AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 284304703X
Éditeur : Zulma (17/03/2016)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si d’infâmes conspirateurs – le très retors Silure et le cruel duc d’Ottobourg – ne complotaient à renverser le trône du paisible Théodose…

Satire très sérieusement loufoque du pouvoir et de ses aléas, Théodose le Petit déploie tout l’arsenal du genre. Véritable Machiavel à branchies et nageoires, l’impétueux Silure ne se déplace jamais sans son aquarium. Et tandis que ce « Confucius subaquatique »... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
MarieKey
  08 juin 2016
Étrange roman que voilà ! Derrière cette drôle de couverture bariolée de champignons et de fraises (les couvertures de Zulma sont décidément toujours aussi chouettes) se cache une histoire tout aussi haute en couleurs. Ne vous laissez pas rebuter par une quatrième de couverture foisonnante d'informations qui pourrait supposer une lecture longue et laborieuse, Théodose le Petit est un des livres les plus amusants et faciles à découvrir qu'il m'ait été donné de lire.
Dans un royaume imaginaire (ou presque, puisque Bucarest en est la capitale), Théodose, jeune prince héritier du trône, coule des jours heureux chaperonné par son tuteur, le Chatchien et ses amis Otilia la fantôme, Calliope la chouette ou encore Samuel le minotaure. Bien sûr, puisque tout ne peut toujours aller bien dans le meilleur des mondes (et que, sinon, il n'y aurait pas de roman), les choses commencent à se gâter quand les vilains de l'histoire (le colérique Silure et le cruel Otto) se mettent chacun en tête de s'accaparer le royaume (dont vous pouvez trouver la carte page 189, ce qui est très utile pour suivre le cheminement de nos héros). Et les ennuis commencent pour Théodose ! de traités en traîtrises, de manigances en machinations, nous voilà embarqué dans les méandres d'un coup d'État à la fois surprenamment bien imaginé et drôlement satirique.
Razvan Radulescu nous propose en effet une satire finement montée sur le thème du pouvoir et ce, à travers un univers totalement délirant. Ici, le moderne se mélange à une royauté plus moyen-âgeuse, des histoires d'inventions loufoques s'imbriquent dans des plans d'attaques minutieusement élaborés, l'apparition de l'avion ou de la montgolfière est surprenante quand l'électricité est une chose tout à fait banale, des soldats se battent à coup de sabres ou d'arbalètes quand des offrandes de grille-pains ou de lave-linges à des monstres semblent tout à fait normales... Et que dire des habitants du royaume ! Humains, animaux, insectes, fantômes ou créatures mythologiques, il y a de quoi faire avec la pléthore de personnages qui prennent vie dans les pages du roman. Bref, vous l'aurez compris, l'univers de l'auteur est riche en imaginaire et en absurde, pour notre plus grand plaisir.
Et tout autant que les idées de Razvan Radulescu, son style d'écriture est également remarquable. Il manie avec habileté les genres (de la simple narration en passant par l'épistolaire ou l'art du discours) tout en mélangeant les styles (de l'enfantin au caustique ou au poétique). Jusqu'à faire souvent des petites apartés sous forme de notes de bas de page adressées aux lecteurs pour expliquer ses déboires avec son éditeur (et la censure de certains passages trop osés) ou bien en passant par les personnages du roman eux-mêmes qui se mettent à remettre en question la façon dont l'auteur a écrit leur histoire ("Si ce roman était mieux écrit, il se passerait ça, ça et ça...") et c'est extrêmement drôle. Son écriture reste pourtant très simple et, agrémentée la plupart du temps d'un ton pince-sans-rire, se lit avec plaisir. Mais elle est aussi très imagée. Chaque page se mouvant en véritable scène dans mon esprit, j'ai pris beaucoup de plaisir à imaginer chaque péripéties et à voir se dérouler l'histoire dans ma tête, comme une sorte de comédie un poil burlesque, très drôle à voir sur écran.
