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ISBN : 2253146463
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 267 notes)
Résumé :
De toutes les grandes batailles napoléoniennes, celle d'Essling n'est pas la plus connue. Elle ne fut pas, pourtant, la moins meurtrière : quarante mille morts sur les rives du Danube en deux journées de mai 1809. Balzac avait décidé d'en tirer un roman pour les Scènes de la vie militaire (La Comédie humaine, tome 8). En 1833, il décrit ainsi son plan à Madame Hanska : "Pas une tête de femme... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  18 janvier 2013
Indispensable pour tous les fanas de l'épopée napoléonienne, ce court et dense roman de Patrick Rambaud s'attache à en raconter un des épisodes les plus incontournable : le Bataille d'Essling (du nom du hameau où s'affrontèrent devant Vienne les troupes françaises et celles autrichiennes). Pourquoi incontournable ? Parce qu'il s'agit de la première défaite – indéniable, écrasante, personnelle – de Napoléon. Essling, c'est le tournant de la guerre, la première étape d'une longue série d'affrontements dont les troupes françaises, à défaut d'être systématiquement défaites, ne se sortiront que grâce à des victoires à la Pyrrhus, accumulant presque autant de cadavres que leurs adversaires. Essling, c'est le premier pas vers Waterloo. Essling, c'est le début de la fin.
Le roman de Rambaud est tout entier imprégné de cette atmosphère funèbre. Si en surface, tout n'est que fracas de sabres s'entrechoquant, rugissements des canons, hurlements des hussards battant la charge, on devine sous cet épique chaos le parfum insidieux de la défaite et du désespoir. C'est qu'elles sont bien lasses, les troupes françaises, des maréchaux aux plus simples soldats ! Las, le petit soldat Vincent Paradis qui s'inquiète de ne pas rentrer en France à temps pour aider son père aux moissons. Las, le cuirassier Fayolle qui voit dans chaque ombre les fantômes des femmes qu'il a violées. Las, le maréchal Lannes, déchiré entre son amour toujours vivace pour l'Empereur et la désillusion qui le pousse à chercher la mort au combat. Las aussi et épuisés, le général Espagne, le maréchal Masséna, le colonel Lejeune… Tous autant qu'ils sont, ils ont cru en Napoléon Bonaparte et en la grandeur de l'Empire français, mais ce temps-là est bien passé : l'homme providentiel n'est plus qu'un monarque rongé par l'orgueil et la paraonia, et le rêve de gloire s'est enfui depuis longtemps, calciné sous les feux cruels de la guerre d'Espagne.
Si l'avalanche de prix dont a été couronné « La Bataille » de Rambaud peut un peu désarçonner, force est de reconnaître qu'il s'agit d'une excellent roman historique : splendidement écrit, immersif – chaque étape de la bataille y est retranscrite avec une fougue et une vivacité admirables – extrêmement bien renseigné et précis sans jamais une once de pédanterie. Un vrai plaisir de lecture que je recommande très chaudement. Personnellement, je ne manquerai pas de me procurer les deux suites écrites par Rambaud et narrant la fin de l'épopée napoléonienne : « Il neigeait » qui se déroule pendant la désastreuse campagne de Russie et « L'Absent » mettant en scène Napoléon sur l'île d'Elbe avant les Cent Jours.
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carre
  28 février 2012
Une bataille napoléonienne comme si vous y étiez vous tente, "La Bataille" est pour vous. Patrick Rambaud avec un talent d'orfèvre nous mets au milieu de la bataille d'Essling, première défaite terrifiante de l'empire, qui fut un véritable carnage. Rambaud restitue avec une grande minutie cette défaite en suivant plusieurs grands généraux ou maréchaux de France mais aussi de simples grognards, tout y est méticuleusement raconté, c'est la grande force du roman, le travail historique impressionne par sa précision incroyable, Rambaud montre aussi les doutes qui assaillent les fidèles de Napoléon mais chacun est près au sacrifice pour cet homme qui leur a apporté richesse et gloire. Roman historique brillant et passionnant la "La bataille" reçut le Prix Goncourt 1997.
Archi mérité.
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Nursus
  06 mai 2015
Un livre dont je ne ressors pas indemne. Pourtant court, il est dur à digérer car il est dense et âpre. Un récit de bataille diaboliquement précis, entrant dans un incroyable nombre de détails.
Outre le contexte sanglant, une vraie boucherie en fait, on sent du pessimisme voir de la mélancolie d'un temps d'avant, pourtant pas si vieux. L'objectif stratégique de cette bataille volontairement occulté, contraste affreusement avec la proximité que nous vivons avec les différents protagonistes.
Essentiellement des hommes, à l'abnégation incroyable pour un civil du 21ème siècle, aux passions des plus simples, comme la survie, aux plus sophistiqués, comme l'art. le personnage de Massena est celui qui m'a le plus enthousiasmé.
Je n'ai pas d'élément de comparaison littéraire, mais le Napoléon présenté est assez détestable. Hormis son charisme et ses qualités de chef de guerre, on nous livre un personnage irritable, se sentant fragile politiquement et très sang bleu. Comme les soldats, j'ai pris un coup à entendre jouer à la flûte la Marseillaise par des soldats Autrichiens, sacré symbole.
