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ISBN : 2757841742
Éditeur : Points (09/05/2014)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Des paroles de Jésus oubliées par les évangiles canoniques, une histoire de la Vierge Marie à laquelle l'Eglise, sans toujours citer ses sources, donnera une grande importance théologique, l'agonie de saint Joseph, l'enfance agitée de Jésus, les récits détaillés de son procès, de sa passion et de son séjour chez les morts, tels sont les évangiles apocryphes. Quel intérêt présentent-ils ? Réminiscences de faits authentiques ? Rêveries populaires ? Documents historiqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
colimasson
  06 mars 2014
Qu'on ne s'imagine pas balayer, en moins de cent pages, la totalité des Evangiles apocryphes. France Quéré s'est interposée entre son lecteur et la quantité affolante de ces textes pour n'en retenir que les principaux : ceux qui servent à sa démonstration :

« Les Apocryphes étant fort nombreux, nous avons choisi de ne présenter que les plus anciens. Parmi ces derniers, nous avons encore éliminé l'Evangile selon Philippe, en raison de sa longueur et de son caractère ésotérique ; nous avons également laissé de côté l'Evangile de Barthélémy, récit abscons et fastidieux, qui a jusqu'à ce jour découragé les traducteurs de langue française. »

Les évangiles sélectionnés se déclinent ensuite en Agrapha (« On appelle Agrapha des informations sur Jésus qui nous viennent, non pas des quatre évangiles, mais des autres textes du Nouveau Testament, des variantes introduites dans les manuscrits, ou des Pères de l'Eglise. Ce sont de brèves sections narratives touchant la vie de Jésus, et plus souvent des bribes de dialogue ou des sentences du Seigneur »), en Evangiles de la nativité et de l'enfance, en Evangiles de la Passion pour finir avec le cas particulier de l'Evangile gnostique de Thomas qui, découvert en 1946, a bien failli devenir le 5e Evangile canonique. La lecture à froid de ces documents pourrait nous laisser sceptiques…c'est sans compter sur la présentation de France Quéré qui parvient à nous révéler tout l'intérêt des Evangiles apocryphes aux niveaux culturel, religieux voire politique. Ne pas oublier que, presque deux millénaires plus tôt, la naissance du Christ et tous les miracles qui entourèrent sa venue sur Terre constituèrent un chamboulement énorme que rien jusqu'à aujourd'hui ne semble encore avoir pu égaler. Peu importe que le Christ ait réellement existé, qu'il ne soit qu'un personnage romancé ou qu'un fantasme : les écrits qui en parlent sont, eux, bien réels, et si le Christ n'a jamais accompli les miracles qu'on lui attribue, les textes qui les rapportent ont provoqué tout autant de prodiges effectifs. Face aux Evangiles canoniques, que l'on reconnaît par la droiture de leur transmission et par leur conformité à l'enseignement apostolique, s'ébruite une myriade de textes que nous appellerions peut-être aujourd'hui « romans de gare ». Ils n'ont rien d'original puisqu'ils s'inspirent des textes sacrés mais brodent, à partir de ce canevas, des digressions qui renseignent sur la culture d'une civilisation particulière ou les tendances de mouvements religieux dissidents du judaïsme et du christianisme anciens. Les lambeaux de papyrus constituant les Agrapha nous renseignent ainsi sur la fragilité d'un christianisme naissant qui batifolait encore avec les croyances égyptiennes, et l'évangile des Ebionites, par exemple, nous fera découvrir un mouvement dissident qui niait la divinité de Jésus, bien qu'ils lui fassent professer le végétarisme pour mieux imposer leurs moeurs austères aux païens.

Les Evangiles apocryphes se succèdent et nous font prendre conscience de notre imprégnation, encore très actuelle, à ces textes rejetés par les canons. Dans l'art, la poésie, la musique ou la littérature, l'iconographie apocryphe semble avoir stimulé l'imagination des hommes pour les siècles qui suivent, tandis que le rituel de la crèche, avec son boeuf et son âne, sa grotte de la nativité et la couronne des mages, sont aussi issus de tous ces textes dissidents. de même, la figure de Marie, à peine ébauchée dans les évangiles canoniques, a pris l'importance qu'on lui connaît grâce aux évangiles apocryphesqui ont longuement décrit son enfance et le caractère miraculeux de sa destinée. La Passion, exacerbation intense de la souffrance du Christ et des siens, ne se serait peut-être jamais manifestée sans les textes apocryphes qui n'hésitaient pas à friser l'hérésie en rendant le Christ aussi humain que ceux qui en parlèrent.