Ce roman fut une excellente surprise à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Adorant l'humour lorsqu'il est finement maîtrisé et - plus que ça même - le cocasse, j'ai été bluffée par l'imagination de l'auteur et sa facilité à nous faire pénétrer dans son univers, pour, finalement, s'en moquer. Théodose le Petit est un mélange de Jean Teulé et de Douglas Adams saupoudré de conte et merveilleux à la sauce roumaine dont je suis ressortie conquise. Merci aux Éditions Zulma et à Babelio pour cette découverte !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
yv1
  07 mai 2016
Un roman qui débute avec un avant-propos très beau, poétique sur la naissance et la mort d'un tourbillon ou d'une mini-tornade, pas forcément représentatif du style qui suit mais que l'on pourra néanmoins retrouver ici ou là dans le texte, sous forme de lettres notamment. En fait, à peine écrit, je vais me contredire puisque Razvan Radulescu invente en permanence un style littéraire, il alterne les dialogues, les lettres, les descriptions des personnages et lieux, ses propres interventions -en note de bas de page pour contester une partie censurée parce que jugée trop violente ou en courrier adressé à l'éditeur pour demander un délai supplémentaire pour envoyer son manuscrit. Son histoire est folle, allègrement menée, critique, drôle, palpitante, mais elle souffre également de grosses digressions inutiles, longues, répétitives, d'une certaine lassitude que j'ai pu noter lorsque j'avais posé le livre et que je n'avais pas très envie de le reprendre, mais tout de suite évaporée lorsque je replongeais dans les aventures de Théodose et Chatchien. Pour résumer, je dirais que c'est un roman assez inégal mais son enthousiasme, sa fraîcheur, la folie qui s'en dégage le portent largement vers la case, livre à lire et à conseiller.
Mais revenons un peu à cette histoire ou hommes, animaux, fantômes, personnages imaginaires se côtoient, pour nous narrer l'histoire d'un royaume en pleine révolution ou plutôt en plein putsch. Car ceux qui veulent la place de Théodose ne rêvent que d'un pouvoir absolu, alors que le jeune roi serait plutôt dans une sorte de monarchie constitutionnelle. C'est une critique même pas voilée des dictatures, des moyens de les instaurer, de cette soif inextinguible du pouvoir qui animent certaines personnes. Silure est un Machiavel, prêt à tout, absolument tout, pour régner : les bassesses, les flagorneries, la violence, la mise à mort, ... "C'est exactement ce que je voulais dire, voyez-vous, sauf que je ne m'entends pas à parler simplement, j'en ai perdu l'habitude et je m'embrouille à énoncer des choses voilées, à double ou triple sens, car j'oublie d'où je suis parti et où je suis arrivé, ou bien où je voulais arriver ; et, sans m'en rendre compte, mes paroles parlent sans moi et finissent sur le rivage en pente des courbettes glissantes, car elles n'ont guère le don de garder leur parole intacte, sage et de rester dans le sujet, comme Ton Altesse, sérénissime Chatchien, ô notre vrai maître." (p.159/160) Voilà un bel exemple de langue de bois, s'il ne s'agissait pas d'un silure, j'aurais même pu dire qu'il noyait le poisson (une phrase digne d'une réponse de nos politiques à une question qui l'embête).
Un roman dans la lignée d'Orwell et La ferme des animaux, évidemment, mais plus bavard, plus barré, plus décalé, plus fantasque, qui entre de plein fouet dans l'absurde, le délire et l'humour pince-sans-rire. Franchement, si vous avez un peu de temps, sinon n'hésitez pas à le prendre, vous pouvez commencer ce roman d'un peu plus de 500 pages, à la couverture -encore une fois chez Zulma- magnifique, qui, en plus, de l'être, est en rapport avec le contenu. Et oui, de fraises, il est question... et de champignons itou, mais je n'en dirai pas plus.
Lien : http://lyvres.fr
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
MarquePage
  20 juin 2016
Merci à Babelio et aux éditions Zulma pour cette découverte. Un genre qui change. Mais auquel je n'ai pas accroché.
Je n'ai pas apprécié l'écriture très particulière, très détaillée, avec un humour particulier auquel je n'ai pas adhéré. Je me suis très souvent perdue. Au final j'avais l'impression qu'il ne se passait pas grand-chose, que ça trainait en longueur alors que beaucoup de sujets étaient évoqués, des intérêts contradictoires, des complots. Mais il n'y avait aucun suspense. Peut-être juste parce que je n'ai pas réussi à me plonger dedans. J'ai même cru abandonner. Mais je n'aime pas m'avouer vaincue. Malheureusement il n'y a pas eu de mieux dans la fin.
J'ai eu tout autant de mal à m'attacher aux personnages. Théodose est vraiment trop naïf, trop gentil et on ne sait pas grand-chose sur lui. Silure est pathétique. Samuel et Calliope un peu ridicules. le Chatchien est celui auquel on s'attache le plus, il a un certain charisme mais au final on est très spectateur des personnages.
