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Edith Silve (Préfacier, etc.)
EAN : 9782715217874
272 pages
Éditeur : Le Mercure de France (02/04/1993)
4.81/5   8 notes
Résumé :
L'animale est publié au Mercure de France et préfacé par Edith Silve qui analyse ce récit où Rachilde voulut faire scandale en faisant s'unir la bête et l'homme. Il parut d'abord sous le titre accrocheur de Bestialités et sous forme de feuilleton, dans le journal bi-hebdomadaire Fin de siècle, d'octobre 1891 à avril 1892. Présenté comme « très littéraire et très audacieux » il est annoncé dans un style pseudo-populaire : « C'est l'histoire d'une chercheuse d'amour ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ChryseiaVonSourde
  23 janvier 2016
Rachilde (1860-1953) a beaucoup écrit, trop peut-être, tout ne se vaut pas dans son oeuvre. Mais parmi ses romans, il est d'authentiques merveilles, tels ces deux-là : La Marquise de Sade et La Tour d'amour. L'Animale est dans la même veine. Une écriture inventive et ciselée, un esprit acéré, une observation acide de la société, comme le montre cette citation, parmi d'autres :
"Il [Henri Alban] se marierait parce que les relations amoureuses ne sont pas très sûres malgré les nombreuses découvertes pharmaceutiques, et il aurait des enfants calqués sur son modèle, d'autres échantillons de l'irréprochable fabrique bourgeoise moderne : des moules issus d'autres moules, chargés au ventre du même compteur qui règle à la fois les besoins de l'estomac et ceux de l'amour ! Non, ces hommes-là n'ont pas le don d'aimer même comme les bêtes ; ils sont, dans l'échelle des êtres, au-dessous des animaux, entre le minéral diamant et le minéral coquille d'huître !"
Contre ces mornes spécimens, Rachilde exalte les êtres qui brisent les cadres imposés pour suivre leur nature, leur sensualité, et vivre entièrement, absolument, cruellement, pourrait-on dire, en empruntant le concept artaldien. Il y a de l'innocence dans ces créatures (des femmes souvent – Rachilde chante la femme fatale, la domina, la menaçante idole – mais aussi quelques hommes). Elles agissent par-delà le bien et le mal. En cela, elles constituent de fascinants personnages, héritiers du temps qui les vit naître, certes, on n'est jamais loin de l'imaginaire fin-de-siècle, mais pas seulement. On trouve une forme d'atemporalité, de vérité humaine profonde chez Laure, cette animale qui donne son titre au roman. Elle est l'éternel féminin libéré du modèle social/moral en vigueur ; un certain éternel féminin, en tout cas. Oh, on ne peut pas dire pour autant que l'auteure est féministe, loin de là. Elle est même globalement misogyne dans ses écrits. Mais sa plume sait générer des femmes remarquables et ensorcelantes. Qui charment, soumettent et sont également victimes. Laure, qui pervertit et brise les coeurs de jeunes provinciaux, n'est-elle pas en effet victime de la tiédeur, de la triste nullité des êtres qu'elle côtoie ?
Suite et fin de la critique sur mon blog !
Lien : https://litteraemeae.wordpre..
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Unhomosapiens
  04 janvier 2017
C'est le premier livre de cette auteure que je lis. C'est avec plaisir que je retrouve cette ambiance fin de siècle, aux côtés de Huysmans, d'Octave Mirbeau, De Maupassant... L'intrigue (que je ne dévoilerai pas) est assez surprenante, même si le terme de perversité, attribuée à l'auteure, par les critiques de l'époque me paraît un peu excessif. En revanche, on retiendra plutôt, la description du milieu social, le corsetage de la société qui empêchera cette femme de mener sa vie telle qu'elle le souhaite. On retiendra également la poésie de certaines décriptions et l'écriture précise et claire, comme chez les auteurs cités plus haut.
Un livre qui n'a rien perdu de sa force, à découvrir.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
EmniaEmnia   27 décembre 2013
Laure, dès le mois d'avril, aux premières nuits tièdes, recommença ses vagabondages sur les toitures ; elle profitait du vertueux sommeil d’Henri pour se lever avec la lune, et allait courir dans ce qu'elle nommait son jardin. Bizarre jardin, planté de tuyaux de tôle, fleuri de girouettes, solitude effrayante où soufflait une bise enragée, désert de pierre dont les folles herbes étaient représentées par le hérissement de la ferraille et les rugosités des tuiles, formidable pays dont elle devenait la reine à l'heure des chevauchées félines.
[…]
Lion l'escortait fièrement, jouait à cache-cache derrière les cheminées ; folâtrait sur les glissoires du toit de verre et suivait ses chattes qui, quelquefois, le menaient loin. Alors la jeune femme s’étendait de tout son long, en bâillant d'angoisse nerveuse. Elle prenait un véritable bain de rayons blancs, se tournant et se retournant dans la fraîcheur stellaire comme dans une onde où se serait mollement défilés des colliers de perles. Elle regardait la ville obscure du haut de sa terrasse fragile, avec le dédain qu'ont certains petits enfants pour les trop grands objets qu'ils savent ne pouvoir porter de leurs deux mains.
