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EAN : 9782878585919
201 pages
Viviane Hamy (23/01/2014)
3.46/5   150 notes
Résumé :
Au lendemain de la procession organisée par Notre-Dame pour honorer la Vierge Marie, une jeune fille très belle y est retrouvée morte... Installée telle une dévote sur un banc, elle s’est effondrée sur le sol lorsqu’une plantureuse touriste américaine s’est assise à ses côtés.

La procureur, Claire Kauffmann, Landard, le commandant, et Gombrowicz, le tout jeune lieutenant, s’interrogent. Qui est cette femme à la robe blanche ? Qu’est-ce qui a orienté ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
3,46

sur 150 notes
En me procurant "opus 77", mon libraire m'a suggéré "la madone de Notre-Dame" en me murmurant "ce n'est peut être pas très catholique ... mais vous apprécierez".
Et bien, voici un chef d'oeuvre que j'ai lu d'une traite cette nuit dans l'inconfort d'une voiture SNCF polluée par des conversations téléphoniques.
Une intrigue, des personnages, un style, voici une recette garantissant un réel plaisir et offrant au lecteur une visite de Notre Dame et un regard sur les coulisses d'une cathédrale.
Ajoutons une évocation du "quai des orfèvres", une plongée à Pigalle et nous retrouvons des scènes chères à Simenon.
Et le Père Kern est une belle incarnation d'un Prêtre dans un monde où tous les ecclésiastiques ne sont pas des saints ... hélas.
Un roman aussi passionnant qu'édifiant qui va m'inciter à acquérir "évangile pour un gueux" et dans l'immédiat j'ouvre "Opus 77".
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A Paris, lors de la procession du 15 août, une jeune fille trop court vêtue attire l'attention de tous les participants. Un habitué de Notre-Dame, fervent admirateur de la Vierge Marie, ne supportant pas son comportement provocateur, la frappe violemment avec un crucifix. le lendemain, quand le sacristain de la cathédrale découvre le cadavre de la tentatrice dans le déambulatoire de Notre-Dame, le coupable est tout désigné. La fille a été étranglée et on a fait couler la cire d'un cierge sur ses parties intimes. Un crime symbolique, une punition qu'a administrée le jeune homme en colère, cet ''ange blond'' qui vénère Marie. Mais si le commandant Landard est satisfait de cette affaire rondement menée, le père Kern croit en l'innocence du jeune Thibault. Aidée par la procureure Claire Kauffmann et guidé par sa foi et son sens de la justice, l'homme d'église se mue en enquêteur...

Gros coup de coeur pour ce polar qui prend place dans l'un des lieux les plus emblématiques de Paris, la cathédrale de Notre-Dame. Cette ruche bourdonnante d'activités, lieu de culte mis aussi haut lieu du tourisme devient une scène de crime sous la plume d'un Alexis Ragougneau très inspiré. On y croise les ''travailleurs'', prêtres, recteurs, sacristains, surveillants, mais aussi les illuminés, ceux qui vouent un culte à l'endroit ou à la Vierge et qui y passent la journée en ferventes prières et, envahissants et bruyants des hordes de touristes venus du monde entier. Ce ''petit monde'' cohabite au sein de l'immense maison de Dieu. La découverte d'un cadavre est bien sûr un événement dramatique perçu de différentes façons selon les cas. Les hauts dignitaires du Clergé veulent étouffer le scandale au plus vite. S'alliant la police et la justice, ils tentent d'accélérer l'enquête et de la clore au plus vite. Car Notre-Dame est aussi une entreprise qu'il faut faire tourner et une fermeture prolongée ne serait pas bonne pour les affaires. Partie intégrante de ces privilégiés qui disent la messe dans ce lieu majestueux, le père Kern est la révélation du livre. Affaibli par une maladie des os qui le ronge depuis l'enfance, le petit homme qui a consacré sa vie à l'église n'hésite pas à se lancer dans une enquête policière quand il s'agit de rétablir la vérité. Un personnage vraiment intéressant, un homme bon mais qui dévoile peu à peu ses faiblesses et ses zones d'ombre...
Pour ceux que la religion rebute et qui ne sont pas prêts à mettre leur pas dans ceux d'un prêtre, La Madone de Notre-Dame saura les convaincre de retourner à l'église. Car, qu'on se rassure, ce n'est pas un Da Vinci Code ou une énième histoire ésotérique où Dieu et le Diable s'affrontent sans fin. La foi y est certes évoquée mais c'est surtout l'occasion de découvrir les coulisses de Notre-Dame et de s'attacher à un prêtre au grand coeur. Un excellent moment de lecture !
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Dramaturge, Alexis Ragougneau se lance dans l'écriture romanesque avec La Madone de Notre-Dame. Et c'est une belle réussite.

