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ISBN : 2757826603
Éditeur : Points (08/03/2012)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 64 notes)
Résumé :
En 1970, la Belgique est le théâtre d’une révolution d’inspiration prétendument féministe, excluant les hommes de toute vie sociale et instituant une dictature d'un nouveau genre. En France cependant, des militants des causes extrêmes considèrent ce petit enfer totalitaire comme un modèle d'égalité. Quelques-uns, parmi les plus convaincus, d’où se détache la figure drolatique de Pierre-Jean Gould, intellectuel germanopratin, seront conviés à un premier voyage offici... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Crazynath
  25 mai 2018
Dans le cadre du Challenge ABC, la lettre Q me cause quelquefois du fil à retordre. Je ne possède en effet pas dans ma Pal (pourtant assez monstrueuse) de livre dont l'auteur correspond à ce critère . J'avoue avoir un peu choisi au hasard ce livre et cet auteur. Bernard Quiriny a attiré mon attention chez mon libraire car son nom commençait par la lettre que vous savez. Je ne le connaissais absolument pas, je dois le reconnaitre… La quatrième de couverture m'a suffisamment interpellée pour que j'arrête mon choix définitif sur ce livre.
Le postulat avait tout pour m'attirer et me plonger rapidement dans cette lecture. La Belgique est devenue le pays le plus mystérieux du monde. En effet, dans les années soixante-dix, un putsch a mis à la tête du gouvernement belge une féministe pure et dure. Cette dernière, surnommée La Bergère va mettre en place des mesures qui vont faire de ce pays un endroit complètement dominé par les femmes. Isolé depuis plusieurs décennies du reste du monde ( et de l'Europe), un grand évènement se prépare : pour la première fois, un groupe de personnes étrangères vont avoir l'honneur de visiter ce mystérieux pays. Ce sont des journalistes français qui vont avoir le droit à une visite guidée ( et très dirigée ) de cette Belgique.
En alternance avec le récit mettant en scène ce groupe de journaliste qui va découvrir une image de la Belgique plutôt cadrée, nous allons suivre l'histoire d'Astrid, jeune infirmière belge. A travers son histoire, la réalité de ce qui se passe réellement dans ce pays est d'autant plus frappante. Ici, pas de fioritures, la belge moyenne survit dans un monde plein de contraintes…
Et les hommes ?? Oui, où sont les hooooommes ?? Car après tout, c'est bien ce qui nous intéresse, quel est le sort réservé à la gente masculine dans ce pays si extrémiste ? Eh ben, comme dans tout état totalitaire, le sort réservé à ces messieurs n'est guère enviable, il faut le dire… Ils sont complètements assujettis aux lois misandres de cette société qui ne donne pas vraiment envie…
L'histoire a été intéressante à suivre. La découverte à travers le journal d'Astrid des arcanes du pouvoir dans ce pays a été édifiante. Lors de cette lecture, je n'ai pu m'empêcher de faire plusieurs parallèles. le premier, bien sûr, avec un état totalitaire qui se voulait aussi très ouvert, à savoir l'URSS de Staline et compagnie.
J'ai aussi fait le lien avec un autre livre qui traite du pouvoir entre les mains des femmes. Je parle de l'excellent Les hommes protégés de Robert Merle.
En conclusion, je dirais que même si je ne crie pas au chef-d'oeuvre, avec ce livre j'ai passé un bon moment de lecture avec ces Assoiffées…
Challenge ABC 2017/2018

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Corboland78
  28 mars 2015
Né en Belgique en 1978, Bernard Quiriny vit aujourd'hui en Bourgogne et enseigne le droit à l'université. Il écrit des articles littéraires ou musicaux pour la revue Chronic'Art ainsi que des critiques pour le Magazine Littéraire. Ecrivain depuis 2005, Les Assoiffées est paru en 2010.
Second ouvrage de Bernard Quiriny que je lis mais que ce soit le Village évanoui ou Les Assoiffées, dans les deux cas l'écrivain aborde le même thème, des populations se retrouvent coupées du monde extérieur et vont vivre en autarcie.
