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Georges Forestier (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070404803
192 pages
Éditeur : Gallimard (28/03/2001)
3.68/5   183 notes
Résumé :
Oui, ma juste fureur, et j'en fais vanité, A vengé mes Parents sur ma postérité. J'aurais vu massacrer et mon Père, et mon Frère, Du haut de son Palais précipiter ma Mère, Et dans un même jour égorger à la fois, Quel spectacle d'horreur! quatre-vingts fils de Rois ? Et pourquoi ? Pour venger je ne sais quels Prophètes, Dont elle avait puni les fureurs indiscrètes. Et moi, Reine sans coeur, Fille sans amitié, Esclave d'une lâche et frivole pitié, je n'aurais pas du m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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gill
  15 novembre 2012
C'est une pièce politique que crée Jean Racine en 1691 pour les demoiselles de Saint-Cyr. Sa représentation à la Cour ne remporta pas le succès escompté.
Cette tragédie en vers de cinq actes est inspirée du "livre des rois" de l'Histoire persane et "du "livre des chroniques" de l'ancien testament.
Athalie a fait massacrer ses descendants, s'est emparée du trône de Judée et a favorisé l'adoration de Baal.
Pourtant certains hébreux sont fidèles à leur Dieu. Abner, officier du palais, est de ceux-ci, il se rend au temple où Joad, le grand prêtre, doit couronner Joas, le dernier petit fils d'Athalie qu'il a élevé en secret sous le nom d'Eliacin.
Mais la reine fait irruption au temple, reconnaissant lors de la fête Joas comme celui qu'un rêve lui a présenté comme son meurtrier.
Athalie lui propose la fortune, le menace puis s'en va. Un affrontement s'en suit qui verra triompher un nouveau roi et mettre à mort une reine déchue.
"Athalie", d'inspiration fortement janséniste, est une parabole, une réflexion sur le pouvoir et sa légitimité. C'est la tragédie violente d'un complot religieux visant à remplacer une reine infanticide, usurpatrice et impie par un roi légitime et rétablir le culte du vrai Dieu.
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belcantoeu
  22 août 2021
Cette tragédie, jouée par les jeunes filles de la noblesse que Mme de Maintenon faisait élever à St Cyr, reprend un épisode de la Bible que Racine suit de très près (4ème livre des rois), bien connu à l'époque, mais plus guère aujourd'hui. Deux royaumes se faisaient alors concurrence, celui de Juda au sud, capitale Jérusalem, composé des deux tribus de Juda et de Benjamin, et le royaume d'Israël au nord, capitale Samarie, comportant les 10 autres tribus. Il n'était pas permis de sacrifier ailleurs que dans le temple de Jérusalem bâti par Salomon et se trouvant dans le royaume de Juda. Les habitants du royaume d'Israël se retrouvèrent donc séparés de la foi antique, voire idolâtres. Joram, roi de Juda, a épousé Athalie, fille du roi d'Israël (elle n'apparait qu'à l'acte II, scène III, mais est présente dès le début dans les répliques des autres protagonistes, c'est un effet dramatique souvent utilisé). Elle entraine son époux dans l'idolâtrie et le culte de Baal, puis son fils Okosias qui sera tué par les gens d'Israël. Athalie, despote orientale, se venge alors par d'autres massacres, y compris celui de ses petits enfants pour éteindre la lignée de David, mais Joas sera rescapé et sauvera la lignée dont Jésus sera issu. À la fin, après d'autres péripéties, la «vraie foi» triomphe, et Athalie est tuée («Le fer a de sa vie expié les horreurs», vers 1809). Cette tragédie, à l'époque du jansénisme, est une allusion aux hérésies et aux usurpateurs, et Racine y glisse en conclusion une allusion destinée à Louis XIV («Apprenez, roi des juifs et n'oubliez jamais Que les rois dans le ciel ont un juge sévère, L'innocence un vengeur, et l'orphelin, un père». Ce sont les trois derniers vers, qui concluent la pièce. Racine se rapproche ici des tragédies grecques en introduisant des choeurs. le principal personnage, non représenté sur scène, est Dieu, et tous les personnages sont tirés de la Bible sauf un, que Racine a ajouté (Salomith).
On trouve quelques archaïsmes dans ce français du 17ème siècle. Par exemple, le mot amour est encore féminin au singulier («Ordonner de l'aimer d'une amour éternelle», vers 346).
Parmi les vers célèbres, il y a le vers initial et les vers 105 et 490.
