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EAN : 9782809813616
188 pages
Éditeur : L'Archipel (16/10/2013)
3.3/5   23 notes
Résumé :


Le 11 novembre 1918, Léonie Rivière, jeune veuve de guerre qui espère subsister en devenant reporter, rencontre Edgar Prouville, soldat démobilisé après une blessure.

Très vite, ils entament une liaison passionnée et Prouville, qui débute une carrière de courtier en peintures, entrepose chez Léonie, à Montparnasse, un stock de toiles d'artistes dont il espère voir monter la côte : Modigliani, Picasso...

Mais il disparaît... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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bilodoh
  21 août 2014
Un polar d'atmosphère, avec une veuve pas noire du tout.

Elle est rousse et pas du tout maléfique, c'est plutôt une jeune veuve de guerre délurée, journaliste artistique à la fin de la Première Guerre mondiale. Une femme qui abandonne le corset, raccourcit ses jupes et ses cheveux, une passionnée qui peut aimer sans être amoureuse.

C'est une période trouble propice aux arnaques, aux disparitions et aux usurpations d'identité, au trafic d'oeuvres d'art et aux magouilles d'agences matrimoniales.

C'est l'effervescence du quartier Montparnasse où on peut côtoyer Modigliani, Soutine et Picasso, rencontrer Cocteau ou André Breton.

C'est une aussi un cadre politique, l'attentat contre Clémenceau, la conférence internationale pour la paix, la timide reprise démocratique, la journée des huit heures, mais aussi la misère encore du manque de ravitaillement en nourriture et en combustible.

