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Citations sur Pardon pour l'Amérique (6)

rkhettaoui
rkhettaoui   05 septembre 2018
Après plusieurs années. J’ai compris que j’étais faible et vulnérable tant que j’étais libre. Cette liberté, une fois perdue, coulait dans mes veines comme mon propre sang, au lieu de me fuir comme elle me fuyait dans ma vie de tous les jours, sur le chemin de l’église ou du travail, ma liberté d’homme noir à la traîne de celle de l’homme blanc, inférieure, sans valeur. Voilà le cadeau de la prison. Un boxeur qui apprend à esquiver le coup de son adversaire. Le détenu feinte son maître déséquilibré, emporté par son élan, ne rencontrant que le vide, présentant soudain un corps désarmé sur lequel on peut cogner. Cogner avec l’esprit ceux qui te frappent avec les poings. Ceux qui sont capables de le faire survivent derrière les barreaux. Ils ont une vie digne, qui vaut d’être vécue. La liberté du Blanc doit nous servir non seulement à nous défendre, mais à remporter le combat contre un ennemi infiniment plus fort.
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rkhettaoui   05 septembre 2018
Que fait-on des soldats, une fois qu’ils ont servi ? Il y a ceux qu’on retrouve à poil, cognant aux portes des maisons dans un périmètre d’une dizaine de kilomètres autour de l’hôpital. Eux, ce ne sont pas les cas les plus graves. Les autres se foutent en l’air au fond des Everglades. Bouche ouverte, beng ! Et puis, certains survivent. Traînent la patte de séance en séance, n’ont pas la force d’en finir, pas la force de vivre non plus. Juste assez faibles pour durer. Jusqu’à ce que ça déborde.
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rkhettaoui   05 septembre 2018
Toutes les morts sont belles, toutes les morts sont réussies, semblent dire ce corps, ces mains tendues, ces bras comme des ailes qui vont et viennent dans ce lieu hors du temps. Vacarme, puis silence. La voix du président s’élève, enrouée, hésitante, avant de prendre son essor, amplifiée par une sono qui grince, produit un écho, multiplie les paroles de l’orateur, comblant chaque espace de la salle qu’on devine délabrée, malgré la pénombre. Silence dans la salle et autour, silence dans Chicago, profond recueillement de millions de familles qui suivent la retransmission du discours à la télévision, qui regardent l’écran fluorescent avec passion, avec désespoir, comme elles fixeraient le cercueil d’un frère, comme elles ont fixé, incrédules, le cercueil d’un parent, dans ce même salon, quelques jours, semaines, mois ou quelques années auparavant, un cercueil qui abritait alors la chair de leur chair arrachée au corps social, à la ville ensanglantée, où les meurtres ne se comptent plus depuis longtemps,malgré la présidence qui s’achève sans avoir endigué la violence.
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rkhettaoui   05 septembre 2018
Truman Capote se noiera dans l’alcool. La postérité, quant à elle, retiendra, comme toujours et pour notre plaisir voyeur, la noirceur de la nature humaine, qui imite le vide interstellaire, cette réalité sans air à laquelle nous adressons nos prières.
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rkhettaoui   05 septembre 2018
Toutes les nuits, je vivais un cauchemar. Ensuite, elle a trouvé drôle de me tartiner la verge avec de l’onguent. C’était insupportable. Ça brûlait comme du feu. Cette folle a été renvoyée. Mais je n’ai pas changé ma façon de voir. Ni hier ni aujourd’hui. Pas changé ce que j’aurais voulu lui infliger, à elle comme à tous ceux qui se moquaient de moi .
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rkhettaoui   05 septembre 2018
On se croise, les décapotables défilent, s’arrêtent, les attroupements se forment, les femmes au centre, presque nues, puis nues durant quelques minutes, une bouteille de champagne à la main qu’elles se refilent pour une rasade sous les bravos des types qui se tapent dans le dos sans toucher les filles, comme effarés par leur audace malgré l’habitude, pudiques, au fond, restant sur les bords, en petits groupes,biceps et coupes rasta à poil ras, puis l’attroupement se disperse avant de se reformer ailleurs, réunissant les mêmes, sauf les touristes blanchâtres qui marchent en regardant leurs pieds ou qui avalent une langouste carbonisée en terrasse, solaires, perdus, souverains. Melting-pot américain.
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