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ISBN : 2743642289
Éditeur : Payot et Rivages (03/01/2018)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Qu'arrive-t-il aux habitants du Mayerling ? Cette résidence neuve de haut standing, aux occupants triés sur le volet, est une promesse de sérénité à laquelle succombent de nombreux acheteurs dans la ville de Rouvières. Mais derrière ses portes protégées par les digicodes, la vie se dérègle peu à peu. Les conflits et les accidents se succèdent. Les Lemoine, jeune couple dynamique, s'entre-déchirent. La très pieuse Mme Camy se retrouve nymphomane. M. Paul rêve d'assas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
lucia-lilas
  27 janvier 2018
Et en voilà une autre pépite : que de belles trouvailles en ce moment ! Un grand coup de coeur pour ce petit bijou plein d'humour mais dont le propos, au fond, n'a rien de léger (dans tous les sens du terme!)
Voyez-vous à quoi ressemblent les dépliants publicitaires pour de futurs immeubles qui ne sont pas encore sortis de terre ? Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil : les gens semblent heureux, ils prennent le temps de se parler tranquillement (sous un ciel bleu évidemment) tandis que les autres lisent le journal sur des balcons fleuris. de jeunes couples poussent un landau tandis qu'un garçonnet en tee-shirt rouge trottine devant. Tout est promesse : de jours heureux, calmes, harmonieux. On a l'impression qu'il suffirait d'acheter un petit trois pièces dans cette résidence (qui s'appellerait Les Balcons de Cheverny ou bien le Clos de Versailles) pour être enfin HEUREUX !
C'est précisément ce qu'ont pensé tous les futurs acquéreurs en découvrant sur papier la nouvelle résidence de standing : le Mayerling à Rouvières. Tous les appartements ont été vendus, comme des petits pains. L'immeuble s'est bâti en un clin d'oeil : il est là, majestueux, superbe, étincelant. Il brille sous le soleil. « Un nouvel être est né : le Mayerling. 5000 m³ de béton. 300 tonnes d'acier. 150 fenêtres et portes-fenêtres. 300 portes intérieures. 1500 m² de façade isolée. 200 m² de garde-corps aux balcons, 1000 plaques de cloison, 250 plaques de doublage isolant pour plafonds, 700 plaques de doublage isolant pour les murs. 6 kilomètres de câbles électriques. 2000 prises et interrupteurs. 900 mètres de tuyaux de distribution de gaz, 8 kilomètres pour l'eau, 2 pour l'évacuation sanitaire. 2000 m² d'isolant acoustique sous carrelage, 10000 carreaux de carrelage, 7000 carreaux de faïence. 3000 litres de peinture. Et une âme noire, cachée là-dedans, dont on ignore la taille et le poids. »
Belle bête hein ? Tous les nouveaux proprios se sont installés le sourire aux lèvres et… c'est là que les ennuis ont commencé mais des ennuis un peu étranges, enfin quand je dis « un peu », je veux dire très étranges… et croyez moi, vous êtes bien loin d'imaginer tout ce qui va leur arriver… LE PIRE DU PIRE...
Le narrateur et son ami Braque mènent leur enquête sur cette affaire qui a eu des retentissements dans le monde entier et c'est avec beaucoup de sérieux, une documentation précise et des faits vérifiés qu'ils racontent ce qu'ils ont pu apprendre de cette terrible histoire.
L'affaire Mayerling est un roman savoureux vraiment désopilant qui nous régale avec son humour absurde, enfin pas si absurde que ça quand on pense à ce dont sont capables les architectes en termes de créations originales certes, mais parfaitement invivables pour les pauvres gens condamnés à les habiter.
