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ISBN : 2330003625
Éditeur : Actes Sud (16/04/2014)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.96/5 (sur 281 notes)
Résumé :
Pierre Rabhi a vingt ans à la fin des années 1950, lorsqu'il décide de se soustraire, par un retour à la terre, à la civilisation hors sol qu'a commencé à dessiner sous ses yeux ce que l'on nommera plus tard les Trente Glorieuses. En France, il contemple un triste spectacle : aux champs comme à l'usine, l'homme est invité à accepter une forme d'anéantissement personnel à seule fin que tourne la machine économique. L'économie ? Au lieu de gérer et répartir les ressou... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
ibon
05 décembre 2014
Pierre Rabhi est un septuagénaire pressé. Il est sorti de son champ en Ardèche, il y a quelques décennies pour former les gens à l'agriculture biologique et expliquer à ceux qui veulent l'entendre que le progrès, tel que la société de consommation le présente, nous mène droit dans le mur. de plus, il soutient un nombre important d'associations non seulement écologiques mais aussi et entre autres la pédagogie Montessori. A-t-il encore du temps pour écrire?
Oui, le temps semble lui manquer de re-développer et de ré-expliquer. Peut-être de là vient son propos que j'ai trouvé trop concis. Une centaine de pages.
Pourtant la partie où il parle de sa vie est particulièrement intéressante et aurait mérité un développement plus important. Car sa vie est un exemple de sobriété heureuse. Et il me semble que c'est assez rare les personnalités influentes qui font ce qu'elles disent.
En dehors du récit de sa vie, sa vision du progrès pourrait sembler caricaturale et l'alternative qu'il propose, sans doute utopiste.
Par exemple, concernant l'éducation, il met tout le monde dans le même panier libéral comme responsable des échecs scolaires. Seule la pédagogie Montessori basée sur le sensoriel et puis tout ce qui est l'apprentissage manuel trouvent grâce à ses yeux. Mais cette partie est trop succincte.
Cela dit, on pourrait me répondre que PR renvoie souvent le lecteur à ses précédents livres où il y développe ces différents points.
Pour finir, j'ai le sentiment que pour réfléchir sur l'avenir de notre société, l'avis d'un autodidacte, tel que Pierre Rabhi, compte!

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colimasson
08 mai 2015
Pierre Rabhi ne se risque pas à proposer une destination et un kilométrage pour préciser l'horizon du trajet qu'il nous incite à accomplir. D'ailleurs, malgré quelques références exactes à des faits sociétaires, économiques et écologiques actuels, Pierre Rabhi se présente moins comme un maître faisant profession d'enseigner à des élèves ignorants les principes rationnels qui devraient nous engager vers une sobriété heureuse, que conteur habile à éveiller chez ses lecteurs des sentiments troublants, héritages d'un regret ancien, tristesse d'une solitude aux origines incernables. Perd-on seulement la qualité de vie liée à l'entretien d'un environnement riche et frémissant, ou perd-on encore davantage ?

Pierre Rabhi exprime simplement son espoir : « Je rêve souvent à l'avènement d'un nouveau paysan gouvernant sa petite ferme comme un souverain libre en son petit royaume ». On peut très souvent relier les réflexions de Pierre Rabhi à celles de Simone Weil dans l'Enracinement. Il évoque le souvenir de son père forgeron qui a dû se soumettre au rythme de travail imposé des mineurs. le forgeron fier qu'était son père est alors devenu un esclave -muet, inconsistant, lointain. le monde du travail avait séparé l'enfant de son père. le travail avait provoqué l'arrachement du fils à son père. Et cela me rappelle cette proposition de Weil, qui souhaitait que l'enfant puisse redonner du sens au travail de son père en faisant du travail un art de vivre total en créant de petits ateliers : « coopératifs ou non, ces petits ateliers ne seraient pas des casernes. Un ouvrier pourrait parfois montrer à sa femme le lieu où il travaille, sa machine, comme ils ont été si heureux de le faire en juin 1936, à la faveur de l'occupation. Les enfants viendraient après la classe y retrouver leur père et apprendre à travailler, à l'âge où le travail est de bien loin le plus passionnant des jeux ».