Oui, je viens dans son temple adorer l'éternel (v. 1)
Les temps sont accomplis, princesse, il faut parler (v. 105)
C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit (v. 490)
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leboncoinlecture
  29 mai 2021
Pièce classique dans sa forme (5 actes et lieu unique) ajoutant un zeste d'héritage antique (présence d'un choeur et d'un coryphée - mais en contre-pied, pour évoquer un dieu qui, lui, n'est pas impie) qui traite autant de religion que de pouvoir, Racine exprimant autant sa vocation religieuse que son statut de courtisan, puisqu'il écrit à la demande de Mme de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, monarque de droit divin, en cette fin de XVIIème siècle à la politique religieuse durcie, et qu'il écrit pour les jeunes filles du pensionnat de Saint-Cyr, pour leur morale et leur éducation.

La pièce développe une scène de l'Ancien Testament (lire la préface de l'auteur pour un rappel des faits avant d'entrer dans le vif du sujet).
Si la pièce porte le nom d'Athalie, grand-mère impie et indigne (au bas-mot...), ayant tué ses petits-enfants pour éradiquer la descendance de David, roi d'Israël, porteuse du tragique puisque c'est elle qui est en proie aux fameux conflits intérieurs de la tragédie, l'intrigue porte surtout sur le jeune Joas, seul rescapé de la tuerie sauvé in extremis par sa tante et jalousement élevé en secret par son oncle le grand prêtre du Temple. Sur le plan biblique, la lignée des rois est assurée et Jésus en naîtra. Sur le plan politique, la monarchie de droit divin sera restaurée, les impies aux volontés régicides seront supprimés.
J'ai apprécié l'alternance des rythmes selon les actes et les scènes. J'ai trouvé la structure de l'intrigue assez classique, sans grande surprise.
J'ai été portée par les alexandrins raciniens, comme toujours.
J'ai regretté que le conflit intérieur d'Athalie ne soit pas plus développé, notamment les raisons morales voire philosophiques de sa vengeance qui la poussent à la haine de sa descendance et de cette religion - cela aurait été remettre en cause le christianisme, ce qui n'était pas envisageable, j'entends. Ce point n'est qu'effleuré. Il a malgré tout le mérite d'être présent, insinuant la violence inhérente au pouvoir, sous couvert de religion, et contre-productive pour les deux - enfin, c'est ma lecture aujourd'hui, au XXIème siècle. J'imagine que c'était en fait un moyen pour Racine d'expliquer les agissements d'Athalie tout en montrant la violence inhérente à la religion judéo-chrétienne, depuis les origines, Louis XIV n'en étant alors qu'un bras supplémentaire, et légitime - la portion congrue étant accordée à cette réflexion dans la pièce pouvant peut-être être une retenue (morale ?) de l'auteur.
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Sharon
  14 mars 2021
Lire ou relire dans mon cas une oeuvre datant de plus de trois siècles, c'est surtout ne pas oublier dans quel contexte cette oeuvre a été écrite - ou commandée, dans ce cas. Oui, c'était une époque où Madame de Maintenon et le roi de France pouvaient commander une oeuvre à l'un des plus brillants auteurs de son siècle, devenu son historiographe, pour les pensionnaires de la maison de Saint-Cyr, leurs protégées.
Comme la majorité des oeuvres de Jean Racine, Athalie porte le nom de son personnage principal - et j'aurai aimé savoir quelle jeune fille a joué ce rôle, et ce qu'elle est devenue. Athalie n'est pas le personnage qui apparaît en premier, pourtant, c'est d'elle dont on parle constamment, elle que l'on craint, elle dont on sait l'inhumanité, puisqu'elle n'a pas hésité, par vengeance, par soif de pouvoir, à tuer ses petits enfants. Seul Joas a pu être sauvé et caché, élevé au temple par Joad, le grand prêtre et par Josabet, sa femme, soeur du dernier roi. Joad, élevé sous le nom d'Eliacin, a désormais huit ans, et il est temps pour Joas de révéler son identité, pour restaurer sa place sur le trône, et pour faire cesser les persécutions contre les juifs.
Athalie est un personnage monstrueux, hors-norme, et pourtant, Jean Racine la dépeint fragilisée, pleine de doute, comme si, enfin, l'horreur de ses actes lui apparaissait - ce qui n'est pas possible. Nul remords n'étreint le coeur d'Athalie, simplement la peur de ne pas avoir écarté tout danger, et l'horrible souvenir de la mort de Jézabel, sa mère. L'on oublie, ou l'on a oublié, la beauté des vers de Racine, ceux qui sont passés à la postérité "Pour réparer des ans l'irréparable outrage", et ceux qui sont moins connus, comme cette tirade sur les flatteurs qui abusent des rois.
