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EAN : 9782070365883
432 pages
Gallimard (07/06/1974)
3.91/5   122 notes
Résumé :
Depuis qu'elle avait vu un homme écrasé, vers les cinq heures de l'après-midi, devant la gare du Nord, Mme Cloche était enchantée. Naturellement elle disait qu'elle n'avait jamais vu une chose plus horrible que ça ; et il devait en être ainsi, car le pauvre Potice avait été soigneusement laminé par un autobus. Par une série de hasards soigneusement préparés, elle se trouva assise, vers la même heure, en face du même endroit, à la terrasse d'un café qu'une bienheureu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
"Alibiforains et lantiponnages, que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles ! se dit madame Cloche."

Dois-je me contenter de dire la même chose que madame Cloche, et en laisser mes réflexions à propos de "Chiendent" là ? Ou je m'accroche et j'essaie d'expliquer de quoi il en retourne ?
Que peut-on avancer en toute objectivité ?
Que c'est le premier roman de Queneau (1933). Et, comme "Zazie" ou "Les fleurs bleues", c'est une histoire folle et burlesque, qui retourne à son point de départ. Une histoire circulaire, ou presque. Mais le temps de faire le tour de ce manège quenesque déjanté, on s'est bien amusé avec tous ces personnages, présentés d'une façon pour le moins inhabituelle !

Et après, que dire... ?
Je ne sais pas comment Queneau a fait pour que son histoire prenne sens. Qui sont ces nombreux gens qui émergent du néant, ces "êtres plats" qui trouvent peu à peu consistance et volume, prénoms, famille; chacun sa propre vie et ses propres aventures qui commencent à s'entremêler à celles des autres ...?
Mais Queneau nous mène par la main du maître par tous ces méandres tortueux. On lui fait confiance, et on suit son histoire parsemée d'incidents et accidents (et même des morts !) sans souci; tout s'enchaîne à la perfection ! Par contre, de quoi parle vraiment le livre ?
Pourquoi le "chiendent"- cette mauvaise herbe qui prolifére sans effort, sans qu'on lui demande ?
On la voit pousser partout - c'est un peu comme la banalité de l'existence, la vie ordinaire...? Sauf que chez Queneau, encore une fois, la banalité prend les proportions inhabituelles; l'ordinaire se transforme en extraordinaire, et en parodiant le réel, il nous glisse dans le surréel !

Le roman est-il donc une sorte de manuel de philo existentialiste ou de la méthode de Descartes ? Une histoire d'un adolescent qui s'initie au monde des adultes ? Une histoire de la guerre contre les Etrusques, d'un mariage arrangé, ou, en toute simplicité, une histoire d'une mystérieuse et très convoitée porte qui cache un fabuleux hypothétique trèsor ?
Que d'aventures, dans la trivialité de l'existence !
Mais je ne suis pas sûre qu'Etienne (Marcel), Pierre (Le Grand), Dominique Belhôtel derrière le comptoir de sa baraque à frites, ni le père Taupe ont les réponses directes à vous donner.
Tout comme Bébé Toutout le nain, Peter Tom L'Anachorète le prestidigitateur, ni la bête sage-femme Cloche, qui n'est même pas un personnage principal (quoique, à sa façon... à condition que vous arriviez jusque cette fin surprenante...), car il n'y a pas de personnage principal ! Ils sont tous empêtrés dans les racines de chiendent, qui les empêchent de réaliser leurs rêves.

Encore une fois, j'ai bien aimé le texte de Queneau, ses situations où il transforme l'ordinaire en absurde, et son langage réinventé et phonético-poétique. Ce humour dont je ne suis même pas sûre que Queneau voulait que ce soit de l'humour...

Mais, tout comme son Etienne, j'aurais "bien des choses à lui demander. Au sujet de l'existence".
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C'est l'histoire une ombre plate et grise qui prend du volume et de la couleur en découvant que parfois les choses ne sont sont pas toujours ce qu'elles semblent être.
Une initiation à la reflexion philosophique
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Enfin terminé. J'ai du lire ce livre pour la fac et mon dieu que je l'ai détesté. Je n'ai pas du tout accroché à l'histoire qui est sans queue ni tête. Je n'ai pas du tout aimé le style de l'auteur qui retranscrit en plein milieu d'un passages des mots de l'oral. Ce livre aura été un vrai supplice pour moi.
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Premier roman de ce grand auteur français, il est injustement le moins connu et qu'on l'adore ou qu'on le déteste, il ne peut laisser indifférent.
Pas d'intrigue mais les péripéties de personnages ordinaires qui se croisent dans leur vie de tous les jours, Queneau les appelle lui-même « être plat », « être de réalité minime », ou « être de consistance réduite ». Ce sont de parfaits anti-héros que l'on observe avec amusement et que l'on croit même reconnaître à chaque coin de rue.
Quand l'ordinaire devient passionnant, la routine peut conduire à l'aventure et tout devient possible.
Un roman qui nous interpelle et nous fait voir la vie autrement. du grand Queneau !
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C'est le premier livre de Queneau (1933) et c'est déjà tout Queneau, c'est déjà quenellien à chaque page. Ce sont déjà les mots de Queneau et ses personnages qui sortent d'on ne sait où, qui prennent une dimension de plus le temps de sortir d'une foule de milliers d'individus. Et qui retournent à cette foule après avoir commenté de façon surprenante l'ensemble de leur histoire publiée dans le livre...
« - C'est pas moi qui ai trouvé ça, dit la reine. C'est dans le livre.
- Quel livre? demandèrent les deux maréchaux errants.
- Eh bien, çui-ci, çui-ci où qu'on est maintenant, qui répète c'qu'on dit à mesure qu'on l'dit et qui nous suit et qui nous raconte, un vrai buvard qu'on a collé sur not'vie. » (p.429)

