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EAN : 9782919090365
450 pages
Arkuiris (03/01/2022)
4.25/5   4 notes
Résumé :
Peintre, dessinateur, verrier, enlumineur… Jean Hey - aussi connu sous le nom de « Maître de Moulins » - est l'un des plus grands artistes français de la fin du XVe siècle. Les poètes de l'époque n'hésitaient pas à le comparer à van Eyck et à Léonard de Vinci. Il a côtoyé et représenté les personnalités les plus influentes de son temps : Anne de Beaujeu, fille de Louis XI ; les rois Charles VIII et Louis XII ; Anne de Bretagne, l'épouse de ces deux rois ; Marguerite... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
On ignore à peu près tout de Jean Hey... Seul un tableau de 1494 conservé aux musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles documente sa vie avec certitude : un "Ecce Homo" comportant au revers une inscription où il indique son nom, celui de Jean Cueillette (commanditaire) et suggère aussi l'origine flamande de sa formation (reproduction p. 300). Jean Cueillette connu pour avoir servi Charles VIII et son entourage, mena les historiens de l'art sur la piste d'un autre peintre dont la réputation s'était forgée entre Lyon et Moulins auprès du couple de mécènes formé par Anne de France (fille aînée de Louis XI et soeur de Charles VIII) et Pierre de Beaujeu futur duc de Bourbon, dans le dernier quart du XVe, "Maître de Moulins" dont les travaux sur la collégiale leur permit de faire le rapprochement entre les deux. L'identification des deux artistes en un seul définitivement établie à partir des années soixante on parle spontanément de Jean Hey aujourd'hui comme "Le Maître de Moulins" comme on peut nommer sans avoir à le démontrer et à plus de cinq siècles d'écart Soulages récemment disparu "Maître de Conques". La biographie romancée de Jean Hey, alias le "Maître de Moulins " probablement actif en France entre 1480 et 1501, restait à inventer.

Chose faite avec Y. Quero qui fait sortir des oubliettes une période assez peu visitée ou prisée des auteur(e)s, la pré-renaissance française, sans doute occultée par le rayonnement du quattrocento italien, mais échoue pour moi à donner relief et passion à son personnage central Jean Hey, grand portraitiste (portrait du dauphin Charles-Orland, p. 314) et auteur de scènes religieuses d'une lumineuse spiritualité (triptyque de Moulins peint v. 1500), intermédiaire entre l'art septentrional (du côté flamand H. Memling meurt en 1494, à Nuremberg c'est A. Dürer qui monte en puissance) et l'art italien qu'il voit introduit en France (Mantegna et G. Bellini sont ses contemporains). Jean Hey devient ici le raisonnable commentateur de son travail auprès de ses mécènes sans habiter celui qu'il est censé faire revivre. La chronique détaillée des événements historiques liés à la vie supposée du peintre jusqu'à sa mort est-elle trop envahissante ? Oui, même si parfois distrayante. Elle rappelle jusqu'à l'anecdotique le moment de transition politique et artistique qui balaye les dernières années du règne de Louis XI, la régence d'Anne durant la minorité de son frère Charles, l'accession au pouvoir dudit Charles VIII, la guerre menée contre son cousin Orléans qui deviendra Louis XII.

"Guerre folle" et rattachement de la Bretagne à la France, avancées de l'empire ottoman en Europe, relations du pouvoir royal avec le Vatican et les grandes principautés italiennes et, au gré des mariages arrangés (répudiation et divorce : Marguerite d'Autriche, Jeanne de France), des querelles dynastiques ou d'héritages revendiqués, les ambitions et prétentions géostratégiques des rois de France qui s'étalent (guerres transalpines de Charles VIII et Louis XII en particulier) : la toile de fond politique est riche ! Un peuple de têtes couronnées, mitrées ou princières, trois rois, quatre reines, moult dauphins et dauphines (une hécatombe d'enfants morts-nés ou en bas âge !), trois papes dont un Borgia, évêques et archevêques, prêcheurs (Savonarole) princes, ducs et chambellans entourent un Jean Hey figé dans une piété de bon aloi. Ses oeuvres peu connues du public, bien répertoriées par l'auteur il faut le dire, sont reproduites ici (peintures, vitraux, grisailles, dessin, miniature, sculptures, éparpillées de par le monde, rarement montrées*).

Vingt années de création sont relayées dans une fièvre d'échanges, commerciaux et artistiques, c'est bien vu, à travers la concurrence des grandes foires provinciales européennes. Un climat de religiosité mystique et de sorcellerie un peu caricatural, piètre reflet de la spiritualité du moment (avec la figure emblématique du calabrais François de Paule), tente de pimenter l'intrigue romanesque où Jean Bourdichon et l'art de l'enluminure sont pour le moins maltraités. le reste des personnages, les différents commanditaires, proches, confrères et amis du peintre (Jean Perréal, Jean Prévost, tout comme sa fiancée Philippine), ne rattrapent pas l'affaire. Alors on s'interroge durant la lecture, entre Gand où il se serait formé dans l'atelier de H. van der Goes, Autun où il réalise une Nativité pour le cardinal Jean Rolin (musée d'Autun) et, de Lyon (où l'archevêque Charles de Bourbon l'a pris à son service), jusqu'à la cour brillante de Moulins qui le voit réaliser son chef d'oeuvre lors des travaux d'embellissement de la collégiale (triptyque** et vitraux) : Qui est ce peintre étouffant sous les conventions et l'histoire ? On ne le saura pas. le livre ne parvient pas à pénétrer le lieu intérieur produisant la lumineuse éternité vers laquelle semble tendre l'oeuvre de Jean Hey. La "fenêtre sur le divin" est fermée, l'oeuvre reste lointaine, inaccessible à l'oeil d'aujourd'hui. le rendez-vous se fera ailleurs. Déception.

