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EAN : 9782253146469
284 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 346 notes)
Résumé :
De toutes les grandes batailles napoléoniennes, celle d'Essling n'est pas la plus connue. Elle ne fut pas, pourtant, la moins meurtrière : quarante mille morts sur les rives du Danube en deux journées de mai 1809. Balzac avait décidé d'en tirer un roman pour les "Scènes de la vie militaire" de la "La Comédie humaine, tome 8."
En 1833, il décrit ainsi son plan à Madame Hanska : "Pas une tête de femme, des canons, des chevaux, deux armées, des uniformes; à la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  18 janvier 2013
Indispensable pour tous les fanas de l'épopée napoléonienne, ce court et dense roman de Patrick Rambaud s'attache à en raconter un des épisodes les plus incontournable : le Bataille d'Essling (du nom du hameau où s'affrontèrent devant Vienne les troupes françaises et celles autrichiennes). Pourquoi incontournable ? Parce qu'il s'agit de la première défaite – indéniable, écrasante, personnelle – de Napoléon. Essling, c'est le tournant de la guerre, la première étape d'une longue série d'affrontements dont les troupes françaises, à défaut d'être systématiquement défaites, ne se sortiront que grâce à des victoires à la Pyrrhus, accumulant presque autant de cadavres que leurs adversaires. Essling, c'est le premier pas vers Waterloo. Essling, c'est le début de la fin.
Le roman de Rambaud est tout entier imprégné de cette atmosphère funèbre. Si en surface, tout n'est que fracas de sabres s'entrechoquant, rugissements des canons, hurlements des hussards battant la charge, on devine sous cet épique chaos le parfum insidieux de la défaite et du désespoir. C'est qu'elles sont bien lasses, les troupes françaises, des maréchaux aux plus simples soldats ! Las, le petit soldat Vincent Paradis qui s'inquiète de ne pas rentrer en France à temps pour aider son père aux moissons. Las, le cuirassier Fayolle qui voit dans chaque ombre les fantômes des femmes qu'il a violées. Las, le maréchal Lannes, déchiré entre son amour toujours vivace pour l'Empereur et la désillusion qui le pousse à chercher la mort au combat. Las aussi et épuisés, le général Espagne, le maréchal Masséna, le colonel Lejeune… Tous autant qu'ils sont, ils ont cru en Napoléon Bonaparte et en la grandeur de l'Empire français, mais ce temps-là est bien passé : l'homme providentiel n'est plus qu'un monarque rongé par l'orgueil et la paraonia, et le rêve de gloire s'est enfui depuis longtemps, calciné sous les feux cruels de la guerre d'Espagne.
Si l'avalanche de prix dont a été couronné « La Bataille » de Rambaud peut un peu désarçonner, force est de reconnaître qu'il s'agit d'une excellent roman historique : splendidement écrit, immersif – chaque étape de la bataille y est retranscrite avec une fougue et une vivacité admirables – extrêmement bien renseigné et précis sans jamais une once de pédanterie. Un vrai plaisir de lecture que je recommande très chaudement. Personnellement, je ne manquerai pas de me procurer les deux suites écrites par Rambaud et narrant la fin de l'épopée napoléonienne : « Il neigeait » qui se déroule pendant la désastreuse campagne de Russie et « L'Absent » mettant en scène Napoléon sur l'île d'Elbe avant les Cent Jours.
