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EAN : 9782259310185
432 pages
Plon (03/03/2022)
4.44/5   17 notes
Résumé :
À l'été 1919, Léon Cognard, ex-officier de gendarmerie idéaliste et fort en gueule, change de vie, direction l'Amérique du Sud.
Mais, bloqué à Saint-Nazaire, il se retrouve au cœur de la liquidation des stocks américains. Les troupes alliées rentrent en effet au pays, abandonnant derrière elles 600 millions de tonnes d'objets divers. Devant cette manne, la région de Saint-Nazaire se transforme en Far West, avec colonnes de camions qui se volatilisent et nivea... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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sur 17 notes
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Kirzy
  13 mars 2022
Que j'aime lorsque les auteurs s'emparent d'une thématique historique qui dépasse le simple décor contextuel et y déployent une intrigue embrassant toute les problématiques possibles avec profondeur. Patrice Quélard a choisi de structurer son roman autour d'un sujet fort, celui des bagnes coloniaux guyanais. Sujet à l'imaginaire fort, de Dreyfus sur l'île du Diable à Papillon / Henri Charrière à Saint-Laurent-du-Maroni.
Les incorrigibles, ce sont les fortes têtes, ceux qui se sont évadés plusieurs fois, ceux qui refusent le travail forcé et tiennent tête aux gaffes ( les matons ). Ils sont envoyés au bagne de Charvein, surnommé le « camp de la mort » pour être cassés, matés, voire pour s'en débarrasser, sans aucune volonté de les amender. En 1919, débarque en Guyane l'ancien lieutenant de gendarmerie Léon Cognard ( déjà personnage principal du précédent roman de l'auteur, Place aux immortels ) à la recherche d'un bagnard qu'il veut aider, Talhouarn. C'est pourtant lui qui l'a arrêté, mais désormais, il est persuadé de l'injustice de son sort.
Patrice Quélard alterne les deux récits : le parcours de Cognard et celui de Talhouarn. Ce dernier était engagé volontaire dans l'infanterie coloniale, condamné en 1908 pour outrage à un sous-officier puis en 1909 pour incendie volontaire. Ces deux voix permettent à l'auteur de ressusciter tout cet univers carcéral d'un autre temps. La reconstitution est passionnante, d'une grande méticulosité, embrassant un vocabulaire riche. Ce souci du détail et de l'exactitude apporte énormément de densité et d'intensité au texte.
le lecteur découvre effaré un système bagnard réellement terrifiant. D'abord les conditions de (sur)vie des forçats dans les différents bagnes guyanais entre sous-alimentation, maladies en tout genre, sévices, humiliations permanentes et exploitation tellement dure qu'elle confine l'espérance de vie moyenne à moins de six ans. Sans parler d'une corruption généralisée d'un système complexe de classement des prisonniers. Tout indigne et révolte, notamment la loi sur la relégation des récidivistes ( 1885 ) qui réprime en exilant définitivement sur le sol colonial sans espoir de retour en métropole. Ainsi la ville pénitentiaire de Saint-Laurent-du-Maroni, parfaitement reconstituée, n'est peuplée que de gardiens ou de bagnards libérés coincés en Guyane à l'expiration de leur peine.
Dans ce cadre déjà fort dense, l'auteur ne cherche pas à surcharger le récit de péripéties. le rythme est parfois lent, permettant un 360° afin de bien saisir le contexte et surtout de comprendre son formidable personnage, Léon Cognard. Un idéaliste atypique, anticonformiste qui déboule en Guyane à la Jean Valjean. Son humanisme lumineux croît à mesure qu'il s'implante en ces lieux désespérants, hors de toute civilisation. Son humour, couplé à sa lucidité, fait mouche dans de savoureux dialogues. Mais ce n'est pas un contemplatif éthéré. Son idéalisme, terrien, s'inscrit dans un pragmatisme mis au service des autres, en créant une coopérative agricole presque utopique qui réinsère les relégués et fonctionne tel un phalanstère fouriériste.
Un personnage qui fait du bien et parvient à percer la noirceur du cadre. Jusqu'au magnifique final qui passe le relais à Albert Londres, célèbre journaliste qui tirera de son séjour à Cayenne en 1923 un reportage dénonçant les horreurs commises sur les bagnards.
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fnitter
  02 février 2022
Doux amer.
On retrouve notre héros si attachant, attachiant aussi, dans quelques épisodes de sa vie d'avant guerre, aux brigades du Tigre, dans le cadre d'une aventure post retraite, avec départ en Guyane pour y aller réparer une injustice. La Guyane après la première guerre mondiale, un autre héros incontournable sera donc le système carcéral français et son célèbre bagne.
