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ISBN : 2825100951
Éditeur : L'Age d'Homme (04/05/1990)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 12 notes)
Résumé :
"Passage du Poète" est peut-être le livre le plus ramuzien de Ramuz, le livre que Ramuz lui-même préférait à tout autre. Une manière d'ouverture à toute son oeuvre, en même temps que le point d'aboutissement de son style le plus caractéristique.
Le passage du poète se fait parmi les vignerons de Lavaux, ces vignes en cascade qui entourent Lausanne. La voix la plus forte est celle de Bovard, dont le monologue est passé à la postérité. Le travail de l'homme rej... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
djathi
  31 décembre 2017
Et la poésie Ramuzienne , si elle ne fait que passer , c'est un hymne à la vie , un chant qui prend sa source dans les racines de la terre et s'élève au plus haut des cieux ...Sans apparats , dans quelques moments de suspension du racloir où la conscience soudain s'éclaircit, comme un ciel lavé par un orage d'été , pur , lumineux et offert dans son rayonnement ...qu'on dirait presque surnaturel , vous savez , vous ressentez , et puis vous oubliez .
C'est dans les mains d'un vannier ambulant , homme de tous les temps et de tous les cieux , de passage le temps de la belle saison , sur ces terres en terrasse ,ces terrasses , écritures laborieuses de l'homme pour gagner son pain à la sueur de son front comme on dit si bien nous les chrétiens , c'est dans les mains artistes , dansantes sur les tiges souples de l'osier jaune , rouge et tout vivant , que la poésie ouvre l'écluse , et laisse déverser les pensées retenues , empêchées , rougissantes peut-être , ou juste parce qu'elles n'ont pas appris à éclore .
Alors oui l'homme du vent , souple et libre , venu de nulle part , ou de partout , éveille l'homme du tertre à sa condition , à sa liberté , à son inscription spatio-temporelle , à sa dignité et à un rêve fugitif d'ailleurs pour mieux sentir la terre sous ses pieds , à son identité , son unité au sein de son collectif sans lequel il n'est rien .
Ramuz et son parlé , son phrasé unique , rauque , du dedans des gens qui voient avec les yeux de l'agir , et nourris dans l'âme par la lecture de l'espace immense qui s'offre le temps d'une pause, entre deux coups de pioche , avec le haut et le bas , montagnes et lacs embrassés quelquefois dans une vibration allégorique surgie du fond des âges , trêve à peine ressentie mais renforçant l'homme du labeur , Ramuz l'inclassable , il est bon de le lire dans les mots propulsés , jaillis , poésie des sources vives , sonore , exultante comme une saignée médicinale , et on reprend tranquillement le petit chemin qui sent la violette ou le soufre , régénéré , oublieux à nouveau , parce que le labeur envahit , sainement . Ainsi va la vie . Chez Ramuz .
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topocl
  26 mai 2017
Passage du poète.- CF Ramuz
C'est, le temps d'une saison agricole, un vannier qui s'installe au village, témoin, scrutateur, confident, ami. Son oeil autre donne comme du sel à ce village vigneron accroché aux pentes de la montagne, en surplomb du lac. Au fil des siècles, les hommes ont construit des murs et des terrasses, pour permettre cette culture exigeante, à laquelle ils se livrent corps et âme.
Ramuz, suivant le rythme de la vigne et des mini-événements qui font la vie du village, compagnon des hommes et des femmes, avance à pas joliment pesants, solides, déterminés. Sa poésie interne, lourde du temps, du geste, du paysage et de la pensée, donne vie à ces hommes voués à une seule tâche, avec l'intuition qu'un autre monde est possible (et va sans doute l'emporter). Mais la conviction est là que le travail, la tradition, le geste répété de jour en jour et d'année en année leur confère, malgré la peine, une noblesse simple mais inégalée. le choix n'est pas réellement là, d'ailleurs:
"Parce qu'il nous a été dit dans les commencements du temps : « vous travaillerez… »",
"Et c'est comme ça que ça va".
Mais cette absence de choix qui ancre dans le monde et le paysage, est une assez belle façon d'écrire sa vie.
C'est beau, par moments à la limite de l'hermétique, souvent fluide comme un homme qui avance sur le chemin.
Beau comme du Ramuz, en somme.
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StephD
  30 août 2010
Avec le poète surgit la lumière ; un livre tout simplement lumineux !
Lien : http://laperluete.blogspot.c..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   27 septembre 2014
-- Je dis que c'est comme ça : l'honneur et l'amour. Et point d'argent du tout, s'il faut, parce qu'il resterait l'honneur, l'honneur et l'amour.
Raclant à grands coups pour le bien montrer, raclant, et c'est un travail d'homme une fois les pousses sorties, parce que si les femmes venaient elles risqueraient de les abîmer avec leurs jupes.
-- Nous qu'on est de la vieille espèce, de la bonne espèce, de la vieille bonne espèce, et on est quelques-uns encore de cette espèce, alors hardi !
Il racle.

C.-F. RAMUZ, Fête des Vignerons" (*), re-visitation par l'auteur de son "Passage du Poète", éditions Séquences (16140 Aigre), 1984 : fin chap. VII, p. 96.

(*) ouvrage incluant une "Après-lecture" de Jean-Louis Pierre, président de l'association "Les Amis de Ramuz
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dourvachdourvach   05 octobre 2014
Sa hotte a fait clair dans les vignes, le jour où il est venu.
Il avait dit qu'il s'appelait Besson ; il était vannier. L'affaire a été alors seulement qu'on était pas très sûr qu'il y aurait suffisamment d'ouvrage pour lui dans le pays, comme on lui a dit ; et les gens à qui il s'était adressé secouaient la tête :
" On ne croit pas. "

(C.-F. RAMUZ, "Passage du Poète", 1923, chapitre I -- incipit)
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OttoDidaktOttoDidakt   08 juin 2018
Ils disent des choses qu'ils n'auraient jamais osé, ni su dire, dans l'autre vie (c'est la fausse vie). Rien de ce qui nous importe n'y est dit, rien de ce qui est l'essentiel, rien de ce qui compte, rien de ce qu'on aime; et il y a partout entre nous les murs du secret non percés de portes, parce qu'on ose pas ; ils ont osé (...)
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StephDStephD   30 août 2010
Sa hotte fait clair dans les vignes, le jour où il est venu.
Il avait dit qu'il s'appelait Besson ; il était vannier.
[..]
Parce que tout à coup elle a été dans tout ce gris quelque chose qui éclairait, faisait une couleur brillante et cette couleur venait comme quand un peu de brouillard se promène, très lentement poussé vers vous.
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OttoDidaktOttoDidakt   07 juin 2018
On voit à travers les carreaux le brouillard qui n'est pas encore levé sur le lac : alors l'eau semble sans limites, avec toute une terre qui viendrait d'en sortir comme au commencement du monde, à cause des taches qu'il y a dessus, qui font des fleuves, des lagunes, des estuaires, des presqu'îles.
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Videos de Charles Ferdinand Ramuz (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Ferdinand Ramuz
Relecture : Charles-Ferdinand Ramuz (1978 / France Culture).
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