Lien : http://rivesderives.blogspot..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
"Un vin d'honneur a été donné hier soir pour fêter les quarante ans de service de Rude Agricole, facteur à Blanc-Yeux. Le maire improvisa un petit discours empreint d'une charmante bonhomie. La plus charmante cordialité ne cessa de régner dans la charmante assemblée. Une sauterie termina cette charmante soirée. Le lendemain, Rude Agricole a repris son service en disant : En avant pour le cinquantième. Cette charmante parole lui a valu les applaudissements de tout le village accouru sur ces lieux charmants."[...]

" Isaac Poum se présentera à domicile tous les jours de cinq à sept. Il ne néglige rien et demeure expressif. Résultat garanti" [...]

Après avoir attentivement lu ce fragment du "Petit Echo de X...", Narcense en fit usage et le jeta dans le trou. Puis monta se coucher.
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Des corps sans nombre jonchaient la plage qui de jaune d'or en devenait noir-de-mouche; il y en avait des tout-petits qui pleuraient sans cesse, et des tout-grands qui dormaient tout l'temps. Il y en avait des qui avaient des seins et il y en avait des qui n'en avaient pas; il y en avait des en costume de bain et des plus habillés; il y en avait des difformes, et il y en avait des formes; il y en avait des épais, et il y en avait des transparents. L'ensemble n'était pas brillant. Assis sur une pierre plate et large qu'il avait choisie avec soin, Etienne suivait d'un oeil distrait l'activité amoindrie de ses collèques en balnéation.
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Depuis qu'elle avait vu un homme écrasé, vers les cinq heures de l'après-midi, devant la gare du Nord, Mme Cloche était enchantée. Naturellement elle disait qu'elle n'avait jamais vu une chose plus horrible que ça ; et il devait en être ainsi, car le pauvre Potice avait été soigneusement laminé par un autobus. Par une série de hasards soigneusement préparés, elle se trouva assise, vers la même heure, en face du même endroit, à la terrasse d'un café qu'une bienheureuse coïncidence avait justement placé là. Elle commanda-t-une camomille, et patiemment, attendit que la chose se renouvelât.
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-Alors comme ça, l'temps c'est rien du tout? Pus d'histoire demanda la reine.
- Qu'est-ce que ça fout? lui répondit-on.
Elle haussa les épaules.
Alors, ils quittèrent la clairière qui se trouve devant Carentan et franchissant les fausses couches temporelles de l'éternité, parvinrent un soir de juin aux portes de la ville. Ils se séparèrent sans rien dire, car ils ne se connaissaient plus, ne s'étant jamais connus. Un concierge prit loge, une sage-femme ouvrit boutique. Un homme s'aplatit contre les grilles d'une villa de banlieue dans laquelle, attendant avec patience la choupe vespérale, un enfant louchait vers une obscène photo. La porte grinça, l'homme s'aplatit.
Un masque traversa l'air, escamotant des personnages aux vies multiples et complexes, et prit forme humaine à la terrasse d'un café. La silhouette d'un homme se profila ; simultanément, des milliers. Il y en avait bien des milliers.
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Le chien du notaire est un caniche blanc, répondant au nom de Jupiter. L'intelligence de Jupiter est grande; si son maître avait eu le temps, il lui aurait appris l'arithmétique, peut-être même les éléments de la logique formelle, sophisme compris. mais ses occupations l'ont obligé à négliger l'instruction de Jupiter qui ne sait que dire ouah ouah de temps à autre et s'asseoir sur le derrière pour obtenir un bout de sucre. Cependant, si l'on peut douter de l'étendue de ses connaissances, on ne peut qu'admirer le soin qu'il prend de sa personne. Car pour le chic, il ne se refuse rien. Tondu à la lion, il fait la belle patte dans un rayon de quinze mètres autour de la maison notariale. Plus loin, d'énormes bêtes, jalouses de son élégance, le menacent de leurs crocs vulgaires et mal élevés.
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Vidéo de Raymond Queneau
Jacques Jouet & Laurence Kiefé -traduire Harry Mathews - "Les derniers seront les premiers" - à l'occasion de la parution de "Les derniers seront les premiers", d'Harry Mathews aux éditions P.O.L traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laurence Kiefé et Jacques Jouet , à Paris le 6 février 2024 et où il est question, notamment, de Harry Mathews, de traduction à deux, de contraintes et de haïkus, de Georges Perec et de l'Oulipo, de Raymond Roussel et de Raymond Queneau.
"On peut dire de la plupart des poèmes rassemblés ici qu'ils ont des origines biographiques, imaginaires ou d'ordre procédural. Une fois établies ces catégories simples, il est indispensable de ne pas tarder à les bousculer voire à les détruire. En fait, presque tous ces poèmes entrent dans plus d'une catégorie et parfois dans les trois." Harry Mathews

-"Collected Poems 1946-2016", de Harry Mathews est publié en anglais chez Sand Paper press -"The Solitary Twin", de Harry Mathews est publié en anglais chez New directions -"Case of the Persevering Maltese", de Harry Mathews est publié en anglais chez Dalkey Archive press
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