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ISBN : 286930031X
Éditeur : Payot et Rivages (01/05/1987)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :

Cette porte aussi était fermée. Ce n'était qu'un rectangle blanc sur le bleu des murs, qui semblait de plus en plus grand au fur et à mesure qu'elle se rapprochait. Maintenant elle pouvait voir la marque oblique qui coupait cette blancheur. Dans un petit instant elle allait s'écraser sur la porte si elle ne s'arrêtait pas. Stop stop ! Elle ne pouvait pas s'arrêter. Elle allait s'écraser. Mais voilà que la porte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
nameless
  07 décembre 2015
Amis lecteurs et lectrices, arrêtez-vous un instant sur cet avis, car il vous concerne peut-être. Qui en effet, au cours de sa vie de locataire ou propriétaire, n'a jamais été confronté à un voisin tapageur, pourrisseur de journées, torpilleur de nuits, persécuteur de la moindre seconde, au point qu'à l'unique solution du déménagement malheureusement difficile à mettre en oeuvre, succède rapidement chez sa victime, une envie de meurtre, plus rapide et efficace, pour mettre fin à une musique tonitruante, à une perceuse névrotique ou aux aboiements frénétiques d'un chien mal éduqué ?

Dans Approche des Ténèbres, Diana Ramsay prête vie à Ms Joyce Chandler. Non pas Miss ou Mrs, mais Ms (Miz) ainsi que le Women's Lib Movement en préconisait l'usage à la fin des seventies pour éviter toute discrimination liée à l'état-civil d'une femme. Joyce a quitté son mari, parce que “c'était réellement, vraiment fini. le mariage, l'existence douillette et satisfaite de la femme qui joue à la pionnière et s'affaire dans un interminable faux-semblant d'activité – tout cela avait pris fin le jour où elle avait été catapultée du nid. Il n'y avait pas de retour possible” (p. 137). Joyce trouve un travail de correctrice chez Yardstick, une revue qui “l'avait toujours frappée comme étant une nourriture littéraire calculée pour ne poser à personne le moindre problème d'assimilation” (p. 28). Elle s'occupe du remplacement indispensable de l'article indéfini par le défini, de la correction de points de stylistique ou de l'élimination d'une dernière virgule sérielle. Elle déniche aussi un studio dans Greenwich Village, qu'elle arrange à son goût après avoir versé trois mois de loyer, un mois de caution, un mois pour l'agent immobilier, fourni les références ad-hoc et plus si affinités avec le propriétaire, on connaît la musique.

Tout irait donc pour le mieux pour elle, si sa voisine du dessus n'avait un goût prononcé pour la musique écoutée à un niveau sonore qui fait vibrer l'appartement de Joyce et l'empêche de dormir. Joyce tente une négociation avec Charlotte Bancroft, et obtient quelques jours de répit avant que ne reprenne l'insoutenable tintamarre. Nouvelle négociation, quelques heures d'apaisement. “Il n'y avait qu'une chose vers laquelle elle pouvait se tourner, bien sûr – la Loi. Elle savait (qui ne le sait ?) qu'elle avait parfaitement le droit de se plaindre à la police s'il y avait du bruit après onze heures du soir, et il était bientôt minuit. Et pourtant, l'idée d'appeler les flics lui répugnait plutôt. Il lui semblait s'aligner en cela sur les râleurs et les rabat-joie qui en font un fromage chaque fois que leurs voisins passent un bon moment” (p. 52). Usée par le bruit et la privation de sommeil, Joyce fait pourtant appel à la police, qui s'avoue impuissante, le silence instantané accompagnant son irruption. Cette intervention est vécue par Charlotte comme une déclaration de guerre, et pour punir Joyce, elle augmente encore le volume de sa radio, s'équipe d'amplificateurs et autres haut-parleurs.

Il vient conséquemment à Joyce une idée que je ne vais évidemment pas révéler, pour mettre fin à son calvaire. Une idée qui entraînera des réactions en chaîne, à découvrir dans ce roman exceptionnel qui se termine dans une apothéose de subtilité psychologique. Les idées les plus simples sont souvent les meilleures, en littérature comme dans d'autres domaines. A partir d'une nuisance d'une grande banalité, Diana Ramsay réussit le tour de force de bâtir une histoire insolite, machiavélique, dont l'atmosphère est suffocante, asphyxiante. Dès les premières pages, le lecteur est soumis à une angoisse prégnante, tant il pressent l'inéluctabilité d'un drame, sans qu'il puisse deviner quelle forme il prendra. On ignore les motivations de Charlotte, qui reste une voisine énigmatique, tandis que la vie de Joyce se désintègre lentement sous l'effet des tourments endurés.