* (je renvoie à la lecture du catalogue d'une expo organisée en 2010 par la Rmn et l'Art Institute of Chicago : "France 1500 : Entre Moyen Age et Renaissance", où l'oeuvre de Jean Hey était exposée)

** le trésor de la cathédrale de Moulins, dans l'Allier, va fermer pour travaux durant deux ans. Son célèbre triptyque attribué à Jean Hey, entièrement restauré, y sera de nouveau présenté en 2024 (source : Connaissance des arts).
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Magnifique, j'ai adoré :-)

Un bel ouvrage, super bien documenté et surtout écrit d'une plume fluide qui trace l'Histoire au travers des oeuvres et de la vie d'un artiste peintre, Jean Hey. Artiste peu connu des béotiens et qui pourtant mérite le détour car sa vie n'a pas vraiment été un long fleuve tranquille. Faut dire que l'époque y est pour beaucoup, les rois se succèdent à une vitesse folle, les reines aussi et les peintres attachés à leurs personnes suivent le mouvement.

Non seulement l'auteur nous offre un cours d'histoire passionnant en nous faisant rencontrer plein de personnages marquants de cette époque si riche mais il nous ouvre les portes d'une profession complexe et aux éléments énigmatiques pour les non initiés à savoir les Maîtres peintres. C'est passionnant et ça se lit d'une traite même si parfois on peut se perdre dans les luttes de pouvoir et le maillage des mariages consanguins.

Une étude pointue à peine romancée pour un sujet passionnant, une analyse détaillée de la place des peintres à la cour au début de l'Epoque Moderne, une description fine et détaillée des tableaux attribués au Maître Hey, un roman instructif comme je les aime. Je vais donc ajouter « Hugo van der Goes, le grand primitif flamand » à ma liste de Noël déjà bien longue :-p
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"Le peintre de Moulins" est une passionnante biographie romancée du peintre, dessinateur et enlumineur Jean Hey, qui a été actif de 1475 à 1505. Je ne connaissais pas du tout ce peintre, bien qu'il soit reconnu comme l'un des plus grands artistes de son temps.
Alors, comment expliquer une telle lacune? Quelle énigme entoure cet artiste peu à peu tombé dans l'oubli?
Yann Quero, romancier et essayiste, dans son ouvrage aussi bien documenté que possible, étant donné l'état lacunaire des archives concernant Jean Hey, s'attache à resituer sa vie et son oeuvre dans un contexte historique de la fin du XVe siècle, à la cour de l'archevêque de Lyon Charles de Bourbon, puis celle du duc de Bourbon et d'Auvergne Pierre II.
Car on sait peu de choses de ce peintre: ni ses origines (on le suppose flamand), ni la date de sa mort. Seule certitude, il fut très influencé par le peintre flamand Hugo van der Goes.
Un roman illustré captivant, dans une langue simple et plaisante. Même si l'on ne se passionne pas pour la peinture, je le recommande. Vous passerez certainement un bon moment et ferez un agréable voyage dans le temps.
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Le commentaire de Martine :
Dans cette biographie romancée, nous allons découvrir Jean Hey, c'est un artiste très important à la fin du XVe siècle, il est celui qui a réalisé plusieurs oeuvres qui sont exposées dans divers musées dans le monde. Il faut prendre en considération que Jean Hey est un disciple de Hugo van der Goes va côtoyer des personnes importantes du Royaume, dont trois rois consécutifs de la France. Yann Quero s'appuie sur des faits réels, chronologiques et historiques, des personnages importants en les jumelant avec le parcours de la carrière de l'artiste. L'auteur va aussi parler de l'art, de l'histoire, de la religion, de politique, tout en notant certains mariages, naissances et décès qui se déroulent à cette époque dure et compliquée.
La biographie est étoffée de photos des oeuvres de l'artiste, c'est dans un récit original que nous allons suivre ce Jean Hey au cours de toutes ses aventures avec la monarchie de France. Pour ma part, c'est une lecture très attrayante et étonnante, cela m'a permis d'être invité à découvrir cet artiste et je dois dire que les faits historiques, les oeuvres, la chronologie, m'ont aidé à bien saisir le parcours de cet homme. Yann Quero nous offre une oeuvre très bien faite, il ajoute un épilogue en forme de postface avec des annexes qui sont bien documentées, c'est une richesse d'avoir ajouté cela pour la néophyte de l'oeuvre de Jean Hey que je suis.
Un bon moment de lecture qui m'a fait découvrir un artiste intéressant, Yann Quero est très talentueux et il connaît bien son sujet, cela se ressent. Je vous le conseille, cette biographie est très palpitante, car la vie des monarques français n'est pas de tout repos entre les querelles, les mensonges, les secrets, les amours, les relations difficiles, des familles royales, on ne peut que s'immerger dans le récit et poursuivre notre lecture afin de bien connaître les chefs-d'oeuvre de cette artiste.
Lien : https://lesmilleetunlivreslm..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
La différence n’est pas à chercher dans le talent de l’un ou de l’autre peintre, mais dans l’âme de celles que vous avez représentées. Ma mère était la bonté incarnée, cela se voit à l’amabilité de son sourire. La vie m’a obligée à durcir mon cœur dès ma plus tendre jeunesse. C’est cela que vous avez su montrer. Si ce tableau n’est pas aussi beau que vous l’auriez souhaité, ce n’est pas de votre faute, c’est de la mienne.
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Notre seul garçon est mort voilà très longtemps. Depuis mon ventre reste désespérément plat, et je peux vous dire que ce n’est pas faute de tout essayer, y compris les concoctions de poireau ou de mandragore, les suppositoires au laudanum et les fumigations aux asperges. Rien n’y a fait depuis plus de dix ans.
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