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tiptop92
  04 juin 2019
On est loin de l'épopée Napoléonienne lyrique et flamboyante présentée par la plupart des livres d'histoire dans ce roman relatant la bataille d'Essling à hauteur des participants, petits ou grands acteurs de l'histoire. Après cinq années de combat pour l'empereur, les soldats et leurs chefs sont au bout du rouleau. Les maréchaux n'y croient plus, le simple fantassin ne pense qu'a rentrer chez lui pour faire les moissons et l'élite de l'armée en a assez des violences au point que certains se suicident pour ne plus en commettre. Et pourtant il faut combattre encore pour satisfaire l'ambition d'un seul homme, cynique, coléreux et complètement paranoïaque. Car Napoléon ici fait penser à l'Hitler de «la chute», même hystérie, même aveuglement, même mépris de la vie humaine. Bien sur l'idéologie n'est pas identique, mais on peut penser devant cette boucherie (45 000 morts en deux jours) que l'hécatombe aurait été bien supérieur avec des armes moderne. En tout cas le lecteur sera choqué par ces charges de cavalerie d'une violence extrême ou par le sort des blessés affreusement mutilés pour la plupart et condamnés à une agonie terrible du fait du manque de soins. Des épisodes forts comme la mort du général Espagne ou celle du maréchal Lannes émaillent ce récit qui pourra paraitre parfois un peu confus. Ce livre est obligatoire pour comprendre au delà des poncifs de la gloire la vraie nature de l'ambition napoléonienne et connaitre l'envers tragique de sa légende...
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carre
  28 février 2012
Une bataille napoléonienne comme si vous y étiez vous tente, "La Bataille" est pour vous. Patrick Rambaud avec un talent d'orfèvre nous mets au milieu de la bataille d'Essling, première défaite terrifiante de l'empire, qui fut un véritable carnage. Rambaud restitue avec une grande minutie cette défaite en suivant plusieurs grands généraux ou maréchaux de France mais aussi de simples grognards, tout y est méticuleusement raconté, c'est la grande force du roman, le travail historique impressionne par sa précision incroyable, Rambaud montre aussi les doutes qui assaillent les fidèles de Napoléon mais chacun est près au sacrifice pour cet homme qui leur a apporté richesse et gloire. Roman historique brillant et passionnant la "La bataille" reçut le Prix Goncourt 1997.
Archi mérité.
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Nursus
  06 mai 2015
Un livre dont je ne ressors pas indemne. Pourtant court, il est dur à digérer car il est dense et âpre. Un récit de bataille diaboliquement précis, entrant dans un incroyable nombre de détails.
Outre le contexte sanglant, une vraie boucherie en fait, on sent du pessimisme voir de la mélancolie d'un temps d'avant, pourtant pas si vieux. L'objectif stratégique de cette bataille volontairement occulté, contraste affreusement avec la proximité que nous vivons avec les différents protagonistes.
Essentiellement des hommes, à l'abnégation incroyable pour un civil du 21ème siècle, aux passions des plus simples, comme la survie, aux plus sophistiqués, comme l'art. le personnage de Massena est celui qui m'a le plus enthousiasmé.
Je n'ai pas d'élément de comparaison littéraire, mais le Napoléon présenté est assez détestable. Hormis son charisme et ses qualités de chef de guerre, on nous livre un personnage irritable, se sentant fragile politiquement et très sang bleu. Comme les soldats, j'ai pris un coup à entendre jouer à la flûte la Marseillaise par des soldats Autrichiens, sacré symbole.
Nos sens sont très sollicités, on sent la fumée, la gangrène, on est assourdit par les canonnades, écoeuré par le bouillon de cheval, aveuglé par le brouillard. Heureusement, il reste quelques élans du coeur et comme une caresse, du Haydn au piano par Haydn lui même...

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Herve-Lionel
  17 novembre 2018

La Feuille Volante n° 1292
La bataillePatrick Rambaud – Grasset. Prix Goncourt 1997 – Grand prix de l'Académie Française.

Ce roman historique, Balzac en avait rêvé sans pour autant en venir à bout.
