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Mireille Huchon (Éditeur scientifique)François Moreau (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070113408
1888 pages
Éditeur : Gallimard (24/11/1994)
4.39/5   95 notes
Résumé :
ISBN : 9782070113408 - 1920 pages

Ce volume contient :
Gargantua. Appendices : Les Chroniques de Gargantua. Pantagruel - Le Tiers Livre - Le Quart Livre. Appendice : Prologue du «Quart Livre» de 1548. Cinquiesme livre. Appendice : Dossier de l'authenticité du Ve livre. Œuvres diverses : Pronostications et Almanachs - La Sciomachie - Épîtres-dédicaces - Lettres - Pièces de vers - Supplique de Rabelais.

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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  17 mars 2020
On lit peu Rabelais, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Une des mauvaises, c'est la désaffection dans laquelle est tombée la littérature française, suite au désastre scolaire et aux entourloupes contemporaines autour de la culture (devenue "patrimoine" en certains cas, autrement dit mort et poussière, et en d'autres cas, rap et post-littérature). Une bonne raison de ne pas lire Rabelais, c'est l'état dans lequel la défunte école française l'avait réduit, en tranchant dans le texte pour n'en laisser surnager que la noble prose humaniste et quelques récits "populaires". Une autre bonne raison de ne pas lire cet auteur, c'est sa langue magnifique, mais d'un abord difficile et même pénible quand on n'a pour soi que Virginie Despentes ou Edouard Louis. Le lecteur de Rabelais plonge dans une langue française variée, multiple, "verte", allant du registre le plus bas, le plus grossièrement physique, au pastiche de la rhétorique latine, et inversement, des utopies les plus innovantes aux aventures et voyages de romans de grande consommation. Le tout parodié, retravaillé et fondu dans un ensemble incompréhensible où la règle d'unité de ton est systématiquement transgressée. Aristote surgit en pleine histoire de moutons, les rêves autoritaires, totalitaires, égalitaires de Thomas More s'incarnent en une abbaye aux proportions soigneusement cabalistiques, réservée à une élite qui fera ce qu'elle veut. Le roi, censé être le héros, laisse la place à un Panurge qui parcourt le monde non pour y amasser trésors et connaissance, comme un vulgaire Ulysse ou un conquistador courant, mais pour savoir s'il sera cocu s'il se marie. Tout ceci dépasse largement le lecteur moderne, mais comme une randonnée en montagne, lui accorde les plus grandes joies. Nous aimons que les livres "culturels" reflètent nos préjugés, notre langue informe, notre triste passion du lynchage et de la "dénonciation" : le culturel est fait pour ça, sermonner le lecteur en le flattant comme un miroir magique. Rien de plus familier et normal que la prose de Virginie Despentes ou d'Edouard Louis : ils sont nous-mêmes en pire, ils écrivent et pensent comme nous. Rabelais n'est pas difficile parce qu'il est en français de la Renaissance, il est difficile parce que nous ne sommes pas prêts à l'écouter nous surprendre.
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wellibus2
  12 septembre 2014
Troisième lecture (en 60ans) de ce chef d'oeuvre d'imagination, de truculence satyrique et toujours la même intensité de bonheur renouvelé.
Un " OVNI " dans la . littérature du Moyen Age
.. ...." .Et pourquoi Rabelais? Parce ce qu'il est le pionnier, le fondateur, le génie du non sérieux dans l'art du roman " ( Salman Rushdie )
Gargantuesque et pantagruelique
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rogermue
  26 septembre 2013
Rabelais Gargantua et Pantagruel
Dans une première notice j'ai écris:
Mes excuses, au moment cette oeuvre célèbre m'est trop grande pour faire une note au pied levé. Il me faut quelque temps pour réfléchir à ce qui est important de dire. En tout cas, c'est une oeuvre de la littérature mondiale.
Maintenant j'ose ajouter quelques pensées:
Gargantua et Pantagruel (GeP) est paru entre 1532 et 1564. Cette oeuvre est tellement extraordinaire que je suis d'avis il faut mettre en relief quelques aspects:
La maîtrise de langue de Rabelais (R)
GeP est une oeuvre en dehors de la traditionnelle littérature du Moyen Age finissant et du début De La Renaissance, pas seulement à cause de ses histoires de phantaisie des deux géants, père et fils, mais surtout à cause de sa maîtrise de langue. GeP est un trésor de styles de langue, de dialectes, de jargons divers (jargon de droit, de médecine, de philologie), et une mine de nouvelles créations de mots, de mots étrangers, de locutions et de proverbes. Cette maîtrise de langue incomparable a amené des spécialistes de langue et des traducteurs de s'occuper de cette oeuvre à travers les siècles.
Une interpretation
On n'a pas cessé d'essayer d'expliquer GeP comme une oeuvre qui a un message général. Sans success. GeP est divisé en cinq livres et ces livres ont un caractère bien different. Ce qu'on peut dire c'est que GeP est l'expression d'une envie de fabulation sans frein avec de la critique satirique dirigée contre une foule d'avis du temps, tout cela présenté avec une langue magistrale.
Les sources de l'oeuvre
Il y a un livre de la littérature populaire qui raconte d'un géant Gargantua, paru en 1532. Ce livre connecte des éléments du cycle du roi Arthur et la littérature populaire (des contes de géants). Mais l'importance de cette source pour l'oeuvre de R est très petite.