Un écheveau d'intrigue à démêler, mais surtout une ambiance d'époque à apprécier.
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Meps
  05 août 2020
Michel Quint, comme beaucoup de Français, éprouve une certaine fascination, attirance-répulsion, pour les deux guerres mondiales qui ont meurtri son pays. Son best-seller Effroyables Jardins, dont j'ai vu l'adaptation ciné, évoquait certains retentissements de la Seconde Guerre Mondiale. J'ai lu pour ma part Un hiver avec le Diable qui parle de la France en reconstruction dans l'immédiate après-guerre.
C'est à l'immédiat après premier conflit mondial que nous convie ici l'auteur. Ces périodes du "juste avant" ou "juste après" sont toujours riches d'enseignement dans L Histoire... et propices à la création littéraire. D'abord parce que les historiens préfèrent souvent nous instruire du "pendant" et que le terrain est donc défriché pour la fiction. Ensuite parce que, plutôt que de faits historiques concrets, ces périodes nécessitent de rendre une atmosphère, un climat particulier, tâche à laquelle les auteurs ne rechignent pas à s'atteler.
Par rapport aux deux autres histoires, Quint s'attache ici beaucoup plus à évoquer les personnalités de l'époque, peintres (Soutine, Modigliani) auteurs (Cocteau, Breton, Gertrude Stein), politiques (Clémenceau, Blum). Il le fait par le prisme des "petites gens", qui sont toujours les héros de ses histoires. Mais ces "stars" sont malgré tout des personnages essentiels qui viennent interagir avec l'intrigue policière qui reste la colonne vertébrale de l'histoire. J'aime plutôt l'exercice qui consiste à faire intervenir des personnages historiques dans une fiction. On passera sur la petite invraisemblance que les héros côtoient facilement toutes ces célébrités, rendu plus crédible par les professions de journaliste et de reporter photo des deux protagonistes. On sera moins indulgent quand Léonie et Norbert se posent en devins de ce qui risque de se produire dans l'avenir, bénéficiant bien trop facilement de la connaissance de ce futur de l'auteur pour briller à moindre frais.
Heureusement, la petite musique de Quint fonctionne malgré tout cela de façon assez efficace. La relation tumultueuse entre les deux personnages d'enquêteur permet de retrouver la patte de l'auteur, assez difficile à définir mais bien reconnaissable. On a affaire à du polar roman, à l'image d'un Simenon avec ses maigrets, où l'enquête, même si elle sert de pivot, n'est pas forcément ce qui nous touche le plus. D'ailleurs l'auteur brouille tellement les pistes en mélangeant les noms des suspects et en nous empêchant de relier identités et personnalités, qu'on en vient à abandonner l'espoir de résoudre l'intrigue et qu'on se contente de se laisser porter par le style de Michel Quint, un petit cours d'eau agréable qui nous mène malgré tout à bon port, dans la résolution forcément étonnante du mystère installé.
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argali
  28 octobre 2014
Une fois encore, Michel Quint nous plonge dans une enquête menée par un citoyen lambda en recherche de vérité. Ici, nous sommes au lendemain de la Grande Guerre. Les veuves de guerre sans le sou ne se comptent plus ; les soldats en mal d'amour non plus. Les agences matrimoniales ont le vent en poupe. Léonie, elle, rencontre Edgar par hasard, dans la rue. Bourgeoise désargentée, elle vend ses meubles un à un pour survivre. Pigiste, elle propose ses chroniques artistiques aux plus offrants, quand elle le peut. Culottée, débordante de vie, en avance sur son temps, la rencontre avec Edgard va la révéler à elle-même en même temps qu'elle la met en danger. Quand celui-ci ne donne plus signe de vie, elle se met à sa recherche avec l'aide de Rameau un photographe avec lequel elle fait équipe.
Plus qu'une enquête policière, nous avons ici un vrai roman d'atmosphère. Avec l'armistice et le soulagement de voir cette guerre finie, un certain Paris s'encanaille avec les moyens du bord - le rationnement est toujours de rigueur. A côté de ça, les orphelins courent les rues, les femmes seules cherchent à se mettre à l'abri, les gueules cassées déambulent sans but. L'inspiration artistique est en plein essor, l'argent change de mains, les arnaques fleurissent.
Léonie parcourt la capitale dans tous les sens, rencontre les uns, parle aux autres. La victoire n'est pas pour elle. Son mari est porté disparu, son amant la fuit et elle vit dans le plus grand dénuement. Elle ne se laisse pas abattre pour autant. Ses entrées dans le milieu artistique l'entrainent aux obsèques d'Apollinaire où elle croise André Breton et Cocteau ou dans le salon de Gertrude Stein où se pressent Cendrars, Picasso, Satie, Modigliani et Jeanne Hébuterne et tant d'autres.
Je me suis régalée de cette chronique parisienne à l'aube des années folles. La France fête sa revanche sur l'humiliation de 1870, prépare le renouveau du 20e siècle, réinvente l'art et se libère des convenances. Léonie symbolise la femme affranchie, libérée et son franc parler fait mouche. Un excellent moment de lecture avec ce roman policier, Plume de Cristal 2014.
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frconstant
  02 février 2017
"11 novembre 1818. Alors que tout Paris fête la victoire, Léonie Rivière, jeune journaliste et veuve de guerre, tombe amoureuse d'Edgar Prouville, ancien combattant qui entend s'établir comme marchand d'art." Une 4e de couverture qui donne envie de rentrer dans le monde ambigu de cette bascule historique entre barbarie et modernité. "Veuve noire" a la prétention, selon l'éditeur (L'Archipel, 2013) de faire revivre avec une vérité rarement égalée le Paris des années folles dont Picasso, Breton, Modigliani et Cocteau sont les figures de proue... Prétention affichée, pas complètement aboutie à mes yeux. Il y a un peu trop de tout dans ce roman. le voyeurisme des mondains de l'époque qui se gargarisent de mots et de jugements péremptoires sur l'art, la liberté des moeurs qui explose, la politique de combat et surtout d'arrière combat. Il y a aussi le mouvement d'émancipation de la femme qui heurte mais se met en place, même dans la machisme persévérant. Il y a la course au scoop journalistique, l'avènement d'une police technologique, la lourdeur de la bureaucratie bien incapable de donner crédit aux histoires, versions et trahisons rapportées par les poilus qui s'en sont sortis.
Le livre est donc un peu vide-poche, vide-coeur, fourre-tout brouillon d'une époque qui ne l'était pas moins, ne sachant trop où elle allait et comment elle y irait. Les seules certitudes sont la pauvreté et la précarité des petites gens, l'ambiguïté des relations amoureuses de l'époque et la certitude que chacun doit se reconstruire un avenir sans trop savoir comment, tout en pensant que c'est par le négoce, les combines et l'argent-roi que la garantie du futur existera!
Un livre de Michel QUINT qui se lit facilement, mais dont l'écriture et la profondeur des thèmes abordés ne valent pas le trésor qu'est "Effroyables jardins" sorti en 2000, petit chef d'oeuvre du même auteur.
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Lagagne
  11 avril 2014
Une bonne lecture, malgré deux points noirs : le début et la fin.
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans les premières pages : phrases trop longues, alambiquées, je ne voyais pas où l'auteur allait. Et là d'un seul coup ma lecture s'est comme libérée : fluidité, compréhension, attractivité. J'ai plongé dans l'effervescence de Paris libérée, du foisonnement artistique, du difficile retour des poilus, des envies d'émancipation féminine. On court avec Léonie dans cette atmosphère particulièrement documentée : on s'y croirait !
Par contre la fin m'a déçu (second point noir donc). Résolution précipitée et tirée par les cheveux, et pas franchement originale. Mais bon, ce n'est pas pour ça que je l'ai lu : l'intrigue était pour moi bien secondaire. C'est bien pour l'ambiance et la peinture de la société de l'époque que j'ai pris ce livre, et que je l'ai apprécié.
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critiques presse (1)
LeFigaro   07 novembre 2013
Michel Quint nous régale avec cette chronique d'un Paris en pleine effervescence artistique, où tout semble possible, y compris les plus belles arnaques.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
bilodohbilodoh   21 août 2014
...faut t’habituer à la femme nouvelle, plus à celle d’avant-guerre, je ne suis pas une nonne voilée! Au front, vous êtes devenus des héros, nous les femmes, à l’arrière, on des devenues des hommes! (Archipel, p. 160)
Commenter  J’apprécie          182
MepsMeps   03 août 2020
Est-ce qu'il demeure un semblant d'humanité simple parmi les hommes, est-ce qu'on peut encore être des hommes après le monde en guerre ? Est-ce que la mort d'Antoine a laissé en elle une possibilité d'aimer, de seulement vivre ? Ou bien ce conflit est-il une sorte de péché originel, après quoi nous serons tous chassés de ce qui demeure du paradis terrestre ?
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bilodohbilodoh   20 août 2014
Une réputation est vite ruinée. […] 
ah ça, la réputation, c’est comme une virginité! (p. 194)
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