Un genre pas fait pour tout le monde apparemment. Pas pour moi en tout cas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
pikkupaa
  24 septembre 2016
Un avis mitigé sur cet ouvrage. Peut-être partie avec un peu trop d'enthousiasme, parce ce que le résumé, parce que zulma, parce que je n'ai jamais lu de texte d'auteur roumain et parce que... je suis comme ça.
Traitons les plus. Dans la forme : Razvan Radulescu joue avec les codes de la narrations, usant de formules parfois originales, parfois déjà vues mais néanmoins efficaces. Une note de bas de page qui explique qu'une scène de torture a été censurée par l'éditeur, et doit être remplacée sans transition par un petit conte moraliste, un prisonnier qui trouve son plan d'évasion en racontant que s'il était dans un livre il trouverait une manière aussi farfelue que la suivante, et qui effectivement la met en application, de petites échappées dans l'univers de l'auteur qui semble d'ailleurs avouer par ce biais être en train de se perdre dans sa propre histoire.
On s'y perd en tous cas un peu nous même. Au delà de l'histoire légèrement confuse, dans ce monde-ci, les poissons se rongent les ongles, se cassent le bras, les fantômes peuvent mourir. Tout un tas de petites choses qui même si on est prêt à les accepter_parce qu'on l'a comprit on est dans le loufoque et pis crotte_ brouillent les images que l'on peut se faire au fil du récit. Il est également plus que probable qu'en ne connaissant rien à la Roumanie, on manque tout simplement les aspects "croustillants" du récit. Bref, une lecture pas désagréable, mais dispensable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
LisezVoir
  11 mai 2018
Ouvrir Théodose le Petit, de l'écrivain roumain Răzvan Radulescu (traduit par Philippe Loubière), est une expérience comparable à celle de s'approcher d'une baignoire et d'y tremper le gros orteil afin de savoir si la température nous convient.
C'est le cas, car l'eau délicatement chaude du bain a le même côté rassurant que la douce couverture fraisée qu'offre à notre regard le livre des éditions Zulma. On s'y glisse alors avec un certain plaisir, soulagé par avance du repos que va nous offrir ce moment.
Passé le prologue, on est tout à son aise et l'on découvre des personnages certes étranges mais tout à fait mignons et l'on se dit alors :
— « Je suis en train de lire un conte pour enfant ! »
Mais, pendant que vous êtes en train de découvrir Théodose le Petit, prince au royaume menacé, et que vous rendez visite, accompagné de son chaperon Gabriel le Chatchien, à la chouette Calliope dans sa fraiseraie, ou au minotaure Samuel, cultivateur de champignons ; le bouchon du siphon de votre baignoire a mystérieusement disparu et l'eau se vide de plus en plus rapidement en un maelström qui vous aspire vous aussi, lecteur qui ne rêvait que d'un bon bain et d'un roman tranquille.
Je passerai sur le délicat moment où votre corps se trouvera à l'horizon des événements, au bord du trou noir qu'est le siphon. Ce qu'il se passera ensuite dépendra de votre physique propre. Certains corps s'allongeront et se mêleront à l'eau avec aisance et d'autres, je crois, résisteront, repoussant de leurs bras le moment où le tronc suivra les jambes. Parfois, il faudra en extraire à l'aide d'une grosse ventouse, car le corps ne veut définitivement pas passer, et ils iront reposer le livre dans l'étagère, en incendiant le chien qui reste dans les pattes, de fort mauvaise humeur.
L'univers de Théodose le Petit possède même sa carte.
En effet, Théodose le Petit est un livre étrange qui peut plaire autant que l'inverse. C'est, à mon sens, un grand roman. Un objet délirant que je n'ai pas lâché tant j'ai été happé dès les premières pages par une langue et une écriture singulières. Quelqu'un d'autre pourrait vous dire qu'il s'agit d'un objet délirant, qu'il a lâché au bout de cinquante pages tant il a été noyé par la focalisation multiple, les intrigues intriquées ou l'usage de différents genres narratifs et par des dialogues parfois dépourvus de sens immédiat.
