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ISBN : 224685203X
Éditeur : Grasset (10/09/2014)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Le neuvième tome de Dernier Royaume est consacré à la pensée. Ainsi Pascal Quignard arrive au cœur de sa quête. Livre après livre, Dernier Royaume cherche à éprouver une autre façon de penser. Un mode de penser qui n’a rien à voir avec la philosophie. Une façon de s’attacher à la lettre, à la fragmentation de la langue écrite, et d’avancer en décomposant les images des rêves, en désordonnant les formes verbales, en exhumant les textes sources. Ce livre explore trois... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Corboland78
  18 octobre 2014
Pascal Quignard, né en 1948 à Verneuil-sur-Avre dans l'Eure, est un écrivain français. Il a été lauréat du prix Goncourt 2002 pour Les Ombres errantes. Violoncelliste, il a fondé le Festival d'opéra et de théâtre baroques de Versailles. L'un de ses livres les plus connus est certainement le court roman Tous les matins du monde, dont le succès est lié à la version cinématographique réalisée par Alain Corneau. Son dernier ouvrage paru il y a peu, Mourir de penser, s'inscrit dans le cycle du Dernier royaume et en constitue le neuvième volume.
Cet ouvrage qui n'est pas un roman, s'attache à comprendre ce qu'est la pensée et tend à démontrer une proximité entre elle et, la mort, la mélancolie, et les traumatismes.
Le bouquin est extrêmement savant, écrit d'une plume trempée dans l'érudition classique qui transpire de citations ou références latines et grecques mais autant vous l'avouer tout de suite, je n'ai rien compris, ou presque, de ce que j'ai lu. de ci, de là, une esquisse d'idée m'a intrigué, j'ai deviné d'astucieux raisonnements découlant de l'étymologie des mots et des sens multiples engendrés par l'usage. Et c'est à peu près tout.
Normalement, je ne devrais pas ( ?) chroniquer ce livre puisque je ne l'ai pas compris, si je le fais néanmoins c'est que je n'en ressors pas indemne. J'ai d'abord j'ai été étonné de pouvoir aller jusqu'au bout, alors qu'il m'était complètement incompréhensible quand je tombais, par exemple, sur ce genre de phrase typique du style de l'écrivain : « L'inversion, du moins la rétroversion, l'énantiodromie, est à l'origine de la noèse. » J'étais fasciné par l'écriture et ces mots jamais inscrits dans mon vocabulaire. Moi qui n'hésite pas à critiquer les bouquins mal écrits, j'étais là devant un livre tellement bien rédigé et instruit qu'il me paraissait écrit dans une langue étrangère. Sauf qu'il n'était pas traduit. Je touchais du doigt l'humilité. J'étais en présence d'un livre écrit pour l'élite intellectuelle, tenu à distance par le pouvoir des mots et là, j'ai connu l'humiliation. Se colleter avec son ignorance, ce n'est pas rien.
Au final j'en viens à m'interroger, un bouquin auquel je n'ai absolument rien compris mais qui s'avère néanmoins par un effet collatéral m'avoir profondément ébranlé, n'est-ce pas « quelque part » la preuve que c'est un grand livre ? La preuve par l'absurde ou bien une grosse daube ?.
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LucienRaphmaj
  11 février 2017
Ici on pense. Ici on meurt. Penser-mourir, voici deux choses essentiellement liées. Car penser est contemporain de la perte comme de la naissance. Penser et naître. Penser et mourir. Penser se comprend à partir de cette perte du sans mémoire, du sans pensée, du sans « revenir sur ». Penser-naître-mourir, Quignard propose donc en guise de maïeutique, une « Noétique fondamentale » (qui aurait dû être le titre du livre, apprend-t-on, on imagine la tête de l'éditeur à cette proposition).
Ici la vérité des idées est dans l'étymologie (gréco-latine). Le prêtre Cratyle est ressuscité, il s'appelle Quignard. Saint-Etymon, priez pour nous. D'ailleurs étymon vient de étymos qui veut dire « véritable ». CQFD.
