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ISBN : 2070356787
Éditeur : Gallimard (24/04/2008)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Un corps nouveau se dessine. Longtemps vécu sur le mode de la souffrance, du mystère et de la mort, subi, le corps est, depuis un siècle, l'objet d'une révolution. Mieux connu grâce aux progrès de la médecine, expliqué, inventorié, il est entretenu et soigné, réparé et appareillé. Il n'est plus seulement le lieu du dépérissement et de la finitude humaine; l'attention qu'on lui porte – pharmacologie, chirurgie, obstétrique, génétique, bio- et nanotechnologies, cosmét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Luniver
  22 août 2016
Page 1 : Assumez votre corps sans complexe.
Page 7 : Comment perdre 10 kilos en deux semaines avant la plage.
Page 15 : Recettes du fondant au chocolat.
Si à première vue, le corps semble aujourd'hui soumis à des directives plutôt contradictoires, personne n'est vraiment dupe : la véritable injonction est la seconde. Car si le principe « Faites ce qu'il vous plaît » est toujours d'actualité, on a tout de même une vision très nette de ce qui vous plaît : un corps sain, jeune et sportif. Pas question d'infliger quelque chose d'autre aux gens de bon goût.
Car depuis un petit siècle, on a l'impression (l'illusion) que cet objectif est largement à notre portée : le corps humain est mieux connu, et soumis à toutes sortes de mesure (taux de cholestérol, de globules blanc et rouge, de fer, de zinc, indice de masse corporelle, et j'en passe) qui donnent de belles moyennes dans lesquelles entrer. En connaissant également mieux la composition de nos aliments, on pourrait alors voir notre corps comme une machine aux multiples boutons, dans laquelle il suffirait d'apporter un peu moins de ceci et un peu plus de cela pour atteindre le réglage parfait.
Mais en quoi cette quête serait-elle néfaste me demanderez-vous ? Tout d'abord, il ne faut pas négliger le côté commercial et publicitaire dans le secteur de la nutrition. Régulièrement, de nouvelles molécules miracles nous sont annoncées (les vitamines, les sels minéraux, les oméga 3, …) suivies de près par des avalanches de nouveaux produits « enrichis en » dans les étalages. Parfois tellement enrichis que les médecins doivent sonner l'alarme d'ailleurs (voir les dentistes et le fluor). Il est difficile finalement pour le consommateur moyen de s'y retrouver et de faire des choix éclairés dans toute cette masse d'informations.
Ensuite, cet objectif nous demande des privations continues pour une récompense qui arrive rarement, voire jamais. Personne n'atteint le stade d'une santé parfaite qui permettrait enfin de profiter de la vie sans avoir à se préoccuper du nombre de calories et du taux de sel ingérées. Tous les succès sont temporaires et fragiles et la chute est inévitable, que ce soit pour le sportif de haut niveau ou le citoyen moyen qui entame un régime.
On retrouve finalement la bonne vieille culpabilisation des agréments que peut offrir le corps, pour lui préférer l'esprit : ce dernier doit dominer son alter ego, le maîtriser, le faire taire. On notera que les petits plaisirs (gratuits) de la vie quotidienne sont récupérés par ce sentiment d'utilité : les journaux nous informent désormais qu'on peut boire du vin à condition de le faire pour conserver une bonne santé vasculaire et qu'on peut faire l'amour car avoir trois orgasmes par semaine diminue le risque de cancer de la prostate de 15 %. Par contre, désolé pour vous, mais aimer le bourgogne pour son goût, et la langue de votre partenaire favori qui vous envoie au septième ciel, c'est du dernier vulgaire.
Si le thème vous intéresse, cet essai vous permettra de l'approfondir en détails : l'auteure y aborde d'autres thématiques liées, telles que le dopage, l'anorexie, … le style n'est pas très facile d'accès au départ, le niveau de vocabulaire étant assez relevé. On s'y fait cependant assez rapidement.
Le corps occidental n'est décidément pas très aimé, et le répit qu'il aura connu autour de mai 68 aura été de courte durée. Il faudra songer un jour à créer des groupes de résistants qui n'hésiteront pas à citer en public Michel Galabru : « Il ne buvait pas, il ne fumait pas, il ne mangeait pas et il est mort très jeune, ça lui apprendra. »
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
LuniverLuniver   20 août 2016
Le matérialisme qui pose problème en médecine est celui qui inclut les phénomènes psychiques. Rien ne choque, semble-t-il, à imaginer la chair découpée, curetée, recousue, greffée, l'os raboté et redressé, les prothèses ou organes artificiels insérés dans le corps humain. Le corps est irréductiblement matière de ce point de vue. L'idée d'une explication biochimique et génétique de nos pensées, angoisses, plaisirs, du caractère, de la volonté, de l'imagination et de la mémoire et, pourquoi pas, de la création artistique, de la religion ou de la philosophie, plus problématique, pose, elle, immédiatement deux questions : celle de la possibilité d'une expérience subjective unifiée et celle de la liberté humaine.
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LuniverLuniver   04 août 2016
[A]u delà des discours sur la disparition des normes corporelles liée aux conditions de l'individualisme et à une conception monadique des individus – chacun fait ce qui lui plaît ! –, [n]ous assistons, au contraire, à la conservation et au renforcement de ces normes, via la prééminence d'un paradigme médico-sportif. Chacun fait ce qui lui plaît, certes, mais ce qui lui plaît se nourrit de l'imaginaire d'un corps sain, d'une maîtrise de sa procréation, de l'utopie d'une santé parfaite censée prémunir de la mort, d'un corps mince et « en forme », d'une injonction sportive dominante. L'aplatissement des valeurs n'est qu'illusion concernant le corps. Les critères d'intégration sociale et professionnelle, les images publicitaires l'attestent. La multiplicité des choix dans les sociétés démocratiques n'obère pas à l'impératif d'un corps sain, mince et sportif, sous contrôle.
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