Les goûts et les couleurs me direz-vous. Et bien oui, contre cela, comment lutter ? En vous disant qu'après avoir passé le siphon, vous vous retrouverez comme Alice après son entrée dans le terrier du lapin : dans une longue chute, ou devrais-je dire cascade, durant laquelle vous rebondirez d'intrigues en intrigues et rencontrerez d'invraisemblables personnages et objets. Vous devriez pousser votre aventure, ne serait-ce que pour rencontrer les affreux instigateurs que sont le machiavélique Silure protecteur et le tyrannique Otto, duc d'Ottobourg, inventeur fou d'objets de tortures et d'armes de destruction. Quoique vous fassiez, le roman vous avalera jusqu'à ce que vous soyez comme un poisson dans l'eau ou jusqu'à la noyade.
Si toutefois la chute vous effraie, dites-vous que Răzvan Radulescu tisse sa toile. Car derrière la surface de l'innocent conte pour enfant se déroule, en profondeur, une intrigue implacable et impeccable où les stratèges se rendent coups pour coups dans une grande partie d'échecs pour le trône.
Ainsi, l'auteur vous embarque dans un livre d'aventure et d'espionnage rocambolesque où se mêlent trahisons, réseaux clandestins, retournements de veste, tensions géopolitiques et humour décapant, le tout dans un univers fantastique au bord de l'explosion où se croisent hommes, fourmis ou encore poissons qui se déplacent en aquarium.
À la fin de l'incroyable chute, vous sortirez de votre lecture comme après un bon bain, relaxé et détendu, satisfait d'avoir pris le temps de découvrir un roman qui n'est à nul autre pareil.
Lien : https://lisezvoir.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
TandaricaTandarica   02 décembre 2016
– Gabriel gît à mes pieds, son moignon de sabre cassé à la main. Mes gardes l'ont tué, sous des dizaines de coups. Ses yeux vifs sont maintenant ouverts et regardent fixement le néant.
(p. 497)
Commenter  J’apprécie          121
MarieKeyMarieKey   08 juin 2016
- Otilia !
- Samuel, comme je suis contente !
- Otilia !
- Samuel, si tu savais comme je suis contente !
C'est à peine s'ils purent se donner une accolade de bienvenue, tant ils avaient tous deux, et le minotaure Samuel, et Otilia, le souffle coupé d'avoir tant couru. Le Minotaure dit enfin :
- J'ai grand plaisir à te voir, chère Otilia.
- J'ai grand plaisir, lui rendit-elle la politesse, à voir que quelqu'un a du plaisir à revoir quelqu'un d'autre, deux jours seulement après leur dernière rencontre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MarieKeyMarieKey   08 juin 2016
Note : En pleine contradiction avec les propos d'Otto, l'éditeur a censuré le passage qui contenait la description sommaire de l'éviscérateur bucco-ano-vacuumatique, et l'a fait sans m'en avertir. Le scandale qui s'est ensuivi ne mérite l'attention de personne, n'étant que le désagréable préambule à des compromissions. Ainsi, l'éditeur m'a fait part de sa stupeur, à propos du neuvième chapitre, plein, à son avis, d'horreurs, de cruautés intolérables, voire pornographiques, incompatibles avec un livre qui s'adresse à des petits («à des petits» est l'expression favorite de mon éditeur, chaque fois qu'il s'agit des lecteurs potentiels de ce livre).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   13 juin 2016
Les poissons se dispersèrent en un instant, au petit bonheur la chance, dans un murmure respectueux. Lorsque la rumeur s’éteignit et que le silence fut complet, le Silure protecteur s’enfonça dans son fauteuil, ouvrit son cordon de laiton (ou d’or) et entreprit de boire son café sans se presser.
Commenter  J’apprécie          20
MarquePageMarquePage   20 juin 2016
- Nous ne pouvons pas tous devenir des savants, jeta-t-elle par dessus son épaule.
- Non, mais nous pouvons faire des efforts, lui rétorqua Otilia.
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Razvan Radulescu (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Razvan Radulescu

Les conseils de Laure-Anne, Dialogues littéraires avril 2013
Laure-Anne nous présente sa sélection de livres depuis le Havana à Brest avec une sélection internationale. Au programme : La vie et les agissements d'Ilie Cazane de Razvan Radulescu (Zulma),...
autres livres classés : roumanieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Razvan Radulescu (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Compléter les titres

Orgueil et ..., de Jane Austen ?

Modestie
Vantardise
Innocence
Préjugé

10 questions
15244 lecteurs ont répondu
Thèmes : humourCréer un quiz sur ce livre