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Critiques sur La bête aveugle (11)
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YvesParis
  28 novembre 2012
"La bête aveugle" est un film de 1969. Mais c'est au départ un court roman écrit en 1931 par le père du polar japonais Edogawa Ranpo.
J'avais vu le film en 2005 à l'occasion de sa reprise et ai déniché le roman chez un bouquiniste.
S'ils partent d'une trame commune (un aveugle séquestre une jeune femme), le film et le livre prennent des orientations très différentes.
Le film, qui annonce "L'empire des sens" de Mishima, baigne dans une atmosphère très seventies d'érotisme sadomasochiste. le réalisateur s'intéresse à la relation qui se noue entre l'aveugle et son otage. Il crée de toutes pièces le personnage de la mère, absente du livre, pour ajouter une dimension oedipienne à la relation des deux protagonistes.
Le livre ne pose pas les mêmes questions. Il s'intéresse à la place de la vue et du toucher dans nos sens. L'aveugle du roman entend réaliser une sculpture qui ne se regarde pas mais qui se touche. Pour y parvenir, il ne séduira pas seulement une femme - sur laquelle le film se concentre - mais plusieurs, transformant le roman en succesion de courtes saynètes un peu répétitives. le roman se conclut - à la différence du film - par la présentation de cette réalisation monstrueuse dans un musée.
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Ellane92
  22 novembre 2013
Mizuki Ranko est une artiste de music-hall japonaise, dont l'objectif dans la vie est d'être la plus connue et la plus reconnue possible. C'est pour ça qu'au matin où commence le livre, elle se rend au musée, dans lequel est exposé une statue pour laquelle elle a servi de modèle. Arrivée sur place, elle a la désagréable expérience de voir un homme aveugle, très laid et avec d'épaisses lunettes de soleil en train de prendre un grand plaisir à explorer de ses deux mains le corps de ladite statue. Peu de temps après, son masseur habituel soi-disant malade est remplacé par un homme, très laid, à épaisses lunettes de soleil, qui semble prendre plaisir à la tripoter. Bien sûr, il est aveugle et il s'agit du même homme que celui du musée. Quelques jours plus tard, par ruse, Mizuki devient la prisonnière très spéciale de cet aveugle encore plus spécial qui, après quelques semaines de découvertes sensuelles, finit par se lasser de la belle danseuse…

Pour ma première incursion dans la littérature japonaise, j'avoue avoir été dépaysée, et pas qu'un peu !!
Déjà, le style est très particulier (quant à savoir s'il s'agit de la façon d'écrire de l'auteur ou si c'est dû à la traduction…) : le récit est raconté au présent de l'indicatif, avec des tournures de phrases un peu vieillottes (ça faisait longtemps que je n'avais pas vu d'imparfait du subjonctif dans un récit !). Les phrases sont courtes, simples et nettes, sans bavure, et elles privilégient l'action. L'écoulement du temps est lui aussi particulier : on passe beaucoup de temps sur les quelques semaines de l'histoire concernant Mizuki (à vue de nez, pas loin de la moitié du livre), alors que la seconde moitié du livre se déroule sur plusieurs années ! Il n'y a pas de chapitres pour rythmer les 150 pages du livres : ce sont les sauts de ligne qui permettent de passer au récit d'un autre personnage ou de faire passer le temps.
L'histoire elle aussi m'a étonnée. Il s'agit au final d'un roman qui décrit l'histoire d'un aveugle aisé qui aime à toucher les corps des « belles femmes », puis, s'en lassant, les tue et les découpe en morceaux, morceaux dont il se débarrasse de façon créative et voyante, avant de les immortaliser par des sculptures dans une pièce réservée à cet effet dans son sous-sol.
Il y a un gros décalage entre le côté sordide de l'histoire et la façon dont elle est racontée : l'auteur nous prend à témoin, et on a l'impression qu'il nous file un coup de coude complice en décrivant les actes les plus horribles de découpage et mise en scène des corps dans la mort. C'est tellement décalé que le récit n'est pas dépourvu d'un certain humour et qu'on se surprend à rire des scènes les plus morbides.
Finalement, ce qui m'a le plus gênée dans ce court ouvrage, ce que j'ai trouvé le plus malsain, c'est la pseudo-justification esthétique que l'auteur associe aux actes de son héros, une sorte de questionnement sur : quel pourrait être l'art quand on est aveugle, en termes de rendu tactile ? L'art que l'on voit et celui que l'on touche sont-ils les mêmes ? N'y a-t-il pas une sorte d'autojustification aux actes quand on crée du « beau » ?
Enfin, j'ai eu l'impression qu'il y avait une sorte de « private joke » que nous faisait l'auteur au travers de cette histoire, quelque chose de l'ordre de : « quel est celui qui voit le moins entre l'aveugle qui fait ce qu'il veut et ceux qui voient mais pour qui l'aveugle est, finalement, invisible ».
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Rusen
  12 janvier 2016
Edogawa Ranpo est un écrivain japonais né en 1894 et décédé en 1965 à qui on doit de nombreux romans policiers, la plupart mettant en scène le détective Akechi Kogoro. Pour l'anecdote, Edogawa Ranpo est en fait un pseudonyme et correspond à la prononciation en phonétique japonaise d'Edgar Allan Poe !

