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Racine : Théâtre complet tome 2 sur 2

Jean-Pierre Collinet (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070374953
576 pages
Gallimard (04/10/1983)
4.36/5   54 notes
Résumé :
Nulle voix ne nous est parvenue qui nous paraisse, après trois siècles, plus proche que celle de Racine, car elle nous parle au plus intime de nous-mêmes. Cet art noble et dépouillé reste la plus belle émanation artistique du siècle de Louis XIV. La littérature universelle compte peu d'oeuvres dramatiques susceptibles, avec des moyens qui paraissent aussi simples, de produire une aussi forte émotion et de donner à ce point le sentiment de la souveraine beauté.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Dans le deuxième tome du "Théâtre complet" de Jean Racine, nous découvrons un Racine ayant trouvé sa voie, la manière de faire des tragédies qui lui plaît le plus et qu'il fait le mieux.
Cela ne signifie pas que ce tome 2 est dépourvu d'évolutions ( on pense à ce qu'est devenue la tragédie racinienne dans "Esther" ou dans "Athalie"... ) ou de maladresses ( là, je pense à "Phèdre" ) et Racine a l'art de rendre chaque pièce différente.
C'est dans ce tome 2 qu'on trouve deux des meilleures pièces de Jean Racine, si ce n'est ces meilleures : "Esther" et "Athalie", de purs bijoux, des pépites, des diamants, épiques, tragiques, sublimes, parfaits !
On trouve dans ce tome deux pièces remarquables, "Bajazet" et "Mithridate", une petite pièce sympathique, "Iphigénie", ainsi que la plus célèbre tragédie de Racine, qui, personnellement, m'a laissé sur ma faim : "Phèdre".
Un bon tome 2.
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Racine, Jean (1639-1699) – "Théâtre complet : tome 2 : - BajazetMithridateIphigéniePhèdreEsther - Athalie". – Garnier-Flammarion, 1964-1965 – nouveau tirage 1996 (ISBN 2-08-070037-5) - 379 p. Chronologie, préf. et notices par André Stegmann

Bien entendu, je renonce à fournir ici le moindre apport original ou pédagogique ou «sçavant» sur cet immense classique qu'est Jean Racine. Par ailleurs, il convient de préciser sans doute que j'appartiens à la vieille génération, celle qui a eu la chance (tant décriée pendant et après le joli mois de mai) de recevoir des fondements de culture avant la Grande Catastrophe Culturelle des années soixante-dix : pour la littérature, cela s'incarnait dans le «Lagarde et Michard», avec la bande canonique des Corneille, Racine, Molière et tutti quanti dont il nous fallait étudier au moins une pièce par trimestre tout en apprenant un extrait par coeur. Comme je suis amené à suivre les cursus de jeunes collégiens et lycéens d'aujourd'hui, je mesure tout à fait le gouffre qui se creuse chaque jour d'avantage… Inutile d'épiloguer.

Je me limiterai au simple constat suivant : chez moi, dans mon antre, les deux volumes du «Théâtre complet» sont toujours à portée de main, dans l'édition GF/Stegmann de 1965-65 réédité en 1995 ou dans la collection «L'Intégrale» que publièrent les éditions du Seuil, ou encore sous forme de volumes isolés d'édition récentes, en fonction de l'intérêt du dossier d'accompagnement. J'y plonge régulièrement, soit pour relire pour la énième fois une pièce en particulier, soit pour n'en piocher qu'en extrait.

Un plaisir inépuisable. Pour deux raison au moins.
- La première, c'est la qualité de l'utilisation de la langue française, qui est ici portée à l'un de ses sommets, tout en recourant à un vocabulaire d'une absolue simplicité. Racine atteint en ce domaine des sommets de concision et d'élégance. Il faudra attendre Proust pour retrouver un tel niveau de maîtrise de la langue, dans un tout autre genre (quoique).
- La deuxième, c'est la musique : ces vers peuvent se scander comme un morceau de rythme, généralement en duolets, triolets, quartolets ou sextolets (les rappeurs n'ont rien inventé, elles et ils le savent fort bien), avec çà et là de géniales irrégularités, comme le quintolet.

Pour ce qui concerne chacune des pièces, je vais entrer chaque recension sous une édition de chaque titre.

Je me bornerai ici à terminer cette présentation par quelques lignes sur l'appareil critique fourni dans cette édition précise par André Stegmann.
En tête du premier volume figurent une chronologie fort utile (pp. 7-15) insérant Racine dans son époque, suivie d'une préface (pp. 19-26) synthétique, rappelant les grandes lignes typiques de la tragédie racinienne ; chaque pièce est précédée d'une brève présentation de la plume de Stegmann, puis des diverses « lettres » ou « préfaces » rédigées par Racine lui-même, texte généralement adressé à un Grand du royaume qui daignait soutenir ses efforts.