Divisé en 4 phases, précédées d'un chapitre intitulé “Au commencement” et suivies d'un autre nommé “A la fin”, puis d'un “post-scriptum” essentiel, publié en 1978, Approche des Ténèbres est selon mes critères, un roman éblouissant, que l'on pourrait résumer par cette phrase (p. 185) : “Une fois qu'une personne a entrepris la destruction d'une autre personne, c'est comme une descente en luge. La force d'impulsion grandit, grandit, et le destructeur n'a plus le pouvoir de s'arrêter”.
PS : Ne pas lire ce roman la veille de "La fête des voisins".
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greg320i
  14 août 2013
Monstrueux oui ! Voici un vrai livre d'horreur ici, j'en vous le certifie.
Oh pourtant sans démon impie , ni diablerie . Que nenni de morts ou massacre joli.
Noooon , c'est bien plus subtil , tranquille... Calmement , froidement , comme un poison lent , cela vous vrille la conscience, vous irrite le cerveau.
A grincer des dents et se prendre le mord dedans .
Qu'en est-il- alors ? Révélation :
La vrai torture messieurs-dames se veut mental ,Elle vous violente l'âme . Comme une lame le mal s'inscrit et se plait à vous bouleverser.
Si les larmes vont couler, ce n'est pas d'en avoir vu ou aperçu les armes. Non, c'est la senteur de votre propre peur ! Votre stupeur et candeur à la chose.
Et quelle chose ..
Choisissons un mot : L'ataraxie . Je vous le défini ( sa vous évitera Google..) c'est la paix intérieur . Avec cette histoire elle ne sera jamais là , ni pour vous , ni pour sa pauvre héroïne.
Et ce roman s'en prendra le malin plaisir de montrer et démontrer comment : Une femme se verra torturer, abattu dans ses croyances morale . Subissant milles petites attentions visant à la déstabiliser, sa vie rêvée en appartement prendra vite l'enfer quotidien par l'entremise d'une simple voisine machiavélique.
Un patron la licencie, un homme la déçoit, son choix est alors définitif, il faut r-é-a-g-i-r. La goutte d'eau qui fait déborder son vase de pandore.
Pourtant impassible , elle tentera le côté paisible et réfléchi :supplier son bourreau , tenter de comprendre l'impossible cruauté .
Evidemment l'approche des ténèbres n'est pas loin : Crak, CRAK , C-R-A-K ! Elle craque: Hystérie ou folie son choix est fait . ( joli spoil de mise ?,, non =) )
Et c'est refermant ici ce livre ,pur produit renversant , méritant le triangle rouge sur fond blanc que je m'étend . Sain et sauf d'avoir vécu et survécu à cette souffrance psychologique .
L'horreur n'a jamais était aussi belle quand elle est réelle .
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HORUSFONCK
  06 novembre 2016
J'ai lu ce thriller à l'atmosphère étouffante (comme l' exiguïté du logement de la malheureuse héroïne) et malsaine comme sa voisine.
La couverture de ce bouquin arborait la livrée rouge de la collection Red Label dirigée par François Guérif. Cela allait très bien à ce thriller aussi palpitant qu' hypnotique!
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   07 décembre 2015
Au cours d'une soirée, il y a toujours un moment, quelque part entre le 2ème et le 3ème martini,où l'on commence à se sentir bien, où l'on voit, autour de soi, tous les angles s'adoucir, où chaque tête que l'on voit apparaître est une bonne tête.

Page 93 - Rivages/noir
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namelessnameless   06 décembre 2015
A un moment ou à un autre, on se fait tous des idées, en croyant avoir manipulé la vie de quelqu'un d'autre. Un mirage de grandeur. Les gens prennent la voie pour laquelle ils étaient faits. Croyez-moi.

Page 106 - Rivages/noir
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rkhettaouirkhettaoui   07 avril 2018
Quand on est ligoté par l’espace, on fait ce qu’on peut. Le problème, c’est qu’elle était gâtée, après toutes ces années passées dans une maison pour elle toute seule. Des tas de gens n’ont rien de plus qu’une pièce pour y vivre, et ils y arrivent. Elle apprendrait à faire comme les autres locataires de clapiers modernes. Cela prendrait sûrement du temps. Il faut du temps pour tout. Elle avait essayé d’en faire trop et trop vite ; c’était sans doute pour cela qu’elle se sentait à présent écrasée par un sentiment de faillite. À partir de maintenant, elle se forcerait à ralentir, à prendre les choses comme elles viennent.
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rkhettaouirkhettaoui   07 avril 2018
Le visage en forme de cœur indiquait la jeunesse, mais pas au premier coup d’œil. L’arrangement faussement négligent des cheveux auburn indiquait l’argent, ou l’habileté à manier les ciseaux ; le costume pantalon indiquait l’argent, ou l’habileté à manier une machine à coudre ; le sac marron clair en bandoulière et les bottes brunes, qui avaient du style, trahissaient l’argent, sans aucun doute possible. Laquelle des nombreuses imperfections de la pièce ennuierait le plus une femme comme celle-là ? Les yeux calculateurs de l’homme fouillèrent la pièce comme elle l’avait fait, puis se posèrent à nouveau sur la femme.
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rkhettaouirkhettaoui   07 avril 2018
Tout le bla bla bla sur l’amour, c’est de la merde, et tout le bla bla bla sur la mort de l’amour, c’est de la merde entassée sur de la merde. Comment un chose qui n’a jamais existé peut-elle mourir ? La manière dont on se joue la comédie à nous-mêmes me fait dégueuler. On se vend comme des esclaves, et le pire dans tout ça, c’est qu’on est trop heureuse de le faire. Nous nous précipitons à notre perte les yeux fermés et des confettis dans les cheveux, et quand nous découvrons que c’est réellement notre perte que…
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