Ma source pour cette notice a éte Kindlers Literatur Lexikon (allemand, 25 volumes), l'article sur GeP dans volume 9, page 3776. Je ne sais pas si ce dictionnaire existe en français.
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picaflor
  14 mai 2012
Incontournable, pour la langue, l'imagination démesurée, la truculence, la joyeuse paillardise, les jeux de mots, les aventures improbables... bon, voilà que je me lance dans un inventaire... à la Rabelais !
Bien sûr, on n'est pas obligé d'apprécier, mais il faut tout de même bien connaître ces figures devenues parties intégrantes de notre culture et de notre vocabulaire : Panurge et ses moutons, Pichrocole et ses guerres, Pantagruel et ses excès alimentaires...
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Henri-l-oiseleur
  16 octobre 2015
On n'entre pas facilement dans une oeuvre comme celle-là, écrite en une langue que nous comprenons mal, et selon une esthétique et des thèmes que nous croyons comprendre. Il faut, comme pour d'autres, une clé, un passeur, qui nous fasse pénétrer dans l'univers de Rabelais, si foisonnant et si déroutant. Ces géants qui cessent de l'être d'une page à l'autre, ces pages scatologiques succédant ou précédant des morceaux de grande éloquence à la latine, ces constantes allusions à une actualité du temps, comment s'y retrouver ? Peut-être vaut-il mieux éviter de se lancer seul dans le Pléiade, et prendre la température, humer le vent et se tester au contact de modestes éditions scolaires de morceaux choisis en "bilingue", grâce auxquels on trouvera la passerelle nécessaire pour entrer dans les romans complets. le bonheur de lecture échu en récompense sera inégalable.
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critiques presse (1)
Telerama   21 juin 2017
Erudit, paillard, gentiment obscène, défricheur de vocabulaire, le moderne Rabelais reste notre contemporain, ne serait-ce que parce qu'il semble nous lancer le défi du bonheur qui se mérite.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   17 mars 2020
Le Quart Livre, chapitres 7-8 : "Comment Panurge fit en mer noyer le marchand et les moutons."
Panurge, ayant payé le marchand, choisit de tout le troupeau un beau et grand mouton, et l'emportait criant et bêlant, oyant tous les autres et ensemblement bêlant et regardant quelle part on menait leur compagnon. (...)
Soudain, je ne sais comment, le cas fut subit, je n'eus loisir de le considérer, Panurge, sans autre chose dire, jette en mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons, criant et bêlant en pareille intonation, commencèrent soi jeter et sauter en mer après, à la file. La foule était à qui premier y sauterait après leur compagnon. Possible n'était les en garder, comme vous savez du mouton le naturel, toujours suivre le premier, quelque part qu'il aille. Aussi le dit Aristote, liber IX de Historia Animalium, être le plus sot et inepte animant du monde.
p. 559
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CularoCularo   02 novembre 2013
O Bouteille,
Pleine toute
De mystère,
D'une oreille
Je t'écoute:
Ne diffère,
Et le mot préfère
Auquel pend mon coeur
En la tant divine liqueur,
Qui est dedans tes flancs
reclose,
Bacchus,qui fut d'Inde vainqueur,
Tient toute vérité enclose.
Vin tant divin,loin de toi est forclose
Tout mensonge et toute tromperie.
En joie soit l'aire de Noach close,
Lequel de toi nous fit la tempérie.
Sonne le beau mot,je t'en prie,
Qui me doit ôter de misère.
Ainsi ne se perde une goutte
De toi,soit blanche ou soit
vermeille.
O Bouteille,
Pleine toute
De mystères,
D'une oreille
Je t'écoute:
Ne diffère.
[La Dive Bouteille(Livre V)]
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SachenkaSachenka   07 janvier 2016
- Car, disait Gargantua, la plus grande perte de temps est de compter les heures - quel bien en vient-il? - et la plus grande bêtise du monde est de se gouverner au son d'une cloche, et non selon le bon sens.
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Nastasia-BNastasia-B   19 octobre 2015
— Sommes nous icy pour manger ou pour batailler ?
— Pour batailler, vrayement, dist Toucquedillon ; mais de la pance vient la dance, et où faim regne, force exule.

GARGANTUA, Chapitre XXXII.
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Nastasia-BNastasia-B   03 octobre 2015
— Du blanc ! Verse tout, verse de par le diable ! Verse deçà, tout plein : la langue me pelle.
[…]
— Natura abhorret vacuum*. (*La nature a horreur du vide.)

GARGANTUA, Chapitre V.
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Videos de François Rabelais (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Rabelais
L'Art d'être français, lettres à de jeunes philosophes Michel Onfray Éditions Bouquins
Quinze longues lettres adressées aux jeunes philosophes et aux étudiants dans lesquelles l'auteur résume sa conception du sentiment d'être français. Il défend un art de vivre et de penser qui s'inspire tour à tour de Rabelais, Voltaire, Marivaux ou encore Camus. Il dénonce les faux-semblants moralisateurs de l'époque et le transhumanisme, l'infantilisation des peuples ou la régression écologique. ©Electre 2021
https://www.laprocure.com/art-etre-francais-lettres-jeunes-philosophes-essai-michel-onfray/9782382920091.html
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