Comme vous l'avez compris, ce livre nous invite à une réflexion sur l'urbanisme moderne, le rêve de l'accession à la propriété comme garantie de bonheur (avoir pour être… ah, ah, ah!!!), le cauchemar de la vie verticale en collectivité (et si notre environnement était la cause de notre mal-être?), l'ère du béton roi (et nos plages qui sont vidées de leur sable…)
Bref, rien de mieux qu'une petite plongée cocasse et satirique dans un monde un brin fantastique (l'est-il vraiment, au fond?), pour réfléchir à tout cela…
Et puis moi qui râle tout le temps parce que je vis loin de Paris… J'apprécie ENFIN à sa juste valeur ma petite maison à la campagne.
Comme quoi la littérature rend heureux !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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fannyvincent
  13 avril 2018
J'ai emprunté ce roman sorti en début d'année à la médiathèque, intrigué par le résumé en quatrième de couverture. Une nouvelle résidence de grand standing, le Mayerling, qui, loin d'être le havre de paix imaginé par ses occupants, va au contraire devenir leur pire cauchemar ? Et pas seulement du fait des autres résidents, non... l'immeuble lui-même semble doté d'une personnalité, d'une existence, comme si un esprit malin avait pris possession des lieux, et s'ingéniait à pourrir la vie de ceux qui y vivent (et il ne manque pas d'imagination en la matière). Avouez qu'il y a de quoi avoir envie d'en savoir plus...
Voici un roman assez original, parfois angoissant, qui constitue une critique plutôt acide de l'urbanisme moderne et de l'habitat collectif. Et qui vous vaccine définitivement de la copropriété ! Déjà que les voisins sont parfois difficiles à supporter, que ce soit, comme pour certains résidents du Mayerling, du fait de leur manque d'hygiène ou de leurs noubas régulières et bruyantes (et non, un mot dans les parties communes évoquant la fête à venir n'excuse pas les comportements irrespectueux !!!)... mais si l'immeuble lui-même constitue également une menace, où va-t-on ? Doit-on, comme vont finir par le faire les résidents du Mayerling, lui déclarer la guerre ?
« L'affaire Mayerling » est une jolie petite découverte, une histoire qui va progressivement basculer dans l'absurde et la folie, avec un auteur qui multiplie les références à des écrivains ayant traité des thèmes similaires (Topor, Daninos, Pérec...). Un roman qui donne envie de dire à l'habitat collectif... laisse béton.
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soleil
  17 avril 2018
Qui n'a pas rêvé d'avoir un appartement neuf, dénué de fissures, peintures défraîchies voire papiers peints hideux, dans lequel personne n'aura mis les pieds ? Vous serez ainsi les premiers à fixer les cadres, à l'agencer, à vous y projeter et à y rester en théorie jusqu'à ce que votre état de santé vous conduise au cimetière, à l'hôpital ou encore en maison de retraite. En principe vous serez tranquilles pendant un bon bout de temps avant d'avoir à voter pour ou contre le ravalement de façade/le changement des boîtes à lettres/l'installation de stores....
Pour résumer : la tranquillité pendant un temps non négligeable si vous optez pour l'acquisition d'un logement neuf dans la résidence le Mayerling, sise à l'angle du Boulevard Voltaire et de la rue Mayerling à Rouvières.
Ce sont toutes les bonnes raisons pour lesquelles Les Lemoine, Mr Boisselier, Mme Camy et tant d'autres utilisent leurs économies, l'argent de la famille ou celui de la banque pour s'offrir un logement neuf.