Les Evangiles apocryphes constituent un ensemble de textes poétiques rédigés sur le fond commun de cet évènement que fut l'arrivée du Christ sur terre. La question de la croyance semble finalement peu impliquée : il s'agit de transmettre des idées sur la base d'un fond commun qui sera compris par le plus grand nombre. Il peut s'agir de surprendre par la narration d'évènements impitoyables et cruels, qui remettent en cause toute une iconographie officielle :

« 4.1. Une autre fois, Jésus se promenait dans le village, quand un enfant, encourant, le heurta à l'épaule. Irrité, Jésus lui dit : « Tu ne poursuivras pas ta route. » A l'instant, l'enfant s'écroula, mort. » (Evangile du Pseudo-Thomas)

…de se laisser aller à de véritables morceaux de poésie :

« Or, moi, Joseph, je me promenais et ne me promenais pas. Et je levai les yeux vers la voûte du ciel et je la vis immobile, et je regardai en l'air et je le vis figé d'étonnement. Et les oiseaux étaient arrêtés en plein vol. Et j'abaissai mes yeux sur la terre et je vis une écuelle et des ouvriers étendus pour le repas, et leurs mains demeuraient dans l'écuelle. Et ceux qui mâchaient ne mâchaient pas et ceux qui prenaient de la nourriture ne la prenaient pas et ceux qui la portaient à la bouche ne l'y portaient pas. Toutes les faces et tous les yeux étaient levés vers les hauteurs. » (Protévangile de Jacques)

…ou de véhiculer des idées métaphysiques sur un ton clair et direct :

« 24. Je retournai donc vers le corps de mon père Joseph, qui gisait comme une corbeille. […] Je dis à la Vierge : « Ô Marie, où sont maintenant tous les travaux de métier qu'il a faits depuis son enfance jusqu'à maintenant ? Ils ont tous passé en un seul moment. C'est comme s'il n'était jamais né en ce monde » » (Histoire de Joseph le charpentier)

Peu nous importe, finalement, l'adéquation de ces textes avec ce qu'ils décrivent. S'ils sont réels et influents, c'est par le conditionnement des siècles à venir dont ils furent à l'origine. France Quéré nous interroge : « Des imposteurs ? Si l'on veut. Mais ces malheureux sont pris au collet par la troupe des censeurs : leurs contemporains, épris d'ordre, et nous les modernes, avec nos critères scientifiques. »

Considérons ces Evangiles apocryphes comme de beaux morceaux de poésie fantaisistes et tragiques sans lesquels notre monde serait radicalement différent.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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peloignon
  20 novembre 2012
Comme chacun sait, le Nouveau Testament s'amorce avec quatre Évangiles nommés de quatre prénoms : Matthieu, Marc, Luc et Jean, mais il est beaucoup moins connu qu'il existe des tas d'autres évangiles qui n'ont pas été sélectionnés au sein du canon biblique, soit en fonction de leur apparition tardive (postérieure à l'établissement du canon au IIe siècle), soit en fonction de leur contenu controversé, maladroit ou insignifiant d'un point de vue religieux.
Ça serait formidable qu'il existe vraiment des textes crédibles écrits à partir de témoignages sur la vie de Jésus écrits par de gens comme Marie, Pilate, de Joseph ou encore Jacques et c'est probablement pour cette raisons que tous ces anonymes hurluberlus les ont écrits. Vraiment, même du point de vue du respect de la règle chrétienne, je ne vois aucune raison de censurer ces écrits ou de mettre le lecteur en garde contre eux. Leur candeur éclate au grand jour de manière si évidente qu'il faudrait vraiment vouloir y trouver une vérité historique pour y arriver.
Ces écrits exclus du canon sont qualifiés d'« apocryphes », (du grec ἀπόκρυφος / apókryphos, « caché ») un écrit « dont l'authenticité n'est pas établie » (Littré). Évidemment, plusieurs de ces textes ont aujourd'hui disparus où n'existent que sous formes de fragments.
Dans l'ensemble, deux ont particulièrement attiré mon attention, soit l'évangile de Pierre qui, bien qu'il comporte plusieurs maladresses, est probablement le plus ancien du lot et décrit la résurrection de Jésus en « live » et celui de Thomas qui est le seul dont l'inauthenticité ne saute pas aux yeux à la première lecture. Il s'agit d'un recueil de sentences données de manière d'apparence aléatoire et dont la grande majorité rejoint le contenu des quatre évangiles canoniques.
Enfin, l'évangile gnostique du IVe siècle attribué à Judas n'est pas compris dans ce recueil. Pour les intéressés, vous le trouverez en version pdf à l'adresse suivante : http://misraim3.free.fr/divers/evangile_de_thomas_2.pdf
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Bouteyalamer
  01 novembre 2015
France Quéré: Évangiles apocryphes (1983)
Ce petit livre contient les fragments d'une dizaine d'évangiles apocryphes. Mais peut-on donner le titre de Bonne Nouvelle à des commentaires apologétiques et redondants ou à des illustrations naïves, dénuées de sens moral? Certaines anecdotes sont à l'exact opposé du message christique de charité, par exemple dans l'évangile du pseudo-Thomas: Une autre fois, Jésus se promenait dans le village, quand un enfant, en courant, le heurta à l'épaule. Irrité, Jésus lui dit : "tu ne poursuivra pas ta route". A l'instant, l'enfant s'écroula, mort. le commentaire de la présentatrice est de la même eau: Les apocryphes expriment [un] régionalisme spirituel. Ce sont des petits vins de pays. Dommage pour eux que l'église n'admette pou sa messe qu'une seule appellation contrôlée. On a fait sans doute des découvertes textuelles ou une meilleure exégèse depuis trente ans car le volume de la Pléiade dédié à ces évangiles semble beaucoup plus complet. Il manque une histoire de la réception de ces textes, très cités par l'iconographie officielle, et surtout l'analyse du processus de sélection des textes canoniques: pourquoi quatre versions du livre saint et non une ou cinq et plus, et pourquoi y avoir associé un texte aussi vengeur et sanglant que l'apocalypse ? A revoir.
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Henri-l-oiseleur
  28 novembre 2015
L'intérêt propre de ces textes est mince, si l'on excepte le plaisir de lire un livre à la mode, puisque les apocryphes bénéficient d'un engouement que leurs qualités littéraires méritent peu. Ils ne sont pas apocryphes (cachés, écartés) pour rien : il suffit de les comparer à leurs homologues canoniques pour voir leurs limites et leur pauvreté doctrinale, et leurs stratégies plus ou moins subtiles pour annuler le message chrétien dans sa force de scandale, pour en faire un paganisme acceptable de plus. En revanche, avec Jean-Christian Petitfils, on remarquera que leur large "surface médiatique" n'est pas étrangère à la tendance constamment anti-chrétienne des médias et de leurs intellectuels soldés. Si l'on ajoute que certains de ces textes contribuèrent puissamment à inspirer l'islam à ses débuts, on comprend leur grand succès de librairie.
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   24 novembre 2014
9.1. […] A nouveau, Pilate interpella tout le peuple des Juifs : « Vous savez, dit-il, que c’est chez vous une coutume, à la fête des Azymes, que je vous relâche un prisonnier. J’ai sous les verrous un condamné du nom de Barabbas, et j’ai aussi celui qui vient de comparaître devant vous, ce Jésus en qui ne je trouve aucun motif de condamnation. Lequel voulez-vous que je relâche ?
-Barabbas, hurlèrent-ils. Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, celui que l’on appelle le Christ ?
-Crucifie-le ! répondent-ils.

