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EAN : 9782701195827
72 pages
Editions Belin (08/09/2015)
3.91/5   17 notes
Résumé :
Quand des écrivains, des poètes, confèrent un sexe à la ville, ils la comparent unanimement à une femme. Mais quand on passe des livres à la réalité, le constat s'impose : l'espace urbain est profondément masculin. D'abord parce que la ville reste – malgré toutes les lois de modernisation de la vie politique – gouvernée, construite, aménagée et régulée par des élus, architectes, urbanistes, directeurs de services techniques qui sont très majoritairement des hommes. ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
de
  18 novembre 2016
Petite cartographie du sexisme de et dans l'espace urbain
« En 2010, le temps consacré au travail domestique est de 66% pour les femmes et 34% pour les hommes.
Les femmes réalisent 75% des accompagnements des enfants et des personnes âgées.
54% des femmes renoncent à la pratique du sort après la naissance d'un enfant pour 24% des hommes.
75% des budgets publics destinés aux loisirs des jeunes sont consommés par les garçons.
Les équipements sportifs d'accès libre mis en place dans la ville sont occupés à 95% par les garçons.
Les femmes pratiquent deux fois moins une activité sportive que les hommes. Elles sont deux fois moins à se déplacer en vélo pour leurs trajets quotidiens. Elles utilisent davantage les transports en commun.
Selon le Haut Conseil à l'égalité femmes/hommes, 100% des femmes ont connu au moins une fois une situation de harcèlement sexuel dans les transports en commun.
16% des maires de France élues en 2014 et 8% des présidentes de Conseil Départemental élus en 2015 sont des femmes.
98% des noms de rues, places ou avenues sont attribuée à des hommes. »
Le sexe de la ville ? Yves Raibaud revient sur ces écrivains et poètes qui chantent la ville, une ville au féminin. Il propose de « cartographier les expressions de ce sexisme inscrit dans l'espace urbain » en s'appuyant sur différentes études dont celles menées à Bordeaux.
La ville et ses inégalités, non pas fortuites mais bien systémiques. Les villes faites par et pour les hommes.
Des noms de rue très majoritairement réservées aux « grands hommes », des ponts et des boulevards au masculin, des allées et des impasses au féminin, l'effacement et le déni des femmes dans l'histoire, seuls les hommes défendraient « l'intérêt général » et les femmes uniquement des intérêts particuliers ! – une ritournelle bien connue, y compris dans bien des recherches de sciences sociales…
Des budgets d'équipements pour les loisirs profitant essentiellement aux garçons, des espaces de « culture » masculine ou masculiniste, des espaces cultivant l'homo-sociabilité ou l'entre-soi. Qu'en est-il du développement des activités physiques et sportives des filles ? Qu'en est-il des lieux d'accueils collectifs mixtes ?
L'auteur analyse les usages genrés de l'espace urbain, les espaces et les heures de la journée, l'objet et la durée des déplacements des femmes et hommes, la peur dans la nuit, les zones anxiogènes et les frontières interdites aux femmes, les problèmes d'éclairage, les interdits spatiaux et temporels, les usages différenciés du vélo…
Yves Raibaud souligne le harcèlement de rue, cette culture urbaine machiste, (voir le documentaire de Sofie Peeters : Femmes de la rue), le caractère violent des comportements masculins (il traite notamment de la situation des étudiantes), « Les seuls responsables en sont les hommes harceleurs », l'inquiétude du dernier tramway…
Qui prend les décisions ? Pourquoi les besoins des citoyennes femmes ne sont-elles pas prises en compte, pourquoi leurs paroles sont-elles négligées voir méprisées ? Pourquoi le vivre ensemble femme/homme n'est-il pas abordé ? Pourquoi l'intérêt dit général est-il celui de la seule population masculine ?
L'auteur évoque des pistes pour une ville plus égalitaire à partir d'exemples de politiques déployées à l'étranger, service « Entre 2 arrêts », créneaux spécifiques dans les équipements sportifs, propreté des espaces publics et des commodités, prise en compte des besoins réels pour les horaires des transports en commun (non réductibles aux rythmes travail/domicile), langage « sensible au genre », parité effective dans les lieux de décisions…
Les femmes ont des pratiques spécifiques de la ville « non pas liée à une quelconque nature féminine, mais à un rapport social de sexe qui les désavantage »
L'ordre choisi des présentations et des analyses reste discutable. Il manque des analyses sur l'organisation générale des lieux de vie et des lieux de travail engendrant les multiples transports, les choix d'urbanisation (implantation de logements-commerces-écoles-bureaux, jardins, largeur des trottoirs, accessibilité des transports en commun pour les personnes à mobilité réduite ou se déplaçant avec des poussettes ou des charges, etc.). Mais en l'état, ce petit livre souligne bien la « mixité en trompe-l'oeil » dans l'espace urbain. Des villes pensées et construites par et pour les hommes…
Lien : https://entreleslignesentrel..