Nos sens sont très sollicités, on sent la fumée, la gangrène, on est assourdit par les canonnades, écoeuré par le bouillon de cheval, aveuglé par le brouillard. Heureusement, il reste quelques élans du coeur et comme une caresse, du Haydn au piano par Haydn lui même...

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Davalian
  26 décembre 2015
Avec La Bataille, Patrick Rambaud nous offre un roman historique d'un genre quelque peu particulier sur un épisode de la gestae napoléonienne : la bataille de Essling. Il s'agit d'une histoire pour le moins originale dans le sens où le récit est composé sans concessions.
Le premier contact que nous avons avec la Grande Armée est franchement cru : comportement du vainqueur sur celui qui n'est pas encore (mais l'a déjà été) vaincu avec tout ce que cela sous-entend (vols, viols et autres comportement inhumains). Napoléon est ici devenu l'ogre, le tyran, entouré de courtisans qu'il rudoie au gré de ses humeurs. Certains passages sont à la limite du ridicule (ainsi son attachement aux plaisirs de la table en général et au parmesan en particulier, ou ses expressions en patois corso-italien).
La première partie est sans doute la plus intéressante. Elle nous dévoile même quelques surprises avec l'ombre d'Haydn, la présence de Henri Beyle, plus de vingt ans avant le Rouge et le noir qui côtoie un certain Frédéric Staps. Si l'on excepte quelques figures (Lejeune, Lannes et Masséna à sa manière), les personnages sont plutôt des anti-héros, notamment le soldat Fayolle qui reste odieux d'un bout à l'autre du roman.
Certains thèmes intéressants sont présentés d'une manière qui peut surprendre. Ainsi la résistance des combattants ou des appelés, le ras-le-bol général, le côté réaliste de la Grande Armée, les suicides. Mais ceux-ci sont contrebalancés par le fait que tous les personnages semblent déjà connaître la future destinée de l'Empire (alors même que celui-ci est à son apogée). Ces jugements de valeurs contemporains non assumés agacent.
Les passages les plus longs, ceux directement consacrés à la bataille, sont à la limite du soutenable. L'intérêt accordé aux ambulances, aux blessés est louable mais il faut avoir de l'estomac pour suivre l'auteur. Une manière de rendre hommage aux combattants aujourd'hui tombés dans l'oubli. Bien que le tout soit très bien écrit, une forme de lassitude, de ras le bol, apparait très rapidement.
Pour être franc, cet ouvrage m'a beaucoup déçu. Sa renommée, les récompenses obtenues, son adaptation en bande dessinée ont sans doute étés à l'origine d'une sorte d'attente, hélas mal comblée par le récit. Il s'agit toutefois d'une référence qu'il faut avoir lu, ne serait-ce que pour rendre hommage aux combattants de cette époque déjà si loin de nous. Une bonne connaissance de l'époque napoléonienne est toutefois requise pour pleinement l'apprécier.
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Ys
  20 octobre 2012
Mai 1809. Les armées impériales occupent Vienne. de l'autre côté du Danube en crue, l'Archiduc a rassemblé ses troupes pendant que Napoléon, installé à Schönbrunn, dresse ses plans pour la bataille.
La bataille, ce sera celle d'Essling - que ce roman s'attache à retracer depuis ses premiers préparatifs et dans ses moindres détails. La construction trop hâtive du pont sur le fleuve en furie, dont la fragilité ouvre la porte à tous les désastres. Les mouvements de troupes, l'installation et l'attente dans les villages désertés de leurs habitants, les premières escarmouches et la tuerie, deux jours durant, qui laissera quarante-cinq mille morts dans les blés.
On y suit les pas des maréchaux - Masséna, truculent, ne perdant pas une occasion de piller, Lannes, écoeuré et las, qui ne rêve plus que de rentrer chez lui. Tous les autres présents en ce jour, leurs rivalités, leurs sentiments ambigus pour ce Bonaparte qu'ils ont suivi autrefois avec tant d'enthousiasme et qui ne sait plus s'arrêter, emporté par sa propre course que guettent déjà, de loin, le vertige et la chute.
On y suit les pas de Louis François Lejeune, colonel du génie et artiste reconnu, amoureux fou d'une belle autrichienne. Ceux de son grand ami Henri Beyle, qui ne s'appelle pas encore Stendhal et travaille dans un bureau de l'intendance. Ceux de Fayolle, soudard banal habitué à survivre ou encore ceux de Vincent Paradis, simple paysan jeté à la guerre par les hasards de la conscription. Beaucoup d'autres, qui survivront ou qui mourront, dont les chemins entrecroisés dessinent un superbe tableau de bataille, pétri de vie et de sang.
Ce roman, Balzac l'avait rêvé, annoncé en 1833 : "Là, j'entreprends de vous initier à toutes les horreurs, à toutes les beautés d'un champ de bataille ; ma bataille, c'est Essling." Il n'en vint jamais à bout. Cent-soixante ans plus tard,Patrick Rambaud en reprend le projet et le complète avec talent, dans un style fluide, d'une belle puissance évocatrice, bourré de détails, de personnages et d'anecdotes empruntés à l'histoire, remarquablement documentés et mis en scène avec beaucoup de vie, d'humanité.
