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ISBN : 9791094907023
Éditeur : Les Amazones (03/02/2017)

Note moyenne : 4.52/5 (sur 23 notes)
Résumé :
1915 - premier grand conflit mondial.
James Mac Kendrick est nord-irlandais et catholique. Sur un coup de tête, il s'engage dans une unité de soldats protestants de sa province et va découvrir que son pire ennemi n'est peut-être pas là où il croyait le trouver.
Émile Buffet est un conscrit français et un jeune homme bon vivant, transpirant l'assurance. Face aux horreurs de la guerre, il tente de résister jusqu'au jour où une lettre lui parvient et le f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
  27 février 2019
Puissamment étourdissant, explosif et émouvant.

Première guerre mondiale. 19 millions de morts. le destin croisé de trois soldats. Un Irlandais, un Français et un Allemand. Les horreurs de la guerre dans toute ses dimensions à travers les histoires personnelles de James Mac Kendric et Émile Buffet.

On notera l'absence dans le pitch, du nom de l'Allemand. Ludwig Halpern car histoire d'évacuer mon seul reproche, son histoire n'est pas assez développée, comme s'il avait été coupé au montage. Dommage car même si du point de vue du soldat, les guerres brits, françaises ou boches se ressemblent furieusement, j'aurais bien aimé mieux le connaître.

Ce roman est d'une intensité exceptionnelle. Vibrant hommage à tous ceux qui sont mort pour leur pays, leurs camarades, mais aussi pour rien, car tout homme est un frère et on ne tue pas son frère.
Avec des scènes chocs, des phrases chocs, un texte documenté, l'auteur a su habillement nous plonger dans les affres de la guerre, tout en, au début, évitant de nous overdoser en nous parlant de l'Irlande, qui ne se résumera plus à un simple IRA et Bloody sunday dans nos esprits (ou tout du moins le mien).
Les personnages d'Émile et de James sont magnifiquement bien dessinés (et on aurait aimé qu'il en soit de même pour Ludwig) et contribuent à la puissance narrative du roman.

On est dedans, vraiment dedans, du début à la fin et les 600 pages s'avalent presque trop rapidement en nous amenant à une conclusion logique, à la fois triste et pleine d'espoir.
L'ange pleureur d'Amiens (en couverture) peut être fier.
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Kittiwake
  03 février 2018
Il est quelquefois bénéfique de répondre à la sollicitation d'un éditeur pour découvrir une parution récente, surtout lorsque l'on imagine qu'un choix de hasard nous aurait peut-être incité à baisser les bras et les paupières pour abandonner le texte rapidement , faute d'intérêt.
Si l'entrée en matières est austère, sèche, factuelle, martiale et historique, pas une once de glamour ou de fantaisie, pas un récit de gonzesses, et alors que l'on sent le poids des 600 pages à venir, la persistance pour cause « comptes à rendre », est récompensée.
Certes le style reste dans la même veine, mais au delà des faits historiques, de la précision d'orfèvre pour nommer les armes et leurs caractéristiques, de l'analyse subtile de l'art de la guerre, apparait bientôt un récit profondément humain, à travers le destin de trois hommes, victimes de la boucherie du début du vingtième siècle. déboussolés, perdus, se raccrochant à un code d'honneur que n'appliquent pas ses « penseurs à l'abri de la bataille ». Absurde, inique, écoeurant, il n'y a pas d'adjectif assez fort pour qualifier l'irresponsabilité de nos dirigeants qui ont envoyées au casse-pipe la jeunesse de leur pays.
Et l'on souffre avec eux, de faim, de froid, on patauge dans la boue, et on crève de peur, assourdi par le vacarme ambiant . Certes les récits de la vie au front n'ont pas manqué en cette période de commémoration , mais c'est justement le style de l'écriture, à la fois détachée, mais qui donne l'illusion d'un témoignage (Mr Quélard n'a pourtant pas 120 ans, j'ai vérifié) , d'une histoire vécue de l'intérieur qui en fait la force.
Il faudra attendre pour que le destin des personnages présentés au début se croise, mais les quelques pages consacrées à leur parcours commun sont suffisamment intenses pour inonder le récit d' une lumière souveraine . C'est pour ce chemin partagé dans le mépris du devoir imposé et de l'obéissance aveugle que la persévérance est récompensée.