Penser c'est flairer, car de "noos" (faire) à "nous" (esprit), ma foi, il n'y a qu'une lettre de différence, et puis les Grecs sont bien ceux qui ont inventé la pensée et les concepts, non ? Argos, le chien d'Ulysse « pense/flaire » Ulysse sous son habit de mendiant.
Chercher c'est « cercher », donc faire des cercles, penser c'est faire des cercles de rapaces autour de sa proie.
Penser, c'est revenir sur (réflexion quoi, mais si vous voulez épater la galerie dites « palintropos », rétrovision).
Et puis les divagations érudites finissent par devenir n'importe quoi sur la fin : les chats sont sérieusement présentés comme pouvant détecter les pensées. La pensée est définie comme ontologiquement différente entre les hommes et les femmes. Ah, et puis « penser n'écrit pas. Écrire pense. » De toutes façons, les philosophes sont disqualifiés (on n'ose non plus parler de neurosciences, c'est tabou), eux sont profondément avides de pouvoir, rêvent de s'instaurer philosophes-rois, de Platon avec Denis de Syracuse à Heidegger avec les nazis. D'ailleurs Quignard s'y connaît en philosophie (et en psychanalyse) : « Deleuze pensait comme Freud. Tout chaos était malaise et seule la philosophie était bonne. » (sic...) On croit rêver.
"L'Ersatz du rêve n'est-il pas, par excellence, l'absent aimé ?" Là oui.
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Chouettemc
  10 décembre 2015
Très intéressant :la pensée c'est quoi? Vaste question à laquelle Pascal Quignard tente de répondre
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critiques presse (3)
LeDevoir   12 novembre 2014
L’oeuvre testamentaire de l’essayiste trouve son chemin imprévisible, son rythme accidenté, son qui-vive vital, en nouant l’origine et la fin.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Bibliobs   17 octobre 2014
Fidèle à ses lignes de force, mélancolique et féroce, Pascal Quignard revient avec un «Dernier Royaume» sans doute plus exigeant à lire que d'autres «Royaume», celui d'Emmanuel Carrère notamment, mais plus fascinant que jamais.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   17 septembre 2014
L'une des beautés de Dernier Royaume, l'un des bonheurs troublants pour ­celui qui en entreprend la lecture ­tiennent au fait qu'on ne sait identifier avec certitude ce qui, dans ce matériau tissé de contes, de mythologie, de réminiscences littéraires, de méditation, d'hypothèses..., relève de l'érudition, de l'intuition, du rêve, de l'invention.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   03 septembre 2017
L'année 699 les Frisons consentirent à se convertir au christianisme. Au mois de mars 700, le premier jour de l'année, le premier d'entre eux, Rachord, roi des Frisons, devant l'ensemble de ses tribus, se prépara à recevoir le baptême. Déjà il était tout nu, il avait mis un pied dans les fonts quand, pris de doute, hésitant à plonger l'autre pied dans l'eau qui était sainte, il demanda, avec inquiétude, au prêtre qui s'apprêtait à l'ondoyer :
- Mais où sont les miens?
Pas de réponse.
Alors le roi des Frisons leva les yeux. Il regarda le prêtre chrétien. Ce dernier restait immobile. Il avait commencé à lever la main. Il s'apprêtait à jeter le sel autour de l'homme qui allait s'immerger pour faire crever les démons.
Le roi répéta sa question :
- Où se trouve la plus grande partie de mes ancêtres?
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Corboland78Corboland78   18 octobre 2014
L’âme des humains comme les goûts alimentaires de tous les animaux sont dominés par la figure de la régression. Tout désir retourne au préféré. La compulsion de répétition n’est pas intrinsèquement mauvaise. Méta-phore en grec dit la même chose que trans-fert en latin. Le retour à l’identique c’est le conatus lui-même. Il est vital de retourner sur ses pas. Il est bon de dévorer avec délice ce qu’on mangea avec bonheur. La retrogressio est acquise en même temps que la migratio, parce que c’est le même mouvement ex utero qui vient fonder l’ellipse (aussi spatiale que temporelle) de la régression (aussi temporelle que spatiale).
