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Georges Forestier (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070308316
176 pages
Éditeur : Gallimard (23/11/2006)
3.27/5   193 notes
Résumé :
Racine a pris le parti de la farce, non pas de la farce gauloise traditionnelle ni de la farce moliéresque - accusées de préférer les « sales équivoques » et les « malhonnêtes plaisanteries » -, mais d'une forme de farce nouvelle qui ne garde que l'écume de la synthèse comique réalisée par les grandes pièces de Molière. Il s'est agi pour Racine de privilégier le langage et le mouvement, et surtout, le mouvement du langage. Les coups ont beau tomber sur le dos d'un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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michfred
  15 avril 2016
Dans mon adolescence, quand je croisais mon père , la robe noire sous le bras, qui partait dès potron-minet après une rude nuit passée à répéter ses plaidoiries en arpentant son bureau, je lui lançais , comme un rituel:
"Mais où dormirez-vous, mon père?"
"A l'audience!" me répondait-il, invariablement.
Pendant longtemps ce furent les deux seuls vers des Plaideurs que j'eusse (!!) connus... Je devais bien faire à ce rite filial un hommage tardif : chroniquer la seule comédie du sévère Racine, janséniste austère et tragédien tourmenté..
Dans les Plaideurs, Racine se lâche et nous fait du Molière!
Au milieu d'une bande de valets imbéciles, et de fous furieux frappés de manie procédurière- une vraie psychose, si, si, elle existe!- un jeune couple , Léandre et Isabelle, deux jeunes gens raisonnables et néanmoins amoureux, essaient de trouver un truchement pour se marier...
On ne prend pas les mouches avec du vinaigre: pour appâter leurs pères, l'un chicaneur de profession, l'autre juge à la cour , maintenu sous ...séquestre par les siens pour l'empêcher de juger jour et nuit, nos deux amoureux lancent un simulacre de procès- un chien est l'accusé- ....et font signer leur contrat de mariage par la même occasion.
On est dans la grosse farce plus que dans la comédie fine, - un des modèles de Racine est Aristophane qui n'a jamais reculé sur la gaudriole ou la scatologie- et les chiens, même en comparution directe, ignorent tout des lois de bienséance:
"Quels vacarmes! Ils ont pissé partout!"
Mais la charge des milieux de justice est vive: corruption, intrigues, prévarication, et celle des hommes de lois, féroce : juges à enfermer, plaideurs - et plaideuse- à lier, greffiers et huissiers analphabètes, avocats sans mémoire -que le Souffleur du théâtre, sorti de son trou, par une surprenante mise en abyme, vient sortir de LEURS TROUS...de mémoire :
"Dandin: Vous?
Le Souffleur: Je viens secourir leur mémoire troublée.."
La charge est enlevée...mais je dois quand même avouer que malgré ma petite madeleine filiale ce n'est pas un chef d'oeuvre...
Racine n'est ni Molière ni Aristophane: il reste avant tout un tragédien, et, pour moi du moins, le plus grand- avec Shakespeare.
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lecassin
  26 janvier 2019
Retour à l'adolescence par le biais d'un rangement de bibliothèque et quelques lectures imposées au collège : « Les plaideurs », Racine, 1668…
Dandin, un juge un peu fou (pour le moins) ne conçoit sa vie que pour juger. En manque de procès à se mettre sous la dent, il en viendra à juger un chien qui a volé un chapon. Ajoutons à cela un contrat de mariage : Léandre aime Isabelle…
La seule comédie de Racine… Comme toutes ces pièces lues trop tôt, et relues à l'âge adulte, je redécouvre une portée insoupçonnée. Malgré tout, cette relecture « des Plaideurs » m'a laissé un peu perplexe, comme une sensation d'avancer en dehors du texte ; une relecture nettement moins enrichissante que celle de Molière ; une pièce qui m'a parue moins dense, la langue moins accrocheuse…
Quelques répliques passées dans le langage courant, malgré tout :
« Sans argent l'honneur n'est qu'une maladie. »
« Qui veut voyager loin ménage sa monture. »
« Tel qui rit vendredi dimanche pleurera. »
« On apprend à hurler ... avec les loups. »
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Cer45Rt
  12 janvier 2019
J'aime Racine. J'admire Racine, j'admire son vers tellement beau, tellement poétique, l'humanité de ses personnages, la beauté de ses tragédies. Mais… Mais Les Plaideurs est une comédie… C'est même la seule comédie dans toute l'oeuvre de Racine.
Si le problème n'était que celui-là, ce ne serait pas bien grave. Après tout, les comédies, c'est intéressant, non ? Mais Racine comique… Ce n'est pas totalement dépourvu d'intérêt, mais enfin… Quand même… Cette comédie aurait pu être légère, enlevée et distrayante, une façon-comme je l'ai dit-légère et distrayante, de moquer élégamment les moeurs des juges de son temps. Hors, cette comédie est caractérisée ( à mes yeux ) par sa lourdeur. Les personnages sont loin d'être fins. Ce n'est pas parce qu'on fait de la comédie, que les personnages doivent forcément souffrir d'une absence totale de psychologie et de finesse. Ensuite, l'intrigue n'est pas si originale que ça. Les rebondissements sont plutôt attendus. Racine s'inspire des Guêpes, d'Aristophane, j'ose espérer qu'Aristophane écrit mieux.
