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ISBN : 2246351634
Éditeur : Grasset (18/04/2002)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 47 notes)
Résumé :

L'amour qui se plaît à unir les contraires, jette l'un vers l'attire Aline, la sage jeune fille, et Julien Damon, le coq du village. Mais chez Julien l'amour passe vite tandis que chez Aline, il grandit jusqu'à la passion, jusqu'au drame... Grâce à la vigoureuse magie d'une langue simple, d'un style abrupt mais d'une étrange puissance d'évocation, Ramuz s'affirme, dès ce roman de jeunesse, le peintre magistral des plus humbles registres du coeur.
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Hammerklavier
19 janvier 2014
(Attention spoil)
Une histoire qui commence simplement en petite romance et qui tourne à la tragédie. L'écriture est superbe, et Ramuz créé une véritable ambiance pastorale, de fleurs, d'insecte, d'arbre fruitier, et dans laquelle va se faufiler la mort. Oui car même si ils sont évoqué, on n'est pas là pour se faire bercer par le "cuicui" des oiseaux. Aline est un roman simple mais loin d'être niais. il est assez cruel.
Aline, qu'on découvre amoureuse, trouvera l'issue de sa vie pendue à la branche basse d'un pommier avec sa ceinture, après avoir assassiné l'enfant qu'elle venait de mettre au monde quelques mois plus tôt, enfant issue de cette brève relation avec Julien, un paysan voisins qui l'a laissé tomber par peur des "mauvaise langues". La mort s'installe tranquillement dans le village et vient se lover parmi les coquelicots, les abeilles et les vieux murs de pierres croulants.
"Et les langues se mettent a branler comme les clochettes des vaches quand le petit berger claque du fouet."
Sans s'appesantir sur la mesquinerie des autres villageois, Ramuz l'effleure par quelques dialogues, et ainsi la révèle en la décrivant simplement à la manière de cette nature dans laquelle vivent ces personnages. Ainsi va le monde. Une histoire cruelle mais aussi très belle et très touchante par cette façon dont l'auteur nous donne à observer dans les détails ce bout de campagne où Aline fut amoureuse.
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vincentf
22 novembre 2014
La tragédie ordinaire perce sous le poids des conventions. On ne fréquente pas, quand on est une pauvresse, le fils du syndic, on ne se donne pas à lui, on ne laisse pas venir l'enfant. Aline est trop tôt touchée par l'amour. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive. Elle se laisse envahir par son coeur et elle meurt d'avoir voulu vivre. Ramuz ne complique rien. Il laisse venir les mots de tous les jours, les paroles toutes faites des gens qui ne pensent que par habitude, la routine de l'air du temps. Aline est condamnée parce que les femmes et les pauvres sont toujours fautifs. Julien se marie en grandes pompes. C'est un homme riche. L'enfant, c'est la faute d'Aline. La vie est injuste mais c'est comme ça. A chacun ses malheurs.
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topocl
01 juillet 2014
Déjà, c'est une histoire lue cent fois.
Mais quoi de mieux que ces histoires lues cent fois, puisqu'elles furent vécues mille fois
Je ne raconte pas, car c'est beau de découvrir (méfiez vous donc du quatrième de couverture). Ca commence par Julien et Aline qui sont amoureux. Vous voyez comme c'est banal ? Vous voyez comme c'est beau ?
Et bien Ramuz nous raconte ça, on dirait qu'il parle en marchant, le bâton à la main, et qu'on chemine dans cette campagne, ce village, ces abris boisés. Au passage il nous montre les arbres, le ciel, les couleurs, les femmes au lavoir qui cancannent. On prend son temps, on fait même une pause à l'auberge, on s'assied sur un talus au bord du chemin. Et il raconte toujours, Ramuz. C'est beau et tendre. C'est gai puis triste . C'est d'une naïveté touchante, d'une beauté rude. le nature est belle, le cours des chose ne nous épargne pas, les filles sont en peine, c'est comme ça que va le monde, Dieu le justifie sans doute. Autant le raconter, tout est en nuances douces et âpres pour faire une belle histoire. C'est du Ramuz. C'est bien.
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dourvach
29 mars 2014
Quelle oeuvre merveilleuse par sa concision et la qualité de son chant ! Une oeuvre capable de défier le temps.
Emigré de Lausanne, installé à Paris depuis 1902, Ramuz fréquentait les milieux littéraires, dont le salon d'Edouard Rod : ce dernier l'aidera à publier son premier roman, "Aline", en 1905, aux éditions Perrin.