Oeuvre pleine de lyrisme et de souffrance, Athalie comporte des choeurs sublimes, rarement joués il est vrai. Est-ce une raison pour passer à côté de cette tragédie ? Non.
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NMTB
  26 août 2018
Malheureusement, on ne verra jamais cette pièce de théâtre comme elle a dû être représentée dans sa première perfection : écrite pour les jeunes filles de Saint-Cyr et jouée par elles. Ce devait être quelque chose d'unique d'entendre le choeur de ces jeunes filles chanter les louanges de Dieu :
« Heureuse, heureuse l'enfance
Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense ! […]
Combien de temps, Seigneur, combien de temps encore
Verrons-nous contre toi les méchants s'élever ?
Jusque dans ton saint Temple ils viennent te braver.
Ils traitent d'insensé le peuple qui t'adore.
Combien de temps, Seigneur, combien de temps encore
Verrons-nous contre toi les méchants s'élever ?
Que vous sert, disent-ils, cette vertu sauvage ?
De tant de plaisirs si doux
Pourquoi fuyez-vous l'usage ?
Votre Dieu ne fait rien pour vous.
Rions, chantons, dit cette troupe impie,
De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs
Promenons nos désirs.
Sur l'avenir, insensé qui se fie.
De nos ans passagers le nombre est incertain.
Hâtons-nous aujourd'hui de jouir de la vie,
Qui sait si nous serons demain !
Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte
Ces malheureux, qui de ta cité sainte
Ne verront point l'éternelle splendeur.
C'est à nous de chanter, nous, à qui tu révèles
Tes clartés immortelles,
C'est à nous de chanter tes dons et ta grandeur. »
Edifiant ! Plus pour les spectateurs que pour les cloîtrées…
A la manière d'une tragédie grecque, Racine a réécrit l'histoire racontée dans le onzième chapitre du second Livre des Rois : la fin d'Athalie, fille de Jézabel, et aussi mal considérée dans la Bible que sa mère. Une païenne qui a tenté de tuer toute la descendance de David. Mais Joas a échappé au massacre grâce à sa tante Josabet. L'histoire racontée par Racine se passe sept ans plus tard, quand Joas n'a encore que huit ans et qu'Athalie va découvrir son existence.
L'époque est celle du schisme entre la tribu de Juda et d'Israël, des Juifs conquérants de David et du Tout-Puissant Yahvé, jaloux, vengeur. Un temps de batailles où le grand prêtre n'hésite pas à appeler au meurtre des impies : « Dieu sur ses ennemis répandra sa terreur. Dans l'infidèle sang baignez-vous sans horreur. »
A peine une pointe de pitié et de remords dans Athalie, quelques intuitions d'une paix possible chez la bonne Josabet, encore un peu d'innocence pour Joas, mais à part ça c'est une histoire de combat pour le pouvoir.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   05 janvier 2016
C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit.
Ma mère Jézabel devant moi s'est montrée,
Comme au jour de sa mort pompeusement parée.
Ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté ;
Même elle avait encore cet éclat emprunté
Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage,
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
Tremble, m'a-t-elle dit, fille digne de moi ;
Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi.
Je te plains de tomber dans ses mains redoutables,
«Ma fille». En achevant ces mots épouvantables,
Son ombre vers mon lit a paru se baisser ;
Et moi je lui tendais les mains pour l'embrasser,
Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange
D'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange,
Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux
Que des chiens dévorants se disputaient entre eux.
+ Lire la suite
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NMTBNMTB   26 août 2018
Cieux, écoutez ma voix. Terre, prête l'oreille.
Ne dis plus, ô Jacob, que ton Seigneur sommeille.
Pécheurs disparaissez, le Seigneur se réveille.

Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé ?
Quel est dans le lieu saint ce pontife égorgé ?
Pleure, Jérusalem, pleure, cité perfide !
Des prophètes divins malheureuse homicide.
De son amour pour toi ton Dieu s'est dépouillé.
Ton encens à ses yeux est un encens souillé.
Où menez-vous ces enfants, et ces femmes ?
Le Seigneur a détruit la reine des cités.
Ses prêtres sont captifs, ses rois sont rejetés.
Dieu ne veut plus qu'on vienne à ses solennités.
Temple, renverse-toi, cèdres, jetez des flammes.
Jérusalem, objet de ma douleur,
Quelle main en ce jour t'a ravi tous tes charmes ?
Qui changera mes yeux en deux sources de larmes
Pour pleurer ton malheur ?
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OrpheaOrphea   23 octobre 2011
Hélas ! vous ignorez le charme empoisonneur.