Ce récit, sorti en 1931 et adapté au cinéma en 1969 par Yasuzō Masumura, met en scène un masseur aveugle perpétrant d'ignobles crimes sur des femmes. En résulte un roman macabre et complètement halluciné, naviguant entre humour très noir et grotesque revendiqué.
Une véritable petite curiosité tout à fait recommandable !
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MarianneL
  09 août 2015
Les cauchemars macabres d'un esthète monstrueux.

Visitant le musée du parc d'Ueno, Mizuki Ranko, reine des variétés de Tokyo, surprend un aveugle aux lunettes noires qui caresse longuement une sculpture de marbre qui la représente, de façon si insistante et répugnante qu'elle ressent la brûlure de ces caresses jusque dans sa chair.

«Il y avait quelque chose de troublant à vous donner le frisson que de voir un homme, ne disposant que du toucher, admirer la statue nue de la femme qu'il aime. Ses cinq doigts, menaçants comme les pattes d'une araignée, rampaient à la surface du marbre poli. L'homme s'attarda longtemps sur les lèvres semblables à des pétales de fleur. Puis les paumes caressèrent le reste du corps, la poitrine… le ventre… les cuisses…»

Quelques jours plus tard, un aveugle aux doigts arachnéens remplace son masseur habituel, et le contact de ses mains laisse à Mizuki Ranko une sensation visqueuse durable et terriblement déplaisante.

Attirée implacablement dans un guet-apens, elle se retrouve séquestrée dans un lieu obscur, atroce et indescriptible, sous l'emprise de ce psychopathe fasciné par les corps féminins, piégée comme une souris à la merci d'un chat monstrueux.

«Elle venait de parcourir quelques mètres lorsque l'obscurité se fit soudain plus épaisse en même temps qu'elle ressentait un imperceptible souffle d'air. En se retournant, elle constata que le miroir était revenu à sa place et qu'il n'y avait maintenant plus trace de lumière.
Ranko frissonna. Une immense solitude l'envahit, elle se sentit abandonnée de tous et se demanda si elle reverrait un jour le monde des vivants.»

«Point d'inspecteurs, ni de détectives dans cette histoire», «La bête aveugle» n'est pas une enquête policière, contrairement aux célèbres romans de l'auteur tels que «Le lézard noir» ou «Inju : La bête dans l'ombre».
À l'opposé des êtres aux corps difformes du «Démon de l'île solitaire», le héros pervers et psychopathe de «La bête aveugle», esthète de l'horreur, est obsédé par les corps féminins aux formes parfaites.

