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EAN : 9782258091863
883 pages
Éditeur : Omnibus (06/09/2012)
4.14/5   7 notes
Résumé :
Génie précoce foudroyé à l'âge de vingt ans par une fièvre typhoïde, Raymond Radiguet (1903-1923) a pourtant le privilège d'appartenir au panthéon des Lettres françaises. Son premier roman lui assure la célébrité dès sa parution. Porté par un succès de scandale, Le Diable au corps ne doit pas faire oublier l'ensemble d'une production également remarquable: poèmes, pièces de théâtre, articles, essais, contes, nouvelles et romans oeuvre d'une vie tout entière vouée à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
LiliGalipette
  20 juillet 2015
Mort à vingt ans, étoile fulgurante du monde littéraire français, Raymond Radiguet est l'auteur d'une oeuvre riche et variée. Proche de Jean Cocteau, de Max Jacob, d'André Breton ou encore de Tristan Tzara, Raymond Radiguet a laissé sa marque dans la littérature française. Poésie, théâtre, articles, romans, essais, le prodige trop tôt disparu a trempé sa plume dans de nombreux sujets.
Je ne vais pas détailler ses textes un par un, il y aurait trop à dire. Voici quelques morceaux choisis de ce bel ouvrage lourd et épais. Ouais, les oeuvres complètes, ce n'est jamais du pipi du chat !
Ses poésies sont étranges : nourries de références classiques et littéraires, elles ont un rythme soutenu, avec un air d'écriture automatique. Il célèbre les jeunes filles, l'amour et le plaisir, mais aussi les vacances et les sottises. Il parle de miroir, de Narcisse, de Paul et Virginie. Il y a comme un rêve de retour aux douces prairies arcadiennes, le tout saupoudré d'humour, de légèreté et d'impertinence. Il en va de même de ses contes et nouvelles où il parle de Paris, de jeunes beautés, de légèreté et de plaisir de vivre.
« Votre regard m'accompagne en train de plaisir. / Plus morte que vive sous le pont qui l'outrage, / La rivière roule des sanglots de plaisir / À la fin aux seuls compagnons de mes voyages. » (p. 45) Emploi du temps, in Les joues en feu.
« Plus doux et plus blancs que des moutons / Avance un troupeau de nuages / La bergère était de bon ton / Surtout chérissait les orages. / Tout à l'heure l'essentiel / Ce sera de ne pas se taire / Quand apparaîtra l'arc-en-ciel / Paraît-il l'écharpe du maire. » (p. 55) Hymen, in Devoirs de vacances.
Ses pièces de théâtre donnent dans le burlesque, la comédie de boulevard et la recherche de bons mots. En collaboration avec Cocteau ou Mallarmé, le jeune auteur a produit des pièces d'une grande drôlerie, très lucides sur leur époque, mais bienveillantes avec leurs protagonistes. Quand il dénonce ou qu'il pointe du doigt les défauts de ses compatriotes, Radiguet le fait toujours avec humour et bonhommie.
J'ai particulièrement apprécié ses articles. Il y parle de la guerre, de ses ravages au front comme à l'arrière. La conclusion de son texte sur la grippe espagnole est fameuse ! « Ainsi, à la moindre indisposition, certains accusent gravement un sympathique pays neutre, qui ne mérite aucunement d'être pris en grippe. » (p. 330) Il harangue gentiment et s'insurge avec humour : s'il prend position, il n'est pas prosélyte, et s'il accuse, il n'est pas juge et bourreau. C'est dans ses articles que j'ai trouvé son style le plus abouti, avec des formules délicieuses et impertinentes. « Ah ! que la vie est quotidienne. » (p. 366)
S'agissant de ses romans, je connaissais déjà le diable au corps. J'ai préféré le bal du Comte d'Orgel qui est une belle variation d'un thème littéraire déjà très connu et travaillé, celui du triangle amoureux. Un jeune homme, François de Séryeuse, s'éprend de la femme de son grand ami, le comte d'Orgel. Radiguet offre un roman où la psychologie des personnages est au premier plan : il est sans cesse question de sentiments, de doutes et de questionnements. « Il en est des êtres comme des mers. Chez certains, l'inquiétude est l'état normal ; d'autres sont une Méditerranée qui se s'agite que pour un temps et retombe toujours en la bonace. » (p. 639) En dépit de quelques lourdeurs dans le style, ce roman est tout à fait fascinant.
Voilà un bel ouvrage qui m'a offert quelques heures de bonne lecture au son d'une charmante langue française qui a, parfois, délicieusement vieilli.
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critiques presse (1)
Lhumanite   27 décembre 2012
L’occasion nous est donnée d’accéder aujourd’hui à l’entièreté d’une œuvre, plus sobre et rigoureuse qu’on ne le croirait, témoignage d’une véritable originalité et d’un tempérament d’auteur indépendant, dont on ne peut que regretter que ses promesses restent à jamais non tenues.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
IansougourmerIansougourmer   19 mars 2013
Les mouvements d'un cœur comme celui de la comtesse d'Ogel sont-ils surannés ? Un tel mélange du devoir et de la mollesse semblera peut-être, de nos jours, incroyable, même chez une personne de race et une créole.
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 juillet 2015
« Plus doux et plus blancs que des moutons / Avance un troupeau de nuages / La bergère était de bon ton / Surtout chérissait les orages. / Tout à l’heure l’essentiel / Ce sera de ne pas se taire / Quand apparaîtra l’arc-en-ciel / Paraît-il l’écharpe du maire. » (p. 55) Hymen, in Devoirs de vacances.
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 juillet 2015
« Votre regard m’accompagne en train de plaisir. / Plus morte que vive sous le pont qui l’outrage, / La rivière roule des sanglots de plaisir / À la fin aux seuls compagnons de mes voyages. » (p. 45) Emploi du temps, in Les joues en feu.
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 juillet 2015
Citation de Le bal du comte d'Orgel :

« Il en est des êtres comme des mers. Chez certains, l’inquiétude est l’état normal ; d’autres sont une Méditerranée qui se s’agite que pour un temps et retombe toujours en la bonace. » (p. 639)
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 juillet 2015
Article sur la grippe espagnole :

« Ainsi, à la moindre indisposition, certains accusent gravement un sympathique pays neutre, qui ne mérite aucunement d’être pris en grippe. » (p. 330)
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Videos de Raymond Radiguet (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Radiguet
Raymond RADIGUET – Qui est-il ? (Club d'Essai, 1946) L’émission « Un homme, une œuvre », par Pierre Dumayet, diffusée le 24 octobre 1946 sur la radio parisienne du Club d'Essai. Présences : Jean Aurenche, Henri Sauguet, Suzanne Peignot et Adrian Miatlev. Lecture : Marguerite Cassan.
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