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jovidalens
  13 mai 2016
Petit livre salutaire, complètement dans l'état d'esprit de la Collection "Laboratoire de l'égalité" : "faire joyeusement le ménage des idées reçues".
Ce n'est pas un essai, juste quelques pages pour mettre des mots sur ce que nous savons déjà mais acceptons si facilement.
Deux points particulièrement importants à mes yeux.
En premier lieu, et le plus lourd de conséquences, le nom des rues de nos villes : la personnalité à l'honneur est "un homme dans 94% des cas" , comme si l'inventivité, la création n'était pas autant féminine. Croyez-vous, que les salaires des femmes resteraient depuis des lustres inférieurs de 25 à 30% à celui des hommes si notre environnement mettait autant à l'honneur, les artistes, philosophes, chercheuses femmes ? Bon côté, militaires, il y aurait pénurie. Et le "ménage" aussi côté littérature. Je suis surprise d'apprendre que nos écrivain(e)s modernes sont quasiment absentes des livres scolaires !
En second lieur : ces quelques pages m'ont fait découvrir combien la société civile, les communes sont actives et réactives autour de ces sujets. Des solutions ont été trouvées pour construire des villes vraiment mixtes et donc plus égalitaires. le monde est en marche, et si c'était dans le bons sens ?
Un nouveau petit livre à mettre dans les mains de nos enfants, pour les aider à mieux décrypter leur environnement.
Pour conclure, ma petite minute de prosélytisme : et si la municipalité de Paris lançait un grand concours pour "débaptiser" les boulevards des maréchaux ? J'ai toujours eu l'impression qu'un long fleuve de sang et de malheur ceignait la ville. Suggestion : remplacer "Boulevard Masséna" par "Boulevard Maria Beasley" : celle qui a imaginé les radeaux de sauvetage en 1882. Un petit air d'air marin, chargé d'iode balaierait ...les miasmes guerriers. Héhé ! C'est aussi de la dépollution.
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KettuWater-fox
  09 octobre 2015
Tout d'abord je remercie l'équipe de Babelio et les Editions Belin de m'avoir envoyé ce livre dans le cadre du concours masse critique.
Cet ouvrage très court ( environ 70 pages ), retrace de manière brève et concise les différentes sources d'inégalité homme-femme dans les villes et leur cause.
Si la cause est très louable (en tant que femme citadine pourrais-je le penser autrement?), la forme me parait encore améliorable.
J'ai été assez surprise de l'ordre des chapitres qui ne me semble pas forcément adéquat quand on souhaite , ce qui semble être le cas ici, s'adresser à des personnes non sensibilisées à la cause.
Aborder en premier lieu le débat des noms des lieux publiques ne me semble pas très judicieux quand bien même il a son importance.
J'aurais davantage développé le chapitre abordant le harcèlement de rue et l'exclusion quasi systématique des femmes des débats politiques concernant le développement des villes.
Je ne sais pas trop si ce livre est trop court. Il aurait pu être plus développé de bien des manières afin de s'adresser à un public déjà sensibilisé mais peu informé.
Ou alors il est mal construit et aurait gagné à prioriser certains sujets pour toucher davantage un public néophyte.
J'encouragerais tout de même sa lecture car le débat gagne a être connu et qu'une heure ou deux suffisent à le parcourir.
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hannahens
  19 octobre 2015
Je remercie tout d'abord Babelio et Belin pour cet envoi masse critique qui m'a permis de découvrir la collection Egale à égal.
J'ai choisi ce livre car le sujet m'a tout simplement interpellée : comment la ville dans sa construction peut-elle favoriser des inégalités entre les hommes et les femmes sans que l'on s'en aperçoive au premier abord.
Sujet qui peut sembler pointu mais nous concerne tous en réalité (et trop peu les urbanistes qui construisent les villes de demain) et se déploie avec une grande facilité de lecture dans cet ouvrage. Avec même un peu trop de facilité en réalité. Il est vrai que sa taille (moins de 100 pages) laissait entendre qu'on entrerait pas trop dans les détails mais j'ai été assez frustrée et déçue par son contenu. Trop de survol, il faut vraiment voir ce petit livre comme une introduction au sujet : peu d'approfondissements, manque des références à certains moments, bref on reste sur sa faim.
Les néophytes qui souhaitent s'interroger sur notre environnement et la façon dont on le construit trouveront cela dit dans ce livre des informations sur les noms de rues, les structures de loisirs (majoritairement dédidées aux hommes dont on doit "canaliser la violence"), la place des femmes dans les processus de construction de la ville. Presque évidemment le harcèlement de rue est abordé.