"Aline" fut le prototype de tous les "romans-poèmes" qui suivront : on peut apprécier cette dense et touchante "petite histoire" très linéaire (scindée en 17 courts chapitres) comme une tragédie des gens dits "ordinaires" (à l'instar de cette argile humaine des "romans durs" de Simenon).
C'était il y a 20 ans, et j'avais prêté ce livre à un couple d'amis : leur fille, alors âgée de 14 ans, l'avait lu d'une traite, et beaucoup aimé - à ma grande surprise... (Ainsi, le monde intérieur et le style de Ramuz n'étaient donc pas si "vieillots" ?)
Je me souviens aussi de ce petit mot émouvant reçu de Julien Gracq, à son sujet. Nous avions correspondu (brièvement) en l'espace de plusieurs années et je n'avais pas encore rencontré alors notre "dernier Romantique" dans son étonnante maison haute des bords de Loire : c'était quelques années avant sa propre disparition et je venais de découvrir l'oeuvre de Ramuz, comme toujours impatient de faire partager mes "Grandes Découvertes" à la terre entière... Monsieur Poirier me répondait avoir bien reçu l'exemplaire d' "Aline" (Cahiers Rouges, Grasset : gravure d'un chêne mort "friedrichien" illustrant la couverture) que je venais de lui adresser, m'en remerciait et disait ne pas connaître encore cette "oeuvre de jeunesse" du grand écrivain vaudois ; il semblait apprécier vraiment toute l'oeuvre de Ramuz qui (et je cite là ses mots) "n'avait pas son pareil pour peindre le destin en marche".
Il nous faut lire et relire, et surtout faire lire - à tous - "Aline" !
Et peut-être convaincre un artiste authentique (suisse ?) de l'adapter au cinéma : faire revivre pour nous tous ses mystères, son sens aigü du Tragique ("quotidien")...
Ce qu'a décrit Aristote dans sa "Poétique" : "mimesis" et "catharsis" aux forces conjuguées...
Tel l'Altantide, tout un monde ancien resurgit sous nos yeux (et dans nos coeurs) - et sa résurrection se trouve curieusement en mesure de "purger nos passions" : d'émouvoir son lecteur...
1905 : toujours si loin, si proche...
Lien : http://www.fleuvlitterature...
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gaelbourgeois
01 février 2015
Une remarquable approche et description de l'amour, de ses attentes, de sa complexité... le tout marié à une vision sociologique de nos anciens...
Il n'est pas si loin le temps où les préceptes moraux et religieux réglaient la vie quotidienne des gens... Cela s'est atténué, mais perdure de temps à autres...
Une autre époque, pourtant pas si lointaine...
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach20 octobre 2014
Aline et Julien écoutaient de loin la musique. Elle leur arrivait nette ou presque indistincte, selon que la brise hésitante la poussait jusqu'à eux ou la laissait retomber. Elle sortait de l'ombre et elle était triste. [...] Ils se turent. A la fin d'un air, la musique cessait ; elle reprenait presque aussitôt ; et, pendant les silences, on entendait des éclats de voix et de gros rires.
-- Ils ne s'ennuient pas, recommença Julien.
-- On est encore mieux ici.
-- Oui, seulement adieu la danse.
-- Ecoute, dit Aline, si on en dansait une ; on entend assez la musique.
-- Oh ! allons-y, si tu veux.
Elle dit :
-- Je n'osais pas te le demander.
-- Pourquoi pas ?
-- Comme ça.
-- Comme ça, dit-il, on sera du bal, nous aussi.
Ils dansèrent sous le grand poirier. Leurs haleines confondues leur échauffaient le visage. Aline fermait les yeux, la tête appuyée sur l'épaule de Julien ; leurs jambes se mêlaient. Parfois la musique faiblissait et ils piétinaient sur place ; quand elle recommençait, ils tournaient plus rapidement pour rattraper la mesure. Et toute la nuit tournait autour d'eux, avec le poirier, les collines, le bois, le ciel et les étoiles, comme dans une grande danse du monde.
Ils tournèrent ainsi longtemps. Mais Julien glissa sur l'herbe. Il se dit tout à coup que les autres dansaient sur un plancher avec de la lumière et de quoi boire, -- eux dans un pré mouillé, sous un arbre, comme des fous. Une espèce de colère lui entra dans le coeur.
-- J'en ai assez !
-- Déjà ?
-- Déjà ? il y a un bon quart d'heure qu'on tourne.
Ils se regardérent, ils se voyaient à peine. Des noyers noirs et compacts comme des blocs de rocher fermaient la prairie.
Aline dit :
-- Tu es fâché ?
-- Oh, dit-il, c'est la fatigue.
Elle soupira. L'orchestre commençait la dernière valse.
Le vrai amour ne dure pas longtemps.