Pourtant, il y a parfois des passages plaisants ; tout n'est pas affreux. Mais, franchement, de là à considérer cette pièce comme une grande comédie… Il y a de la marge ! Et si cette pièce est parfois distrayante, plaisante, elle a tout de même ces défauts ! Fans de Racine, retournez aux tragédies, la comédie de Racine est certes pas mal, mais contrairement aux tragédies raciniennes, rien, dans tout cela ne traversera ls siècles !
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Chocolatiine
  14 mai 2018
Ah ! que nous sommes loin des dramatiques Phèdre ou Bérénice ! Les plaideurs n'a rien à voir avec les célèbres tragédies, non, dans cette pièce, Racine a choisi de se moquer du monde juridique : juges, avocats, plaignants... chacun en prend pour son grade au fil de l'histoire du juge Dandin qui voudrait passer chaque heure de la journée à juger, de Chicanneau et de la comtesse qui ne peuvent s'empêcher de porter plainte, de Léandre et d'Isabelle qui s'aiment et voudraient se marier.
Moins de deux heures suffisent à lire cette courte pièce. le style est, comme toujours avec Racine, superbe ! - non, décidément, je ne m'en lasserai jamais - et, pour une fois, au lieu de pleurer, on sourit et on rit !
Challenge ABC 2017/2018
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emdicanna
  13 novembre 2020
La scène première des Plaideurs de Jean Racine est pour moi un plaisir double : le souvenir d'un texte appris par coeur au collège, texte qui m'avait tout de suite plu, certainement parce que la professeure de l'époque avait su nous l'offrir. Et qui m'a accompagnée tout au long de ma vie.
Et puis un plaisir de lecture toujours renouvelé, un style enlevé, un comique porté par l'écriture avant même d'être un comique de l'action.
La scène est dans une ville de basse Normandie.
ACTE PREMIER.
Scène première.
PETIT-JEAN, traînant un gros sac de procès.
Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera :
Tel qui rit vendredi dimanche pleurera.
Un juge, l'an passé, me prit à son service ;
Il m'avait fait venir d'Amiens pour être suisse.
Tous ces Normands voulaient se divertir de nous :
On apprend à hurler, dit l'autre, avec les loups.
Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre,
Et je faisais claquer mon fouet tout comme un autre.
Tous les plus gros monsieurs me parlaient chapeau bas ;
Monsieur de Petit-Jean, ah ! gros comme le bras !
Mais sans argent l'honneur n'est qu'une maladie.
Ma foi ! j'étais un franc portier de comédie ;
On avait beau heurter et m'ôter son chapeau,
On n'entrait pas chez nous sans graisser le marteau.
Point d'argent, point de suisse, et ma porte était close.
Il est vrai qu'à Monsieur j'en rendais quelque chose :
Nous comptions quelquefois, on me donnait le soin
De fournir la maison de chandelle et de foin ;
Mais je n'y perdais rien ; enfin vaille que vaille,
J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille.
C'est dommage : il avait le coeur trop au métier ;
Tous les jours le premier aux plaids, et le dernier ;
Et bien souvent tout seul, si l'on l'eût voulu croire,
Il s'y serait couché sans manger et sans boire,
Je lui disais parfois : « Monsieur Perrin Dandin,
« Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin.
« Qui veut voyager loin ménage sa monture ;
« Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure. »
Il n'en a tenu compte ; il a si bien veillé,
Et si bien fait, qu'on dit que son timbre est brouillé.
Il nous veut tous juger les uns après les autres.
Il marmotte toujours certaines patenôtres
Où je ne comprends rien. Il veut, bon gré, malgré,
Ne se coucher qu'en robe et qu'en bonnet carré.
Il fit couper la tête à son coq, de colère,
Pour l'avoir éveillé plus tard qu'à l'ordinaire ;
Il disait qu'un plaideur dont l'affaire allait mal
Avait graissé la patte à ce pauvre animal.
Depuis ce bel arrêt, le pauvre homme a beau faire,
Son fils ne souffre plus qu'on lui parle d'affaire.
Il nous le fait garder jour et nuit, et de près :
Autrement, serviteur, et mon homme est aux plaids.
Pour s'échapper de nous, Dieu sait s'il est allègre.
Pour moi, je ne dors plus : aussi je deviens maigre ;
C'est pitié. Je m'étends, et ne fais que bâiller.
Mais veille qui voudra, voici mon oreiller.
Ma foi, pour cette nuit il faut que je m'en donne ;
Pour dormir dans la rue on n'offense personne.
Dormons.
(Il se couche par terre.)

