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ISBN : 2226342842
Éditeur : Albin Michel (25/02/2015)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Comment vivre après un accident, comment aimer, désirer, se reconstruire, accepter la lente métamorphose des émotions et du quotidien ? David, tombé du haut d'un échafaudage sur le chantier où il travaille à Montréal, est dans le coma. Sa femme et son fils de six ans essaient au fil des jours de communiquer avec lui, d'apprivoiser la douleur et l'absence, et d'apprendre à vivre autrement.Roman bouleversant et paradoxalement tonique, Si tu m'entends traite de façon m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  31 juillet 2015
Un terrible accident. David est tombé d'un échafaudage, fractures multiples et surtout oedème cérébral. Il est dans le coma, personne ne sait s'il va s'en sortir. Sa femme Caroline et son fils de six ans essaient de survivre aussi…

Un roman dérangeant, d'émotions intenses. Comment accepter l'inacceptable, comment dire à son enfant que son père ne reviendra pas ce soir, qu'il ne reviendra peut-être jamais ? Comment continuer à parler à quelqu'un qui ne répond plus, est-il vraiment utile de tenter de communiquer avec lui ? Et comment croire que ce presque cadavre étendu dans ce lit est encore une personne vivante ?

La situation amène aussi son lot d'interrogations existentielles, le sens de la vie et de la mort. L'esprit d'une personne se limite-t-il aux réactions biochimiques ?

Un sujet dramatique, une écriture forte, un roman à ressentir et à réfléchir…
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JackLundy
  22 juillet 2015
Un roman parlant du destin d'un ouvrier qui se trouve dans le coma après un accident sur un chantier : si le sujet s'annonce à priori plutôt pesant, on se serait trompé.
A travers sa belle écriture, Pascale Quiviger rend vivant le voyage au jour le jour des personnes proches de David le malade et notamment sa femme Caroline et leur jeune fils Bertrand. Alors que l'état de David empire, l'auteur fait part de ses réflexions subconscientes d'une façon poétique touchante.
Alors que les semaines et les mois passent, l'humeur de Caroline oscille de l'état de choc à l'espérance, puis s'enfonce dans le désespoir avant d'évoluer vers l'acceptation fataliste de la condition de son mari pour aboutir à une rédemption finale.
Comme les remerciements en fin d'ouvrage le confirment, l'auteur canadien a passé du temps parmi le monde médical pour faire des recherches sur le coma. Les techniques variées mises en oeuvre à l'hôpital sont évoquées de manière très documentées et d'une manière fascinantes : de l'état physique pur, empathique jusqu'au spirituel.
Une bonne dose d'humour est introduite par la personne du docteur Sollers, le neurochirurgien canadien pour qui tout est physique et chimique. L'empathie n'est pas son point fort et la communication avec les proches n'est pas facilitée par son sabir franco-anglais permanent : « Est ce que ca va vous mettre l'âme au repos, Madame Novak, ou est-ce-que vous allez seulement revenir au square one, là ou vous êtes maintenant, as we speak, à vous demander si monsieur Novak est conscient ou non ? »
Une touche émotionnelle supplémentaire est apportée quand nous découvrons que David est le petit-fils d'un résistant polonais de la seconde guerre mondiale. L'histoire de cette famille, leur lutte pour survivre à l'ère post-communiste et pour finir leur émigration à Montréal est entrelacée à l'histoire centrale.
L'auteur aborde aussi des centres d'intérêt divers avec le lecteur : du tragique soulèvement de Varsovie en 1944, à « l'usage du monde » de Nicolas Bouviers et aux vers de Khalil Gibran.
L'influence de l'entourage médical de David, incarné par tout le personnel soignant prend une dimension forte et métaphysique lorsque l'histoire atteint son dénouement. Nous pénétrons dans le monde du personnel soignant, hommes et femmes, qui montrent tout leur engagement, leur dévouement et plus, selon leurs préoccupations et leur parcours personnels.
Jusqu'à quel point peut-on communiquer avec un patient dans le coma ? Par le biais de ce livre magnifique, l'intensité émotionnelle, le geste tendre d'un proche ou une histoire racontée par un enfant sont des voies qui peuvent ouvrir des portes pour communiquer.
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chriskorchi
  23 mai 2015
Un très beau livre sensible et une histoire d'amour touchante . Cette histoire ça pourrait être celle de n'importe qui , on est si fragile et tout peut basculer en une fraction de seconde. le thème principal du roman est le deuil, et c'est un sujet qui , bien que mainte fois évoqué dans divers roman, me touche toujours car j'ai perdu des êtres chers et c'est une perte dont on ne se remet jamais tout à fait.
J'ai aimé le style de l'auteur tout en simplicité et douceur et l'histoire , je me suis attachée au fils, Bertrand que j'ai trouvé tellement digne, tellement mignon. J'ai éprouvé beaucoup de tristesse pour lui. La mère aussi est restée présente pour son fils alors qu'elle vivait l'horreur. Des personnages qui sonnent vrais, une description du milieu hospitalier qui est très réussie et qui donne à réfléchir.
Il n'y a jamais volonté de faire pleurer dans les chaumières et c'est parfait car s'il y a bien une chose que je déteste c'est lorsque je sens que l'auteur a voulu verser dans le pathos. C'est un sujet triste et pas évident traité avec beaucoup de pudeur et de délicatesse. J'ai vraiment apprécié cette lecture.
VERDICT
Un roman réussi sur le deuil, le coma et l'euthanasie qui n'a rien à voir avec ce qui a déjà pu être écrit dessus. Réussi et sensible.
Lien : https://lilacgrace.wordpress..
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Aujardinsuspendu
  27 mars 2015
L'auteur aborde un sujet complexe avec un style d'écriture très pur. Sa plume m'a charmée ainsi que sa construction du roman.
C'est un livre qui m'a de suite attiré par le thème qu'il traite: le deuil, la perte d'un être cher dans des conditions tragiques et violentes.
David tombe dans le coma suite à une chute de six mètres de son échafaudage. Un coma dont il ne ressortira jamais. Sa famille: Caroline et son fils de 6 ans, Bertrand vont devoir affronter cette dure situation.
Caroline se montre digne et courageuse tout au long du livre. Elle reste présente pour son fils dans les moments les plus difficiles.
Bertrand est quant à lui, un petit garçon très touchant. du haut de ses 6 ans, il ne peut comprendre la gravité de la situation dans laquelle se trouve son père. Il conserve son optimisme et son entrain. Pendant de longs instants, il s'adresse à son père et lui murmure longuement à l'oreille. Il lui prend la main et attend que son père se réveille.
Par ailleurs, l'auteur dépeint également l'univers hospitalier avec une équipe d'infirmiers impliquée dans son travail. Ils sont au plus proche de leurs patients alors que le neurologue est une personne totalement imbue d'elle-même et désagréable au possible.
Je pense sincèrement que c'est un livre qui ne peut pas laisser indifférent. Il aborde un thème difficile mais important car il touche bon nombre de personnes. Je suis entrée en empathie avec cette famille dévastée par la perte mais qui conserve les idées claires afin d'aider David le mieux possible. Quand la seule issue est la mort, il convient parfois de tenter d'abréger les souffrances. L'auteur est parvenu à montrer l'ambiguïté de la question: une mort qui ne porte pas son nom et surtout pas le terme d'euthanasie. Une ambivalence difficile pour le cercle médical également.
La fin du livre m'a cependant un peu déçue dans la façon dont l'épouse, Caroline, commence à faire son deuil et à accepter la disparition de son mari. Un peu trop banale à mon goût et qui n'apporte pas grand chose au livre.
En bref, l'auteur traite de façon pudique et en retenue d'un thème sensible. Une réussite malgré la fin un peu décevante...