En 1970, en Belgique une révolution donne le pouvoir aux femmes et instaure une dictature dans tout le Benelux d'où sont exclus tous les hommes. En France la situation fait débat, quelques militants voyant dans le modèle Belge un exemple à suivre par tous. Un groupe d'intellectuels va partir en voyage officiel vers ce pays pour se faire une idée de la situation.
Bernard Quiriny ne manque pas d'imagination, un pays donnant le pouvoir exclusif aux femmes en radiant de la vie sociale tous les hommes, justes bons à fournir la matière essentielle à la perpétuation de la race, il fallait y penser. Pourquoi pas une planète gouvernée par des singes, tant qu'on y est ? Les écrivains sont formidables.
Le bouquin propose deux regards. le premier nous donne une vision extérieure du régime, ce sont quelques intellectuels partis en voyage organisé sous la houlette d'une officielle Belge, dans la grande tradition de ces expéditions (André Gide en Russie (1936) qui en reviendra déçu, Philippe Sollers en Chine (1974) qui s'en retourne enchanté, etc.) On ne montre aux visiteurs que ce qu'ils doivent voir, en le leur présentant sous son meilleur aspect ; on contourne leurs éventuelles questions dérangeantes, on flatte leur ego pour se les mettre dans la poche. le pays visité n'est plus qu'un vaste décor de cinéma. Au retour les dissensions entre les participants au moment d'expliquer ce qu'ils ont vu sont assez croquignolettes mais pas assez développées.
Le second regard est livré sous la forme d'un journal, tenu par une citoyenne Belge, qui va être introduite dans l'entourage d'Ingrid et sa fille Judith « La Bergère », la maîtresse absolue de tout l'Empire. Nous sommes alors au coeur de la machine, la nomenklatura a tous les droits, ses conditions de vie sont luxueuses quand la misère règne dans le reste du pays, chacune veille scrupuleusement à servir la paranoïa de Judith, lui passant tous ses caprices même sexuels, lui cachant tout ce qui pourrait lui déplaire.
Le roman expose la gestion de la Belgique exactement comme on a pu apprendre depuis, la manière dont on vivait dans la Russie communiste de Staline, la Chine de Mao ou la Corée du Nord aujourd'hui encore. le culte de la personnalité, le pouvoir absolu, le déni de la réalité etc. On connait tout cela, on l'a lu ou vu dans des reportages qui de nos jours ont ouvert les yeux des plus aveugles (je pense ?). C'est là que le roman commence à peiner, cette espèce de copier/coller entre le réel utilisé pour ce fictif finit par lasser. Je suis quasi certain que tout ce qui est repris dans ce roman – et qui peut sembler hallucinant à un jeune lecteur – n'a rien d'imaginaire mais sort des archives et documentaires réalisés sus les régimes totalitaires, rien ne m'a étonné, tout m'a paru déjà connu.
Pour le dire franchement, j'ai refermé le roman un peu déçu pour plusieurs raisons. Contrairement aux apparences, j'ai trouvé qu'il manquait de fond, s'il s'agit d'une fable politique pour nous mettre en garde contre les totalitarismes, le bouquin est bien lourdingue ; mon sentiment profond c'est que cette toile de fond n'est qu'un prétexte pour amuser, sans plus. Par contre les jeunes écrivains en herbe en tireront profit, ce roman est la preuve parfaite qu'une idée de départ géniale ne donne pas forcément un résultat du même niveau, non pas parce qu'elle a mal été exploitée par l'auteur mais parce qu'une idée ne fait pas un bouquin a elle seule. Pour conclure, un roman sympathique et souriant mais néanmoins décevant et surtout beaucoup trop long.
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traversay
  29 août 2012
Ah, quelle belle chose que l'uchronie, ce genre littéraire qui repose sur le principe de la réécriture de l'Histoire à partir de la modification d'un événement du passé. Philip K. Dick l'a porté à son apogée avec le maître du haut château, dans lequel allemands et japonais avaient gagné la deuxième guerre mondiale.