De l’absolu pouvoir vous ignorez l’ivresse,
Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse.
Bientôt ils vous diront que les plus saintes lois,
Maîtresses du vil peuple, obéissent aux rois,
Qu’un roi n’a d’autre frein que sa volonté même,
Qu’il doit immoler tout à sa grandeur suprême,
Qu’aux larmes, au travail le peuple est condamné
Et d’un sceptre de fer veut être gouverné,
Que s’il n’est opprimé, tôt ou tard il opprime.
+ Lire la suite
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CielvariableCielvariable   11 mai 2013
ABNER
Oui, je viens dans son temple adorer l’Eternel ; Je viens, selon l’usage antique et solennel, Célébrer avec vous la fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée. Que les temps sont changés ! Sitôt que de ce jour La trompette sacrée annonçait le retour, Du temple, orné partout de festons magnifiques, Le peuple saint en foule inondait les portiques ; Et tous, devant l’autel avec ordre introduits, De leurs champs dans leurs mains portant les nouveaux fruits, Au Dieu de l’univers consacraient ces prémices. Les prêtres ne pouvaient suffire aux sacrifices. L’audace d’une femme, arrêtant ce concours, En des jours ténébreux a changé ces beaux jours. D’adorateurs zélés à peine un petit nombre Ose des premiers temps nous retracer quelque ombre. Le reste pour son Dieu montre un oubli fatal ; Ou même, s’empressant aux autels de Baal, Se fait initier à ses honteux mystères, Et blasphème le nom qu’ont invoqué leurs pères. Je tremble qu’Athalie, à ne vous rien cacher, Vous−même de l’autel vous faisant arracher, N’achève enfin sur vous ses vengeances funestes, Et d’un respect forcé ne dépouille les restes.

JOAD
D’où vous vient aujourd’hui ce noir pressentiment ? (...)
+ Lire la suite
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DOGONColasDOGONColas   25 juin 2017
JOAD
[...]
Loin du trône nourri, de ce fatal honneur
Hélas ! vous ignorez le charme empoisonneur.
De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse,
Et des lâches Flatteurs la voix enchanteresse.
Bientôt ils vous diront, que les plus saintes Lois,
Maîtresses du vil peuple, obéissent aux Rois ;
Qu'un Roi n'a d'autre frein que sa volonté même ;
Qu'il doit immoler tout à sa grandeur suprême ;
Qu'aux larmes, au travail le Peuple est condamné,
Et d'un sceptre de fer veut être gouverné ;
Que s'il n'est opprimé, tôt ou tard il opprime.
Ainsi de piège en piège, et d'abîme en abîme,
Corrompant de vos mœurs l'aimable pureté,
Ils vous feront enfin haïr la Vérité,
Vous peindront la vertu sous une affreuse image.
Hélas ! ils ont des Rois égaré le plus sage.

Acte IV, scène IV
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Vidéo de Jean Racine
Roland Barthes : Sur Racine lu par Françoise Fabian (1996 - Festival d’Avignon / France Culture). Photographie : Roland Barthes en 1975. Diffusion sur France Culture le 3 octobre 1996. Par Claude Santelli. Réalisation de Marie-France Nussbaum. Au Festival d'Avignon, en 1996, l’émission "Texte nu : Honneur et bonheur du théâtre" proposait une lecture par Françoise Fabian du texte de Roland Barthes, "Sur Racine". Une lecture en public présentée par le producteur de l’émission Claude Santelli. Présentation des éditions Points : « Ce que Racine exprime immédiatement, c’est donc l’aliénation, ce n’est pas le désir. Ceci est évident si l’on examine la sexualité racinienne, qui est de situation plus que de nature. Dans Racine, le sexe est lui-même soumis à la situation fondamentale des figures tragiques entre elles, qui est une relation de force. Le sexe est un privilège tragique dans la mesure où il est le premier attribut du conflit originel : ce ne sont pas les sexes qui font le conflit, c’est le conflit qui définit les sexes.
Roland Barthes (1915-1980) Écrivain, critique, essayiste, Roland Barthes a élaboré une pensée critique singulière en constant dialogue avec les discours théoriques de son temps et en rupture avec les discours institués. La formidable querelle entre Anciens et Modernes qui suivit la publication du "Sur Racine" en 1963 atteste le rôle fondamental qu’il joua au sein des grandes ruptures opérées par la pensée contemporaine. Il est notamment l’auteur du "Degré zéro de l’écriture" (1953) et de "Fragments d’un discours amoureux" (1977). »
Source : France Culture
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