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ISBN : 2355921989
Éditeur : Editions Ki-oon (09/09/2010)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Alice s’acclimate petit à petit à Wonderland et à ses habitants un peu particuliers… Les acteurs ont en effet une fâcheuse tendance à mépriser la vie d’autrui autant que la leur, car la montre qui leur tient lieu de cœur peut être réparée par Julius. La jeune fille va donc tenter de faire évoluer les mentalités, en commençant par Boris.
Étrangement, tous semblent tomber sous son charme et rechercher sa compagnie, ce qui lui facilite la tâche ! Mais il ne faud... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  06 septembre 2017
Etoiles Notabénistes ; ******
Heart No Kuni No Alice
Traduction : Fédoua Lamodière
Adaptation graphique : Clair Obscur
ISBN : 9782355921988
Ce tome III souligne la délicatesse avec laquelle un bon scénariste de manga parvient à dissimuler dans l'une des séries qu'il traite tout un flot d'allusions sexuelles - y compris lorsqu'elles frôlent le glauque. Cette manière de faire est surtout sensible dans le shôjo, destiné à un public d'adolescentes ou de pré-adolescentes. Si le dessinateur sait se montrer à la hauteur, ce qui est le cas ici, l'ensemble atteint alors par moment des sommets d'une grâce incomparable. Cela dépasse le phénomène de la simple "drague", fonds de commerce naturel du genre : cela devient de l'Art à l'état pur.
Nous avions laissé Alice décidée à regagner la Tour de l'Horloger puisque la Nuit était là. Elle y parvient sans trop de peine et l'accueil que lui réserve Julius nous fait clairement comprendre que, malgré ses airs posés et réfléchis, malgré sa réserve, le fait de voir Alice en tenue de nuit, en train de lui concocter un énième café (pour lequel il lui accorde 81 points sur 100 de réussite) ne lui est plus indifférent.
Un par contre qui se pose de plus en plus de questions sur les sentiments d'Alice à son égard, c'est Peter qui croyait bien, en trichant avec la complicité de Nightmare pour amener la jeune fille à Wonderland, qu'elle tomberait immédiatement sous son charme. Or, comme il l'explique à un Nightmare d'abord très sarcastique, c'est tout le contraire qui semble se passer. Finalement, le démon des Cauchemars lui donne un conseil d'une profonde sagesse : "Pourquoi ne pas inverser la tendance ?" Et il tente de faire comprendre à Peter que les débordements d'affection quasi hystériques dont il accable la jeune fille agacent prodigieusement celle-ci. du coup, le Lapin Blanc décide carrément d'aborder la question avec la principale intéressée. Et il en arrive à lui proposer de se changer en lapin blanc genre pelucheux toutes les fois qu'il aura envie d'un câlin. En effet, sous sa forme de peluche, même animée, Alice trouve Peter irrésistible. Elle accepte même, lorsqu'elle est invitée chez Vivaldi, qui l'a réclamée très tendrement pour lui faire partager son grand secret (ses appartements sont bourrés de peluches), d'accepter de le garder avec elle à condition, bien sûr, qu'il ne reprenne pas sa forme humaine. Mais le lendemain, elle le retrouve, serré contre elle ... et sous sa forme de jeune homme à lunettes, aux longues, longues oreilles. Rupture nouvelle et brutale, Alice traitant sans vergogne un Peter White suppliant de mufle. Rappelons au passage que la jeune fille oublie la façon bien particulière qui est la sienne, dans le tome II, de saisir les oreilles de White (ainsi qu'on fait pour tout lapin) car, selon ses propres dires, "elle n'y peut rien : c'est plus fort qu'elle..."