Encore une fois, l'auteur extrêmement bien documenté met en lumière des anecdotes pittoresques ou dramatiques de l'époque qui s'intègrent parfaitement à son histoire. Encore une fois, on se rend compte à travers son récit, que si chaque époque a ses particularités et ses excès, rien ne change vraiment.
j'ai trouvé que la première partie, édifiante quant aux comportements humains était un peu décousue et manquait un peu d'enjeu, mais elle est nécessaire pour comprendre et bien appréhender la seconde partie nettement plus attractive.
De l'humour, de l'action, mais aussi de la tristesse. Exit la gendarmerie. Cognard mérite-t-il un peu de bonheur ? Spoiler Alert : Oui.
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MarcelineBodier
  23 mars 2022
Pourquoi lire Les incorrigibles ? Parce qu'une thématique transversale et forte du roman est celle de la puissance des mots, de la parole, de la littérature, et que cela ne pouvait que me toucher.
➡️Au bagne, les évadés sont protégés par les autres s'ils s'acquittent d'un prix : « raconter ».⠀
➡️Quand Cognard essaye de sauver un voleur, c'est en se référant à Jean Valjean.⠀
➡️Et quand il rencontre une femme, tout se débloque quand elle trouve comment qualifier le silence entre eux : « Rien ne mettait Cognard plus mal à l'aise que les histoires sans paroles. Seul le verbe lui permettait de manoeuvrer, de tourner en dérision, de dédramatiser finalement, là où le silence le laissait désarmé. »⠀
Si vous êtes amateur de romans historiques, alors vous savez déjà qu'on peut faire confiance à Patrice Quélard pour ressusciter le passé, qu'il s'intéresse au Moyen-Age ou à la première guerre mondiale : quand il écrit un roman historique, on peut être certain que le cadre est impeccable et aussi fouillé que celui du Pierre Lemaître de Au revoir là-haut.⠀

Cette fois, il s'est appuyé sur une abondante documentation sur la Guyane et les bagnes, où se déroule l'essentiel de l'intrigue : notamment, Au bagne et L'homme qui s'évada (Adieu Cayenne) d'Albert Londres, qui avait rencontré lui-même plusieurs ex-bagnards dans les années 1920. Grâce à cela, il ressuscite littéralement les « incos », bagnards évadés plusieurs fois et emprisonnés dans le pire camp de Guyane.⠀

Mais c'est aussi un roman qui porte les valeurs humanistes de son auteur. Les termes dans lesquels son personnage prône l'éloignement d'une civilisation qui a basculé il y a un siècle dans « la mort industrielle » résonnent particulièrement au moment où sort le livre, évidemment. Tout comme résonne l'idée qu'en Guyane, il a certes trouvé l'inhumanité du bagne, mais aussi la possibilité d'un « réel bonheur […] dans l'osmose avec la nature préservée »...
Lien : https://www.20minutes.fr/art..
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Franckync
  20 mars 2022
Titre : Les incorrigibles
Auteur : Patrice Quélard
Année : 2022
Éditeur : Plon
Résumé : Été 1919, Léon Cognard est bloqué à Saint-Nazaire, dans l'attente d'un départ pour l'Amérique du Sud. Autour de lui, c'est le chaos. Les alliés rentrent dans leur pays, laissant derrière eux 600 millions de tonnes d'objets divers et parfois précieux. Avant d'embarquer, Léon se retrouve mêlé à une sombre histoire associant une révolution étrangère et le vol d'un train bourré d'explosifs. Et puis c'est le départ pour la Guyane, terre de bagne et de désolation. Là-bas, il découvre l'horreur du système carcéral métropolitain et fera tout pour améliorer le sort d'un condamné, un certain Talouharn, dont le destin funeste est intimement lié au sien.