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UnhomosapiensUnhomosapiens   04 janvier 2017
Il se rendit chez un pharmacien, acheta un peu de cette étoffe rose en cachette. Dans sa chambre il se calfeutra comme pour un suicide ; il découpa des ronds de différentes dimension, et se les colla successivement ; mais ou ils étaient trop petits, et une auréole de pourpre cerclait le taffetas rose, ou ils étaient trop grands, et ils dissimulaient la joue. Ensuite, les cils, ces épines qui ressortaient de la plaie, poussaient de travers, lui rongeaient les chairs, les envenimaient jusqu'à les faire saigner quand il était surexcité, la moindre contrariété se portant sur son oeil malade (et on aurait cru que tous les malheurs qui lui arrivaient devaint passer par ce trou béant !), les cils empêchèrent le rond rose de s'adapter correctement sur l'orbite. Il dut renoncer au taffetas d'Angleterre. Il essaya des lotions émollientes, espérant que l'inflammation se calmerait. Tous les yeux crevés n'avaient pas, enfin, cet aspect de braise fulgurante. Les lotions attirèrent un mal jaune, une espèce de pus qui se mit à couler pendant deux jours, menaça de gagner l'oeil saint et lui valut des exclamations de dégoût. Sa mère lui conseilla de ne plus se pencher sur son verre quand ellle lui offrait du vin, et M. Lordès lui recommanda ses minutes d'une façon particulière.
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filsdejoiefilsdejoie   14 mars 2018
Ils demeurèrent une seconde enlacés ; Laure se fondait tout entière sur sa bouche, comme un fruit s'écrasant. Des odeurs de roses Sans les cheveux, et au bout des doigts, elle l'entourait d'un vertige extraordinaire, le poussait à un abime qu'il devinait frais et sombre, tout pareil aux frondaisons luxueuses d'un grand parc. Des sentiers sablés d'or se roulaient en spirales devant lui; des bras nus, une forêt de bras nus, se jouaient à son cou; il était caressé par une tresse de cheveux noirs flottants qui prenaient la dimension d'une fumée d'incendie.
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ChryseiaVonSourdeChryseiaVonSourde   23 janvier 2016
Elle était beaucoup plus tranquille au fond du sanctuaire de son juge que dans son lit de jeune fille. Environnée d'une discrète odeur d'encens, elle reposait comme l'idole véritable qui est rétablie à sa place primitive, le genou sur le coeur du prêtre et le pouce à la gorge du Christ.
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ChryseiaVonSourdeChryseiaVonSourde   23 janvier 2016
Elle rêvait d'une autre vie, d'un cloître, si on voulait, mais d'un cloître où l'on se trouverait deux de sexe différent, perpétuellement en tête-à-tête sur des coussins de velours.
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Videos de Rachilde (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Rachilde
“Une vie une oeuvre” : “Marguerite Eymery dite Rachilde, Homme de Lettres (1860-1953)”. Diffusion sur France Culture le 9 mai 2009. Par Françoise Estèbe et Christine Robert. Scandaleuse Rachilde qui osa braver les tabous et les interdits de son temps! Née en 1860 dans la vieille demeure familiale du Cros (le "trou"), elle passa une grande partie de son enfance dans cette région humide et sinistre du Périgord, paysage mortifère hanté par de terribles légendes paysannes et la croyance en une malédiction familiale. Enfance solitaire et délaissée, entre une mère dépressive qui sombra progressivement dans la folie et un père militaire qui lui reprochait de ne pas être un garçon. Comment s'étonner qu'elle fût toute sa vie fascinée par l'androgynat ? Elle commença à écrire dès l'âge de 12 ans, exorcisme salutaire, choisit pour pseudonyme le nom d'un gentilhomme suédois du 16e siècle et s'enfuit pour Paris dès sa majorité, décidée à conquérir le milieu littéraire. À 20 ans, elle publia "Monsieur Vénus", un livre sur l'inversion sexuelle et la domination féminine, d'une audace inouïe pour l'époque, dont le scandale la fit connaître. L'oeuvre baroque, souvent hallucinée de Rachilde, explore les perversions et les fantasmes les plus violents. Sa production littéraire trop abondante, inégale et certes datée, kitsch souvent, recèle des textes forts, "La Marquise de Sade", "La Tour d'Amour", "L'Animale", qui ont été réédités. Le personnage que s'est créée Rachilde, surtout, est incroyable. Habillée en homme, coiffée à la garçonne, courant les bals populaires une prostituée à son bras, elle défraya la chronique puis épousa un homme fort sérieux, Alfred Valette, directeur du Mercure de France, où elle tint salon tous les mardis, attentive aux jeunes écrivains, découvreuse de talents, Carco, Jarry... Car Rachilde, qui mourut ignorée de tous en 1953, fut aussi un personnage clé de la vie littéraire de son temps. Avec les voix de Rachilde, Francis Carco et Maurice Garçon. Archives INA Martine Auger Par Annelise Signoret
Invités : Gilles Freyssinet Estelle Guillaume Diane de Margerie, ecrivain, essayiste
Thèmes : Arts & Spectacles| Littérature Française| Rachilde
Sources : France Culture et Wikipédia.
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