Mais les connotations sexuelles les plus ambiguës sont à chercher, à mon sens, dans les deux épisodes précédents, qui voient Alice arriver à La Chapellerie, toujours dans l'intention de dénicher quelque chose à lire. le maître de maison et son bras droit, le Lièvre de Mars, sont provisoirement absents. Alice ne trouve, pour une fois à leur poste, que Dee et Dum, ces deux gamins de douze-treize ans, toujours armés l'un comme l'autre d'une imposante hallebarde mais qui sont tout heureux de la revoir. Après quelques bavardages, ils proposent à la jeune fille de lui faire voir la chambre qu'ils partagent (ils sont jumeaux et pratiquement inséparables) et les innombrables trésors qu'elle contient. Pour Dee et Dum, quand on parle "trésors", on veut dire "armes." Plus encore que pour les autres personnages - après tout, Julius a horreur de la violence, Peter White sort assez rarement son pistolet et s'occupe activement des affaires de la Reine et de son royal époux, Blood Dupré, bien que chef de la Pègre locale, possède un bureau bourré de livres et Elliott March ne semble vraiment tenté d'en venir aux mains qu'avec le Lapin Blanc - les armes sont, chez ces deux-là, une véritable obsession.
Or, dans touts les civilisations, les armes ont toujours été tenues pour des substituts phalliques. de ces substituts, anciens et modernes, la chambre de Dee et de Dum, par ailleurs dans un ordre assez raisonnable, déborde de tous les côtés. Leur dernière trouvaille est une lame magnifique qu'Alice admire pour leur faire plaisir. Réaction qui les enthousiasme tellement qu'ils lui proposent de l'essayer. Non pas comme Elliott March avait tenté de lui apprendre à tirer au revolver, mais en leur compagnie ! le plus hallucinant, c'est que les jumeaux n'y voient pas malice - en tous les cas en apparence - et qu'ils sont prêts à tailler, couper, faire saigner la malheureuse, le tout dans la plus grande joie et tout en lui vouant un amour sincère ...
C'est à ce moment que déboulent le Lièvre de Mars et son patron, lesquels s'empressent de tirer Alice de ce mauvais pas ! Tandis que March reste en arrière pour passer un bon savon aux incorrigibles Dee et Dum, Dupré propose à la jeune fille de le suivre dans son bureau et d'y choisir tous les livres qu'elle voudra. Il lui propose même de rester à lire, sur un petit divan, pendant que lui-même travaille. Au début, tout se passe bien. Puis, Dupré commence à faire un peu la cour à Alice mais rien de bien méchant. Jusqu'au moment où la jeune fille lui avoue l'avoir vu avec la Reine de Coeur, dans la roseraie de sa propriété. le Chapelier explose alors et entreprend quasiment d'étrangler la jeune fille jusqu'à ce que celle-ci parvienne à souffler que, puisque Vivaldi est "l'amante" de Dupré ... le Chapelier, alors, lâche sa proie et recouvre son calme. Mais Alice s'enfuit, cela va de soi, après une scène qui fait penser, sans doute aucun, à une tentative de viol.
Le goût prononcé du Chapelier envers Alice est encore souligné par l'avant-dernier épisode du tome. Il se rend en effet à la Tour de l'Horloge, terrain neutre en principe (c'est-à-dire qu'on n'a pas le droit d'y utiliser une arme, quelle qu'elle soit) pour y affirmer son désir de voir Alice déménager en son manoir. Julius refuse tandis que Dupré, qui est loin d'être stupide, lui lance ces mots inquiétants : "Pour elle, tu es encore plus dangereux que moi, qui suis de la Mafia ..." Et l'incroyable se produit : le Chapelier tire son arme, Julius en fait autant et les deux hommes s'affrontent (ce qui est très révélateur, ne trouvez-vous pas ? ). Julius ne doit d'être sauvé que par l'arrivée impromptue de son "associé", Ace, le Chevalier de Coeur, venu lui rapporter des montres ...
Il est intéressant - et parfois amusant - de comparer ce que, de nos jours, les mangakas glissent dans certaines de leurs séries pour ados et ce que certains de nos auteurs occidentaux, spécialistes du roman "à l'eau de rose", tels Delly ou Max du Veuzit étaient capables de faire (sans le dessin, bien sûr) dans quelques uns de leurs romans, destinés aux jeunes filles. Quant aux auteurs de romans dits "populaires", comme Charles Mérouvel, champion sans rival des titres on ne peut plus suggestifs, ils étaient encore plus explicites.
