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EAN : 9782070427802
336 pages
Gallimard (06/01/2005)
3.85/5   43 notes
Résumé :
"À Paris, Richelieu fit venir son luthiste et lui demanda d'interpréter la chaconne intitulée Le Dernier Royaume. Puis il joua les Ombres qui errent, pièce dont François Couperin reprit le thème principal sous le nom Ombres errantes dans son dernier livre pour clavecin." Tel le claveciniste modelant sous ses doigts cet ailleurs sur lequel la société n'aurait pas de prises, Pascal Quignard nous propose un nouveau chant baroque ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Baldrico
  22 septembre 2017
Deuxième volet de la série Dernier royaume qui en compte six, Sur le jadis nous entraine dans une réflexion sur le temps. Plus que dans le premier tome, les Ombres errantes, il faudra passer par-dessus des développements qui perdent de leur force du fait de l'amour immodéré de Pascal Quignard pour le jargon. Pourtant, si l'on se laisse emmener, on découvre de belles envolées poétiques et une idée enveloppée de mystère. le jadis nourrit notre temps tout en ne lui appartenant pas. Il est comme une source qui jaillit d'ailleurs et qui inonde et fortifie le temps, en particulier celui qui nous est donné. Dans Sur le jadis, la notion émerge petit à petit au long de réflexions, de méditations, d'analyses. Ce serait vraiment enthousiasmant si l'auteur avait pu se tenir à plus de sobriété. Mais tel que c'est, c'est une lecture riche qui pousse à la réflexion.
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lebelier
  03 septembre 2021
Lecture extrêmement lente de cet ouvrage à la fois érudit et poétique. Ce n'est certes pas un roman, ce n'est pas non plus un traité à proprement parler, ce n'est pas plus une oeuvre de philosophie ni de poésie et pourtant il y a tout cela et plus encore.
Aphorismes, prose poétique, étymologie, érudition, Pascal Quignard oppose au long de cet ouvrage, le « jadis » au « passé pur ». le « jadis » est l'éternel retour des choses dans un présent forcément intemporel. C'est par exemple l'aoriste, passé indéfini du grec, c'est le « il était une fois » itératif du conte, ce sont les proverbes, les légendes et même l'acte sexuel au plaisir toujours intact, c'est à la fois la vie en mouvement mais un mouvement perpétuel et différent, c'est l'acte de naissance, l'expulsion du nouveau-né qui vient de l'ancien, c'est aussi l'existence des fantômes qui envahissent notre vie et qui l'ont désignée. L'auteur multiplie les exemples, les paragraphes, les chapitres, petits traités entrecoupés dans la première moitié du livre par des scènes de contemplation toutes de délicatesse, comme des tableaux du XVII ème siècle, mettant en scène une femme qu'on suppose disparue, Madeline Usher ressurgie.
L'on plonge aussi dans la Rome antique, on fait allusion aux sages de la Chine ancienne, on cite des légendes japonaises, la lecture brasse le temps et l'espace. Sous son aspect à l'apparence décousue, d'où vient cette envie irrépressible de retrouver le livre comme un vieux compagnon de méditation ? Probablement du style et du ton de son auteur, à la fois érudit, fin lettré sans une once de pédantisme, Pascal Quignard part du principe que son lecteur est intelligent et peut comprendre ce qu'il écrit et, il est vrai que, même sans avoir fait ses humanités ou sans être un philologue, on perçoit son message en filigrane, cet hommage aux fantômes et au « jadis » rend notre présent plus intense Cet aspect décousu et cette envie viennent justement de cela, l'envie de retrouver un rêve récurrent peut-être. le « jadis » renvoie sans cesse à l'origine du monde, à l'origine de l'homme à la vie elle-même et s'inscrit dans notre inconscient pour mieux se développer dans nos rêves. Comme ce célèbre vers de Shakespeare dans la Tempête : « nous sommes de cette étoffe sur laquelle se font nos rêves. »
On pourrait citer les trois quarts de cet opus tant les phrases « sonnent » justes et sont bien accordées – l'auteur est musicien- et on aurait tendance à noter chacune comme une espèce de proverbe ou de sagesse. Une lecture de bout en bout édifiante.