C. F. RAMUZ, "Aline", 1905 [fin du chapitre VI]
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gaelbourgeoisgaelbourgeois01 février 2015
- Est-ce que je t'ai fait du chagrin ?
- Oh ! non.
- Alors, quoi ?
- C'est parce que je t'aime.
Mais l'idée de Julien était qu'on n'avait pas besoin de pleurer parce qu'on aime. On n'a qu'à se prendre et à s'embrasser. Les femmes n'ont pas le tête bien solide. Elles pleurent pour le bonheur, elles pleurent pour le malheur. Il voyait qu'Aline n'était pas faite comme lui.
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gaelbourgeoisgaelbourgeois01 février 2015
Et, chaque soir, au soleil couchant, quand venait l'heure elle se sentait un peu plus triste, revoyant le petit bois, le pré et le ruisseau où sont esprit s'en retournait, car l'esprit a la liberté et il est rapide, mais le corps est attaché et l'esprit se moque de lui. Elle enviait les hirondelles qui sont libres dans le ciel.
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crapahutevidacrapahutevida08 juin 2017
Elles étaient là rien que les deux. La cuisine avait quatre murs et sa petite fenêtre. Il faisait triste. Elles ne parlaient pas.

Et Aline pensait au petit qu’elle aurait. Elle se demandait : « Comment est-ce qu’il fera pour sortir ? Est-ce qu’on a mal ? Oh ! on doit avoir bien mal ! » Elle se rappelait des amies qui avaient eu des petits frères. Elles disaient :

— On nous avait mises dans la chambre d’en haut, mais on a bien entendu maman crier tout de même.
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crapahutevidacrapahutevida08 juin 2017
La toile était grossière, les petits des pauvres n’ont pas des draps fins. Aline cousait ; les doigts s’envolent, l’aiguille brille ; mais c’est un ouvrage qu’elle n’aimait pas faire ; elle le faisait parce qu’il le fallait. Et Henriette la surveillait, assise à côté d’elle et disant à tout moment :

— C’est pas comme ça. À quoi est-ce que ça sert de t’avoir appris ? Regarde-moi ça. C’est tout plissé, une misère !
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Videos de Charles Ferdinand Ramuz (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Ferdinand Ramuz
Lecture d'un extrait du roman poétique Passage du poète (1923) de Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947).
Après avoir apporté une nouvelle manière de vivre ensemble, une osmose entre l'homme et le monde, Besson, le vannier, quitte le lieu qu'il venait de rejoindre, et s'efface dans la nuit.
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