Les époque changent, le monde évolue mais les désirs demeurent, variant simplement leurs masques pour mieux surprendre (et mieux plaire) au public. Enfin quelque chose qui rassure dans le monde de fous où nous vivons ! Cela ne mérite-t-il pas une certaine indulgence envers les créateurs des mangas et le pardon généreux accordé à quelques unes de leurs faiblesses ? Cela ne mérite-t-il pas, surtout, qu'on s'intéresse avec le plus grand sérieux à ce genre, certes hybride, mais qui produit tant de fruits à l'arôme si riche et à la texture presque sans défaut ? ... ;o)
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Illion
  28 février 2015
Nous revoici avec le troisième volume des aventures d'Alice au Royaume de Coeur. L'auteur suit maintenant une double intrigue : d'un côté Alice qui essaie de rentrer chez elle, et de l'autre les relations et petits secrets des "acteurs" entre eux. On en apprends toujours plus sur Wonderland et le système du "jeu" se dévoile petit à petit mais reste nébuleux et difficile à cerner... Comme si nous, qui lisons, étions également des étrangers perdus à Wonderland. de même que les personnages en savent beaucoup plus que nous sur le "jeu", ils semblent en savoir beaucoup sur Alice, notamment Peter White. Ces réactions semblent laisser entendre que quelque chose est arrivé dans le monde réel et qu'Alice n'aurait pas d'autres choix que de rester. D'un autre côté le personnage de Nightmare, le démon des cauchemars, semble vouloir rappeler que pour qu'il n'arrive rien à Alice, il lui faut oublier le monde réel et vouloir rester de son plein gré à Wonderland. Ce qui confirmerait mon hypothèse qu'il est arrivé quelque chose et que ce "rêve", dans lequel Alice évolue maintenant, n'est pas juste un rêve mais beaucoup plus. Il reste cependant difficile de déterminer la vérité car il existe des informations que l'on cache à Alice, notamment au sujet des montres. Autrement dit, Wonderland continue de cacher ses secrets malgré qu'on en apprend toujours plus sur ses habitants.
Le concept d'étranger est également développé, petit à petit. En plus d'un véritable coeur, et non pas une montre, on apprend que les étrangers auraient un pouvoir qui fascine les habitants de Wonderland. Pour moi, il s'agit de la capacité d'empathie d'Alice. Les "acteurs" comme les "cartes" savent que, grâce à l'horloger, ils bénéficient d'une forme d'immortalité contrairement à Alice qui est mortelle. Vivre ou mourir n'est donc qu'un jeu stupide et absurde pour eux, et ne fait aucune différence. D'ailleurs je pense que le "jeu" dont on nous parle a toujours eu lieu parce que personne ne sait comment l'arrêter. Je pense que c'est la raison pour laquelle ils méprisent autant la vie, la leur comme celle des autres. Or, pour Alice, on n'a qu'une seule vie et si les "acteurs" mourraient cela reviendrait pour elle à perdre des êtres chers de sa famille ou des amis. Elle essaye donc d'empêcher cela. Pour le dire autrement Alice connaît le prix de la vie et essaie de l'apprendre aux habitants de Wonderland. Mais j'imagine que, comme le reste, cela pourrait se révéler dangereux pour elle. En parallèle les intrigues amoureuses se poursuivent. En sachant qu'on ne parle pas seulement de l'amour avec un grand A, mais de toutes les formes d'amour qui peut exister. Ainsi Vivaldi aime Alice parce qu'elle est attirée par les choses mignonnes. Ou encore entre Julius et Alice il y a un profond respect parce qu'Alice n'est pas rebutée par le métier de Julius.
Petite critique sur le style de dessin de Soumei Hoshino. Je lui trouve toujours ce côté un peu... inachevé. Notamment sur plusieurs pages Peter se transforme en lapin. C'est supposé être mignon (et ça l'est en parti) mais ça ne l'est pas assez à mon goût. On a conservé trop de détails qui rende cette apparence à mi-chemin entre le dessin simple et le SD mignon. Ça me dérange quand même un peu. Pour le reste les personnages sont très agréables à regarder (bon c'est fait exprès en même temps...).
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Tatooa
  16 décembre 2014