Mon humble avis : Huit mois. Huit mois sans écrire une chronique, ni un seul petit avis sur ce compte. Pourtant les lectures se sont succédé, souvent à un rythme effréné, sans jamais me donner l'envie d'y revenir. Pas facile, et surement un peu perturbant d'être passé de l'autre côté de la barrière… Et puis, Cognard, ce bon vieux Cognard qui repointe le bout de son nez. Vous le savez peut-être, je suis un grand fan de Patrice Quélard, cet auteur breton qui, en quelques années est passé de l'anonymat le plus complet aux honneurs des prix et des maisons prestigieuses. Je le savais, je le pressentais, j'en avais fais part au principal intéressé à l'époque et suis vraiment ravi de voir sa carrière s'envoler aujourd'hui. Pour ce qui est de ces incorrigibles, on y retrouve tout ce qui fait le talent de l'auteur : la précision historique, la distance, le sens du rythme, la bienveillance du propos. Ajouter à cela le bagne, qui, vous en conviendrez est un cadre particulièrement propice pour raconter de belles histoires, et vous obtiendrez un roman brillant, à l'image de tous les romans de Quélard.
J‘achète ? : Depuis le temps que je vous le dis…

Lien : https://francksbooks.wordpre..
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FredericSoulier
  25 mars 2022
Fratricide, de l'auteur qui nous intéresse aujourd'hui, est le meilleur bouquin sur la Première Guerre mondiale que j'aie lu, juste après le feu, d'Henry Barbusse. Tu me diras, c'est normal, Barbusse il l'a faite cette salope de guerre, il était dans les tranchées, normal qu'on trouve dans le feu une authenticité qu'on ne peut trouver dans un bouquin écrit aujourd'hui. Fratricide brassait déjà certains des thèmes présents dans Les incorrigibles : la bureaucratie militaire ubuesque, la grande gabegie économique et humaine de la guerre, l'insoumission salutaire face aux ordres absurdes, voire une certaine exaltation de l'anarchisme.
Comme le précise Patrice Quélard dans sa dédicace, probablement rédigée dans une librairie tandis qu'une horde de blogueuses humides à l'intérieur attendaient leur tour, Les incorrigibles peut être lu indépendamment de Place aux immortels, le premier livre à mettre en scène Léon Cognard, gendarme dissident dont on ne saura jamais s'il portait la moustache (je suppose que oui, dans les années 1910, la moustache était aussi répandue que le ticket de métro sur les schneck contemporaines). Je confirme. Nul besoin d'avoir lu Place aux immortels pour prendre du plaisir et piger Les incorrigibles. Tout ce qui pourrait arriver, c'est que les nombreuses références au passé de Cognard vous poussent à ressortir la Mastercard.
Les incorrigibles est vaguement construit sur le modèle de Titanic, et c'est redoutable d'efficacité. de nos jours, des gendarmes découvrent des ossements dans la foret guyanaise, ainsi qu'une plaque portant un nom. Qu'est-il arrivé à cet individu ? Comment en est+on arrivé là ? Comptez pas sur moi pour cafter, je suis un Homme, moi, pas un pied-de-biche. vous le saurez à la toute fin du pavé.
L'essentiel du bouquin se déroule en Guyane, parce que je ne t'ai pas dit, mais ça parle du bagne, de la mangeuse d'hommes. Crois-moi qu'en ce temps-là, ils avaient pas snapchat et instagram en taule. Oui, on est vraiment passé d'une extrême à l'autre. Maintenant, tu violes une mémé, on te file un travail d'intérêt public, genre tu vas dans les écoles primaires expliquer que violer, c'est pas bien. Mais autrefois, ça rigolait pas, on te surprenait à vagabonder, on t'envoyait à l'ombre pendant quelques années, à l'autre bout du monde, en compagnie des assassins, des insectes gros comme des moineaux, au pain sec et à l'eau.
Extrait :
« La route Cayenne-Saint-Laurent était un vieux
serpent de mer. Commencée depuis plus de quarante ans,
elle atteignait péniblement les vingt kilomètres, sur
deux cent cinquante à couvrir. Elle était l'oeuvre des
forçats, terrassiers, concasseurs et remblayeurs qui,
harcelés par les moustiques en provenance des vasières
alentour, y crevaient littéralement par brochettes
entières. de sous-alimentation d'abord, largement
orchestrée par les matons qui, faisant payer leur peine
– car pour eux aussi c'était une punition d'être là –,
détournaient sans vergogne une grande partie des
vivres destinés aux travailleurs afin de les revendre au
marché noir, souvent à d'autres fagots mieux lotis.