Les solutions ne sont elles aussi qu'effleurées, ainsi l'auteur parle de Vienne comme ville modèle mais se contente de citer ses 5 principes sans dire comment ceux-ci s'appliquent concrètement.
En définitive, une petite déception personnelle car il ne fait que picorer mais un bon ouvrage que l'on peut recommander pour commencer à s'interroger sur cette question, pourquoi pas en milieu scolaire même, le livre comporte un quizz à la fin qui inaugure cet usage.
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LioneldeLyon
  19 octobre 2015
Tout d'abord, merci aux éditions Belin et à Babelio pour cette découverte.
Ce court essai de sociologie et géographie urbaine est une passionnante entrée en matière pour celles et ceux qui souhaitent s'intéresser à la ville du point de vue du genre.
Idéal pour des jeunes ou des néophytes, les références bibliographiques sont suffisamment nombreuses pour permettre à celles et ceux qui seraient frustrés de n'avoir pas plus de contenu d'aller plus loin sur le sujet. Il permettra aux non spécialistes d'avoir un point de vue global sur la question.
L'ouvrage aborde l'urbanisme du point de vue du genre, cela allant des usages sexués de la ville par le prisme de la fréquentation des espaces et équipements publics et des lieux de loisir et de socialisation, aux politiques de transports et aux usages des transports en commun, en passant par la problématique majeure du harcèlement de rue et par la reconnaissance des femmes à travers la toponymie des rues et équipements collectifs.
Ce court ouvrage est rapidement lu, les exemples sont précis et les préconisations claires. L'auteur démontre avec acuité qu'il reste encore beaucoup à faire dans l'égalité femmes/hommes tant dans les pratiques que dans les modes de pensées.
Un essai incontournable pour qui s'intéresse à la politique de la ville et souhaite lutter contre les stéréotypes machistes. Une belle entrée en matière pour une nouvelle vision de la ville, plus féminine (-iste), que je vous invite à découvrir, même si en tant que géographe j'aurais apprécié que l'ouvrage soit plus riche et plus complet.
Lien : https://lionelfour.wordpress..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
jovidalensjovidalens   13 mai 2016
Toutes les femmes n'interviennent pas seulement sur les sujets jugés par l'assemblée masculine comme personnels. Beaucoup ont une expertise politique ou technique sur l'environnement, les transports, les services. Mais elles ont parfois du mal à s'exprimer en raison d'un certain nombre de filtres : doigts levés parles hommes avant même la fin de la prise de parole d'un expert, invisibilité des femmes aux yeux de certains présidents de séance, et encore une fois, priorité donnée aux notables, experts et élus. Lorsque leurs interventions portent sur des sujets techniques, elles sont souvent contredites par "plus experts qu'elles", à moins que les informations qu'elles donnent ne soient tout aussi systématiquement complétées par des hommes se présentant comme "compétents sur ce sujet".
[...]
Les compétences généralement attribuées aux femmes rendent difficiles leur participation active à un débat portant sur "l'intérêt général" : soit on doute de leur capacité à maîtriser les outils et le langage techniques, soit on considère que leurs "compétences naturelles" en matière de soins, d'éducation, de souci des autres n'ont pas leur place dans un débat censé s'élever au-dessus des intérêts particuliers.
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LioneldeLyonLioneldeLyon   17 octobre 2015
Si on analyse la place des femmes dans la vie politique et sociale de la cité, leur absence des noms de rues tend à perpétuer l'idée que seuls les hommes ont une capacité créatrice "d'intérêt général" [...].
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LioneldeLyonLioneldeLyon   17 octobre 2015
[...] si les filles sont parfois encouragées à affirmer des choix musicaux ou sportifs "masculins", les garçons attirés par les activités des filles rasent les murs ou disparaissent complètement des lieux de pratiques non-mixtes masculines, devenus quasi mécaniquement des "lieux de l'homophobie ordinaire".
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jovidalensjovidalens   13 mai 2016
Prendre au sérieux le harcèlement de rue, c'est considérer qu'il ne peut pas être réduit à une activité d'hommes vulgaires, frustrés, obsédés sexuels ou malades mentaux, mais qu'il est relayé de façon puissante par une culture masculine de la ville.
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dede   18 novembre 2016
98% des noms de rues, places ou avenues sont attribuée à des hommes.
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Video de Yves Raibaud (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yves Raibaud
Yves Raibaud - La ville, faite par et pour les hommes .Yves Raibaud vous présente son ouvrage "La ville, faite par et pour les hommes, dans l'espace urbain, une mixité en trompe-l'oeil" aux éditions Belin. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/raibaud-yves-ville-faite-par-pour-les-hommes-9782701195827.html Notes de Musique : Note Drop by Broke For Free. Free Music Archive. www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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