Nul n'est resté indifférent au personnage de Napoléon, son génie de militaire et d'organisateur, son charisme, l'admiration qu'il inspirait à ses soldats, ses ambitions bien souvent contestables, ses failles… Il a certes été un excellent stratège, ce qui lui valut un destin hors du commun, mais son étoile guerrière n'a pas pâlit seulement à Waterloo. Nous sommes en mai 1809 dans la banlieue de Vienne, à Essling et l'armée de l'Empereur est face aux Autrichiens. Si ça n'a pas une défaite pour Napoléon, ça n'a pas été une victoire non plus, avec de lourdes pertes françaises, dont la mort du maréchal Lannes, et les désertions et les suicides dans son armée autant que les troubles en France annoncent déjà la fin de l'Empire.
Patrick Rambaud nous donne à voir, avec force détails le quotidien de cette armée en campagne, les vols, les viols, les pillages, la mort qui rode et les doutes qui commencent à pointer sous l'apparente excitation des combats et la gloire militaire de la Grande Armée. Il nous révèle les mouvements de troupes, les actes de bravoures des maréchaux combattant à la tête de leurs hommes dans des engagements meurtriers, les détails techniques des uniformes et des armes dans les deux camps, ce qui témoigne du côté documentaire de cet ouvrage. Son roman est plein du fracas des préparatifs de cet affrontement, du bruit des sabres et des charges meurtrières, du fracas des canonnades, du hennissements des chevaux qui, vivants participent aux combats et morts servent à améliorer le maigre ordinaire de la troupe, des charges des maréchaux aux uniformes brodés d'or et les soldats souvent en guenilles, de la mitraille, de la faim qui assaille les hommes, de la construction des fragiles ponts de bateaux face à la crue du Danube et des coups de boutoir des Autrichiens, des morts, officiers ou simples soldats, des amputations des blessés, une bataille de deux jours et de deux nuits...La troupe est toujours fidèle à l'Empereur, mais on sent néanmoins que la lassitude gagne les soldats et les officiers qui en ont assez le guerroyer loin de chez eux. Napoléon au contraire, confiant en sa bonne étoile, est toujours aussi autoritaire. Pourtant il ne s'est jamais vraiment relevé du désastre récent de la guerre d'Espagne. Il est certes toujours un fin stratège et un manoeuvrier visionnaire au coeur même des combats mais l'auteur nous le révèle colérique, injuste pour ses hommes de qui il n'attendait qu'une obéissance servile, n'hésitant pas à opposer les maréchaux entre eux pour mieux les dominer, gourmand de parmesan, quelque peu négligé parfois et aussi superstitieux. Il nous laisse même deviner le son de sa voix à travers des expressions puisées dans un dialecte italo-corse. Charles Meynier aura beau peindre quelques années plus tard un Empereur vainqueur au milieu de ses soldats blessés, on sent déjà une ambiance de fin de règne dont ce roman témoigne. Même la victoire de Wagram quelques semaines plus tard aura un goût amer
Au cours de ce roman le lecteur rencontrera Henry Beyle, pourvoyeur de vivres pour l'armée qui ne s'appelle pas encore Stendhal et le compositeur Haydn ; Comme nous sommes dans un roman, il y a un côté romantique : des hommes sont engagés dans la guerre et peuvent mourir à tout moment mais gardent une pensée pour une femme restée loin d'eux. Ce sont de simples soldats, des paysans arrachés à la terre par la conscription mais qui songent à revenir chez eux pour les moissons et regrettent leur pays. Il y a des rivalités d'amoureux d'autant plus dérisoires que la mort rôde…
C'est un ouvrage fort agréable à lire, écrit dans un style fluide.
Il y a certes un petit croquis indiquant sommairement les lieux de cette bataille mais il me semble que, s'agissant d'un texte traitant de cet engagement important pour l'Empire, une carte plus détaillée aurait sans doute été préférable.
© Hervé Gautier – Novembre 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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critiques presse (4)
Sceneario   30 mars 2015
Un livre indispensable !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Auracan   12 mars 2013
La reconstitution historique est parfaite tant pour le scénario de ce tome 2 que pour les dessins d’Ivan Gil. Tout y est pour ne pas laisser le lecteur s’endormir. Rythme effréné et scènes d’action spectaculaires.