Malgré son point de départ, le Benelux devenu une dictature féministe depuis 1970, Les assoiffées n'appartient pas vraiment au genre fantastique. Bernard Quiriny dresse le tableau le plus réaliste qui soit, et le plus crédible, à partir du moment où l'on accepte d'imaginer ce monde improbable.
Deux récits cohabitent, alternent et se complètent dans le roman. D'abord, le journal d'une citoyenne lambda, repérée par la "Bergère" qui dirige l'empire et qui devient l'une de ses favorites. La description des allées du pouvoir, son côté grotesque et délirant est contre-balancée par la plume ultra classique de l'auteur qui rend quotidienne cette bouffonnerie absolue et en atténue la cruauté. C'est la partie la moins convaincante du livre.
En revanche, le compte-rendu du voyage de ces intellectuels français, persuadés d'être des privilégiés dans la découverte d'un eldorado unique au monde est jubilatoire au possible, bien que, là encore, Quiriny bride ses chevaux et préfère le sarcasme et l'ironie à la franche moquerie vis-à-vis de ces précieux ridicules roulés dans la farine et heureux de l'être. Impossible de ne pas penser à une certaine intelligentsia parisienne qui, pendant longtemps, considéra la Chine avec vénération.
Avec le portrait de cette sorte de Corée du Nord féministe jusqu'au bout des ongles qu'est devenu le Benelux, Quiriny livre un pamphlet efficace et riche en péripéties, qui ne connait que quelques baisses de tension. Reste au final une interrogation. Qu'a t'il voulu montrer au juste ? Que toutes les dictatures finissent dans le chaos ? Que l'aveuglement des élites intellectuelles pour un type de société "idéale" est risible ? En fait, on ne sait pas trop. Impeccable sur la forme, Les assoiffées est un livre qui laisse pensif quand à son fond. Un exercice de style, de haute tenue, mais pas plus. Ces limites ne sont-elles pas intrinsèques au genre de l'uchronie ? Oui, c'est probable.
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keisha
  27 novembre 2011
Depuis plus de vingt ans aucun étranger n'a été autorisé à entrer en Belgique. Après deux ans d'efforts pour obtenir un visa, un groupe comprenant journalistes et féministes peut enfin découvrir ce pays dirigé d'une main de fer par la Bergère.
Oui, nous sommes dans une Belgique qui fut le théâtre d'une révolution féministe en 1970, le centre de Bruxelles a changé d'aspect (longues avenues à la Caucescu), les campagnes sont quasi vides, toute une hiérarchie policière et militaire veille au grain, et les hommes... réduits à l'état de "larbins" ou pire encore.
A travers le journal d'Astrid, infirmière puis courtisane de la Bergère, l'effroyable réalité se dévoile quelque peu. Réalité qui sera habilement cachée à nos six touristes, à qui l'on ne montrera que ce que l'on veut bien. Quand même ils se posent des questions, mais la manipulation est si habile...

Ma foi, une petite uchronie, pourquoi pas? Ce roman qui évoque à la fois 1984 (cachou cite les changements linguistiques, la présence de propagande jusque dans les domiciles, les enfants dénonciateurs des adultes) , certains régimes totalitaires passés (Roumanie de Ceaucescu, URSS stalinienne avec ses compagnons de route qui ne verront -ou ne voudront voir - qu'une Russie propre sur elle), ou présents ( Corée du Nord pour l'opacité, la fermeture des frontières, la famine) et même la tsarine Catherine et les villages Potemkine, quand la Bergère visite - "au hasard" une habitation qu'Astrid jugera comme "une promenade dans du carton-pâte, un petit tour dans un bocal."

