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ISBN : 2315003792
Éditeur : Max Milo (10/01/2013)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 139 notes)
Résumé :
« Céline est privée de nourriture, battue des années durant, enfermée. Elle craint chaque week-end pour sa vie, travaille, travaille encore, pour briller et jouer les pianistes prodiges en gardant le secret sur l'horreur de sa vie familiale. Et autour d'elle, un silence assourdissant. Comment suspecter l'horreur de la servitude sous les atours de l'excellence ? L'exigence absolue de la perfection qui devient justification de tous les excès et de tous les abus et qui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
carre
  24 février 2013
Avec « la démesure», Céline Raphael livre un témoignage courageux sur la maltraitance, de sa plus tendre enfance jusqu'à ce que la parole de Céline se libère auprès d'une infirmière scolaire à l‘adolescence. Pendant plus de dix ans, elle a subit coups, tortures mentales, humiliations par un père (cadre supérieur) qui avait choisit dans faire une pianiste de renom. Sous le regard et le silence coupable de sa mère. Céline Raphael mets enfin ces mots sur l'enfer subit, sur une enfance confisquée.
Pourtant le récit en tant que tel, suscite rarement l'émotion. Comme si l'auteur voulait se protéger et chose plus complexe protéger ces bourreaux (car pour moi, le silence maternel me semble aussi coupable que les souffrances infligées par le père). Elle montre la perversité qui s'empare de ces démons intérieurs (est-il possible de renouer le moindre lien avec ces parents ?) Mais ne nous trompons pas, il faut un grand courage et un énorme travail sur soi, pour mettre des mots sur l'insupportable. Et si le livre permettait ne serait-ce qu'à un enfant de se délivrer d'un tel fardeau, le livre de Céline Raphael est inestimable.
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Aela
  10 mars 2013
Un livre vraiment "dérangeant" mais courageux. C'est le témoignage d'une femme médecin, Céline Raphaël, qui a subi de graves maltraitances de la part de son père et qui maintenant, après avoir témoigné, milite pour un engagement politique en faveur de la protection de l'enfance et une meilleure formation des professionnels de santé au repérage de la maltraitance.
Au départ Céline est une enfant comme les autres; Son père a un poste de cadre supérieur et de directeur d'usine;
Elle a une petite soeur qui, elle, va avoir une enfance "normale".
Malheureusement pour elle, Céline a un don: le piano.
Son père a une oreille fine et décèle dès le plus jeune âge de sa fille, ses capacités de musicienne.
Dès lors, il va lui faire mener un parcours de combattant, un parcours inhumain, allant jusqu'à lui infliger des séances de travail de 3 heures par jour dès l'âge de 4 ans!!
Un rythme inhumain pour une petite fille de cet âge, qu'il va transformer peu à peu, en "bête de concours";
Les auditions s'enchaînent, les concours se multiplient.
Le père de Céline lui inflige des mauvais traitements moraux (insultes, dévalorisations..) mais aussi physiques (coups de ceinture, privation de nourriture...)
Céline a un grand talent mais elle souffre cruellement dans sa chair d'enfant maltraitée.
Il faudra du temps pour qu'elle arrive à "tirer les sonnettes d'alarme"..
On ne peut que déplorer l'attitude très "en retrait" de la mère qui refuse de voir les mauvais traitements subis par sa propre fille....
Un récit bouleversant qui montre encore une fois que la maltraitance a lieu à toutes les époques et dans tous les milieux.
Un récit très courageux,
comme l'écrivait la critique du journal "Le Monde":
"C'est un parcours hors-norme, qu'elle raconte pour lever le tabou de l'enfance maltraitée."
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VanilleBL
  12 octobre 2015
"Céline est privée de nourriture, battue des années durant, enfermée. Elle craint chaque week-end pour sa vie, travaille, travaille encore, pour briller et jouer les pianistes prodiges en gardant le secret sur l'horreur de sa vie familiale et, autour d'elle, un silence assourdissant.
Comment suspecter l'horreur de la servitude sous les atours de l'excellence ? L'exigence absolue de la perfection qui devient justification de tous les excès et de tous les abus et qui mystifie l'entourage d'autant plus facilement que cette esclave n'est pas affectée à une tâche de souillon mais à une production artistique réservée aux élites ?"