Il est peu probable qu'à distance je me souvienne des mérites respectifs d'un Lebel ou d'un Mauser, et j'aurai sans doute oublié la plupart des noms argotiques qui fleurissaient dans les tranchées, mais il est certain que ce récit de guerre restera dans ma mémoire, à long terme, par la force du propos et par la conviction que certains hommes parfois, conservent une lucidité que le formatage militaire (ou autre ) ne réussit pas à éteindre.
Merci donc aux éditions Les amazones et à Raphiki pour leur confiance .

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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llamy89
  23 octobre 2017
Ce livre avait tout pour rester hors champ de mes lectures : Roman historique traitant de la Première Guerre mondiale, j'ai immédiatement imaginé les tranchées boueuses de la Somme, des hommes-baïonnettes, du sang et de la misère humaine. Lorsque de plus, je me suis trouvée avec un pavé de 593 pages dans les mains, pour décrire la vie de trois jeunes hommes, durant cette période terrible, j'ai été à deux doigts de le poser sur ma pile à lire.
Seulement voilà, Patrice Quélard vous le dit d'entrée, il a une tendresse particulière pour James. Pourquoi ? Il faut donc ouvrir le roman, chercher la réponse. A votre tour, vous aurez un préféré et vous attacherez aux deux autres mais pas seulement. Owens, par exemple, est un personnage qui aide à comprendre la bêtise de ces officiers supérieurs qui ont fait la guerre à l'abri, loin du terrain, sans états d'âme.
Parce que bien sûr, ils sont tous très attachants et la barbarie de ce qu'ils vivent est tellement bien décrite : odeur de la peur et du sang, leur quotidien insupportable avec la vermine (rats, poux, gale), que les rencontres qu'ils feront sur leur parcours leur assurera un peu de bienveillance et de compassion, au milieu de l'horreur de cette guerre, grâce à ce paysan et sa nièce qui les hébergeront.
L'auteur réussit à plonger le lecteur dans l'ambiance de terreur des soldats lors des attaques pour gagner un peu de terrain boueux, c'est parfaitement documenté, on s'y croirait. Tous les soldats connaissent la peur, la bravoure et la fraternité.
Ces trois-là, vivront l'iniquité des ordres et la certitude de mourir, s'ils ne réagissent pas, chacun à leur façon. Les décisions qu'ils prendront impacteront les autres. James est un jeune homme idéaliste qui croit à la liberté ; Émile a été appelé sous le drapeau sans autre choix que d'obéir alors qu'il avait trouvé l'amour de Marinette. Ludwig, l'allemand conscrit lui aussi, parle parfaitement le français, déclame de la poésie.
Qu'ils aient été enrôlés ou volontaires, leur idéalisme, leur amour de la patrie et leur funeste enthousiasme, n'aura eu pour résultat que de semer la désolation. Seuls quelques-uns y auront retrouvé un peu d'humanité dans la camaraderie comme James et Owens. Patrice Quélard m'a embarqué, dans son hymne à la liberté, en rendant toute leur humanité et leur libre arbitre à ces trois soldats nés sur des sols différents. Je me suis attachée à Émile plus encore qu'à James, parce qu'il n'a pas oublié l'amour, qu'il s'est trouvé un frère.
En fermant ce livre, naïvement, j'ai pensé comme Les Compagnons : "Ah si tous les gars du monde décidaient d'être copains... Et partageaient un beau matin... Leurs espoirs et leurs chagrins... le bonheur serait pour demain..."
Ces jeunes hommes ont l'esprit ouvert, j'ai aimé les découvrir. James l'idéaliste Catholique rêvant d'une Irlande différente, sans guerre avec les Protestants ; Émile, l'amoureux rêvant d'une vie paisible auprès de Marinette ; j'aurais aimé en apprendre plus sur Ludwig et leurs vies d'avant.
Ce roman est un vrai coup de coeur.
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tynn
  31 janvier 2018
Le centenaire de l'armistice de 1918 approche et certaines lectures font figure de monuments aux morts.
Sollicitée pour un avis sur ce gros livre, la couverture en ange de la désolation m'a mise en situation de commémoration, en augurant bien du tragique contenu narratif.
Au milieu de tant d'autres, ils sont Émile le français, James l'irlandais, Ludwig l'allemand, tous trois tirés d'une vie civile pour participer à la Grande Boucherie de 14/18. Au plus près des soldats, c'est l'enfer quotidien des troupes aux entraînements et aux combats, les stratégies pour survivre, l'incongruité et l'horreur de la guerre.