La présentation graphique est fort agréable, mais peu pratique : les vers ne sont pas numérotés, aucune note explicative ne vient éclairer les expressions qui pourraient intriguer. C'est une édition bien pratique pour une lecture plaisir…
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Racine a toujours pour moi pris le pas sur Corneille. j'aime tellement ses vers délectables. Quand on le lit on ne peut s'empêcher de penser (voire parler) en alexandrins. Et il traduit l'intensité des passions avec une justesse admirable. Dans ce volume on trouvera certaines de ses meilleures pièces avec notamment "Iphigénie" et "Phèdre".
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Des pièces sublimes, dans une édition très mauvaise. Racine est un fantastique auteur dramatique, même si, en ce qui me concerne, j'ai un faible pour Corneille.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
AMAN : Les intérêts des Juifs déjà me sont sacrés :
Parlez. Vos ennemis aussitôt massacrés,
Victimes de la foi que ma bouche vous jure,
De ma fatale erreur répareront l'injure.
Quel sang demandez-vous ?
ESTHER : Va, traître, laisse-moi.
Les Juifs n'attendent rien d'un méchant tel que toi.
Misérable, le Dieu vengeur de l'innocence,
Tout prêt à te juger tient déjà sa balance.

ESTHER, Acte III, Scène 5, (v. 1150-1157).
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Hélas ! Dieu voit mon coeur. Plût à ce Dieu puissant
Qu'Athalie oubliât un enfant innocent,
Et que du sang d'Abner sa cruauté contente
Crût calmer par ma mort le ciel qui la tourmente !
Mais que peuvent pour lui vos inutiles soins ?
Quand vous périrez tous, en périra−t−il moins ?
Dieu vous ordonne−t−il de tenter l'impossible ?
Pour obéir aux lois d'un tyran inflexible,
Moïse, par sa mère au Nil abandonné,
Se vit, presque en naissant, à périr condamné ;
Mais Dieu, le conservant contre toute espérance,
Fit par le tyran même élever son enfance.
Qui sait ce qu'il réserve à votre Eliacin,
Et si lui préparant un semblable destin,
Il n'a point de pitié déjà rendu capable
De nos malheureux rois l'homicide implacable ?
Du moins, et Josabet comme moi l'a pu voir,
Tantôt à son aspect je l'ai vu s'émouvoir ;
J'ai vu de son courroux tomber la violence.
Princesse, en ce péril, vous gardez le silence !
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ROXANE
Songez-vous que je tiens les portes du palais,
Que je puis vous l'ouvrir ou fermer pour jamais,
Que j'ai sur votre vie un empire suprême,
Que vous ne respirez qu'autant que je vous aime ?
Et sans ce même amour, qu'offensent vos refus,
Songez-vous, en un mot, que vous ne seriez plus ?
BAJAZET
Oui, je tiens tout de vous ; et j'avais lieu de croire
Que c'était pour vous-même une assez grande gloire,
En voyant devant moi tout l'empire à genoux,
De m'entendre avouer que je tiens tout de vous.
Je ne m'en défends point, ma bouche le confesse,
Et mon respect saura le confirmer sans cesse :
Je vous dois tout mon sang ; ma vie est votre bien.
Mais enfin voulez-vous...
ROXANE
Non, je ne veux plus rien.
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IPHIGÉNIE : Mon père,
Cessez de vous troubler, vous n'êtes point trahi.
Quand vous commanderez, vous serez obéi.
Ma vie est votre bien ; vous voulez le reprendre :
Vos ordres sans détour pouvaient se faire entendre.
D'un œil aussi content, d'un cœur aussi soumis
Que j'acceptais l'époux que vous m'aviez promis,
Je saurai, s'il le faut, victime obéissante,
Tendre au fer de Calchas une tête innocente,
Et respectant le coup par vous-même ordonné,
Vous rendre tout le sang que vous m'avez donné.
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Hélas ! vous ignorez le charme empoisonneur.
De l’absolu pouvoir vous ignorez l’ivresse,
Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse.
Bientôt ils vous diront que les plus saintes lois,
Maîtresses du vil peuple, obéissent aux rois,
Qu’un roi n’a d’autre frein que sa volonté même,
Qu’il doit immoler tout à sa grandeur suprême,
Qu’aux larmes, au travail le peuple est condamné
Et d’un sceptre de fer veut être gouverné,
Que s’il n’est opprimé, tôt ou tard il opprime.
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Vidéo de Jean Racine
Rencontre proposée par Yves le Pestipon. Jean Racine, Lettre à La Fontaine, 11novembre 1661, de «De Lyon» à la fin.
On lit, on joue, on voit, on étudie beaucoup les tragédies de Racine. On a raison, mais on oublie parfois qu'il eut une vie, des amis, et qu'il écrivit des lettres. Ce qui nous reste de sa correspondance occupe presque tout un volume de la Pléiade. C'est passionnant, et c'est admirablement écrit. Parmi ces lettres, celle qu'il écrivit d'Uzès, le 11novembre1661, vaut par son ton, son humour, ses anecdotes, et son destinataire, le célèbre fabuliste qui ne l'était pas encore. On y découvre des complicités, presque de «loup» à «loup», une pratique de la langue, des styles, et du voyage, qui nous en apprend beaucoup sur le xviiesiècle français, et fait rêver. Très petite bibliographie Racine, Oeuvres complètes, II, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard. Georges Forestier, Jean Racine, Gallimard, 2006.
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04/03/2024 - Réalisation et mise en ondes Radio Radio, RR+, Radio TER
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