Publiée initialement en 1931, portée à l'écran en 1969 par Yasuzô Masumura, et traduite en français par Rose-Marie Makino-Fayolle pour les éditions Philippe Picquier en 1992, l'histoire dérangeante de ce monstre qui attire et s'empare des femmes comme des proies, passant des pulsions sexuelles à la cruauté nue dans un irrépressible et extrême mouvement d'attraction - répulsion, semble réunir les obsessions majeures d'Edogawa Ranpo en un un récit macabre, érotique, aussi dérangeant qu'inoubliable.

Une soirée sera consacrée à l'oeuvre d'Edogawa Ranpo à la librairie Charybde le 17 septembre 2015, à l'occasion de la parution du «Démon de l'île solitaire» aux éditions Wombat, en présence de sa traductrice Miyako Slocombe et de Stéphane du Mesnildot, écrivain, critique aux Cahiers du cinéma et spécialiste d'Edogawa Ranpo.

Retrouvez cette note de lecture et toutes celles de Charybde 2 et 7 sur leur blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2015/08/09/note-de-lecture-la-bete-aveugle-edogawa-ranpo/
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selena_974
  13 février 2012
Je ne connaissais pas les éditions Philippe Picquier, qui pourtant ont un très beau catalogue de littérature japonaise. Je ne connaissais pas non plus Edogawa Ranpo, considéré comme le fondateur du roman policier au Japon. C'est donc avec beaucoup de surprises et de curiosité que je me suis lancée dans cette lecture de la Bête aveugle, sans trop savoir à quoi m'attendre, étant donné que je ne suis habituée ni aux romans policiers, ni à la littérature japonaise.

Nous faisons la connaissance de Mizuki Ranko, une jeune chanteuse célèbre, qui a posé plusieurs jours durant pour un sculpteur. La statue la représentant est exposée dans un musée, et Ranko aime aller l'admirer. Cependant, dès les premières pages, elle croise un curieux personnage, aveugle, qui la met réellement mal à l'aise. Elle surprend en effet cet homme d'une trentaine d'année caressant sa statue du bout des doigts, de manière particulièrement malsaine. A partir de ce moment, les événements s'enchaînent et elle va croiser cet homme à plusieurs reprises, avant d'être kidnappée et enfermée dans une salle obscure et étrange par ce pervers aveugle, obsédé par le toucher du corps de la femme. Et Ranko ne sera que la première...

On peut penser qu'il est facile d'imaginer ce que Ranko et les autres victimes de cette "Bête aveugle" vont endurer tout au long de l'histoire. Mais il n'en est rien, on va se surprise en surprise, de dégoût en incompréhension. L'ambiance générale du livre est réellement malsaine, pesante et glauque du premier au dernier mot. Cependant l'auteur nous relate les faits de telle manière qu'il m'est arrivé à plusieurs reprises de rigoler (un rire très nerveux, je précise...). La lecture est facile, et je reconnais là un grand talent à l'auteur, qui parvient à nous accrocher et à retenir notre intérêt tout au long de l'histoire. Cependant je suis bien incapable de vous dire si j'ai aimé ce roman ou pas... J'en lirai peut être un second du même auteur pour me faire une opinion plus prononcée. Pour l'instant il s'agit simplement d'une expérience littéraire intéressante.
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pit31
  31 janvier 2019
Un masseur aveugle, qui a pour obsession de la perfection du corps féminins, amène ses victimes à ses fins.
Roman très amenés mais qui se termine pas comme on pouvait l'imaginer.
Ne connaissant pas cet écrivain, j'ai apprécié son écriture et sa façon d'amener son point de vue sur ce sujet.
Il se lit très facilement
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matane85
  14 février 2014
« Dégoûtant » est le premier mot qui me vient à l'esprit quand je pense à ce roman. Ce n'est pas un policier avec des inspecteurs, une chasse à l'homme, une arrestation... C'est plutôt une biographie fictive (j'espère) d'un morceau de vie d'un psychopathe.