L'originalité de Pierre Rabhi est de souligner l'importance cruciale du maintien de liens sociaux purs, c'est-à-dire non corrompus par des intérêts financiers directs ou indirects (le divertissement égoïste et consumériste fait ainsi partie de cette dernière catégorie). Serions-nous à la fin d'une ère qui a été jusqu'au bout de sa conception hégémonique d'une certaine rationalité ?

« C'est sous l'inspiration d'une rationalité sans âme que s'est construit le monde actuel. Il est comme dépoétisé, propice à l'ennui et au désabusement. »

On pourrait à la limite s'amuser de cette rationalité-divine si elle n'avait pas la tendance malfaisante à nier les tendances irrationnelles de l'esprit humain et, partant, des institutions qu'il met parfois en place :

« Il sera toujours impossible de comprendre la marche du monde sans tenir compte de l'irrationalité humaine. Les pires violences, telles les guerres, ont pour mobile les croyances, les nationalismes, les idéologies, des mythes et des symboles plus que des enjeux tangibles, comme les territoires souvent évoqués, qui ne sont que des alibis. »

Les propositions de Pierre Rabhi sont utopiques s'il s'agit de les appliquer telles quelles à notre monde. Ce qu'il faudrait ? Un renversement de toutes les structures actuelles. Mais cela ne se ferait pas sans violence, et Pierre Rabhi ne veut pas déborder dans l'imaginaire révolutionnaire. Tout ce qu'il propose en attendant la résolution de l'antagonisme, c'est de se mettre en cohérence à chaque fois qu'il est possible de le faire.

« La sobriété […] devient facteur de justice et d'équité, mais cela nécessite obligatoirement de renoncer au modèle actuel, fondé sur la toute-puissance du lucre et à lui dévoué. »