L'histoire s'approfondit et devient de plus en plus glauque. C'est un manga étonnant dont le titre induit en erreur sur le contenu, ce qui est fort dommage (et c'est pas le seul, pour "jusqu'à ce que la mort nous sépare" c'est exactement la même chose...).
Le fond de l'histoire semble assez complexe, et les choses se dévoilent petit à petit. Les dessins sont toujours aussi beaux, et en plus il y a de l'humour, car Peter est un petit cachottier, il m'a bien fait rire dans ce tome !
Bref, je continuerai (mais pas avant Janvier...) !
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Hiromichi
  07 septembre 2013
Y'a pas à dire, les superbes couvertures de ce manga ne reflète pas toujours ce qu'on y trouve à l'intérieur, en effet, ce n'est pas parce que tel personnage ressort sur celle-ci qu'on le verra forcément des tonnes dedans le volume, encore que, on voit quand même un peu Julius.
Dans ce volume, les choses et évènements deviennent plus sombre, bon on n'est toujours pas en quête de fin du monde c'est sûr, mais les acteurs font ressortir leur personnalité, Alice toujours égale à elle-même est de plus en plus comme un poisson dans l'eau dans cet univers, elle s'y plaît ma sa première réalité ne la quitte pas.
Les secrets se révèlent, mais on devine sans trop de difficulté certaines relations (notamment par rapport à Vivaldi). Ce qui est aussi intéressant c'est qu'on découvre un peu plus que les trois camps (plus l'horlogerie), on voit des "cartes" autrement qu'en tant que travailleurs dans un des trois domaines. On découvre qu'il y a plus, qu'il existe même une ville d'ailleurs (qu'on n'a jamais vu d'accord).
En tout cas on découvre des passés, on découvre le système d'acteur qui se profile, mais on reste encore pleins de questions, les motivations de certains sont de plus en plus flous. La popularité de notre petite Alice ne va pas lui apporter que du bonheur car les changements ne sont pas forcément appréciés par tout le monde d'ailleurs.
Par rapport des dessins, c'est toujours aussi lisse, même si ça commence à avoir un peu plus de profondeur au niveau des visages. Certains dessins sont très mignons (lapinouuuuuu ! )
En tout cas, la suite semble être plus sombre encore, mais au royaume de coeur, la fête et le thé sont aux premières loges, alors, on aura peut-être des surprises~
Lien : http://hiromichi.skyrock.com..
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lizzoneimaginativeetlitteraire
  14 juin 2019
Encore un bon petit moment de lecture passé avec Alice. Je ne sais pas si c'est la dizaine de pages en moins mais j'ai trouvé ce tome plus rapide que le précédent!
Sans doute est-ce aussi le fait de l'action et de l'ambiance encore plus sombre de ce volume ...
Car oui, certes, Alice s'habitue de plus en plus à Wonderland, cherchant à y apporter son concours, mais elle ne peut pas tout bouleverser d'un coup! Les acteurs restent des personnages assez perturbés et de vraies bombes à retardement pour elle. Leur façon d'agir, leur comportement et même leur insouciance sont de véritables dangers pour la jeune fille, qui frôle la mort régulièrement!
Même ceux qui nous semblent plus stables et sécurisants ne le sont plus trop dans ce tome. Chacun cache beaucoup de secrets et malgré leur sang-froid, ils peuvent à tout moment craquer!
Il y a tout de même un certain équilibre qui se maintient. La balance penche en effet parfois pour garder une stabilité assez fragile. Ainsi la Reine va dévoiler une part inattendue d'elle à Alice et l'insupportable Peter White va jouer d'ingéniosité par amadouer sa belle!
Mais si la réelle menace ne venait pas des acteurs? le jeu se poursuit et parfois quelques indices et phrases mystérieuses nous laissent à penser que le péril n'est pas dans la gâchette facile des personnages et que le voyage d'Alice n'est pas anodin et pourrait révéler un danger et une issue plus grande encore.
Lien : https://lizzoneimaginativeet..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   04 octobre 2017
[...] ...