Le livre commence avec la première victime et notre futur tueur qui n'est encore qu'un simple harceleur. Plus le temps passe plus notre homme tombe dans les bas-fond de sa noirceur.

Je ne savais pas que le livre avait été en 1931, ce qui fait que pendant ma lecture je me suis énervé contre l'incompétence pitoyable des forces de l'ordre. Mais en fait, sans la technologie d'aujourd'hui, on comprend mieux comment un aveugle peut échapper à la police.

La méthode du tueur est simple, il gagne la confiance de ses proies grâce à son handicap et son métier de masseur. Les femmes sont très facilement capturée et ne se défendent vraiment pas beaucoup. C'était à la fois atroce de ressentir leurs faiblesses, leurs crédulités et si vrai que s'en était troublant.

J'ai aimé le fait qu'on déteste profondément cet être dégoûtant. Il est exactement comme décrit ; comme un insecte qui ballade ses sales pattes. J'avais envie de l'écraser. le meurtrier tue de plus en plus et devient de plus en plus violent. Il passe plusieurs mois avec la première victime et se « contente » de démembrer les dernières.

La conclusion du livre est décevante. Notre tueur laisse derrière lui, une oeuvre d'art venant de son expérience avec ses femmes. Un long discours sur la beauté du touché conclut le livre tout comme on a pu en lire dans toute l'histoire.

En bref : un livre assez dérangeant, que j'ai trouvé un peu long. L'histoire reste pour sûr dans mon esprit. Je n'ai pas vraiment apprécié mais je ne peux pas qualifié ce livre de mauvais. Peut-être pas mon genre ?
Lien : http://under-books-spell.e-m..
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nounours36
  01 mars 2014
Le roman semble à première vue un polar, (kidnapping et meurtre) mais on n'y trouve ni enquête, ni policier. Tout le récit nous conte la vie de ce meurtrier aveugle. le narrateur est soit une beauté éphémère soit un aveugle abjecte. le récit se mélange entre des célébrations de la beauté puis des scènes dérangeante à la limite de l'écoeurement. Il me semble me trouver dans une sorte de récit d'un style surréaliste.

L'écrivain nous fournit une intrigue efficace, le lecteur en est déstabilisé, car il nous faut faire travailler notre imagination pour suivre ou se mettre à la place de cet aveugle psychopathe. La plus grande partie nous conte l'histoire de Ranko, puis ensuite le rythme s'accélère avec Mme Pearl. On retrouve tout au long de ces pages un humour macabre mélangé à des plaisirs sensuels. le tout pour finalement aboutir à un chef d'oeuvre tactile qui célèbre la beauté, mais dont cette esthétique ne peut-être perçue que par les aveugles.

La lecture m'a fait pensé à un autre roman qui met en avant un sens : "Le Parfum" de Patrick Süskin.
Lien : http://nounours36.wordpress...
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polarjazz
  07 septembre 2016
Ce petit roman d'environ 150 pages porte bien son titre : "La bête aveugle". L'action se déroule à Tokyo. La bête est un homme laid et aveugle et exerçant le métier de masseur. Sa première victime est une danseuse de music-hall qu'il séquestre dans une pièce souterraine qu'il a aménagé de formes humaines (seins, fesses, cuisses, langues...) C'est un environnement plutôt sordide qui ressemble à l'esprit dérangé de son tortionnaire. le jeu entre les victimes et leur bourreau est entre le rejet et la fascination.
J'aurais aimé un peu plus de psychologie. Mais en si peu de pages, ce n'est pas possible. Et je pense que ce n'était pas l'objectif initial du romancier.
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kevindio
  20 janvier 2018
Un roman incroyable, dans tous les sens de ce mot. Une bête aveugle que l'on a du mal à imaginer pour une histoire extraordinaire qui choque, surprend, mais, étonnemment, qui m'a procuré un plaisir certain…
Lien : https://comaujapon.wordpress..
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