Alors qu'il est synonyme d'harmonie, de légèreté, de beauté et qu'il ne devrait jamais être que cela, le piano n'a pas été pour Céline Raphaël un instrument de musique mais un instrument de torture. de l'âge de 3 ans jusqu'à 14 ans, elle a dû rester enchaînée à son piano, soumise à un père qui voulait à tout prix faire d'elle un prodige. À tout prix, y compris à coups de ceinture, de privations et d'humiliations.
En lisant son récit, on peine à imaginer non pas que tout est vrai mais que cela a pu se passer aussi longtemps dans l'indifférence générale. On peine à comprendre comment Céline a pu endurer tout cela et survivre. Et renaître. Et réaliser son rêve – devenir médecin pour soigner les autres. On peine à croire que personne n'a jamais rien vu, deviné, soupçonné. Que personne n'a jamais rien dit.
Lorsqu'à deux ans et demi, Céline se voit offrir un piano, on ne peut que se dire que, même si elle est sans doute encore un peu jeune, c'est un cadeau magnifique et que, dès que ses petits doigts auront un peu grandi, elle pourra jouer de cet instrument. D'ailleurs, le piano n'est-il pas installé dans la salle de jeux ?
Sauf que le rêve de musique va rapidement tourner au cauchemar. À 2 ans et demi, les premières notes. Et à 5 ans, les premiers coups. "Bientôt je ne serai plus rien. Cassée. Je vais peu à peu devenir un être incapable d'exprimer la moindre opinion, incapable de dire non, de dire stop, de dénoncer. J'étais à 2 ans une explosion de curiosité, et quelques années plus tard je serai uniquement focalisée sur ma survie. Les touches d'ivoire, rigides, et la noirceur de mon piano allaient devenir mon seul horizon."
Paradoxalement, le fait qu'elle soit douée ne va faire qu'empirer les choses et augmenter le niveau d'exigence de son père. Leur déménagement en Allemagne révèle chez lui une véritable obsession pour la perfection qui va se traduire par le recours aux châtiments corporels et psychologiques. Les premiers coups meurtrissent non seulement la peau mais aussi l'esprit de la petite fille de 5 ans : "je venais de perdre mon père et l'amour de mon père. Je découvrais progressivement la peur de l'après et prenais conscience à cet instant-là qu'à tout moment je pouvais mourir. Mourir d'angoisse, mourir de douleur, mourir sous les coups."
À partir de là, son quotidien ne sera plus jamais marqué – dans tous les sens du terme – que par la peur et la souffrance. Pourtant, elle obtient le premier prix d'un concours national à 8 ans, pose en petit prodige de la musique dans le journal La Montagne… et travaille jusque tard dans la nuit Chopin et Mozart. Les jours de concours, son père se montre prévenant, attentionné, fier. Mais dès le lendemain, les sessions interminables au piano, les coups et les humiliations reprennent. Rien n'est jamais assez et la petite fille est privée de nourriture, enfermée dans la cave, ses cheveux sont régulièrement rasés, les quelques objets qu'elle possède sont méthodiquement détruits. Pour la soumettre et briser définitivement toute résistance. "Je t'aurai. T'en crèveras, mais je t'aurai !" lui lance-t-il un jour.
La mère laisse faire, impuissante, tétanisée, totalement sous l'emprise de son mari. le silence est tout aussi assourdissant et l'indifférence tout aussi grande dans l'entourage : médecin de famille, professeurs de piano, enseignants, personne ne semble rien remarquer ni de la maigreur squelettique de Céline ni de ses absences à répétition. Bien au contraire, certains enseignants lui reprochent son absentéisme et lorsqu'un coup plus violent que les autres l'a fait tomber de son tabouret et provoque un oedème du genou, les médecins parlent d'automutilation, de syndrome de Münchhausen mais aucun n'envisage un seul instant la maltraitance. Parce que les préjugés ont la vie dure et qu'il est impensable pour la plupart des gens, médecins compris, que "de telles choses" aient lieu dans une famille aisée et bourgeoise – les "Cosette", c'est bien connu, n'existent que dans les familles pauvres et défavorisées…