LE CHAPELIER ET ALICE, ASSIS SUR LE DIVAN, DANS LE BUREAU DU CHAPELIER. SI LE CHAPELIER EST DE PROFIL ET SI L'ON NE DISTINGUE GUERE SON VISAGE, ALICE EST TOURNEE VERS LUI, AVEC UNE EXPRESSION ANXIEUSE SUR SES TRAITS EXPRESSIFS.

BLOOD (de profil, ironique) : En vérité, si tu t'habitues si bien à nos coutumes ... c'est que tu as réussi à avoir tous les hommes du pays à ta botte.

GROS PLAN SUR LE VISAGE D'ALICE, LES SOURCILS SOUDAIN FRONCES.

ALICE (irritée devant l'insolence du Chapelier) : Je ne vous permets pas !

RETOUR SUR LE CHAPELIER.

BLOOD (ironique et bien décidé à la pousser à bout) : Pff ... Tu es douée pour enjôler tes proies avec ta jolie frimousse ...

GROS PLAN SUR SA MAIN QUI SE TEND VERS ELLE, PUIS LUI PREND DOUCEMENT LE MENTON.

LE VISAGE D'ALICE ET LA MAIN DU CHAPELIER SOUS SON MENTON.

BLOOD (hors cadre) : Peut-être que ...

PLAN D'ALICE A GAUCHE, INDIGNEE, ASSISE FACE AU CHAPELIER, A DROITE, QUI LUI CARESSE LE MENTON AVEC UN SOURIRE VRAIMENT PROVOCATEUR, QU'ELLE POURRAIT MEME DIRE MECHANT.

BLOOD (qui s'amuse beaucoup dans la certitude qu'elle va sauter au plafond) : C'est toi qui t'es jouée de ton ancien fiancé !

ALICE (la main du chapelier lui enveloppe maintenant la joue droite mais cela ne l'empêche pas de répondre, interloquée et furieuse) : Comment ?

BLOOD (de profil, enfonçant le clou avec une délectation sadique) : Tu aimes que les hommes te tournent autour ... vilaine fille !

PLAN D'ALICE UN PEU FLOUTEE MAIS VISIBLEMENT TRES EN COLERE.

ALICE : !!

GROS PLAN SUR LES DEUX MAINS QUI SE DISJOIGNENT. ALICE REPOUSSE BRUTALEMENT CELLE DU CHAPELIER.

ALICE (hors cadre et très sèche) : Ca suffit !

GROS PLAN SUR LE VISAGE DE LA JEUNE FILLE, INDIGNEE.

ALICE (hors d'elle) : Vous êtes mal placé pour critiquer les autres !

GROS PLAN SUR LE CHAPELIER, TOUJOURS ASSIS, DE FACE.

BLOOD (qui n'a plus du tout envie de rire) : Mal placé ? Que veux-tu dire ?

SUR UN FOND FLOUTE OU VIVALDI, DANS LA ROSERAIE, TIENT LA ROSE QUE VIENT DE LUI OFFRIR LE CHAPELIER, CELUI-CI SEMBLE PRÊT A BONDIR SUR ALICE.

