON, a récompensé Patrice Quélard pour son œuvre romanesque "Place aux immortels". Vidéo mise en ligne sur la chaîne YouTube de la Gendarmerie nationale.
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