Si la partie française est bien connue, tout ce qui concerne les tensions sociales et politiques de l'Irlande est passionnant, clairement mise en scène par la position inconfortable de James, sorte d'infiltré catholique dans un bataillon unioniste. Quant au « méchant » de l'Histoire, il acquière ici une part d'humanité bien légitime, mais me laissant un peu déçue de ne pas voir son personnage plus approfondi.
Une écriture visuelle, généreuse, minutieuse de détails, documentée. On sent l'érudition historique et militaire. Trop peut-être, car l'ensemble pèche parfois par une approche trop didactique, rendant les conversations de la soldatesque peu crédibles et bien trop nombreuses en milieu hostile. Surprenant également de voir évoluer la fiction de façon si improbable dans la fraternisation, traitée à la fois en mode tragi-comique et philosophique.
La capacité narrative de l'auteur est impressionnante, il donne au contexte historique une crédibilité oppressante et hyper réaliste. C'est pour moi le meilleur du livre, me laissant de côté face à une charge trop appuyée de bons sentiments.
Une lecture que je termine légèrement mitigée, mais qui me restera en solide rétrospective historique avec, en point d'orgue, une incitation très incorrecte à l'esprit de désertion auquel il est bien facile d'adhérer.
Je souhaite le meilleur avenir littéraire possible à un auteur dont le talent n'a rien à envier à d'autres plus connus.
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BlackKat
  20 octobre 2017
Ce livre m'avait été chaudement recommandé et quand Babelio l'a proposé en Masse Critique, je n'ai pas hésité un instant, même si mon intérêt pour la Grande Guerre est moins vivace que pour la Seconde.
Je ne regrette absolument pas, ce roman est fantastique pour son aspect historique, sa profonde réflexion sur l'engagement du soldat, volontaire galvanisé par un élan patriotique ou conscrit porté par l'obligation du devoir à accomplir. 
Une documentation historique riche et précise, une description tragiquement réaliste des conditions de (sur)vie et de combat sur zones de combat, une évolution de la psyché du soldat qui devient guerrier, qui perd foi et vie.
Davantage qu'un plaidoyer pour la paix, c'est la dénonciation de l'absurdité de la guerre qui prévaut avec Fratricide.
Ce roman frôle le coup de coeur absolu!
Pas seulement car il situe une bonne partie de son action dans mon "pays", la Picardie, avec la boucherie des combats dans la Somme, mais surtout pour le portrait touchant de James Mac Kendrick qui aura vécu deux guerres en une, le combat des catholiques en Irlande, persécutés par les unionistes protestants, et qui parasite profondément les relations entre les soldats de différentes confessions alors qu'ils se doivent d'être unis face à un adversaire commun, pour le bien de toute une nation. Deux guerres en une sur lesquelles se greffe le combat intérieur intense quand la prise de conscience de l'incompétence des généraux qui ne font plus la guerre en tête de leurs troupes, sabres au clair, mais confortablement installés dans leurs fauteuils, un cigare à la main, créé le refus de n'être "que" de la chair à canon.
L'horreur des combats, les conditions météorologiques apocalyptiques, le désastre d'assauts perdus d'avance, la bêtise des ordres aveugles, les victimes de tirs amis, les erreurs stratégiques et de commandement à l'autoritarisme pervers des petits chefs, la peur, l'attente et la fatalité de l'obéissance sont parfaitement décrits  au travers des personnages de James et Émile. L'angoisse se vit à chaque page. L'empathie est totale. Car nous vivons aussi la solidarité et l'amitié de ceux qui sont embarqués dans la même galère, leur courage et leurs actions héroïques.
Mais certains aspects du roman n'emportent pas mon suffrage.
En fait, je n'ai pas aimé les 200 dernières pages, lorsque nous nous éloignons des lieux où les combats font rage. Et ce, pour diverses raisons.
Autant nous suivons James et Émile dès avant les combats, nous apprenons à les connaître en temps de paix, dans leur contexte familial, politique et social, nous nous attachons à eux, autant le personnage de Ludwig Halpern arrive très (trop) tardivement, est analysé superficiellement et, à mon sens, ne sert que de faire-valoir au message que l'auteur veut transmettre, c'est à dire que nous sommes tous frères et on ne tue pas son frère. Ludwig Halpern est allemand, il est l'ennemi déclaré et, à ce titre, aurait mérité plus de place et de poids dans le déroulement des événements pour approfondir la réflexion sur la cruauté de la guerre et son prix inacceptable. Difficile également de s'attacher à un personnage qu'on n'a pas le temps de cerner réellement. C'est dommage.