Lien : http://aujardinsuspendu.blog..
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calypso
  17 avril 2017
Il suffit d'un instant pour qu'une vie bascule. Celle de David a basculé en une fraction de seconde, sur un chantier. Tombé d'un échafaudage, il se retrouve plongé dans le coma et il reçoit, à l'hôpital, les visites régulières de son épouse, Caroline, et de son fils, Bertrand. Mais comment échanger avec cet époux qui ne peut pas répondre ? Comment rassurer ce père et lui dire à quel point on tient à lui ? Au fil des pages, les personnages tentent d'accepter la situation, aussi difficile soit-elle, et continuent d'avancer dans un quotidien désormais incomplet. La bonne idée de ce roman, qui ne souffre d'aucun excès de pathos, c'est d'offrir au personnage de David la possibilité de s'exprimer. En effet, le lecteur découvre quelques-unes de ses pensées tout au long du récit. Mais, si l'idée est intéressante, je n'ai pas du tout réussi à adhérer à ces immersions dans les pensées du personnage. Je ne les ai pas comprises, je les ai trouvées trop confuses. de fait, l'ensemble du roman m'a semblé relativement long, c'est pourquoi j'ai apprécié le moment où Caroline commence véritablement à se reconstruire, alors même que j'aurais trouvé cela un peu prématuré dans la réalité. C'est une lecture qui n'est pas indispensable, je pense que l'on peut trouver mieux sur le thème du coma et du deuil.

Lien : http://aperto.libro.over-blo..
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critiques presse (1)
LaPresse   29 juin 2015
Un suspense, un recueil de poésie, un roman d'amour et une réflexion sur la méditation.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   31 juillet 2015
Il commence par « bonjour », sans savoir si « bonjour » s’applique à l’occasion, étant donné que selon toute vraisemblance, ce n’est pas un bon jour. Il sent les mots s’échapper de son cerveau par le trou de l’embarras.

(p. 38)
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bilodohbilodoh   29 juillet 2015
Comment ça s’appelle quand tout s’effrite? quand tout ce qu’on touche se dissout? Est-ce qu’il y a un mot suffisamment vide pour dire « rien »?

(p. 97)
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CielvariableCielvariable   03 mars 2019
La première heure

Difficile à croire, mais je suis vivant.

Je n’ai même jamais été aussi présent.