Pierre Rabhi ne tarit pas d'initiatives et on trouvera à la fin de son ouvrage la liste de toutes les associations et projets qu'il a mis en place depuis de longues années. Ces alternatives tournent autour de l'idée de créer des structures à taille humaine. On ne se situerait plus dans l'immensité du monde, d'un continent ou même d'un pays, mais dans la proximité des relations d'échange et de connaissance. de plus en plus de réseaux de cette nature se développent récemment: AMAP, commerces de proximité, services d'échange local... et il semblerait que dans un premier temps, Pierre Rabhi souhaite surtout développer cet aspect-là.Il n'est pas qu'un intellectuel spéculant, il est aussi un homme de terrain et cette situation est déjà, à elle seule, un premier remède au désenchantement. Vers la sobriété heureuse n'est pas un livre de greenwashing de plus, dans la déferlante actuelle parfois cynique qui semble vouloir faire son beurre de la famine de l'humanité.
Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Mahpee
21 mars 2015
Pierre Rabhy, cet homme au regard malicieux, nous assène quelques vérités sur l'état de notre petite planète et sur les débordements d'une humanité au bord de l'implosion. À l'image d'un vieux sage, il nous conte un avenir bien morose et nous invite à retrouver un mode de vie en adéquation avec la nature. Lorsqu'on parcourt son ouvrage, on ne peut qu'adhérer à son mode de pensée. Il nous incite, par des phrases bien senties et des idées qui touchent le plus profond de notre être, à la réflexion. À chaque page une citation nous parle, nous émeut, on ne peut qu'approuver son raisonnement mais, car oui, il y a un mais, même si l'on partage ses idées, ce n'est que pure utopie que de vouloir changer une civilisation aussi formatée que la nôtre où l'avenir ne s'annonce, il faut se l'avouer, guère radieux. Lancée à vive allure sur une voie sans issue, notre civilisation basée sur le virtuel ne s'arrêtera, à l'image de ces grands et puissants empires qui nous ont précédé, que face à sa propre destruction,s'effondrant sur elle-même. C'est alors qu'à l'avènement de cette nouvelle et peut-être ultime épreuve, que les théories de ce visionnaire qu'est Pierre Rabhy prendront tout leur sens. En attendant, otages au coeur d'un système qui tente désespérément de nous faire croire en ses valeurs de consommation, nous continuons notre politique de l'autruche en espérant que tous ceux qui nous mentent, de mandat en mandat, puissent un jour avoir le courage d'éveiller une conscience collective qui pourrait susciter une indignation suffisamment puissante pour éviter une immense catastrophe planétaire. Je terminerai cette critique par la phrase d'un ami qui, à sa manière, résiste à la société de consommation en disant à ses enfants : " Si vous n'êtes pas sages je vous emmène au Mac Do".
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IreneAdler
11 avril 2015
Ce que beaucoup essayent de faire depuis quelques années, de trouver des alternatives économiques, le retour à la terre, manger moins, touça, Pierre Rabbhi l'a compris et mis en application depuis de nombreuses années. Sans être entendu au début. Lui et sa famille ont connu la galère, ils font maintenant école, si l'on peut dire. Certains de ses dispositifs, notamment à propos des systèmes d'irrigation ont permis de faire reculer la désertification. de manière économique et écologique.
Sa manière de vivre peut sembler radicale. Pourtant il n'est pas nécessaire d'aller aussi loin que lui pour faire un petit quelque chose : trier, recycler, consommer moins... Oui, ce sont des thèmes cent fois rebattus, notamment par nos politiques qui montrent rarement l'exemple (combien viennent à l'Elysée ou au Parlement à vélo ou en transport en commun ? C'est bête, mais parait qu'il y a des particules fines, en ce moment....), mais pourtant indispensables. Une micro goutte d'eau dans le fog ambiant ? Sans doute, une micro goutte + une micro goutte...
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estrella_oscura
10 février 2012
Pierre Rabhi est un précurseur en matière d'agroécologie et de ce qu'on nomme aujourd'hui la décroissance. Tandis que beaucoup ont attendu les retombées économiques et écologiques des Trente glorieuses pour prendre conscience des effets désastreux de la modernité, Pierre Rabhi choisit la sobriété et le retour à la terre dès la fin des années 50.
Avec sa femme Michèle, il investit dans une fermette ardéchoise sans confort moderne et travaille à une vie simple et paisible. Ce fameux confort, il en a aujourd'hui récupéré une bonne partie, ne serait-ce que pour se déplacer afin de donner cours et conférences - néanmoins, son mode de vie au plus près de la simplicité reste une source de réflexion et un exemple tangible d'alternative libératrice et joyeuse face à une "mondialisation anthropophage".
Cet ouvrage est une synthèse de la pensée de l'auteur ; qui la connait déjà ne découvrira rien de nouveau. Il s'agit pour lui de mettre en lumière sa révolte face à la modernité, qu'il considère comme une imposture, son cheminement puis les points d'action qui lui semblent nécessaires pour enclencher un changement durable et surtout humain.