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alzaiaalzaia   13 août 2016
La pensée caractérise, chez les hommes, des survivants parmi les vivants.
Tout printemps est un survivant.
Les penseurs - ces survivants - sont ceux qui éprouvent le besoin de tout reprendre à zéro pour comprendre ce qu'ils ont vécu. Pour retourner sur ses traces et y saisir des témoins. Un penseur est un survivant qui "revient" dans le monde où pourtant il est né autrefois pour a peine y survivre.
Comme sa pensation est une compensation, sa préhension devient une compréhension.
L'intelligence à vif dépend du degré d'imminence de mort que l'âme à approchée.
(...) Un surinvestissement de la pensée est la conséquence d'un désinvestissement traumatique proportionné. Thèse 1. Il faut se méfier de la pensée. La noétique est traumatophile : "la pensée aime le difficile à penser car plus c'est difficile moins cela abandonne"
*
Le surinvestissement du langage de la part de celui qui en fut désinvesti le plus violemment, ou le plus radicalement, ou le plus désespérément, est du même ordre.
C'est sous ce second mode que la pensée a à voir avec la littérature.
La pensée cherche dans le vide avec la langue que l'âme a acquise. Mais la littérature, c'est la langue elle-même qui se cherche, se retournant sur elle-même, vide de tout contenu.
Rien ne saura lier avec autant de force un homme à sa passion que la mort à laquelle il a réchappé grâce à elle. Mais ce lien à la mort est de ce fait indissoluble. Il ne se dégagera pas de sa blessure avec son couteau (...) Le penseur, confronté au risque de mort psychique, est un plongeur (...) il plonge dans une diachronie autrement plus grande que ce que synchronise ce qu'on nomme l'actualité.
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alzaiaalzaia   11 août 2016
Une étrange symétrie habite la pensée.
Sur une fresque de l'Egypte ancienne, comme sur la paroi de Lascaux, l'image touche encore la rêvée, en amont de la pensée. Les souris et les rats prennent leur revanche sur le chat. Ils l'emmènent les quatre pattes liées (...)
La symétrie est toujours agressive. (Dans la nature la symétrie n'est jamais amitié entre deux hétérogènes mais envie mimétique entre deux êtres qui dévorent. Dans la matière même : tension électrique entre deux pôles qui s'opposent.) Dans la pensée archaïque la réversion argumentaire va de proie à prédateur. Dans la politique elle va d'égorgé à égorgeur, d'absorbé à mangeur, de contenu à contenant.
Un papyrus Egyptien du IIe millénaire monte un général Souris victorieux monté sur un chat tiré par des chiens. C'est ainsi que la pensée linguistique ne dément pas son origine d'images naturelles renversées. La pensée poursuit les procédés de la rêvée. La pensée poursuit l'hallucination animale même quand elle croit s'émanciper en l'habillant de mots. La question "Comment retrouver son chemin?" couvre un champ beaucoup plus vaste que l'espace humain. Sur le retour des insectes aux nids, des poissons aux colonies, des abeilles aux ruches. Sur la rétrogression de tous les animaux vers leurs repaires. la question "Comment retrouver son chemin?" est aussitôt temporelle : Comment retrouver la mère dans le présent ? Comment retrouve-t-on, dans ce qui s'offre sous les yeux de comestible, ce qu'on aima dans le passé ? Ce qu'on y but ? Comment retrouver l'état d'avant l'actuel ?
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chrysalidechrysalide   21 septembre 2014
Il faut regarder très peu au fond des yeux les chats qui accompagnent avec tant de noblesse nos jours. Sans quoi on disparaît à ce monde.

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Videos de Pascal Quignard (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Quignard
Dans « L?enfant d?Ingolstadt » paru aux éditions Grasset et Fasquelle, Pascal Quignard mélange les contes, l?histoire et la philosophie, pour mieux questionner notre attrait pour tout ce qui est faux, dans l?art comme dans le rêve.
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