La cathédrale Notre-Dame de Paris est un monument emblématique à plus d'un titre. Quelle n'est pas la stupeur de tous lorsque le corps d'une belle et aguichante jeune femme est retrouvé devant la chapelle de Notre-Dame des Sept Douleurs, le lendemain du 15 août.
La brigade criminelle est dépêchée sur les lieux. Et l'enquête revient aux cérémonies de la veille, notamment la procession, qui fut chamboulée par la tenue et la silhouette par trop voyante de la future victime, qu'un jeune dévot de la Vierge repoussa à coups de crucifix.

Comme entrée en matière, ça part tambour battant. Alexis Ragougneau dépeint le travail policier, avec une substitut du procureur jeune et très investie, un commandant antipathique, bourré de préjugés et aux méthodes limites, son lieutenant plus réservé mais qui a encore du mal à se situer.
L'auteur montre également la véritable fourmilière qu'est Notre-Dame, à la fois lieu de culte, haut lieu touristique et une véritable entreprise à faire tourner. On découvre le petit monde des surveillants, des sacristains, des égarés de la société qui viennent se réfugier dans la cathédrale. Et les officiants comme le père Kern, en charge de la messe du matin lorsque la victime fut découverte. Voilà un personnage intéressant et attachant, habité par des doutes et par une maladie qui le laisse perclus de douleurs par crise.

L'écriture d'Alexis Ragougneau mêle habilement dynamisme et introspection. Son premier roman se lit avec grand plaisir et intérêt pour ce cadre si particulier connu de tout un chacun et pourtant recelant moults secrets. Il a donné une suite à ses personnages avec Évangile pour un gueux que je compte bien me procurer.
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Au lendemain de la cérémonie de l'Assomption, le corps d'une jeune fille, toute de blanc vêtue est retrouvée morte dans une des chapelles de Notre Dame de Paris....La veille elle avait perturbée la procession et avait été molestée par un jeune homme fragile affectivement, obsédé par le culte de la vierge. le commandant Dandard avec ses méthodes peu respectueuses et simplistes, prend les choses en main, aidé de son assistant et de la jeune substitut du procureur encore un peu verte dans la profession. Après une première arrestation peu convaincante, un des prêtres François Kern, aidé d'un assistant atypique se lance à son tour dans une enquête au coeur de Notre Dame et de son organisation.

