AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 978B08XTB9J97
Éditeur : Plon (18/03/2021)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Un texte magnifique sur une dimension mal connue de la Grande Guerre ; bouleversant d'humanité, il a enthousiasmé le jury et remporté le prix à l'unanimité.
Prix du roman de la Gendarmerie nationale 2021.
Au printemps 1915, Léon Cognard, lieutenant de gendarmerie bourlingueur et anticonformiste, quitte sa brigade bretonne pour rejoindre le front de Picardie et prendre le commandement d'une prévôté de division d'infanterie. Sa nouvelle position est des ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  16 mars 2021
Tout d'abord , grand , très grand merci aux Éditions Plon et à toute l'équipe de Babelio grâce à qui j'ai pu découvrir ce roman dans le cadre d'une Masse Critique Privilégiée.
Ce qui est formidable , dans la lecture , c'est de pouvoir se trouver un jour de 2020 , à Noël , dans l'est glacial de l'Islande et , le lendemain , en 1915 , à Albert dans la Somme puis Suippes , dans la Marne , sur le front d'une guerre meurtrière...Incroyable , mais vrai , nous voici mutés avec Léon Cognard , lieutenant de gendarmerie pour prendre le commandement d'une prévôté de division d'infanterie . Les fantassins en première ligne et les " empêcheurs de tourner en rond ", les gendarmes , " planqués " juste derrière....Relations difficiles , tendues voire plus entre les deux corps ......" C'est pas de la haine , mais ça viendra " ....
le personnage de Cognard va occuper une " grande partie de l'espace " tout au long du roman et devra affronter bien des obstacles pour effectuer ses missions et imposer ses convictions . C'est qu'il n'est pas banal , le lieutenant , jugez- en , je cite :
" Si n'être pas comme tout le monde , et ne pas faire comme tout le monde , c'était être un drôle d'oiseau , un "emmerdeur" , alors oui , il l'était .
Il avait " emmerdé " son père,
Il avait "emmerdé " ses professeurs .
Il avait" emmerdé " les surveillants généraux successifs de l'internat , presque tous , sans exception ,
A peine s'était- il engagé qu'il avait aussi " emmerdé " ses supérieurs, et volontiers ses subalternes aussi , bien qu'un peu moins , généralement.
Et le pire , c'est qu'il ne voulait pas les " emmerder " . Mais c'était plus fort que lui : il "emmerdait " le monde malgré lui .
Il en avait une conscience aiguë, mais pour que ce fut tenable , il n'avait pas eu le choix : il était devenu sûr de lui .Même quand il ne l'était pas , il devait montrer qu'il l'était, envers et contre tous ." ( p205)
Avec ses supérieurs militaires , pas de " quartier " . Ils le lui rendent bien...
Avec ses hommes par contre ... Pas d'ami plus fidèle que le " tripleficelle " Bellec. Quant au maréchal des logis à cheval Jouannic , ce sera une autre " paire de manche " ....
Voilà pour les hommes . Pour le contexte , c'est le front ou plutôt la ligne " juste derrière le front " celle où les gendarmes font tout ( mais vraiment tout ) le sale boulot . L'auteur a travaillé son sujet et ce roman " grouille " de renseignements plus intéressants les uns que les autres . Pourtant , ne nous méprenons pas , son principal talent a été d'éluder habilement toutes les scènes de combat , vues et revues , pour se focaliser sur la vie des gendarmes et leurs relations avec leur autorité de tutelle , cette " grande muette " qui , non seulement ne les respecte pas mais les méprise au plus haut point . Et ce n'est pas le " décès suspect " d'un officier et d'un soldat qui vont calmer les esprits , loin de là .
Dans ce récit passionnant , fort bien écrit, au phrasé et au lexique impeccables , drôle, tragique , on découvre, on apprend , on s'incruste , on réfléchit au poids de la vie , à l'absurdité de la vanité humaine , au besoin et à l'exercice du pouvoir tout puissant d'hommes envers d'autres hommes , à la soumission servile ou à la rébellion.
Ce récit est " plein " de messages , de références culturelles , c'est un récit, et j'insiste , ce n'est pas un énième récit de la première guerre mondiale avec toutes ses horreurs , ce n'est pas la description d'une " boucherie humaine ", non , c'est un roman vraiment plaisant , jamais ennuyeux , encore moins glauque . C'est un bel hommage au rôle si décrié des gendarmes à cette époque , une vraie belle réussite , selon moi , récompensée par le " prix du roman de la gendarmerie 2021 " . Pas un hasard quand on consulte la composition du jury .
Dans ce roman , vous allez vibrer en suivant un EMMERDEUR mais , ce qui est certain , c'est que vous ne vous EMMERDEREZ pas . Je vous l'avoue , j'ai lu ce livre , que dis - je , je l'ai dévoré en moins de ...24 heures ...
Je ne sais pas si vous voudrez " monter au front " avec le prévôt Léon Cognard , mais si vous le suivez , attendez- vous à " affronter des turbulences " , il ne vit que pour ça, il adore ça et , comme la regrettée Annie Cordy , il s'excusera d'un irrésistible " j'peux pas m'en empêcher " ....( clin d'oeil aux amies et amis belges ) ....Il vous l'a dit " c'est un EMMERDEUR" !!! ( 2eme clin d'oeil aux amies et amis belges et au " Grand Jacques "). Et maintenant , pour moi , " Au suivant "....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9516
Cannetille
  22 mars 2021
Au printemps 1915, le lieutenant Léon Cognard est détaché de la Gendarmerie Nationale pour prendre le commandement d'une prévôté à Albert, sur le front de la Somme. En charge de la police judiciaire militaire auprès des forces armées, et nettement moins exposées que les troupes qu'elles accompagnent, les unités prévôtales sont très mal considérées et rencontrent une franche hostilité parmi soldats et officiers. Déjà très malmenés dans l'exercice de leurs fonctions courantes, les gendarmes vont se trouver face à un mur lorsqu'il s'agira pour eux d'éclaircir les circonstances suspectes du suicide d'un biffin.

