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EAN : 9781090090164
Steinkis Editions (20/03/2013)
4.11/5   18 notes
Résumé :
L'histoire bouleversante d'une enfance entre ségrégation raciale et quête identitaire dans le Sud des Etats-Unis.

En 1961, Lila a cinq ans, lorsque sa gamille quitte l'Argentine pour s'installer à Marion, Alabama où elle découvre la réalité du Sud ségrégationniste.

Lila grandit en même temps que le mouvement des droits civiques prend de l'ampleur. Immigrée, ni noire ni blanche, elle porte un regard perçant sur le racisme ambiant, celui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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mariech
  15 août 2013
Dark Room c'est une merveilleuse BD sur les années 60 et 70 dans le Sud des États -Unis .
C'est plus un roman graphique qu'une BD classique , d'ailleurs le format est plus celui d'un gros bouquin , 254 pages tout de même , en noir et blanc , symbolique particulière car le titre Dark Room est une référence aux nombreuses photos que le père de l'auteur faisait ' la chambre noire où il développait les photos ' et bien sûr le sujet du livre , la ségrégation raciale aux États- Unis et les premières protestations des noirs Américains qui se battaient pour leurs droits constitutionnels .
L'auteur qui est Argentine raconte l'arrivée de son père aux États - Unis , sa méconnaissance bien sûr de la situation raciale , il propose à une chorale ' noire ' de venir chanter chez ' les blancs.' et provoque un beau tollé dans les deux communautés .
L'auteur dépeint ses souvenirs d'enfance , elle perçoit d'abord que la situation n'est pas normale , plus elle grandit plus elle va s'en rendre compte , notamment lorsqu'elle apprend à lire , elle va voir les affiches sur les restaurants ' réserve aux blancs ' , lira un livre dans la bibliothèque de sa grande soeur ' Dans la peau d'un noir ' , l'auteur avait noirci sa peau et a parcouru le Sud des États- Unis .
Lila Quintero épingle avec brio les paradoxes de l'Amérique des années 60 ' tant d'abondances , tant de contradictions note - t - elle .
L'enfant qu'elle est à l'époque comprend que même l'histoire de l'Alabama pendant la guerre de Sécession est édulcorée .
Elle même n'a pas vraiment sa place dans la société américaine de l'époque , elle est différente , de peau brune , alors que le modèle américain idéal est d'être blonde aux yeux bleus , heureusement ses parents sont intelligents , créatifs , ont une grande ouverture d'esprit , leur statut d'immigrés leur fait voir les événements de façon différente des gens du coin pour qui la ségrégation est normale et naturelle .
Pour la petite fille ses parents ont un travers qui la mets mal à l'aise , ils parlent espagnol à la maison mais également en public car ils espèrent retourner rapidement en Argentine , ils resteront pourtant 10 ans en Alabama , pour sa part Lila oubliera très vite sa langue maternelle pour s'intégrer dans sa nouvelle vie , pour elle c'est presque une question de survie .
C'est un livre passionnant , que je conseille vivement , l'auteur nuance toujours son propos .
L'auteur choisit de rester vivre aux États - Unis et de ne pas retourner en Argentine avec ses parents , à 18 ans elle devient citoyenne américaine , pourtant il a quelques années à peine , elle entreprend enfin le voyage en sens inverse avec son fils adolescent , là et celle va la bouleverser , elle va voir par elle - même que le racisme est non seulement universel mais toujours bien présent , même en Argentine ' les plus basanés ' sont en bas de l'échelle .
En résumé une très belle lecture .
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le_Bison
  26 août 2013
C'est l'histoire d'une petite fille, Lila Quintero Weaver, de 5 ans et +. En 1961, ses parents partent de son Argentine natale pour s'installer à Marion, petite bourgade d'Alabama. Les années soixante, dans le Sud, les blancs d'un côté, les noirs de l'autre, et elle, petite fille ni blanche ni noire. Difficile de se placer dans un camp, où personne ne l'adopte et se retrouve isolée de ses camarades.
C'est donc l'histoire d'une BD autobiographique qui raconte son enfance et son adolescence. Pas un traité sur la ségrégation raciale, mais plus comme un carnet intime où la jeune fille dévoile ses sentiments, son point de vue sur la situation de l'Alabama, sur les rapports avec les gens de couleurs et avec les blancs. Elle a du mal à comprendre les distinctions entres ces races humaines : les caucasiens, les noires, les orientaux. Elle a l'impression d'être différente de ne faire partie d'aucune de ces classes. Elle se sent ‘mixte'.
« DarkRoom, mémoires en noirs et blancs » est donc un formidable témoignage de cette époque, une histoire bouleversante vue par l'oeil candide et naïf d'une gamine émigrée dans ce contexte difficile qui la dépasse totalement. Doit-elle aller dans une église blanche ou chanter le gospel avec ces noirs...
Un air de gospel qui vient du coeur transparait à chaque page traitant de la cause noire. Un relent nauséabond s'infiltre entre les lignes lorsque la ségrégation sépare les âmes humaines. Mais peut-on parle d'âme plutôt que de bêtises humaines. L'Alabama, en 1965, il s'y est passé un certain nombre de trucs qu'une petite fille avait du mal à comprendre, à mettre des mots, mais elle ressentait tout un tas de choses. le coeur ne se commande pas. Des années plus tard, les mots sont restés et les images ont été rajoutées. Les dessins, en noirs et blancs, of course, sont magnifiques, tout au crayon, foisonnant de détails et de réalisme, comme je les aime, même si mon univers reste très éloigné de ce monde fait de bulles et de crayons.