Alternent les visites programmées où certains analysent finement leur impact : "Il n'avait plus rien à objecter, comme si sa faculté d'indignation était paralysée. D'être là, sur les lieux de la Révolution et parmi les révolutionnaires, transformait ses réactions, de même qu'au milieu d'une foule on est transformé hors de soi-même. " et le journal d'Astrid, dont l'amour pour la Bergère créé par des décennies de propagande se heurte à la réalité quotidienne.

Les trois quarts du roman, qui se lit finalement sans déplaisir, se dévorent et l'on s'attend à ce que les deux histoires se rencontrent, qu'Astrid ouvre un peu plus les yeux, on regrette que Lena et Gregor disparaissent de l'histoire. L'ascension d'Astrid paraît reposer sur un socle bien faible, finalement (La bergère l'a vue sur un film, c'est tout!). Elle écrit son journal au vu et au su de toutes, ce qui paraît fort imprudent dans un état policier où la vie privée est scrutée et espionnée. Quant à la fin, rapide, quasi bâclée, elle laisse des questions sans réponse et l'impression d'être passé à côté d'un grand roman. Dommage.
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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mangeclous
  22 octobre 2010
Evidemment, il faut oser. Imaginer qu'une révolution féministe a conduit la Belgique, puis les autres pays du Benelux à se déclarer pays des amazones... à rendre les femmes libres (encore que !) et transformer les hommes en esclaves. Si un mouvement de libération peut être nécessaire et très positif, Bernard Quiriny pousse jusqu'au bout son uchronie quand la révolte légitime se transforme en une idéologie sectaire et complétement folle. On rit parfois, et parfois non. le sujet du livre n'est pas le féminisme mais le totalitarisme. Un groupe d'intellectuels français est invité à visiter le pays de rêves des femmes. On leur montre ce que l'on a envie. En lisant, on pense très vite à un certain nombre de figures de l'intelligentsia française qui ont visité l'URSS ou la chine maoiste en obérant ensuite la réalité pour soutenir des pouvoirs dictatorials et meurtriers.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   28 mars 2015
Autre nouvelle : plusieurs mots sont rectifiés. Je n’ai pas pu les noter tous, mais j’ai retenu ceci : « effort » sera désormais féminin, « candeur » du masculin. Je sens que je vais encore me tromper souvent, et que les filles vont se moquer de moi – elles apprennent toujours plus vite, et s’amuseront à me corriger quand je me tromperai. Comment ne pas s’y perdre ? Combien de mots déjà ont changé de genre ? Mais ce n’est pas un sujet de plaisanterie : il faut faire attention. A Wavre, l’an dernier, on a contrôlé tout un district ; celles qui savaient mal leurs genres, on les a envoyées en rééducation. La rééducation ! Ce mot-là me fait bien peur, bien qu’il soit féminin.
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jeronimusjeronimus   02 mars 2018
Après un copieux déjeuner dans un restaurant fréquenté, aux dires de Kristin, par les personnalités les plus éminentes de l'Empire, les Français se rendirent au Palais des brigadières - un imposant bunker niché dans les bois, comme une maison de repos - pour rencontrer une délégation de notables aux titres ronflants: une lieutenante-générale générale-majore, deux générales de brigade et une escouade de colonelles.
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PawiPawi   23 mai 2012
"J'en suis au chapitre sur le despotisme. Le principe du despotisme, dit-il, c'est la crainte; or, il faut que la crainte abatte tous les courages, et éteigne jusqu'au moindre sentiment d'ambition, afin que chacun demeure l'inférieur du despote."
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CrazynathCrazynath   04 juin 2018
Situation étrange : ils étaient venus dans l'intention de les admirer, et elles avaient la hantise qu'ils les dénigrent !
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CrazynathCrazynath   04 juin 2018
Ce talent qu'a Judith pour magnétiser les masses, pour obtenir toujours des réactions parfaites ! Elle l'a hérité de sa mère qui dirigeait les foules de la voix et du geste, comme une marionnettiste ou une charmeuse de serpents.
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Videos de Bernard Quiriny (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bernard Quiriny
Bernard Quiriny nous parle de L'Affaire Mayerling.
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