Parfaitement documenté et rédigé avec un grand souci du détail et de l'exactitude, ce roman historique a pour intérêt majeur de nous faire découvrir le rôle méconnu de la gendarmerie en temps de guerre. Mission difficile que de faire la police sur le front, quand l'hécatombe et l'enfer des tranchées semblent rendre bien dérisoires petits et grands délits. Comment ne pas comprendre l'animosité d'hommes rendus au bout de l'horreur et dont la vie ne tient qu'à un fil, lorsque des « embusqués » prétendent leur faire la leçon et sanctionner leurs fautes ? Il faut bien du doigté et du discernement pour être à la hauteur du défi, qui devient même gageure lorsqu'il est question d'enquête criminelle dans ces circonstances.

Le récit s'organise autour d'un personnage central, Léon Cognard, un peu idéaliste et très anti-conformiste, qui met toute sa psychologie au service de son rôle d'encadrement. L'homme, qui ne manque ni d'humour ni de lucidité, se compare souvent à Don Quichotte, mais il est avant tout un parangon de réalisme et de pragmatisme dans ce contexte apocalyptique. Il est accompagné d'autres figures marquantes, toutes campées avec finesse et précision. Il n'est pas jusqu'au facétieux cheval Rossinante qui n'ait fait l'objet d'une étude approfondie et d'une restitution soignée et crédible. Et c'est presque nostalgique de leur camaraderie et de leur esprit de corps que l'on quitte les membres de cette équipe si puissamment incarnée.

D'une parfaite exactitude et de facture classique, ce roman habité par des personnages aussi humains que nature et tendu par juste ce qu'il faut d'intrigue policière pour ne pas voler la vedette à la fresque historique, est une lecture aussi plaisante qu'intéressante sur les missions méconnues de la gendarmerie prévôtale.

