AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Georges Forestier (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070308316
176 pages
Éditeur : Gallimard (23/11/2006)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 177 notes)
Résumé :
Racine a pris le parti de la farce, non pas de la farce gauloise traditionnelle ni de la farce moliéresque - accusées de préférer les « sales équivoques » et les « malhonnêtes plaisanteries » -, mais d'une forme de farce nouvelle qui ne garde que l'écume de la synthèse comique réalisée par les grandes pièces de Molière. Il s'est agi pour Racine de privilégier le langage et le mouvement, et surtout, le mouvement du langage. Les coups ont beau tomber sur le dos d'un ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  15 avril 2016
Dans mon adolescence, quand je croisais mon père , la robe noire sous le bras, qui partait dès potron-minet après une rude nuit passée à répéter ses plaidoiries en arpentant son bureau, je lui lançais , comme un rituel:
"Mais où dormirez-vous, mon père?"
"A l'audience!" me répondait-il, invariablement.
Pendant longtemps ce furent les deux seuls vers des Plaideurs que j'eusse (!!) connus... Je devais bien faire à ce rite filial un hommage tardif : chroniquer la seule comédie du sévère Racine, janséniste austère et tragédien tourmenté..
Dans les Plaideurs, Racine se lâche et nous fait du Molière!
Au milieu d'une bande de valets imbéciles, et de fous furieux frappés de manie procédurière- une vraie psychose, si, si, elle existe!- un jeune couple , Léandre et Isabelle, deux jeunes gens raisonnables et néanmoins amoureux, essaient de trouver un truchement pour se marier...
On ne prend pas les mouches avec du vinaigre: pour appâter leurs pères, l'un chicaneur de profession, l'autre juge à la cour , maintenu sous ...séquestre par les siens pour l'empêcher de juger jour et nuit, nos deux amoureux lancent un simulacre de procès- un chien est l'accusé- ....et font signer leur contrat de mariage par la même occasion.
On est dans la grosse farce plus que dans la comédie fine, - un des modèles de Racine est Aristophane qui n'a jamais reculé sur la gaudriole ou la scatologie- et les chiens, même en comparution directe, ignorent tout des lois de bienséance:
"Quels vacarmes! Ils ont pissé partout!"
Mais la charge des milieux de justice est vive: corruption, intrigues, prévarication, et celle des hommes de lois, féroce : juges à enfermer, plaideurs - et plaideuse- à lier, greffiers et huissiers analphabètes, avocats sans mémoire -que le Souffleur du théâtre, sorti de son trou, par une surprenante mise en abyme, vient sortir de LEURS TROUS...de mémoire :
"Dandin: Vous?
Le Souffleur: Je viens secourir leur mémoire troublée.."
La charge est enlevée...mais je dois quand même avouer que malgré ma petite madeleine filiale ce n'est pas un chef d'oeuvre...
Racine n'est ni Molière ni Aristophane: il reste avant tout un tragédien, et, pour moi du moins, le plus grand- avec Shakespeare.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
lecassin
  26 janvier 2019
Retour à l'adolescence par le biais d'un rangement de bibliothèque et quelques lectures imposées au collège : « Les plaideurs », Racine, 1668…
Dandin, un juge un peu fou (pour le moins) ne conçoit sa vie que pour juger. En manque de procès à se mettre sous la dent, il en viendra à juger un chien qui a volé un chapon. Ajoutons à cela un contrat de mariage : Léandre aime Isabelle…
La seule comédie de Racine… Comme toutes ces pièces lues trop tôt, et relues à l'âge adulte, je redécouvre une portée insoupçonnée. Malgré tout, cette relecture « des Plaideurs » m'a laissé un peu perplexe, comme une sensation d'avancer en dehors du texte ; une relecture nettement moins enrichissante que celle de Molière ; une pièce qui m'a parue moins dense, la langue moins accrocheuse…
Quelques répliques passées dans le langage courant, malgré tout :
« Sans argent l'honneur n'est qu'une maladie. »
« Qui veut voyager loin ménage sa monture. »
« Tel qui rit vendredi dimanche pleurera. »
« On apprend à hurler ... avec les loups. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          263
Cer45Rt
  12 janvier 2019
J'aime Racine. J'admire Racine, j'admire son vers tellement beau, tellement poétique, l'humanité de ses personnages, la beauté de ses tragédies. Mais… Mais Les Plaideurs est une comédie… C'est même la seule comédie dans toute l'oeuvre de Racine.
Si le problème n'était que celui-là, ce ne serait pas bien grave. Après tout, les comédies, c'est intéressant, non ? Mais Racine comique… Ce n'est pas totalement dépourvu d'intérêt, mais enfin… Quand même… Cette comédie aurait pu être légère, enlevée et distrayante, une façon-comme je l'ai dit-légère et distrayante, de moquer élégamment les moeurs des juges de son temps. Hors, cette comédie est caractérisée ( à mes yeux ) par sa lourdeur. Les personnages sont loin d'être fins. Ce n'est pas parce qu'on fait de la comédie, que les personnages doivent forcément souffrir d'une absence totale de psychologie et de finesse. Ensuite, l'intrigue n'est pas si originale que ça. Les rebondissements sont plutôt attendus. Racine s'inspire des Guêpes, d'Aristophane, j'ose espérer qu'Aristophane écrit mieux.
Pourtant, il y a parfois des passages plaisants ; tout n'est pas affreux. Mais, franchement, de là à considérer cette pièce comme une grande comédie… Il y a de la marge ! Et si cette pièce est parfois distrayante, plaisante, elle a tout de même ces défauts ! Fans de Racine, retournez aux tragédies, la comédie de Racine est certes pas mal, mais contrairement aux tragédies raciniennes, rien, dans tout cela ne traversera ls siècles !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
Chocolatiine
  14 mai 2018
Ah ! que nous sommes loin des dramatiques Phèdre ou Bérénice ! Les plaideurs n'a rien à voir avec les célèbres tragédies, non, dans cette pièce, Racine a choisi de se moquer du monde juridique : juges, avocats, plaignants... chacun en prend pour son grade au fil de l'histoire du juge Dandin qui voudrait passer chaque heure de la journée à juger, de Chicanneau et de la comtesse qui ne peuvent s'empêcher de porter plainte, de Léandre et d'Isabelle qui s'aiment et voudraient se marier.
Moins de deux heures suffisent à lire cette courte pièce. le style est, comme toujours avec Racine, superbe ! - non, décidément, je ne m'en lasserai jamais - et, pour une fois, au lieu de pleurer, on sourit et on rit !
Challenge ABC 2017/2018
Commenter  J’apprécie          200
Marti94
  25 juin 2019
Je n'ai toujours pas vu « Les Plaideurs » au théâtre mais comme je viens de lire « Titus n'aimait pas Bérénice » le roman de Nathalie Azoulai qui parle de Jean Racine cela m'a donné envie de relire cette pièce étudiée à l'école. C'était il y a pas mal de temps mais je suis contente d'avoir retrouvé certains vers restés dans ma mémoire.
Ce sont les alexandrins plus que l'histoire qui m'ont séduite. On y trouve de fameuses expressions comme « Qui veut voyager loin ménage sa monture » ou « On ne court pas deux lièvres à la fois ».
Cette satire féroce du monde de la Justice a la particularité d'être la seule comédie de Racine. Elle date de 1668 et n'a rien à envier au génie de Molière en la matière.
La folie des procès y est rendue ingénieusement avec un argument pourtant simple et usuel de deux amoureux désirant se marier mais à qui il faut l'accord de leurs parents. On retrouve aussi dans cette pièce, un juge dépravé qui fait un procès à un chien, des plaideurs qui ne vivent que d'affaires et de causes perdues, des valets malicieux qui se transforment en procureur et en avocat.
Avec des vers riches et envolés truffés de termes juridiques devenant grotesques Racine fait aussi échos à notre époque nourrie de procès dont on peut parfois s'interroger sur le sens.
Lu en juin 2019
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          111

Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   15 avril 2016
Léandre
Que de sacs! Il en a jusques aux jarretières!
Dandin
Je ne veux de trois mois rentrer dans la maison.
De sacs et de procès j'ai fait provision.
Léandre
Et qui vous nourrira?
Dandin
Le buvetier, je pense.
Léandre
Mais où dormirez-vous, mon père?
Dandin
A l'audience.
Commenter  J’apprécie          110
giatigiati   08 janvier 2017
Chicanneau:

J'écris sur nouveaux frais. Je produis, je fournis
Des dits, de contredits, enquêtes, compulsoirs,
Rapports d'experts, transports, trois interlocutoires
Griefs et faits nouveaux, baux et procès-verbaux.
J'obtiens lettres royaux, et je m'inscris en faux.
Quatorze appointements, trente exploits, six instances,
Six-vingts productions, vingt arrêts de défenses,
Arrêt enfin. Je perds ma cause avec dépens,
Estimés environ cinq à six mille francs.
Est-ce là faire droit ? Est-ce là comme on juge ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
frandjfrandj   01 septembre 2018
(Acte III, scène III)

L’INTIME :
Voici le fait. Un chien vient dans une cuisine;
Il y trouve un chapon, lequel a bonne mine.
Or, celui pour lequel je parle est affamé,
Celui contre lequel je parle autem plumé;
Et celui pour lequel je suis prend en cachette
Celui contre lequel je parle. L’on décrète:
On le prend. Avocat pour et contre appelé;
Jour pris. Je dois parler, je parle, j’ai parlé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
giatigiati   29 janvier 2017
LEANDRE
Cà, mon père, il faut faire un exemple authentique ;
Juger sévèrement ce voleur domestique.
DANDIN
Mais je veux faire au moins la chose avec éclat.
Il faut de part et d'autre avoir un avocat.
Nous n'en avons pas un.
LEANDRE
Hé bien ! il en faut faire.
Voilà votre portier et votre secrétaire.
Vous en ferez, je coirs, d'escellents avocats ;
Ils sont fort ignorants.
L'INTIME
Non pas, monsieur, non pas.
J'endormirais Monsieur tout aussi bien qu'un autre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
michfredmichfred   15 avril 2016
La Comtesse:
Monsieur tous mes procès allaient être finis;
Il ne m'en restait plus que quatre ou cinq petits:
L'un contre mon mari, l'autre contre mon père,
Et contre mes enfants. Ah! Monsieur, la misère!
Je ne sais quel biais ils ont imaginé,
Ni tout ce qu'ils ont fait; mais on leur a donné
Un arrêt par lequel, moi vêtue et nourrie,
On me défend, Monsieur, de plaider de ma vie.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Jean Racine (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Racine
Jean RACINE – La question des anciens dieux, par BUTOR (Entretien, 2006) Extrait d'un entretien, réalisé en 2006, de Michel Butor avec Lucien Giraudo, à la faveur duquel est abordé la question de Jean Racine.
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Phedre

quelle est la relation entre Phedre et Ariane?

Mere/fille
soeur
confidente

10 questions
863 lecteurs ont répondu
Thème : Phèdre de Jean RacineCréer un quiz sur ce livre

.. ..