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EAN : 9782290330388
539 pages
J'ai Lu (10/10/2006)
3.72/5   23 notes
Résumé :
" Lorsque Théodora pénétra dans la vaste salle du banquet vêtue d'une arachnéenne robe drapée qui laissait deviner les formes souples de son corps rutilant de bijoux, suivie d'Indaro chargée d'un immense éventail en plumes d'autruche et en ivoire incrusté d'or, [...] elle eut la satisfaction de voir tous les regards converger vers elle tandis que cessaient les conversations.
- Enfin, voilà la perle de Byzance ! " Ainsi apparaît Théodora, au destin exceptionne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Zebra
  17 février 2013
« Théodora » a été écrit en 1984 par Guy Rachet. Ce roman de 376 pages, dédicacé « à Claudia, un autre Lion dans le ciel zodiacal », fait entrer le lecteur dans les aventures, les débauches et les évènements plus ou moins crédibles qui auraient jalonné la vie de Théodora, impératrice d'Orient, au début du VI° siècle de notre ère. J'utilise à dessein le conditionnel car nous ne pouvons aujourd'hui affirmer que l'ouvrage s'en tient à la stricte réalité, à la conformité historique, les écrits et les témoignages faisant à ce stade cruellement défaut. Les historiens resteront un peu sur leur faim malgré l'excellent travail de documentation engagé par l'auteur, écrivain passionné d'archéologie, et d'égyptologie. Les autres comme les curieux pourront au fil des pages feuilleter l'album de photos hors du commun d'une femme au destin incroyable. Jugez plutôt : Théodora, née à Constantinople, est la fille d'un gardien d'ours travaillant à l'amphithéâtre et d'une prostituée. Belle, intelligente et dotée d'une ambition exceptionnelle, Théodora n'a de cesse de mettre dans son lit des hommes de pouvoir et d'autorité (page 43 – elle veut accomplir sa destinée). Elle ira peu à peu jusqu'à séduire Justinien (qu'elle rencontre à la page 211), l'héritier de l'empire, et (page 368) elle montera sur le trône !
Gentillet, ce roman à l'eau de rose, au style un rien pédant, ressemble à s'y méprendre à un péplum : des fastes, de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, des parfums exquis et des richesses à profusion (lire page 145 ce que contient le coffre qu'Isaf offre à Théodora), une épopée truffée d'exagérations de toutes sortes, un tourisme qui nous conduit de pays en pays et de régions en régions, des personnages fortement typés (le beau cocher, le proxénète, la prostituée, le guerrier, la danseuse, le mime, l'esclave, l'ermite, le moine, le garde, le sénateur, le giton, le fonctionnaire corrompu …), mais des situations qui se répètent au fil des chapitres et une fin sans surprise parce qu'annoncée en 4ème de couverture. Ajoutons à cela, quelques évidences (page 73 - « toute ambition politique ne va pas sans dangers » ; page 74 - « empire ou démocratie, il faut choisir »). Dommage. Bon, l'ouvrage vaut quand même le détour.
D'abord, Théodora pourra amuser par une liberté de comportement et de ton, assez surprenante (page 195 – « L'héritier présomptif ? Je n'en voudrais pas pour valet »). Avide d'argent et de pouvoir, aspirant (page 99) à une vie luxueuse, Théodora intrigue, sans scrupules (page 92 – elle arrive à faire courir l'aurige en faveur de l'équipe adverse mais contre paiement d'une forte somme d'argent ; page 139 – elle veut rendre jaloux Porphyrios en couchant avec Olympios). Forte et convaincue, Théodora (page 109) s'inscrit à une école de lutte et (page 127) conduit elle-même un char ; Théodora a de la haine (page 111) pour un peuple aveugle et sanguinaire et n'hésite pas à proférer des propos cinglants (page 83 - « sache que celui qui trahirait ma confiance ... »). Débauchée, Théodora, qui n'hésite pas à provoquer ses prétendants (page 140 – « Ce soir, Helladie et moi dormons ensemble, et seules »), n'est pas (page 169) une forteresse qu'on enlève : elle ne couche qu'avec les hommes qui lui permettent de gagner un statut social.
Ensuite, l'auteur nous livre des détails pittoresques sur la vie quotidienne à Byzance au début du VI° siècle, qu'il s'agisse des thermes (lire la page 58), des querelles religieuses (page 267 – on n'hésite pas à abattre les statues et à interdire l'usage du nom des anciens dieux ; est-ce que la nature de Dieu est simple ou double ?), des intrigues politiques (page 360 – on se passait de main en main des libelles dénonçant les agissements de certains politiciens véreux), des fêtes (page 28 – dans les tavernes, jeux et boissons abondent), des courses de char (page 54 – droguer les chevaux vous conduisait à la peine de mort), des spectacles (page 136 – la femme tient parfois le rôle de l'homme au théâtre), des règles gouvernementales (page 275 – le gouverneur n'a pas le droit d'acquérir des biens dans la province de son ressort), de la justice (page 347 – un simple particulier ne pouvait espérer faire condamner un fonctionnaire criminel), de la philosophie (page 222 – elle ne peut être adorée que dans un sanctuaire), des guerres de faction ou de la condition de la femme (page 86 – au décès de son père, Théodora voit sa mère réduite à la mendicité ; page 92 – une danseuse ne peut pas épouser un patrice ; page 119 – le marché aux esclaves ; page 281 – actrices et courtisanes étaient dépourvues de droits civiques).
Enfin, parce que le récit qui est très « cinématographique », n'est pas exempt d'odeurs (page 219 – les viandes qui grillent dans les cuisines), de bruits et de sons (page 63 – la musique des orgues et des choeurs qui s'élève avant l'apparition du basileus dans l'amphithéâtre) : un vrai régal pour les sens.
Au final, une biographie romancée, très documentée, qui pourra séduire les lecteurs férus d'histoires pimentées ou attirés par le destin hors du commun d'une véritable légende vivante.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ZebraZebra   18 février 2013
page 143
[...] Une main grasse se posa sur son bras et la fit frissonner. Elle se tourna vers Hypathius qui caressait ses bracelets.
- De bien beaux bijoux, remarqua-t-il.
- Des cadeaux de mes amants, expliqua-t-elle d'un air détaché tout en retirant son bras.
- Ils sont bien généreux.
- Sans cela ils ne peuvent espérer devenir mes amants. Mais ce n'est là que peu de chose, à peine une entrée en matière.
- Il est vrai qu'aucun ne peut se targuer d'être le futur maître de l'empire.
L'arrivée de Théodoros évita à la jeune femme de répondre ... [...]
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