Mais si tout semble beau lorsque cela sort de la bouche du commercial, de l'agent immobilier ou de la brochure en papier glacé, les déconvenues une fois les propriétaires installés, ne tardent pas à apparaître.
Le Mayerling se rebellerait-il et rendrait-il les habitants zinzins ?
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Ce roman décrit à merveilles les affres de la recherche du logement idéal qui doit convenir à Monsieur, à Madame et au banquier mais surtout les travers liés aux constructions neuves, à la démolition de jolies maisons de maître par des promoteurs pour récupérer le terrain et y ériger des successions de chambres, salons, cuisines, empilés les uns sur les autres. Avec beaucoup d'humour, de sarcasme et de réalisme, le narrateur relate la vie de ces habitants en nous faisant prendre conscience de l'absurdité de certaines situations liées à la vie en communauté, à l'inertie de certains syndics ou au fait qu'une entreprise puisse disparaître du jour au lendemain.
Le roman se divise en trois parties qui se lisent facilement et est révélateur de certains de nos désirs Seul bémol : j'ai juste trouvé que la seconde partie était un peu longue et je commençais à être lassée des ennuis de ces propriétaires.
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traversay
  23 janvier 2018
Un nouvel ouvrage de Bernard Quiriny est (presque) toujours synonyme de jubilation. Cependant, il est vrai que ses recueils de nouvelles enthousiasment davantage que ses romans, comme si l'auteur belge se sentait moins libre et imaginatif sur le format long. L'affaire Mayerling est le troisième roman de Quiriny et comme dans les deux premiers, il s'empare d'un thème, le tord dans tous les sens et en extrait la substantifique moelle. Dans L'affaire Mayerling, il s'agit de l'immobilier urbain qui, a priori, n'est pas le sujet le plus folichon du monde. le narrateur et l'un de ses amis se présentent d'emblée comme passionnés par les annonces immobilières dont ils commentent avec gourmandise le jargon impayable. Mais rapidement, le livre s'intéresse à l'immeuble Mayerling, fraichement construit avec des résidents souvent pour la première fois propriétaires. C'est une enquête après les faits qui nous est narrée en détaillant les avanies successives qui frappent les malheureux habitants de l'immeuble. Celles-ci sont techniques avec des dysfonctionnements mais, plus grave, semblent influer sur les comportements : violence, intolérance, hystérie, nymphomanie ... Comme souvent chez Quiriny (dans ses romans), il y a à un moment un côté répétitif qui menace que l'écrivain combat en poussant encore plus loin son intrigue, dans une sorte de logique absurde mais en définitive pas si irrationnelle. Dans cette satire immobilière, il rend hommage aux écrivains qui se sont penchés sur le "vivre ensemble" dans cet entassement vertical et urbain qui est tout sauf naturel à l'espèce humaine : de Rousseau à Perec, de Ballard à Marcel Aymé. Un livre drôle et cinglant qui donne une toute autre signification à l'expression "béton armé."
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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LettresItBe
  25 janvier 2018
Un immeuble qui décide de s'en prendre directement à ses habitants, ces mêmes habitants qui se réunissent pour littéralement « casser la gueule » à l'immeuble … Oui, bon, on est d'accord, le bref résumé du dernier roman du belge Bernard Quiriny L'affaire Mayerling publié chez Rivages n'est peut-être pas du plus bel effet. Mais chez Lettres it be, on s'est laissé tenter pour voir tout de même ce qu'il en était. Et on a bien fait !