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Danieljean
  15 avril 2016
On pourrait citer les trois quarts de cet opus tant les phrases «sonnent» justes et sont bien accordées – l'auteur est musicien- et on aurait tendance à noter chacune comme une espèce de proverbe ou de sagesse. Une lecture de bout en bout édifiante.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   30 juillet 2008
incipit :
Hier je suis descendu au fond du vallon sous le causse qui prolonge le lac de Garet. Au bas du coteau se trouve une bergerie, puis une vieille grande démantibulée.
Cela faisait vingt-deux ans que j'évitais cet amas de pierres en ruine qui étaient entourées d'herbes folles et de mousses. De ronciers.
Des grands mûriers.
Les grandes pierres calcaires qui commençaient à se désajuster se mêlaient à de gigantesques fleurs d'orties aux têtes blanchâtres dans le soleil.
Je ne pus m'empêcher de me dérouter de mon chemin. J'avais encore envie de voir. Je voulus y jeter les yeux un instant. J'entrai, sans le pouvoir tout à fait.
Ma gorge se serre. J'ai un léger vertige. Je ressors presque aussitôt.
Mes yeux se portèrent d'eux-mêmes près de l'autel des Romains.
Je ne vis rien. Rien ne se leva, venant d'autrefois.
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BaldricoBaldrico   02 octobre 2017
Simon le Magicien dit que les larmes de l'innocent, le deuil à l'occasion des morts violentes, l'incendie volontaire des cités remplies d'habitants alors qu'on a refermé les portes sur eux, l'anéantissement des nations sont en dehors de toute consolation. Qu'au cours du temps ils restent sans consolation. Ils doivent rester sans récit. Dénué de sens. Jadis absolu (qui ne peut être historisé).
Le jadis comme inconsolable.
Le jadis comme Vieille humanité qu'aucune Humanité future ne peut prétendre consoler
Le jadis comme humanité perdue qui ne revient pas.
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BaldricoBaldrico   22 septembre 2017
Toute trace est une bête absente, une chasse possible de ce qui ne s'y voit pas. Seule leur attente les découvre. Je pose deux thèses: Il y a une lecture en amont de toute écriture comme il y a des signes avant la langue naturelle.
Toujours l'image qui manque précède.
Le non-mélancolique est voué à ses pauvres joies naturalistes et à la chasse limitée (horistique) de l'absent dans le présent. Il chasse le printemps dans l'hiver. Puis il mange.
Seul le mélancolique chasse sans fin (aoristiquement). Seul il voit sans cesse, partout, la trace du perdu merveilleux, le vestige de la reine, l'empreinte de la "vraie".
Seul le mélancolique porte avec lui la joie arbitraire et foudroyante.
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brigetounbrigetoun   17 novembre 2011
Un chasseur sodomise un rhinocéros lui-même menacé par un personnage beaucoup plus grand et masqué.
Il est vital que le printemps restitue ce que l’hiver avale.
Le temps était un cercle fait de saisons ; tout devait s’employer à le faire revenir : le soleil dans la nuit, la végétation dans l’hiver, les astres signant le solstice dans le ciel, les oiseaux dans la migration, les petits des animaux dans la végétation renaissante, la reproduction des aïeuls dans la mort.
…..
Là-bas, dans les trous des roches brûlantes, depuis trois à quatorze mille ans, dans le silence, veillent des girafes peintes sur des souvenirs d’eau.
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PilingPiling   16 juillet 2011
Au IXe siècle, Moses Bar Cephas, évêque de Mossoul, rédigea en syriaque le plus beau livre du monde. Il comporte sept cents chapitres. Moses Bar Cephas intitula l'ensemble de ses cahiers Le Commentaire du Paradis.

Moses y consigne tous les détails qui se rapportent au bonheur.

Bonheur au jardin.

Première volupté charnelle.

Premiers bonheurs que connurent Ève et Adam dans les arbres et auprès de serpents, nus, choisissant des fruits, caressant les feuilles.
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Vidéo de Pascal Quignard
Le 13 août 2006, Daniel Mesguich lisait dans le petit cloître de l'abbaye de Lagrasse "Villa Amalia" de Pascal Quignard
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