Aussi clair.



Je vois tout.

Roger qui jure et marche de long en large, engueule les gars un par un.

Le corps en pleine rue, sur l’asphalte, le casque près de la tête, un outil entre les deux – le niveau, fêlé. Du liquide s’en échappe.

Martin qui arrive en courant, qui écarte Max et Vidal. Qui s’agenouille sur le gant, place son oreille tout près des lèvres, ne sent rien. Qui cherche le pouls à la gorge, pas de pouls. Il ouvre la chemise, les boutons volent en tous sens. La tache rouge, sur la poitrine, lui fait peur. Plusieurs côtes sont molles, peut-être brisées. Il hésite. Il se décide. Il relève le menton, tâte l’intérieur de la bouche, donne deux bouffées d’air, s’écarte, se repositionne, puis ose presser – mains jointes, coudes droits. By the book. Son assurance m’étonne, lui qui est si timide.

Il s’acharne. Patiemment, rythmiquement.

Malgré tout, les lèvres, les ongles bleus, la joue blanche.

Roger fait les cent pas

guette avec angoisse le bout de la rue, l’ambulance, l’ambulance, l’ambulance ?

Enfin.

Enfin, gueule Roger en levant les bras au ciel.

Martin cède sa place

il s’essuie le front

va s’asseoir tout seul, à l’ombre, dans un coin

les ambulanciers déballent leurs appareils

soulèvent les paupières

un œil bleu, l’autre noir, mauvais signe

poussent un tube dans la trachée

ouvrent une veine dans le bras

y injectent quoi ?

l’adrénaline

puis

plus rien.



Nulle part.



Salle verte

trop éclairée.

Des hommes, des femmes, gantés, masqués

du métal

des draps tachés

des murmures.

Le visage gonflé, le crâne rasé

le cou dans un corset

un bras dans une attelle.

Le sérum coule goutte à goutte.

Sur les gouttes, le reflet des néons, leur trace d’escargot.

Les vêtements verts, leurs plis comme des montagnes des vallées
la trame du coton, son usure.
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CielvariableCielvariable   03 mars 2019
Il la devance dans sa chambre. Il s’assied sur le lit sans défaire les couvertures. Il a un visage sérieux, presque mûr.

– Qu’est-ce que tu veux me dire, maman ? Est-ce que j’ai fait quelque chose de pas gentil ?

– Non, non, s’affole Caroline. Non, pas du tout.

Il respire, soulagé. Une trêve, à peine.

– C’est papa.

Son visage s’illumine de manière incongrue.

– Il s’est réveillé ?

– Non, justement, Bertrand. Il ne va pas se réveiller.

– Qu’est-ce que tu veux dire ?

– Je veux dire jamais.

Ses petits poings tirent sur son pantalon de pyjama.

– Il est mort, c’est ça ?

– Non. Mais il est vraiment très malade.

– Le docteur peut le guérir, comme l’autre fois. Il a sûrement du mercu… du merc…

– Non, Bertrand. La maladie est dans son sang.

– Pourquoi, maman ? Maman ?

– Son corps est tellement fatigué maintenant, Bertrand.

– Mais maman, il dort tout le temps, il est pas fatigué !

– Il est tout faible à l’intérieur, il manque d’énergie pour lutter.

– Mais les docteurs peuvent pousser un peu sur son cœur, comme Martin Bilodeau. Non ?

– Les docteurs pensent que c’est mieux de le laisser se reposer pour de bon.

– Pour de bon, qu’est-ce que ça veut dire ?

– Pour toujours
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CielvariableCielvariable   03 mars 2019
L’alarme persiste. Les lignes rampent, presque plates, sur les écrans noirs. Il a déjà l’air d’un cadavre. La peau cireuse. L’immobilité. Les apparences sont parfaites.

Pourtant, vu d’ici, vu d’en haut, ça reste disponible pour un homme vivant. D’ici ça se voit, ça crève les yeux.

Ça crève les yeux, la vie possible, et puis plus rien – noir
noir.

Ça m’aspire vers le haut, ça bourdonne, ça va vite, ça va de soi. Je n’ai pas peur. C’est naturel, au fond, de mourir, pourquoi ça nous tracasse toujours autant ? C’est doux.

Le tunnel, oui, mais sans mots pour le décrire.

Des présences m’attirent. Je me laisse glisser. C’est bon. C’est comme s’abandonner à un premier amour, un jour parfait de vacances, de santé, d’avenir grand ouvert. Je glisse à toute vitesse
lentement, pourtant, l-e-n-t-e-m-e-n-t
jusqu’à ce que ça cogne : la lumière
forte blanche intenable
j’explose sans un bruit.
Je m’étale de tout mon long, de tout mon large, dans tous les sens
ma pensée un cristal pur
mon cœur dans la ouate
je viens de rentrer chez moi, après un long, un harassant voyage
je m’évapore comme une flaque au mois d’août et c’est bon
c’est tellement bon
et vrai, tellement vrai.
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Pascale Quiviger lit Le voyage (Pierre d'angle), Bayard Canada Livres 2014
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