De chaleur ensuite, pour ces blancs-becs qui pelletaient
et piochaient comme des damnés en plein
cagnard. de maladie enfin, et là il y avait l'embarras
du choix, entre la dysenterie, la malaria, la fièvre jaune
et l'ankylostomiase et son ventre gonflé de vers hématophages
qui vous anémient, tout en vous rongeant la muqueuse intestinale. »
Un instant, aux premières pages du livre, j'ai cru qu'on allait avoir droit à une de ces enquêtes procédurières que j'ai en horreur, et que Cognard allait s'en cogner une dernière avant la retraite ; et puis comme si cela gonflait l'auteur tout autant que moi, il se débarrasse de l'affaire des « vols de fournitures militaires » en un tournemain. Mon intelligence étant plus affûtée que la moyenne, j'ai rapidement compris qu'il s'agissait seulement pour Quélard de mettre en lumière quelques faits historique peu connus et pas très glorieux de l'après-guerre.
Rapidement, on entre dans le vif du sujet, et le bouquin ne vous lâche plus. Quélard a excessivement bien décrit l'enfer qu'était la vie de transporté. Je suis très sensible aux atmosphères, et le bouquin parvient admirablement à restituer celle du bagne. La chaleur moite et écrasante, la privation de lumière et de nourriture, les mauvais traitements, la malaria, le travail inutile et éreintant, littéralement tuant. Certes, cet endroit était rempli d'ordures qui méritaient bien pour la plupart la prison, mais fallait-il qu'il soit conçu par des ordures et gardé par d'autres ordures, le bagne pour qu'on y traite aussi mal des êtres humains.
Inévitablement, pour qui a lu Papillon, d'Henry Charrière s'impose. Je rappelle que Charrière a bien goûté aux joies du bagne, mais que certaines mauvaises langues de l'époque lui ont reproché d'avoir amalgamé dans son bouquin des anecdotes dont il aurait entendu parler et qu'il n'aurait pas personnellement vécu. Je n'ai pas spécialement d'avis sur la question, sinon que l'essentiel est d'écrire un bon bouquin, et c'est le cas. Ce qui est certain, c'est que le bagne, dans Papillon, m'a fait l'effet d'une colonie de vacances, alors que le bagne décrit par Quélard est beaucoup, beaucoup plus dur. On se dit souvent « non, c'est pas possible, il en rajoute, là ». C'est bien sûr négliger jusqu'à quelles extrémités peut aller la dégueulasserie humaine.
Extrait : « Retour au tombeau. Retour au silence, du moins au
sien, car l'interdiction de parler ne signifie pas le
silence. Il y avait le cliquètement des pattes des gros
cafards sur les murs, le chuintement des scolopendres
rampant sur le sol. Il y avait le ressac, le fracas des brisants
s'abattant sur les rochers de la côte, qui montait
jusque-là. Il y avait aussi, fréquemment, le martèlement
des lourdes averses tropicales qui tambourinait sur le
toit, parfois il se faisait assourdissant. Il y avait, enfin,
les hurlements des aliénés enfermés à la troisième division
cellulaire, un peu plus loin. Ils arrivaient jusqu'ici
avec une acuité redoutable. Ces cris inhumains et ces
rires déments – parfois ponctués des « Ta gueule ! »
d'un gaffe excédé qui devait s'accompagner de seaux
d'eau froide sur la tête du braillard – pouvaient à eux
seuls faire vaciller la raison de ceux qui avaient encore un semblant de santé mentale. Lors de son séjour à
Royale, Marcel avait entendu dire que, pour se venger
d'un forçat qui avait essayé de se plaindre au directeur
des manières de ses gardiens, on l'avait mis dans l'aile
des fous ; il n'avait pas tardé à sombrer comme eux. »
Les deux personnages principaux présentent des personnalités diamétralement opposées, Cognard étant sûr de lui et fort en gueule, Talhouarn (le prisonnier pour lequel le képi s'est pris d'amitié) étant aussi discret qu'inoffensif. Aussi bien au travers des excellents dialogues que de leurs agissements, ces personnages existent. Si Cognard est un humaniste, un vrai gars de gauche, c'est aussi un woke avant l'heure. Bon, je te le dis tout net, si c'est le genre de gendarme avec qui j'aurais bien bu quelques verres de pastaga, ses pompeux discours sur la tolérance, que tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil m'ont parfois couru sur la prostate. Dix ans plus tôt, j'aurais crié au visionnaire, au modèle à suivre, mais usé comme je le suis par la propagande bisounours pro-tout de Netflix et d'autres ravis de la crèche, j'ai fini par en avoir ma claque des leçons de morale assénées par monsieur Léon. Remballez vos nobles idéaux, monsieur Quélard, qui parlez à travers lui : l'Homme est pourri jusqu'au trognon, et il le restera tant que la sélection naturelle n'aura pas décidé que le racisme, la violence et les superstitions sont des concepts dépassés.