En cela, la réunion des trois hommes ne semble pas naturelle, avec Ludwig qui déclame des textes poétiques à tout va, James qui reste discret et effacé à cause de la barrière de la langue et un Émile exubérant qui frôle l'hystérie!  
De plus, mon côté féministe n'a pas du tout apprécié le traitement réservé aux femmes pourtant quasi inexistantes de l'histoire. Poser comme généralité et vérité que la femme à l'arrière, isolée de son cher mari suant davantage de sang que d'eau au front et pour la patrie, ne peut que le faire cocu en se consolant dans les bras du premier chaud lapin venu m'a fait bondir! Option discutable ou pas, de toutes manières, je trouve le sujet malvenu et la note vaudevillesque inutile dans ce roman grave et tragique.
Surtout que l'auteur utilise un ton volontiers caustique tout au long de ce pavé et est largement suffisant pour alléger parfois les situations les plus dramatiques.
Un dernier bémol réside dans le ton parfois trop professoral et lourd employé dans l'évocation de certains faits historiques ou lorsque, par exemple, l'auteur analyse le vocabulaire des tranchées par une succession de termes argotiques. J'aime les romans historiques mais quand les évocations restent subtiles et naturelles.
Fratricide est un pavé de 600 pages qui ne se lâche pas. Mention spéciale pour le personnage de James l'irlandais et pour le personnage d'Owens, que tout soldat aurait aimé avoir pour supérieur, pour sa droiture, son courage et sa loyauté.
C'est un roman incontournable pour tous les passionnés d'Histoire magnifiquement symbolisé sa couverture: l'ange pleureur de Notre Dame d'Amiens (oui, oui, Amiens, dans la Somme, dans ma Picardie!) désespéré de la fragilité de la vie et des temps incertains...
Lien : http://livrenvieblackkatsblo..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
MiaMireilleMiaMireille   08 mai 2019
Personne non plus ne leur avait appris à crever de froid, à crever de faim, à crever de soif, à crever de fatigue, à crever de peur, à supporter la pluie, la boue, le gel, les charognes, les odeurs de putréfaction ou de corps négligés, les mouches, les asticots, les rats, les poux, le cafard, la misère affective et sexuelle, la crasse, la promiscuité, les cons. C'est quelque-chose qui ne s'apprend que quand on est dedans.
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MiaMireilleMiaMireille   08 mai 2019
Voilà ce que cette guerre fait de nous l'Irlandais. du bétail. du bétail qui marche d'un pas tranquille vers l'abattoir. Et peu importe que les bouchers soient français, allemands ou anglais, ils sont avant tout colonels, généraux et maréchaux. Alors si tu veux bien, n'en parlons plus. Il est l'heure d'y aller maintenant. Souhaitons-nous bonne chance !
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MiaMireilleMiaMireille   08 mai 2019
Ne vous en prenez pas à Dieu, dit l'Allemand. Prenez-vous-en aux hommes, et surtout à ceux qui les gouvernent. Nous sommes mal gouvernés, et vous êtes mal gouvernés. Vous pouvez même vous en vouloir davantage que nous, car vous avez au moins eu la possibilité de choisir par le vote.
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fnitterfnitter   03 mars 2019
C’est le nouvel uniforme, répondirent-ils aux autres qui s’en étonnaient, « bleu horizon » qu’ils appellent ça. C’est pour être moins voyants, pour se confondre avec l’horizon, quoi !
Et le froc toujours aussi rouge, observa l’un des « anciens », avec amusement, c’est pour se confondre avec quoi ? Les coquelicots ?
(…)
Et voilà ! Et nous, il nous manque plus que les oreilles, et on est des lapins de garenne !
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fnitterfnitter   01 mars 2019
Émile considérait avec un certain amusement ces gradés qui racontaient ces faits d’armes du passé avec une précision si scientifique et une fierté si exaltée qu’on aurait pu croire qu’ils y étaient, alors que tous les protagonistes de ces épopées fertilisaient les chrysanthèmes depuis bien longtemps.
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