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EAN : 9782070427802
336 pages
Éditeur : Gallimard (06/01/2005)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 37 notes)
Résumé :
"À Paris, Richelieu fit venir son luthiste et lui demanda d'interpréter la chaconne intitulée Le Dernier Royaume. Puis il joua les Ombres qui errent, pièce dont François Couperin reprit le thème principal sous le nom Ombres errantes dans son dernier livre pour clavecin." Tel le claveciniste modelant sous ses doigts cet ailleurs sur lequel la société n'aurait pas de prises, Pascal Quignard nous propose un nouveau chant baroque ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Baldrico
  22 septembre 2017
Deuxième volet de la série Dernier royaume qui en compte six, Sur le jadis nous entraine dans une réflexion sur le temps. Plus que dans le premier tome, les Ombres errantes, il faudra passer par-dessus des développements qui perdent de leur force du fait de l'amour immodéré de Pascal Quignard pour le jargon. Pourtant, si l'on se laisse emmener, on découvre de belles envolées poétiques et une idée enveloppée de mystère. le jadis nourrit notre temps tout en ne lui appartenant pas. Il est comme une source qui jaillit d'ailleurs et qui inonde et fortifie le temps, en particulier celui qui nous est donné. Dans Sur le jadis, la notion émerge petit à petit au long de réflexions, de méditations, d'analyses. Ce serait vraiment enthousiasmant si l'auteur avait pu se tenir à plus de sobriété. Mais tel que c'est, c'est une lecture riche qui pousse à la réflexion.
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Danieljean
  15 avril 2016
On pourrait citer les trois quarts de cet opus tant les phrases «sonnent» justes et sont bien accordées – l'auteur est musicien- et on aurait tendance à noter chacune comme une espèce de proverbe ou de sagesse. Une lecture de bout en bout édifiante.
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   30 juillet 2008
incipit :
Hier je suis descendu au fond du vallon sous le causse qui prolonge le lac de Garet. Au bas du coteau se trouve une bergerie, puis une vieille grande démantibulée.
Cela faisait vingt-deux ans que j'évitais cet amas de pierres en ruine qui étaient entourées d'herbes folles et de mousses. De ronciers.
Des grands mûriers.
Les grandes pierres calcaires qui commençaient à se désajuster se mêlaient à de gigantesques fleurs d'orties aux têtes blanchâtres dans le soleil.
Je ne pus m'empêcher de me dérouter de mon chemin. J'avais encore envie de voir. Je voulus y jeter les yeux un instant. J'entrai, sans le pouvoir tout à fait.
Ma gorge se serre. J'ai un léger vertige. Je ressors presque aussitôt.
Mes yeux se portèrent d'eux-mêmes près de l'autel des Romains.
Je ne vis rien. Rien ne se leva, venant d'autrefois.
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BaldricoBaldrico   02 octobre 2017
Simon le Magicien dit que les larmes de l'innocent, le deuil à l'occasion des morts violentes, l'incendie volontaire des cités remplies d'habitants alors qu'on a refermé les portes sur eux, l'anéantissement des nations sont en dehors de toute consolation. Qu'au cours du temps ils restent sans consolation. Ils doivent rester sans récit. Dénué de sens. Jadis absolu (qui ne peut être historisé).
Le jadis comme inconsolable.
Le jadis comme Vieille humanité qu'aucune Humanité future ne peut prétendre consoler
Le jadis comme humanité perdue qui ne revient pas.
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BaldricoBaldrico   22 septembre 2017
Toute trace est une bête absente, une chasse possible de ce qui ne s'y voit pas. Seule leur attente les découvre. Je pose deux thèses: Il y a une lecture en amont de toute écriture comme il y a des signes avant la langue naturelle.
Toujours l'image qui manque précède.
Le non-mélancolique est voué à ses pauvres joies naturalistes et à la chasse limitée (horistique) de l'absent dans le présent. Il chasse le printemps dans l'hiver. Puis il mange.
Seul le mélancolique chasse sans fin (aoristiquement). Seul il voit sans cesse, partout, la trace du perdu merveilleux, le vestige de la reine, l'empreinte de la "vraie".
Seul le mélancolique porte avec lui la joie arbitraire et foudroyante.
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PilingPiling   16 juillet 2011
Au IXe siècle, Moses Bar Cephas, évêque de Mossoul, rédigea en syriaque le plus beau livre du monde. Il comporte sept cents chapitres. Moses Bar Cephas intitula l'ensemble de ses cahiers Le Commentaire du Paradis.

Moses y consigne tous les détails qui se rapportent au bonheur.

Bonheur au jardin.

Première volupté charnelle.

Premiers bonheurs que connurent Ève et Adam dans les arbres et auprès de serpents, nus, choisissant des fruits, caressant les feuilles.
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lilianelafondlilianelafond   14 décembre 2017
Le passé est un nouvel organe qui résulte de la langue enseignée aux naissants. Associé à la page écrite, il étend un nouvel espace qu’on appelle Histoire. Le mot latin de pagina dit la demeure la plus vaste où l’âme puisse se mouvoir, voyager, comparer, revenir. C’est le pagus, le pays.
La « page » est une extension de l’espace actuel (une démultiplication du milieu). C’est une nouvelle dépendance qui s’ajoute à l’espace interne situé à l’intérieur du crâne, à l’arrière des yeux. Une autre chambre. Une troisième chambre à l’arrière de l’œil gauche, juste à côté de la voix involontaire où chuchote, parle, sermonne, gronde, invoque la langue naturelle acquise par le petit animal enfant si insensiblement, naguère, à partir du regard de la mère
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« le tome VIII, Vie secrète, se consacrait à la question "Qu'est-ce que l'amour ?" le tome IX, Mourir de penser, était consacré à la question "Qu'est-ce que penser ?" le tome X, L'Enfant d'Ingolstadt, posait la question "Qu'est-ce que la peinture ?" Le tome XI de Dernier royaume, L'homme aux trois lettres, c'est mon "Qu'est-ce que la littérature ?" C'est ainsi que Pascal Quignard présente ce nouveau tome de Dernier Royaume. Il se pose la question de l'art auquel il a consacré toute sa vie. Dans la forme « océanique » qui caractérise ces volumes, il explique le bonheur qu'il a retiré de cette passion qui ne s'est jamais démentie. « J'aime les livres. J'aime leur monde. J'aime être dans la nuée que chacun d'eux forme, qui s'élève, qui s'étire. J'éprouve de l'excitation à en retrouver le poids léger et le volume à l'intérieur de la paume. J'aime vieillir dans le silence, dans la longue phrase qui passe sous les yeux ». Cette déclaration ouvre le nouveau merveilleux opus de Pascal Quignard, sans doute le plus autobiographique.
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