Extrait : « J'ai été gendarme, inspecteur à la mobile, puis
prévôt aux armées. J'aimais servir la France. J'aime la
France des Lumières, la France du serment du Jeu de
paume, de l'abolition des privilèges et de la Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen. J'aime la France
de l'abolition de l'esclavage, la France de la liberté de
réunion et d'expression, la France de l'interdiction du
travail des enfants, la France de l'école laïque, gratuite
et obligatoire. J'aime la France de Victor Hugo et de
Jean Jaurès, de Louis Pasteur et de Marie Curie.
J'aime la France d'Edmond Rostand ! J'aime la France
de la séparation de l'Église et de l'État, j'aime la France
des poilus de Driant et du bois des Caures. J'aime
beaucoup moins la France colonisatrice et impérialiste,
je le confesse, tout comme celle de Fouché, de la
Terreur et de la famille Bonaparte, et pas non plus
la France de Nivelle et Mangin qui prisaient si peu
le sang de leurs soldats. Mais la France du bagne de
Saint-Laurent, des îles du Salut et de Biribi, vous
voulez savoir ce qu'elle m'inspire ? Elle me fait honte.
Elle m'humilie en tant que Français.
« Comment avons-nous pu transformer un tel paradis
en un tel enfer, commandant ? Je vous laisse méditer
là-dessus, si d'aventure vous en avez les capacités. »
Au final, l'auteur s'est servi de sa marotte, L Histoire, pour proposer une grande histoire d'amitié et une ode à la liberté. Je veux pas dire, mais Pierre Lemaître a reçu le Goncourt pour avoir fait aussi bien que ça (libre au lecteur de ce retour de décider si Lemaître le méritait, moi je fais comme la Suisse, je me prononce pas).
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
enjie77enjie77   29 avril 2022
Saint-Nazaire 1919 - Les troupes américaines quittent la France

Ce sont des patrouilles conjointes entre des policiers du commissariat et des MLP américains car le racolage s'adresse essentiellement à nos amis d'Outre-Atlantique. Pour les bons franchouillards, il y a les maisons closes mais les Ricains sont interdits de bordels depuis l'hiver dernier. Comme ça choquait la morale puritaine de leur commandement, ils ont d'abord essayé de les faire fermer mais le sous-préfet a refusé, arguant que c'était un "mal nécessaire". Et puis y en a trente, hein, avec les pénuries c'était pas le moment de mettre tous ces braves gens à la chôme, tu comprends! Bref, depuis que les boys n'ont plus le droit d'aller faire mumuse avec les officielles encartées qui sont quand même soumises à un minimum de surveillance sanitaire, le problème a été déplacé, et ça a attiré toute une faune interlope qui vient braconner jusque dans les endroits les plus inattendus comme tu peux le voir. Leurs officiers voulaient empêcher les Ricains de rentrer par la grande porte pour qu'ils n'attrapent pas la chaude-pisse, mais ils ressortent par la petite fenêtre avec la vérole.

page 98
+ Lire la suite
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fnitterfnitter   04 février 2022
Jamais Léon n’y avait cru, jamais il n’y croirait. Pour lui, les paroles d’un alcoolique ne dépassaient jamais sa pensée. Jamais. Au contraire, l’alcool libérait par la parole ses opinions les plus intimes et les plus véridiques, quel que fût leur degré d’ignominie.
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fnitterfnitter   03 février 2022
On présentait la guillotine à ces hommes damnés comme une menace suprême censée les paralyser d’horreur, eux la considéraient comme l’auréole des martyrs.
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enjie77enjie77   28 avril 2022
Les forçats ne sont que des hommes, monsieur, donc sûrement pas des modèles.

Page 41
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clairemarquez75clairemarquez75   26 mai 2022
- Comprenez-moi bien, Cognard, vous êtes une sorte de paradoxe. Tellement utile que l'on n'a pas envie de vous virer, mais tellement pénible que l'on n'a pas envie de vous garder non plus. En tout cas, pas trop longtemps. Alors allez donc user un peu les autres, tout en leur apprenant des choses, tant qu'à faire.
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Video de Patrice Quélard (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrice Quélard
Après avoir délibéré il y a quelques semaines, le jury du ✨"Prix du roman de la Gendarmerie Nationale​"✨ composé de gendarmes​, de personnalités du monde culturel et des Editions PLON, a récompensé Patrice Quélard pour son œuvre romanesque "Place aux immortels". Vidéo mise en ligne sur la chaîne YouTube de la Gendarmerie nationale.
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