La Madone de Notre-Dame est une très bonne surprise, un roman policier qui offre une scène de crime inhabituelle, l'occasion d'explorer les dessous pas toujours très reluisants de la vieille dame. Et l'on fait connaissance avec un flic désagréable, dont le flair laisse à désirer, contrairement à son jeune assistant plus humain, et surtout une rencontre avec François Kern, un prêtre malade dont l'enfance puis l'adolescence ont été compliquées, qui doit sans cesse affronter un drame personnel et qui fait preuve d'une grande perspicacité quand il s'agit d'enquêter, il sait surtout laisser libre cours à ses doutes et Dieu sait s'ils sont nombreux....
Ce roman dont l'intrigue est bien menée est servi par des personnages bien campés, un humour caustique, des réflexions philosophiques et le style d'Alexis Ragougneau percutant direct et sans chichis......
Une très bonne lecture qui invite à lire le deuxième opus...
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Je n'ai pas eu l'impression de lire un vrai policier avec ce roman que j'ai trouvé à la fois puissant et tragique. L'auteur ne s'intéresse pas vraiment à respecter les codes du genre "polar" et ce n'est pas sur l'enquête qu'est mis l'accent (même si on a notre coupable à la fin bien sûr). En réalité, Alexis Ragougneau nous brosse une série de personnages incroyables. Il les approfondit et les développe d'une plume magistrale et acérée et ce sont ses personnages qui "font" le roman plus que l'intrigue elle-même. C'est dense, foisonnant, coloré... un beau moment de littérature.
Lien : https://www.babelio.com/list..
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critiques presse (1)
Actualitte
10 février 2014
Il y a tout ce qu'il faut pour réussir un superbe polar dans ce roman d'Alexis RAGOUGNEAU : de la lubricité sous les nefs de Notre Dame, un flic macho, des prélats que rien ne préoccupe plus qu'éviter des vagues autour du navire phare de la chrétienté à Paris, une substitut trop tendre, une morte dont les formes auraient pu la promettre aux couverture de magazines, un prêtre terrassé par la maladie et la culpabilité, … Bref, rien n'y manque !
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
(entrant dans une salle enfumée par la cigarette)
- C'est une nouvelle technique d'interrogatoire, commandant ? Vous fumez vos suspects comme des harengs ?
- Absolument Mademoiselle Kauffmann. La nuit nous les mettons à mariner dans les sous-sols humides du dépôt. Le jour nous les fumons sous les toitures du quatrième. Alternance de fraîcheur et de chaleur caniculaire. C'est un petit mélange qui a déjà fait ses preuves. Les gardés à vue en sortent - comment dirais-je ? - attendris, sages, enclins au bavardage.
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Gérard poussait son diable surchargé de cartons, s’arrêtant devant chaque chapelle latérale. D’un geste machinal, il découpait chaque boîte autour de sa base puis soulevait le couvercle, dévoilant un empilement de bougies à l’effigie de la Sainte Vierge qu’il rangeait aussitôt dans des présentoirs sur mesure. Au-dessus du distributeur de cierges était inscrit en lettres lumineuses et en diverses langues : Servez-vous, offrande à votre discrétion, montant conseillé : 5 euros. Puis, d’un geste tout aussi las, le sacristain vidait les racks métalliques voisins sur lesquels, la veille, plusieurs centaines de bougies s’étaient consumées au fil des heures, faisant de la place pour un nouvel alignement de veilleuses, de prières et de paroles d’espoir adressées à Marie. Un peu plus tard, un autre employé viendrait vider les troncs remplis de pièces et de billets à l’aide de sacs en toile sécurisés. Des présentoirs à bougies similaires, il y en avait dans toute la cathédrale, disséminés aux endroits stratégiques, au pied des statues, sous les christs en croix, dans les chapelles dédiées au recueillement. La matinée s’annonçait longue, et les quinze ans le séparant de la retraite un long chemin pavé de cartons par dizaines de milliers, chacun rempli de cierges à l’effigie de la Vierge Marie. Gérard soupira avant de reprendre sa tournée. Comme tous les jours depuis des années, madame Pipi, invariablement installée sur la même chaise près de la Vierge au pilier, coiffée de son invariable chapeau de paille piqué de fleurs en plastique rouge, lui lança un invariable regard affolé et ouvrit la bouche pour lui adresser la parole. Comme tous les jours depuis des années, invariablement, madame Pipi se ravisa et fi t en guise de seule conversation un signe de croix. Avec un peu de chance, elle laisserait à Gérard la matinée pour achever sa tournée. Puis, invariablement, la vieille folle finirait par s’endormir, laissant échapper sous elle un fi let d’urine qu’il faudrait ensuite venir nettoyer à la serpillière. Un peu plus loin, il salua deux femmes de ménage qui achevaient de balayer le transept nord, imposa le silence à un groupe de Chinois dont les caquètements résonnaient dans la cathédrale par ailleurs encore calme à cette heure, puis il s’engagea, poussant son diable devant lui, sur le carrelage noir et blanc du déambulatoire. C’est alors qu’il se rappela son collègue surveillant.
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La véritable frontière, vous savez, n'est pas entre croyants et non croyants, pas plus qu'entre chrétiens, juifs ou musulmans. La véritable ligne de front est celle qui sépare les colombes des faucons.
Ceux qui cherchent la paix...
De ceux qui veulent la guerre, oui.
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J'en ai assez qu'on donne des surnoms affectueux aux pervers, vous comprenez ? J'en ai assez qu'un violeur soit qualifié de libertin ou de séducteur. J'en ai assez des sous entendus du genre : " mais qu'est ce qu'elle faisait chez ce mec à une heure pareille, aussi ?" J'en ai assez des doux euphémismes qu'utilisent les maris violents pour expliquer qu'ils ont envoyés leur femme aux urgences. J'en ai assez des "bien sûr que non je ne l'ai pas frappée, juste une ou deux baffes pour la calmer". Dans nos métiers, commandant, les mots ont un sens, les mots ont un poids. Les termes viol et homicide ont une conséquence pénale.
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p.36.
Depuis onze ans qu'il délaissait chaque été sa paroisse de Poissy pour assurer les remplacements du mois d'août à Notre-Dame, le père Kern avait eu le temps de se familiariser avec ces égarés de la cathédrale. Vue sous cet aspect, elle n'avait probablement pas changé depuis le Moyen Âge : ses portes restaient ouvertes à toute heure du jour pour les abîmés de la vie, ceux qui ne trouvaient pas leur place dans un monde brutal et réservé aux forts où le hasard d'une naissance les avait précipités et qui, à la recherche d'une bulle de réconfort ou d'illusion, avaient trouvé refuge dans cette immense église au cœur de l'île de la Cité. Ils étaient quelques-uns, celles et ceux qui, chaque matin dès l'ouverture, pénétraient dans la nef, retrouvaient une chaise abandonnée la veille et restaient là, assis jusqu'au soir, insensibles à l'armée de touriste qui envahissait les allées. Les égarés semblaient flotter entre deux mondes, le regard perdu dans le vide ou bien fixant une Vierge, un christ, une bougie des heures durant.
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Videos de Alexis Ragougneau (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexis Ragougneau
27 oct. 2022 Rencontre en ligne Un endroit où aller du 18/10/2022 avec Alexis Ragougneau pour son roman "Palimpseste", paru aux éditions Viviane Hamy.
Il est interviewé par Nathalie Couderc.
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