ALICE (hors cadre et toujours hors d'elle) : Je vous ai vu ! Vous aviez un rendez-vous secret avec Vivaldi dans votre roseraie !

GROS PLAN SUR LE VISAGE DURCI DU CHAPELIER.

BLOOD (inquisiteur) : Tu y es entrée ? Il est strictement interdit de pénétrer dans ce jardin ...

ALICE (souriante et ironique à son tour) : Je suis une étrangère ! Comment aurais-je pu deviner que je n'avais pas le droit de m'y promener ?

BLOOD (de profil, d'une voix qu'on imagine coupante) : Certes mais ...

GROS PLAN SUR SES DOIGTS QUI TAPOTENT AVEC IRRITATION LE REBORD DU BUREAU, PUIS SUR ALICE, DE FACE, QU'IL SAISIT A LA GORGE. A NOUVEAU, LES DEUX ADVERSAIRES SONT FACE A FACE ET LE CHAPELIER DONNE L'IMPRESSION DE VOULOIR BEL ET BIEN REGLER SON COMPTE A SON INVITEE.

BLOOD (furieux et pourtant glacial) : Tu as vu quelque chose que tu n'aurais pas dû voir ... Ici, on ne transgresse pas les règles impunément !

TRES GROS PLAN SUR ALICE, LES YEUX CLOS, QUI BASCULE EN ARRIERE SOUS LA PUISSANCE DE L'ETREINTE DU CHAPELIER.

ALICE (suffoquant) : Gh ...

PLAN DU CHAPELIER QUI ACCENTUE SA PRESSION SUR LA GORGE D'ALICE INVISIBLE MAIS VRAISEMBLABLEMENT RENVERSEE SUR LE DIVAN. CE QUI REND CET HOMME SI EFFRAYANT, C'EST LE SANG-FROID QU'IL CONSERVE, SEMBLE-T-IL, EN TOUTES CIRCONSTANCES.

BLOOD (un demi-sourire aux lèvres : joue-t-il ou pas ?) : J'ai toujours pensé ... que si une étrangère faisait son apparition, je la tuerais de mes propres mains !

PLAN D'UNE FORME INDEFINISSABLE OU D'UNE TRAÎNEE DANS LE CIEL, SUR FOND NOIR.

BLOOD (hors cadre, triomphant) : Assassiner celle que tout le monde adule ... quel plaisir immense !

RETOUR SUR LE DIVAN. LE CHAPELIER EST DE DOS ET DOMINE ALICE, RENVERSEE SOUS SA POIGNE ET QU'IL ETRANGLE TOUJOURS.

BLOOD (feignant - ou pas - le regret : là encore, joue-t-il ou pas ?) : Dommage, tu m'étais très utile pour tromper mon ennui ! ... (Avec un soupçon de douceur dont le lecteur sait qu'il est sincère) : J'irai même jusqu'à dire que tu me plaisais ... J'en avais perdu l'envie de t'éliminer !

PLAN SUR FOND BLANC AVEC COMME DEUX TRAÎNEES DE SANG.

BLOOD (hors cadre et comme avec regret) : Je n'imaginais pas que j'en viendrais à te supprimer de cette façon ...

GROS PLAN SUR ALICE QUI TENTE DE MOURIR AVEC DIGNITE.

ALICE (d'une voix cassée mais qui veut encore avoir le dernier mot) : Argh ... Vous êtes immonde ! Vous me murmurez des mots doux ... Vous prétendez même que je vous plais ...

RETOUR SUR LE CHAPELIER, DONT LES YEUX TRAHISSENT L'AHURISSEMENT AUX PAROLES QU'ALICE PRONONCE ENSUITE :

ALICE (sincère) : Pauvre Vivaldi ! Je la plains vraiment, d'être l'amante d'un homme de votre espèce !