La première partie, réquisitoire contre la modernité, ne m'a pas totalement emballée. Si je suis plutôt en accord avec son exposé d'une modernité désastreuse, qui entretient le paradoxe absurde d'une société des possibles où se creusent aux contraires les lacunes, je suis beaucoup moins convaincue par le portrait idéalisé de l'homme d'avant la modernité. Même s'il s'en défend brièvement, force est de constater quand même qu'il tombe allègrement dans ce mythe du bon sauvage, infiniment juste et respectueux tant qu'il n'y avait pas la technologie - Voilà qui est bien facile pour démontrer les affres de la modernité mais qui relève uniquement d'un fantasme passéiste un peu trop simpliste et surtout faux. Aussi vrai que l'homme a la capacité extraordinaire d'être un connard aujourd'hui, il l'avait aussi il y a quelques centaines d'années. Simplement, à l'époque, il avait un peu moins les moyens de mettre en oeuvre sa connerie à grande échelle, voilà tout. Et puis, comme le disait Sylvain Tesson, il faut se garder de ce type d'opposition facile venant souvent de gens qui ont eu la possibilité de choisir leur existence : lorsqu'on est dans une société d'abondance, il est toujours permis de se retirer, de choisir de vivre autrement tandis que dans une société de pénurie et bien on ne peut que subir. Evitons donc les réflexions un peu foireuses qui ne font que démontrer qu'on est privilégié.
En dehors de ce point de désaccord dans la première partie de l'ouvrage, j'ai lu avec grand intérêt son cheminement point par point vers une société plus juste, plus harmonieuse. Qu'il soit question de placer l'humain au centre des préoccupations, de retrouver une harmonie et une équité homme/femme qui n'est pas cette fameuse parité illusoire qu'on nous vend comme l'aboutissement suprême alors qu'en filigrane elle ne fait que pousser la femme a devenir un connard comme les autres, de vivre dans un respect profond de la terre, de l'environnement dans lequel on vit, et d'éduquer les enfants à se développer, s'épanouir véritablement et non point à être formaté, Pierre Rabhi vise avant tout la joie de vivre. Il s'agit d'habiter chaque chose que l'on fait intensément et avec du sens. Comme il le dit si bien, des siècles d'intellectuels se sont posés la question de la vie après la mort, il est temps de se poser la question de cette vie-ci.
En outre, il donne divers liens de projets agroécologiques et éducatifs en fin d'ouvrage et synthétise avec des petits encarts très clairs son cheminement. Tout cela comme des petits cailloux offerts afin de continuer, si le coeur nous en dit, une réflexion que le livre pourra avoir suscité.
Lien : http://lapetitemarchandedepr..
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Citations & extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
PumpkinPumpkin18 janvier 2011
En même temps que le réenchantement du monde que nous aurons à accomplir, la beauté étant à l'évidence une nourriture immatérielle absolument indispensable à notre évolution vers un humanisme authentique, nous devons également et impérativement trouver une façon juste d'habiter la planète et d'y inscrire notre destin d'une manière satisfaisante pour le cœur, l'esprit et l'intelligence. J'entends par beauté celle qui s'épanouit en générosité, équité et respect. Celle là seule est capable de changer le monde, car elle est plus puissantes que toutes les beautés créées de la main de l'homme, qui, pour foisonnantes qu'elles soient, n'ont pas sauvé le monde et ne le sauveront jamais. En réalité, il y va de notre survie. Le choix d'un art de vivre fondé sur l'autolimitation individuelle et collective est des plus déterminants; cela est une évidence.
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SatoriSatori25 juin 2014
...certains d'entre nous se rendent dans des casernes, pendant que d'autres travaillent dans de petites ou de grandes "boîtes". Même pour nous divertir, nous allons "en boîte", et comment? Dans nos "caisses", bien sûr! Il y a même les "boîtes à vieux", avant que notre itineraire s'achève, lui aussi, dans les boîtes ultimes, en un repos que rien ne peut plus troubler. Qu'ils en soient conscients ou non, tout est exigu dans la vie des citadins, à commencer par l'absence d'horizon. La television, avec ses images temoignant de la vastitude du monde, se charge de nous le faire un instant oublier...Cet univers quasi carcéral atteint son apothéose avec la proliferation des clés, serrures, codes d'entrée, cameras de surveillance, etc.
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colimassoncolimasson22 mai 2015
Dans la quasi-totalité des traditions, le temps ne semble pas avoir de configuration particulière. Il est comme immobile, et le destin humain y inscrit ses cycles, naissances, morts, filiations. […] Ce temps est de nature cosmique. Pour les hommes des origines, qui n’ont cure des anniversaires et autres mesures de la durée, il semble que ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui passons pour aller vers un ailleurs pressenti, mais tout aussi réel que l’ici-bas.
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colimassoncolimasson14 mai 2015
...elle a réduit, sous prétexte de l'améliorer, la condition de tous à une forme moderne d'esclavage, non seulement en produisant du capital financier sans aucun souci d'équité, mais en instaurant, du simple fait de prendre l'argent comme mesure de la richesse, la pire inégalité planétaire qui soit.
L'exploitation et l'asservissement de l'homme par l'homme et de la femme par l'homme ont toujours été une perversion, une sorte de fatalité conférant à l'histoire humaine la laideur que l'on sait; mais, à la différence de cette perversion pour ainsi dire spontanée, la modernité, avec les révolutions censées y mettre fin, l'a perpétuée sous la bannière des plus belles proclamations morales: démocratie, liberté, égalité, fraternité, droits de l'homme, abolition des privilèges... [...] ...la modernité m'est apparue comme une immense imposture.
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SatoriSatori26 juin 2014
Il ne suffit pas de se demander : "Quelle planète laisserons-nous à nos enfants?"; il faut egalement se poser la question :"Quels enfants laisseront-nous à notre planète?"
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