# La bande-annonce

Qu'arrive-t-il aux habitants du Mayerling ? Cette résidence neuve de haut standing, aux occupants triés sur le volet, est une promesse de sérénité à laquelle succombent de nombreux acheteurs en quête de sécurité dans la petite ville de Rouvières. Mais derrière ses portes protégées par les digicodes, la vie se dérègle peu à peu. Les Lemoine, jeune couple dynamique, s'entredéchirent la rage au ventre. M. Paul rêve d'assassiner les bruyants locataires de l'étage supérieur. Une odeur pestilentielle s'échappe du logement de Mme Meunier. Mme Chopard voit le fantôme de sa mère. Et la très pieuse et honorable Mme Camy se retrouve soudainement rongée par le désir. Aléas incontournables de la vie en communauté ? À moins que le Mayerling ait décidé d'en finir avec ses résidents… de situations cocasses en dérapages absurdes et incontrôlables, le narrateur retrace pour notre plus grand plaisir le naufrage d'une communauté aux tensions exacerbées. Véritable satire de l'urbanisme contemporain, ce roman aussi drôle que glaçant, héritier survolté de la Vie mode d'emploi de Perec et de la Trilogie de béton de J. G. Ballard dresse le portrait d'une société prisonnière de ses rêves de béton.

# L'avis de Lettres it be

Enseignant en droit et tout le reste de travers (chroniqueur chez Chronic'Art ou Epok voire pour le Magazine littéraire etc.), Bernard Quiriny commence à être un habitué des rayonnages livresques. Il revient avec L'affaire Mayerling un thriller immobilier surprenant du début à la fin. Tout commence avec un banal récit de voisinage, avec les péripéties des uns et des autres autour d'un projet immobilier opaque qui aurait fait les choux gras d'un numéro d'Enquête Exclusive. Mais de fil en aiguille, Quiriny nous emporte vers bien d'autres choses. Professeur de droit de son état, il était impossible pour Bernard Quiriny de ne pas revenir à ses premières amours et nous inculquer quelques notions en droit immobilier. C'était absolument dispensable et pourtant, tout cela ajoute au roman, dès son ouverture, une petite touche d'originalité bien sentie. Mais de cela, on va très vite aller vers un thriller quasi-surnaturel où l'immeuble prend vie et semble vouloir mener la vie dure à ses habitants. Oui, oui, vous avez bien lu !

Des voisins tapageurs, un repas entre amis qui tourne mal, des histoires de couple qui empirent … On commence crescendo dans L'affaire Mayerling à faire connaissance avec les nombreux personnages qui habitent les pages. Des personnages bien posés d'ailleurs et qu'on retrouve facilement dans le fil du récit, un (très) bon point à souligner. Ensuite, les mots appellent les maux : un poisson qui arrive dans l'eau noirâtre d'une baignoire bouchée, une femme qui tourne folle à la vue d'esprits … Ca devient carrément flippant dans cet immeuble mais impossible de lâcher ce roman où seule l'arrivée d'extraterrestres en poney semble désormais peu probable. Jusqu'à une fin plutôt délirante mais franchement bienvenue.

La suite de la chronique sur le blog de Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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critiques presse (2)
LeFigaro   16 février 2018
La copropriété est une comédie. Plume fine et dent dure, Bernard Quiriny se livre à une irrésistible démolition du monde de l'immobilier.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeJournaldeQuebec   22 janvier 2018
Un roman savoureux qui met en scène un affreux immeuble en béton où il vaudrait mieux ne jamais mettre les pieds !
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
soleilsoleil   17 avril 2018
Nulle profession n'est plus dangereuse-criminelle, même. Les architectes ont causé plus de malheurs que tous les soldats, tous les idéologues et tous les industriels confondus.

Les urbanistes aussi. Les urbanistes ne valent pas mieux. D'ailleurs, ce sont souvent les mêmes. Ils s'en vantent, et se proclament "architecte-urbaniste", comme on dirait violeur-assassin. On les pendra deux fois.
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fannyvincentfannyvincent   09 avril 2018
- Jadis, remarqua M. Lefebvre, les noms des architectes étaient gravés en gros sur les façades. Coutume abandonnée : ils n'assument plus.
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fannyvincentfannyvincent   08 avril 2018
- J'ai plusieurs témoignages comparables. Apparemment, tous les dîners et réceptions donnés au Mayerling ont dégénéré de la même façon. Très vite, les copropriétaires n'ont plus osé inviter qui que ce soit.
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tillytilly   28 janvier 2018
— On pourrait vous prendre au mot, dit Braque, et organiser les assemblées en public, avec des gradins. Entrée 5 euros, à verser sur le compte de la copropriété.
— Excellent. On se bousculerait aux A.G. les plus prometteuses, celles des copropriétés dont les habitants se haïssent. Le public applaudirait aux meilleures répliques, ferait du chahut, etc.
— Imaginez le pauvre gérant du syndic, qui doit faire procéder aux votes dans ces conditions !
Le rôle du gérant, grave question. Le bon déroulement de l'assemblée repose sur ses épaules. La plupart ne sont pas formés. Ils ont de vagues connaissances techniques et juridiques, mais ils ignorent l'essentiel : la psychologie des foules, l'art de diriger un débat. Au moindre désaccord entre les copropriétaires, ils sont dépassés.Comme les copropriétaire ne peuvent pas se taper trop dessus, pour les raisons indiquées ci-dessus, ils se retournent contre le syndic, transformé en punching-ball collectif. Syndic est un métier de chien.
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fannyvincentfannyvincent   05 avril 2018
Certains résidents du futur immeuble Mayerling, quand ils connurent l'existence passée de cet asile, estimèrent que cela pouvait expliquer bien des choses, et que les malades avaient pollué psychiatriquement les lieux, inoculant leur folie au décor.
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