LA MAIN DU CHAPELIER LAISSE RETOMBER ALICE. LA JEUNE FILLE REPREND SON SOUFFLE.

BLOOD (hors cadre, à la fois gêné et amusé) : Ha, ha ... Je crois que je me suis un peu emballé ...

ALICE (toujours face à lui et qui reprend son souffle, le regardant avec une méfiance bien compréhensible) : ?

LE CHAPELIER SE LEVE ET TOURNE LE DOS A ALICE.

BLOOD (hors cadre et très tranquillement) : Cette femme n'est pas mon amante ..." [...]
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WolandWoland   04 octobre 2017
[...] ...

NIGHTMARE (de profil et parlant à quelqu'un qu'on ne voit pas) : On dirait bien ... que ta bien-aimée s'adapte de plus en plus à notre monde.

LE LAPIN BLANC (de profil, satisfait et avec une sorte d'avidité) : Vraiment ? Tu en es sûr ?

NIGHTMARE (la main droite sur le menton, en un geste qui laisse supposer qu'il réfléchit tout en répondant) : Oui ... Alice a accepté l'existence des montres sans éprouver aucune répulsion.

PLAN SUR ALICE. LE FOND EST NOIR. ELLE REGARDE AUTOUR D'ELLE OU FLOTTENT DES CARTES A JOUER, UN REVOLVER AU BAS DE LA CASE ET, SUR LA DROITE, UNE MONTRE A GOUSSET.

NIGHTMARE (hors cadre) : Lentement ... mais sûrement, elle s'habitue à nos règles !

RETOUR SUR LE LAPIN BLANC, DE FACE, QUI ECOUTE LA VOIX DE NIGHTMARE.

NIGHTMARE (toujours hors cadre) : Elle finira bien par oublier le monde d'où elle vient et son désir de rentrer chez elle ...

GROS PLAN SUR LE BAS DU VISAGE DE PETER. ON NE VOIT PLUS QUE SA BOUCHE ET SES LUNETTES RONDES MAINS ON NE DISTINGUE PAS SES YEUX.

PETER (avide toujours mais aussi inquiet) : Très bien ! Et sinon ...

FACE A FACE PETER, DE DOS ET UN NIGHTMARE QUI RICANE LEGEREMENT DEVANT LA DETRESSE DU LAPIN, APRES TOUT PREMIER MINISTRE DE LA REINE DE COEUR COMPLETEMENT A SA MERCI.

PETER (avide) : Quand va-t-elle s'éprendre de moi ?

NIGHTMARE (sarcastique et satisfait) : Va savoir ! Ah ! Ah ! Ah ! Je n'en ai pas la moindre idée !

GROS PLAN SUR LE VISAGE DU DEMON DES CAUCHEMARS.

NIGHTMARE (toujours sarcastique) : Mais ne disais-tu pas que le simple fait d'appartenir au même univers qu'elle te suffisait ... mon cher Peter ?

GROS PLAN SUR LE LAPIN BLANC, QUI SE RAIDIT.

NIGHTMARE (hors cadre) : Tu en veux davantage à présent ? Tu réclames son cœur ?

PETER (sur ses gardes) : Arrête de lire dans mes pensées !

SUR UN FOND DE PLANCHES EVOQUANT QUELQUES RENCONTRES DU LAPIN BLANC AVEC ALICE, ECHANGE PLUTÔT VIF ENTRE NIGHTMARE ET PETER WHITE.

NIGHTMARE (hors cadre et qui s'amuse bien) : Eh, eh, je n'y peux rien ... Je suis le démon des Cauchemars ...

PETER (hors cadre et avec une sorte de timidité) : A vrai dire, je n'étais jamais tombé amoureux avant, et je ne sais pas comment réagir ... Sa seule vue me comble de joie ... J'aimerais tant que ce soit réciproque !

PLAN FLOUTE SUR ALICE, REGARDANT DERRIERE ELLE D'UN AIR PRUDENT ET SEVERE.