Le résultat lui a valu le Goncourt et le grand prix du roman de l'Académie française, à mes yeux très mérités. J'avais beaucoup aimé à 14 ans, et si entre temps mon regard a changé, j'ai tout autant, et sans doute même mieux, apprécié aujourd'hui !

Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Les critiques presse (4)
Sceneario   30 mars 2015
Un livre indispensable !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Auracan   12 mars 2013
La reconstitution historique est parfaite tant pour le scénario de ce tome 2 que pour les dessins d’Ivan Gil. Tout y est pour ne pas laisser le lecteur s’endormir. Rythme effréné et scènes d’action spectaculaires.
Lire la critique sur le site : Auracan
BoDoi   20 septembre 2012
Le dessin très précis de l’Espagnol Ivan Gil parvient, malgré des couleurs surannées, à rendre sensible l’atmosphère de la bataille. Pourtant, le manque de rappel historique et de vision d’ensemble gêne la compréhension du récit.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LeMonde   28 mars 2012
La BD est traversée d'un souffle formidable, d'un élan qui sied bien à son sujet, à la fois bravache, guerrier et massif comme les armées qui se font face.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   10 septembre 2012
Nous devons l'emporter demain, Marbot, et à n'importe quel prix !
-Si vous le dites, ce sera ainsi.
-Oh, ne me flatte pas !
-Je vous ai vu à l'attaque cent fois, et l'armée vous aime.
-Je les offre aux canons et aux baionnettes et ils m'aiment ! Parfois, je ne comprend plus.
-Votre Excellence, c'est bien la première fois que je vous entends douter.
-Ah bon ? En Espagne, je devais douter en silence.
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DavalianDavalian   22 décembre 2015
C'est une chose laide, un vainqueur, pensait Henri [Beyle, le futur Stendhal] à la vue des troupes dépareillées qui régnaient sur Vienne. Napoléon venait de leur abandonner pour quatre ou cinq jours cette ville à peine grande comme un quartier de Paris, alors ils en profitaient. On aurait dit une meute de chiens de chasse. Ils avaient mille fois risqué la mort, soit, et de vilaine manière, ils laissaient derrière eux des cadavres d'amis, des estropiés, des aveugles, un bras, une jambe, mais la peur retombée justifiait-elle le débordement ?
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aleatoirealeatoire   13 juillet 2013
- Tu as peur ?
- Pas encore.
- Pourtant, à te voir, tu n'as pas l'air à l'aise.
- J'aime pas abîmer les moissons en galopant dedans.
Lejeune avait emprunté un cheval d'artillerie pour y monter son protégé en habit de voltigeur. Il le regardait et dit :
- Demain, on va s'entre-tuer au canon dans cette plaine verte. Il y aura beaucoup de rouge, et ce ne seront pas des fleurs. Quand la guerre sera finie...
- Y en aura une autre, mon colonel. La guerre elle ne sera jamais finie, avec l'Empereur.
- Tu as raison.
Ils tournèrent bride vers Essling, sans se presser mais aux aguets. Lejeune se serait volontiers attardé, avec son carnet de croquis, pour dessiner un paysage doux et sans hommes.
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carrecarre   26 septembre 2012
Napoleon renifla. Il se tut. Le secrétaire restait la plume en l'air.
-Berthier !
-Il n'est pas encore sur l'ile, dit un aide de camp à l'entrée de la tente.
-Et Masséna ? Il est mort ?
-Je n'en sait rien, Sire.
-Non, Masséna, ce n'est pas son genre. Qu'il vienne tout de suite.
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NebulasNebulas   21 juillet 2015
- Une scie.
- Vous voulez acheter une scie?
- Oui, assez longue et solide, pas trop souple avec des dents fines.
[…]
- Monsieur, je ne vous imagine pas du tout en charpentier ou en menuisier.
- Et vous auriez raison ! Excusez-moi, je suis assez pressé, ce matin, je ne me suis même pas présenté : Docteur Percy, chirurgien en chef de la Grande Armée.
- Vous avez besoin d’une scie pour soigner vos malades ?
- Soignez ! J’aimerais bien, mais dans les batailles on ne soigne pas, on répare, on traque la mort, on coupe des bras et de jambes avant que la gangrène s’y mette. Gangrène, vous connaissez ce mot ?
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Videos de Patrick Rambaud (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Rambaud
Après avoir consacré six volumes à Nicolas Sarkozy dans "Chroniques du règne de Nicolas 1er", Patrick Rambaud, de l'Académie Goncourt, a repris la plume pour croquer à la manière de Saint-Simon les faits d'armes de François Hollande et de son entourage. MyBOOX l'a rencontré autour de ce nouvel ouvrage intitulé "François le Petit" paru chez Grasset.
Musique : Prélude No7_Chris Zabriskie
En savoir plus sur le livre : http://www.myboox.fr/livre/francois-le-petit-9782246856733
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