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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   15 avril 2016
Léandre
Que de sacs! Il en a jusques aux jarretières!
Dandin
Je ne veux de trois mois rentrer dans la maison.
De sacs et de procès j'ai fait provision.
Léandre
Et qui vous nourrira?
Dandin
Le buvetier, je pense.
Léandre
Mais où dormirez-vous, mon père?
Dandin
A l'audience.
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giatigiati   08 janvier 2017
Chicanneau:

J'écris sur nouveaux frais. Je produis, je fournis
Des dits, de contredits, enquêtes, compulsoirs,
Rapports d'experts, transports, trois interlocutoires
Griefs et faits nouveaux, baux et procès-verbaux.
J'obtiens lettres royaux, et je m'inscris en faux.
Quatorze appointements, trente exploits, six instances,
Six-vingts productions, vingt arrêts de défenses,
Arrêt enfin. Je perds ma cause avec dépens,
Estimés environ cinq à six mille francs.
Est-ce là faire droit ? Est-ce là comme on juge ?
+ Lire la suite
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frandjfrandj   01 septembre 2018
(Acte III, scène III)

L’INTIME :
Voici le fait. Un chien vient dans une cuisine;
Il y trouve un chapon, lequel a bonne mine.
Or, celui pour lequel je parle est affamé,
Celui contre lequel je parle autem plumé;
Et celui pour lequel je suis prend en cachette
Celui contre lequel je parle. L’on décrète:
On le prend. Avocat pour et contre appelé;
Jour pris. Je dois parler, je parle, j’ai parlé.
+ Lire la suite
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giatigiati   29 janvier 2017
LEANDRE
Cà, mon père, il faut faire un exemple authentique ;
Juger sévèrement ce voleur domestique.
DANDIN
Mais je veux faire au moins la chose avec éclat.
Il faut de part et d'autre avoir un avocat.
Nous n'en avons pas un.
LEANDRE
Hé bien ! il en faut faire.
Voilà votre portier et votre secrétaire.
Vous en ferez, je coirs, d'escellents avocats ;
Ils sont fort ignorants.
L'INTIME
Non pas, monsieur, non pas.
J'endormirais Monsieur tout aussi bien qu'un autre.
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BoutonBouton   21 juillet 2020
- Monsieur, encore un coup, je ne puis pas tout faire :
- Puisque je fais l’huissier, faites le commissaire.
- En robe sur mes pas il ne faut que venir,
- Vous aurez tout moyen de vous entretenir.
- Changez en cheveux noirs votre perruque blonde.
- Ces plaideurs songent-ils que vous soyez au monde ?
- Hé ! Lorsqu’à votre père ils vont faire leur cour,
- À peine seulement savez-vous s’il est jour.
- Mais n’admirez-vous pas cette bonne comtesse
- Qu’avec tant de bonheur la fortune m’adresse ;
- Qui, dès qu’elle me voit, donnant dans le panneau,
- Me charge d’un exploit pour monsieur Chicanneau,
- Et le fait assigner pour certaine parole,
- Disant qu’il la voudrait faire passer pour folle,
- Je dis folle à lier, et pour d’autres excès
- Et blasphèmes, toujours l’ornement des procès ?
- Mais vous ne dites rien de tout mon équipage ?
- Ai-je bien d’un sergent le port et le visage ?
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Videos de Jean Racine (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Racine
Roland Barthes : Sur Racine lu par Françoise Fabian (1996 - Festival d’Avignon / France Culture). Photographie : Roland Barthes en 1975. Diffusion sur France Culture le 3 octobre 1996. Par Claude Santelli. Réalisation de Marie-France Nussbaum. Au Festival d'Avignon, en 1996, l’émission "Texte nu : Honneur et bonheur du théâtre" proposait une lecture par Françoise Fabian du texte de Roland Barthes, "Sur Racine". Une lecture en public présentée par le producteur de l’émission Claude Santelli. Présentation des éditions Points : « Ce que Racine exprime immédiatement, c’est donc l’aliénation, ce n’est pas le désir. Ceci est évident si l’on examine la sexualité racinienne, qui est de situation plus que de nature. Dans Racine, le sexe est lui-même soumis à la situation fondamentale des figures tragiques entre elles, qui est une relation de force. Le sexe est un privilège tragique dans la mesure où il est le premier attribut du conflit originel : ce ne sont pas les sexes qui font le conflit, c’est le conflit qui définit les sexes.
Roland Barthes (1915-1980) Écrivain, critique, essayiste, Roland Barthes a élaboré une pensée critique singulière en constant dialogue avec les discours théoriques de son temps et en rupture avec les discours institués. La formidable querelle entre Anciens et Modernes qui suivit la publication du "Sur Racine" en 1963 atteste le rôle fondamental qu’il joua au sein des grandes ruptures opérées par la pensée contemporaine. Il est notamment l’auteur du "Degré zéro de l’écriture" (1953) et de "Fragments d’un discours amoureux" (1977). »
Source : France Culture
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