-Les actes de Pilate-
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colimassoncolimasson   02 septembre 2014
Les Apocryphes étant fort nombreux, nous avons choisi de ne présenter que les plus anciens. Parmi ces derniers, nous avons encore éliminé l’Evangile selon Philippe, en raison de sa longueur et de son caractère ésotérique ; nous avons également laissé de côté l’Evangile de Barthélémy, récit abscons et fastidieux, qui a jusqu’à ce jour découragé les traducteurs de langue française.

-Introduction-
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colimassoncolimasson   06 mars 2014
Le gnosticisme prône une connaissance philosophique, réservée à quelques initiés, et rédemptrice. Ce système, obsédé par le problème du mal dont il veut justifier la Providence, repose sur un dualisme strict : à la matière mauvaise, œuvre d’un éon déchu ou d’un démiurge inférieur, s’oppose la semence spirituelle apportée par le Dieu suprême. Par la révélation produite par le Christ, l’âme peut se délivrer du monde souillé et rejoindre la sphère du divin, au terme d’une ascension fondée sur la connaissance et sur l’ascèse. La gnose a été accusée d’hérésie dans son système métaphysique et parce qu’elle fait dépendre le salut non de la grâce de Dieu mais de la découverte par l’homme seul de son essence. Ni la foi ni les œuvres ne sont utiles à la rédemption, ni la passion du Christ. L’existence charnelle de Jésus est niée et le monde matériel totalement dévalué.
Le docétisme récuse la réalité de l’incarnation et prétend que la passion de Jésus n’est qu’une apparence.
L’encratisme réprouve la vie charnelle et proclame l’illicéité du mariage.
Le sabellianisme soutient que la Trinité n’est pas l’union de trois personnes mais qu’elle forme une même essence divine, manifestée sous trois aspects successifs, Père, Fils et Saint-Esprit.
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colimassoncolimasson   22 novembre 2014
Les actes de Pilate, plus tard appelés Evangiles de Nicodème, se composent de deux parties tardivement rattachées l’une à l’autre. L’ensemble a vraisemblablement été écrit au IVe siècle, ou du moins une forme ancienne dont dérive la présente. Ces Actes auraient été rédigés en réplique à de faux actes que l’empereur Maximin Daïa (311-312) avait fait écrire pour vilipender le Christ, et qu’il avait imposés dans les écoles.
[…] L’intention apologétique est évidente : Pilate devient le témoin privilégie de l’innocence et de la divinité de Jésus.
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colimassoncolimasson   14 octobre 2014
[A propos de l'Evangile des Ebionites]

C’est un écrit grec de la première moitié du second siècle. Jérôme et Origène le vilipendent, comme œuvre hérétique. Le texte a vu le jour dans la secte ébionite ; gnostiques judaïsant, tirant leur nom d’un mot hébreux signifiant « pauvres ». Ces gens voulaient imposer aux païens avec leurs mœurs austères, le joug de la Loi et niaient la divinité de Jésus. Opposés aux sacrifices, ils font professer le végétarisme à Jean comme au Christ.
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