Darkroom est une bel oeuvre, pour tout public devrais-je même dire, de 5 à 77 ans. Un roman graphique pour comprendre et apprendre, pour sentir ce Sud profond que fut l'Alabama en 1965, et de découvrir UN changement.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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argali
  06 août 2013
Dark room, c'est la chambre noire de Nestor, le père de Lila. Celle où il a développé les photos qu'il prenait de sa famille, de son pays l'Argentine, de l'Alabama et des événements qui ont marqué ceux-ci. A partir de ces instantanés, Lila Quintero Weaver relate ses souvenirs d'enfance et d'adolescence : l'arrivée dans un pays différent, la découverte d'une autre langue et d'autres modes de vie, le regard des gens, et cette habitude, nouvelle pour elle, de classer les hommes selon leur couleur de peau. Se pose alors, pour cette petite fille et ses frère et soeurs la question de l'appartenance à une communauté. Ils ne sont pas noirs mais ne se sentent pas blancs. Comment se définir alors ?
Chacun s'acclimatera plus ou moins bien à la situation, avec sa personnalité, son caractère et les aléas de la vie. Lissy, sa grande soeur n'aura de cesse de s'intégrer et de vouloir ressembler à cette Amérique où elle est née et à laquelle elle s'identifie, leurs parents, bien qu'intellectuels, refuseront ce qu'ils considèrent comme dangereux (la télévision, la nourriture américaine…), même la langue anglaise sera vue comme un obstacle à un retour en Argentine et ils ne la parleront jamais avec leurs enfants. Au point que Lila en aura honte. Lila qui cherchera longtemps sa place dans une société ségrégationniste qu'elle refuse mais où changer les mentalités n'est pas aisé, qu'elles soient blanches ou noires.
Ce roman graphique est une plongée dans l'Histoire de l'Alabama de 1961 à 1971 à travers celle d'une famille immigrée. La petite et la grande histoire se mêlent subtilement pour nous dresser le portrait d'une époque et celui de Lila qui se construira à travers elle. Son point de vue d'enfant doublé du recul de l'adulte, quelques années plus tard, donne profondeur et force au récit. le propos n'est pas de nous compter la ségrégation par le menu, mais de nous la faire comprendre à travers plusieurs faits marquants. Un récit bouleversant et original à la fois.
Les dessins figuratifs réalisés au crayon noir sont superbes ; noirs et blancs comme le peuple américain. Ils enrichissent le propos par leur ligne pure allant à l'essentiel.
Chez le même éditeur, j'avais déjà beaucoup apprécié « Les lumières de Tyr ». Ce roman confirme que Steinkis sait choisir ses scénarios et ses illustrateurs.
Un récit remarquable et d'une grande qualité esthétique à conseiller à tous et surtout aux jeunes afin qu'ils découvrent cet épisode de l'Histoire.
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BVIALLET
  28 avril 2013
En 1965, Lila a cinq ans, son père est un pasteur argentin d'origine métisse et sa mère est une américaine d'origine européenne, professeur de dessin. Depuis quelques années, le couple n'a cessé de faire des aller et retours entre Buenos Aires et les Etats-Unis. Lila a un peu de difficulté à s'acclimater à sa nouvelle vie dans le sud des Etats-Unis, en pleine « Black Belt ». Pour ses camarades blancs de la petite ville de Marion (Alabama), elle reste inclassable : elle n'est pas vraiment blanche mais pas noire non plus. La ségrégation raciale vit ses derniers jours. Les Afro-américains commencent à revendiquer de plus en plus pour obtenir leurs droits civiques et vont finir par les obtenir. Lila découvre des préjugés qui sont à mille lieues de ce qu'elle vit dans sa famille...
Un très gros (255 pages) et très bel album de bandes dessinées entièrement exécuté au crayon noir sur un registre à la fois historique et intime. On suit avec tendresse et affection le parcours de cette petite immigrante qui découvre avec effarement la réalité de ce « home of the free », cette terre de la liberté, cette patrie recevant tous les peuples de la terre qui se comporte si différemment selon la couleur de la peau des gens. Avec le recul, il est intéressant de remarquer qu'en l'espace d'à peine une décennie, les mentalités évoluèrent rapidement, passant de l'apartheid le plus strict à l'égalité la plus totale (plus en apparence, sans doute, que dans la réalité des faits) grâce à l'action des marches pour l'égalité, des grèves, des mobilisations de masse, des médias, de grands hommes comme Martin Luther King ou de simples artistes comme Joan Baez, Bob Dylan et tant d'autres. Un combat culturel qui porta de beaux fruits. Mais tout reste relatif. Les dernières pages sont là pour le prouver. A son retour en Argentine, trente ans plus tard, Lila découvre un tout autre pays. Homogène ethniquement, il était devenu multiracial et les tensions entre les communautés inconnues jusque alors apparaissaient. Doit-on en conclure que le racisme, tout comme la sottise, serait éternel et universel ? Un ouvrage d'une grande qualité plastique et esthétique à conseiller aux jeunes qui n'ont pas connu cette époque troublée et aux autres... pour s'en rappeler.

Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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nadouk
  04 décembre 2013
Une autobiographie très intéressante : Lila Quintero Weaver nous raconte son arrivée à l'âge de cinq ans dans le sud des Etats-Unis alors qu'elle n'avait que cinq. Sa propre histoire se mêle à la grande Histoire puisqu'elle nous fait part de son témoignage sur la ségrégation raciale et sur le mouvement d"émancipation des Noirs américains, sa prise de position personnelle et sa quête identitaire en tant qu'Argentine immigrée aux Etats-Unis.
Plus que tout, j'ai apprécié le graphisme. le dessin au crayon, en noir et blanc, qui se rapproche d'un travail photographique colle parfaitement au tire "Darkroom" qui prend tout son sens puisqu'il fait référence à la passion pour la photographie de son père et à cette ségrégation raciale entre les Noirs et les Blancs.
Je vous conseille vivement cette lecture!
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   04 août 2013
Nous avions une encyclopédie que mama avait achetée volume par volume. C'était une pâle imitation du World Book mais certains passages avaient retenu mon attention.
J'étais frappée par ce qu'on disait des races.
Les races humaines : caucasien noir oriental
Les limites séparant les races étaient très claires. Il semblait si facile à ces gens de savoir ce qu'ils étaient... même si la réalité ne s'accordait pas forcément avec ces catégories bien nettes.

Mais rares étaient les Américains des Etats du Sud qui toléraient l'ambiguïté raciale. Ils ne s'embarrassaient pas de frontières floues et appliquaient la règle de la "simple goutte".

Selon cette règle, toute personne ayant la moindre trace de sang noir ne pouvait se revendiquer comme blanche.

La règle était inflexible, quelle que soit la proportion d'aïeux blancs dont justifiait une personne, une simple goutte de sang noir suffisait à la disqualifier.

La pureté de la race était capitale.
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MurielTMurielT   30 mai 2016
- Arrêtez vous tout de suite. Il n'y aura pas de marche...
- Pardonnez-moi, mais nous ne faisons qu'exercer nos droits constitutionnels.
- Vos droits constitutionnels ? Ecoutez-moi ce négro des villes avec ces grands mots !
- J'ai une nouvelle pour toi, mon gars : tu as zéro droit constitutionnel dans ma circonscription !
- Mais Monsieur, nous sommes des citoyens américains !
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