Merci à Babelio et aux Editions Plon pour cette masse critique privilégiée.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          847
fnitter
  12 mars 2021
Instructif et immersif . Passionnant.
Nous sommes en 1915. La première guerre mondiale bat son plein, avec son lot de braves, mais un soldat sur le front, en rotation, sans règles… Alors la prévôtale veille au grain, mal aimée, conspuée, mais indispensable. Cognard, lieutenant de gendarmerie prend son poste. Et entre passe-droits, soûlards et enquête judiciaire, il aura fort à faire.
Le personnage de Cognard est assez jubilatoire, doté d'une verve, qui lui vaudra bien des ennuis d'ailleurs, et d'un entregent à géométrie variable.
L'atmosphère reste assez légère, essentiellement grâce au personnage principal, malgré la violence des combats et la noirceur théorique du propos.
Le récit est précis, réaliste, et le soin du détail apporté par l'auteur, entre anecdotes historiques et notes en bas de page amène encore de la crédibilité.
L'intrigue principale, que serait un bon polar historique sans une bonne enquête judiciaire, arrive un petit peu tard dans le récit, mais les bases posées sont solides et pallient efficacement.
Un polar, un pan de l'histoire, la gendarmerie prévôtale pendant la première guerre mondiale, assez méconnue du profane, à découvrir absolument.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          802
cardabelle
  25 mars 2021
.
Une immersion dans l'horreur des tranchées en 1915 , vous conviendrez qu'en ce moment on peut imaginer un meilleur divertissement .
Mais , c'est sans compter sur la personnalité atypique du lieutenant de gendarmerie Cognard qui va , tambour battant , mener un combat contre " la bêtise bureaucratique de l'armée française " entre autres .
Armé de ses certitudes , justicier dans l'âme , il devra se battre pour humaniser ses troupes . Mais , fort de sa réputation " d'emmerdeur " , il va bien sûr sortir des sentiers battus .
Cognard est un grand échalas , son cheval fantasque s'appelle Rossinante et son sous -fifre est petit et replet . Face à eux , point de moulins mais "la grande muette ". le parallèle s'arrêtera-t-il là ?
Notre Don Quichotte est cependant tout sauf un doux rêveur . Il porte à lui seul ce roman didactique .
Un personnage intelligent , attachant car sensible et humain .
A travers ses mésaventures , l'auteur offre une documentation très fouillée et précise du rôle de la gendarmerie lors de cette première guerre mondiale aux côtés des troupes au front .
Malgré la gravité du sujet , le récit est souvent émaillé d'humour . Pas toujours spirituel certes , un peu balourd aussi parfois , mais j'avoue avoir goûté quelques sarcasmes bien placés ou des comiques de situation .
Et , la personnalité du cheval vaut le détour : irrésistible le bestiau !

Il y a une intrigue . Pourtant , il ne m'a pas semblé qu'elle constituait l'élément essentiel du roman .
Certes , elle étaie les tribulations des héros mais l'intérêt majeur de cette lecture reste pour moi un document historique , et là , je salue le travail d'investigation de l'auteur . Et cette présentation pour le moins inattendue , cocasse ou parfois même bien déjantée allège un peu la gravité du sujet tout en permettant un devoir de mémoire .
Un bon moment de lecture dans le cadre de M C Privilégiée .
C 'est donc avec plaisir que je remercie les éditions Plon , Mélanie pour son petit mot sympa et l'équipe de Babelio .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          720
oran
  23 mars 2021
En primant Place aux Immortelles, lors de la première édition du Prix du roman de la Gendarmerie nationale, le Jury, composite mais émérite, ne s'est pas trompé en distinguant ce roman qui met à l'honneur de façon réaliste et historique la Gendarmerie.
Si l'intrigue repose sur des fait qui ont, plus d'une fois, inspirés romanciers et cinéastes, la mise en scène d'une prévôté de division d'infanterie lors de la Première Guerre mondiale est originale. La ville d'Albert au nord-est du département de la Somme où se déroulèrent de terribles combats (elle fut, plus tard, décorée de la Croix de guerre 1914-1918,  et de la Légion d'honneur ) sert de décor pour une bonne partie du roman, ainsi nous pouvons côtoyer, avec grand plaisir , des Picards et retrouver certaines expressions savoureuses qui ponctuent leurs conversations. Grâce à eux, je viens de découvrir que le mot mot "ch'ti" ou "ch'timi" aurait été inventé lors de ce premier conflit mondial par des Poilus originaires d'autres contrées afin de désigner leurs camarades nordistes. - Ce mot ayant créé à partir des mots démonstratifs picards "ch'est' ti" et "ch'est mi" qui signifient respectivement "c'est toi" et "c'est moi"-.
J'ai appris avec grand intérêt à travers ce roman les rouages d'une gendarmerie, j'ai découvert un vocabulaire « fleuri » qui correspond si bien aux hommes qui évoluent dans ce roman. Mais j'y ai trouvé aussi des termes techniques que j'ignorais et j'ai aimé approfondir cette lecture en allant quérir d'autres informations en lien avec cette histoire ( Faits historiques, rôle de la gendarmerie en temps de guerre, c'est ce que j'aime avec un bon livre …)
Le personnage de Léon Cognard , pétri d'humanisme mérite sans doute de porter toutes les décorations qu'on n'a pas voulu lui décerner et qu'il n'a pas daigné réclamer. le tout fait un roman attractif, instructif, digne de ce prix.
Personnellement, j'aimerai retrouver ce personnage sous d'autres cieux. Il est attachant. Alors Monsieur Patrice Quélard, nous donnerez-vous le plaisir de remettre en selle Léon ?
Un grand merci aux Éditions Plon et à Babelio pour ce formidable roman reçu dans le cadre de la Masse critique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          533

Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   22 mars 2021
L’armée restait l’armée, envers et contre tout. Même le prévôt d’armée s’écraserait devant le général d’armée, qui ne manquerait pas de défendre son général de division, qui lui-même de manquerait pas de défendre son maudit chef d’état-major. Oui, c’était injuste, mais c’était comme ça. La guerre à elle seule était une juridiction d’exception, et Clémenceau avait raison : la justice militaire était à la justice ce que la musique militaire était à la musique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
fnitterfnitter   17 mars 2021
La guerre… c’est tellement exceptionnel. Peut être que cela justifie des mesures d’exception. Après tout, dans le civil, on vous interdit de tuer, et là d’un seul coup, on vous paie et on vous décore pour le faire. J’avoue qu’il y a de quoi être désorienté.
Commenter  J’apprécie          310
mariechrist67mariechrist67   26 mars 2021
Si n'être pas comme tout le monde, et ne pas faire comme tout le monde, c'était être un drôle d'oiseau, un emmerdeur, alors oui, il l'était.
Il avait emmerdé son père.
Il avait emmerdé ses professeurs.
Il avait emmerdé les surveillants généraux successifs de l'internat, presque tous sans exception.
A peine s'était-il engagé qui avait aussi emmerdé ses supérieurs, et volontiers ses subalternes aussi, bien qu'un peu moins, généralement.
Et le pire, c'est qu'il ne voulait pas les emmerder. Mais c'était plus fort que lui : il emmerdait le monde, malgré lui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
1967fleurs1967fleurs   27 mars 2021
Quel que soit l'endroit, au front comme à l'arrière, il y avait au moins une chose qui se
perpetuait, c'est que ceux qui étaient sur le terrain, les mains dans le cambouis, subissaient les conséquences néfastes des décisions prises en haut lieu par des ronds-de-cuir en redingotes qui ne connaissaient rien d'autre que les quatre coins de leur tour d'ivoire.
Commenter  J’apprécie          190
fnitterfnitter   13 mars 2021
Dans la position redevenue calme, il y avait du bleu clair et du bleu foncé, du garance, du marron, du beige et du vert-de-gris, mais le sang, lui, était de la même couleur pour tout le monde… et de la même odeur.
Commenter  J’apprécie          293

Video de Patrice Quélard (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrice Quélard
Après avoir délibéré il y a quelques semaines, le jury du ✨"Prix du roman de la Gendarmerie Nationale​"✨ composé de gendarmes​, de personnalités du monde culturel et des Editions PLON, a récompensé Patrice Quélard pour son œuvre romanesque "Place aux immortels". Vidéo mise en ligne sur la chaîne YouTube de la Gendarmerie nationale.
autres livres classés : gendarmerieVoir plus
Notre sélection Polar et thriller Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2298 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre

.. ..