Lire la critique sur le site : Auracan
BoDoi   20 septembre 2012
Le dessin très précis de l’Espagnol Ivan Gil parvient, malgré des couleurs surannées, à rendre sensible l’atmosphère de la bataille. Pourtant, le manque de rappel historique et de vision d’ensemble gêne la compréhension du récit.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LeMonde   28 mars 2012
La BD est traversée d'un souffle formidable, d'un élan qui sied bien à son sujet, à la fois bravache, guerrier et massif comme les armées qui se font face.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   10 septembre 2012
Nous devons l'emporter demain, Marbot, et à n'importe quel prix !
-Si vous le dites, ce sera ainsi.
-Oh, ne me flatte pas !
-Je vous ai vu à l'attaque cent fois, et l'armée vous aime.
-Je les offre aux canons et aux baionnettes et ils m'aiment ! Parfois, je ne comprend plus.
-Votre Excellence, c'est bien la première fois que je vous entends douter.
-Ah bon ? En Espagne, je devais douter en silence.
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DavalianDavalian   22 décembre 2015
C'est une chose laide, un vainqueur, pensait Henri [Beyle, le futur Stendhal] à la vue des troupes dépareillées qui régnaient sur Vienne. Napoléon venait de leur abandonner pour quatre ou cinq jours cette ville à peine grande comme un quartier de Paris, alors ils en profitaient. On aurait dit une meute de chiens de chasse. Ils avaient mille fois risqué la mort, soit, et de vilaine manière, ils laissaient derrière eux des cadavres d'amis, des estropiés, des aveugles, un bras, une jambe, mais la peur retombée justifiait-elle le débordement ?
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aleatoirealeatoire   13 juillet 2013
- Tu as peur ?
- Pas encore.
- Pourtant, à te voir, tu n'as pas l'air à l'aise.
- J'aime pas abîmer les moissons en galopant dedans.
Lejeune avait emprunté un cheval d'artillerie pour y monter son protégé en habit de voltigeur. Il le regardait et dit :
- Demain, on va s'entre-tuer au canon dans cette plaine verte. Il y aura beaucoup de rouge, et ce ne seront pas des fleurs. Quand la guerre sera finie...
- Y en aura une autre, mon colonel. La guerre elle ne sera jamais finie, avec l'Empereur.
- Tu as raison.
Ils tournèrent bride vers Essling, sans se presser mais aux aguets. Lejeune se serait volontiers attardé, avec son carnet de croquis, pour dessiner un paysage doux et sans hommes.
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carrecarre   26 septembre 2012
Napoleon renifla. Il se tut. Le secrétaire restait la plume en l'air.
-Berthier !
-Il n'est pas encore sur l'ile, dit un aide de camp à l'entrée de la tente.
-Et Masséna ? Il est mort ?
-Je n'en sait rien, Sire.
-Non, Masséna, ce n'est pas son genre. Qu'il vienne tout de suite.
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NebulasNebulas   21 juillet 2015
- Une scie.
- Vous voulez acheter une scie?
- Oui, assez longue et solide, pas trop souple avec des dents fines.
[…]
- Monsieur, je ne vous imagine pas du tout en charpentier ou en menuisier.
- Et vous auriez raison ! Excusez-moi, je suis assez pressé, ce matin, je ne me suis même pas présenté : Docteur Percy, chirurgien en chef de la Grande Armée.
- Vous avez besoin d’une scie pour soigner vos malades ?
- Soignez ! J’aimerais bien, mais dans les batailles on ne soigne pas, on répare, on traque la mort, on coupe des bras et de jambes avant que la gangrène s’y mette. Gangrène, vous connaissez ce mot ?
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Patrick Rambaud est l?auteur d?une ?uvre romanesque importante. On lui doit entre autres, une célèbre série sur Napoléon. Derniers livres publiés : Quand Dieu apprenait le dessin (2018) et Chronique d?une fin de règne (2017).
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