PETER (hors cadre) : Hélas, j'ai l'impression ... que ça ne fait que l'éloigner d'avantage !

RETOUR SUR NIGHTMARE QUI EST AU COURANT DES DEMONSTRATIONS HYSTERIQUES DU LAPIN DES QU'IL VOIT ALICE MAIS QUI ESSAIE DE FAIRE PREUVE DE DELICATESSE EN LE CONSEILLANT.

NIGHTMARE (patiemment) : Dans ce cas, et si tu essayais d'inverser la tendance ? Tes preuves d'affection sont un peu déroutantes.

PETER (bien masculin sur ce coup-là et interrogeant naïvement) : Pourquoi devrais-je faire des efforts pour lui plaire ?

NOUVEAU PLAN OU LES DEUX HOMMES SE TROUVENT FACE A FACE, PETER DE DOS, NIGHTMARE, RESIGNE, DEVANT LUI.

PETER (non sans logique mais avec une pointe d'arrogance) : Normalement ... elle était censée m'aimer dès le départ !

RETOUR SUR LE LAPIN BLANC, DE PROFIL ET DE TROIS-QUARTS.

PETER (la main droite sur le cœur, dans l'une de ces envolées qu'il affectionne) : C'est pour cette raison ... que j'ai pu l'emmener dans notre monde. (Triomphant) : Pas vrai ?! (L'air vaguement indigné par l'attitude d'Alice, qu'il ne comprend pas, et avec une très grande dignité) : J'aimerais vraiment ... qu'elle prenne conscience de ses véritables sentiments :

NIGHTMARE (coincé entre son désir de dire à Peter ses quatre vérités et son rôle d'arbitre qui le rend neutre en principe) : Epineux problème que voilà ...

PLAN SUR LES DEUX HOMMES DE PROFIL. LE LAPIN EST A GAUCHE, TÊTE BAISSEE ET L'AIR TRISTE, PLUS BAS QUE NIGHTMARE QUI FLOTTE DANS L'ATMOSPHERE DU SONGE.

NIGHTMARE (diplomate) : Peut-être qu'elle est amoureuse de toi sans t'apprécier pour autant ... Mais tu ne peux pas le lui dire ... ça risquerait de la pousser à rentrer chez elle !

GROS PLAN SUR NIGHTMARE.

NIGHTMARE (avec gravité) : Tout dépend de ton attitude ... Il faut qu'elle développe pour toi un amour sincère ...

GROS PLAN SUR LE LAPIN BLANC, DE PROFIL ET L'AIR A LA FOIS SERIEUX ET MECONTENT. SANS DOUTE SAIT-IL QUE NIGHTMARE A RAISON MAIS NE VEUT-IL PAS L'ADMETTRE, SAUF EN SON FOR INTERIEUR.

NIGHTMARE (hors cadre) : C'est tout ce que je peux te donner comme conseil ... Je n'ai pas le pouvoir d'influencer les sentiments d'Alice ! ... [...]
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TatooaTatooa   16 décembre 2014
- Avez-vous remarqué quelqu'un en particulier qui semble sans cesse courir dans tous les sens ? (Vivaldi)
- Euh... Oui, Ace ! (Alice)
- Il fait tout pour échapper à son rôle, mais il n'y arrivera jamais ! C'est si drôle de le voir se débattre en vain. Chaque fois que je le regarde, je me sens soulagée...
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TatooaTatooa   15 décembre 2014
- Je n'ai pu m'empêcher de remarquer... l'expression de tristesse qui se lit sur ton visage à chaque fois qu'un client t'apporte une montre... ça te fait de la peine de les voir cassées ? (Alice)
- Forcément ! Je passe mon temps à les réparer. Et elles me reviennent toujours dans un sale état. (Julius)
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UrzyUrzy   24 septembre 2010
Mais dans notre pays, une existence sans rôle n'a que peu de prix .
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