Il faudra toute l'attention, la patience et l'obstination d'une infirmière scolaire pour que le destin de Céline bascule enfin. Pour que quelqu'un réagisse enfin à ses 45 heures de piano hebdomadaires et à ses 38 kg. "Je dois la vie à cette femme. Très vite, je ne pouvais plus me passer de nos rendez-vous. Grâce à elle, j'avais un sentiment d'invincibilité. Elle était comme une force magique qui m'empêchait de mourir quand je rentrais chez moi, le week-end." L'infirmière va peu à peu apprivoiser la jeune fille de 14 ans, l'écouter, l'amener à se confier puis à faire des constats de coups et, enfin, un signalement à la police. Céline est alors retirée à sa famille, placée sous X, d'abord en hôpital puis dans une famille d'accueil, puis dans un foyer pour… jeunes délinquantes ! le parcours est ubuesque et les lieux totalement inappropriés – comme si aucune solution n'existait. Obligée de se lever à 4h30 pour aller au lycée, elle finit par choisir de retourner chez ses parents, le temps d'obtenir une bourse et donc son indépendance, pour elle et pour sa soeur Marie. Forte du statut de victime qui lui a été reconnu et de la phrase lapidaire de la procureure qui a qualifié son père de "minable", Céline a gagné en confiance. Elle est prête à tout pour réaliser son rêve de devenir médecin, y compris revenir auprès de celui qui lui a fait tant de mal et qui n'aura finalement été condamné qu'à deux ans de prison avec sursis, dix-huit mois de mise à l'épreuve avec injonction de soins, ce qui paraît dérisoire au regard de ce qu'il a fait subir à sa fille
Elle aurait pu en mourir. Elle aurait pu être brisée à jamais. Non seulement elle a survécu mais en plus elle a accompli ce qu'elle souhaitait : devenir médecin pour soigner les autres et militer pour un engagement politique en faveur de la protection de l'enfance. À cet égard, son livre est d'ors et déjà une remarquable contribution. Loin de tout pathos, le récit, fort, dérangeant, âpre, est à l'image de son titre : sobre, précis, pudique. Il montre que la maltraitance n'a pas de milieu de prédilection. Il invite à oser ouvrir les yeux et briser la loi du silence. Il permet de rappeler que deux enfants par jour meurent en France des suites de maltraitance et que "dans la plupart des cas, on aurait pu agir et on ne l'a pas fait". Il engage les professionnels de santé et les personnels scolaires à se former, à s'interroger, à se renseigner et à agir.
De cette enfance fracassée, Céline a conservé un corps émacié et sans doute beaucoup de fêlures intérieures que l'on devine malgré son éblouissant sourire et ses yeux pétillants. Mais elle a survécu. Mieux que cela, elle s'est épanouie, elle a tracé son propre chemin, elle a réinventé sa vie. Et elle a redécouvert la musique et son véritable pouvoir en jouant dans un service de soins palliatifs : "ce jour-là, j'ai compris ce qu'était vraiment la musique. J'ai compris que j'avais le don d'apaiser les souffrances l'espace d'un morceau. J'ai compris que ce piano qui m'avait fait tant souffrir pouvait donner un peu de bonheur aux autres. (…) Aujourd'hui, ma vie est belle. Je fais un métier que j'aime profondément, je vis avec un conjoint que j'aime passionnément et je profite des petites richesses que chaque jour peut m'offrir. Plutôt que de nier mon passé, j'ai choisi de m'en servir pour que les choses évoluent, pour les autres."
Lien : http://paroles-et-musique.co..
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infini
  11 décembre 2013
"J 'espère que ce livre aura fait comprendre que le mal n'est pas toujours criant ou manifeste pour des regards étrangers ; Souvent les bourreaux paraissent respectables et les victimes se taisent ; à présent ,vous saurez mieux entendre la petite voix qui appelle au secours , la petite musique de la souffrance cachée "
Une phrase du livre autobiographique de Céline Raphael ...qui résume le livre
Un livre courage , poignant...
Ou l'on voit que les choses se répètent de génération en génération..
J ' ai été battu...Je te battrai mais je le nierai ...
Je mets 5 étoiles, pour le courage d'avoir écrit son histoire.
Je recommande ce livre...
l 'enfant en moi ,a trouvé céline ...
l'harcélement moral et physique sur une enfance laisser des cicatrices à vie..
un roman biographique à lire, Pour que les adultes ouvrent les yeux , voient la détresse dans les regards, entend les appel de détresse ...Que l'entourage ne pense pas qu'un enfant qui développe des tocs ,des insomnies soient juste un enfant"chiant ,pénible" mais plutôt qu'il cherche la source
"parler suppose une écoute.Et l'ecoute suppose une rencontre ....
Car en chacun de nous,jusqu ' a notre mort ,l'enfant que nous avons été restera en nous ....
déchirant, injuste , térrible ....DUR ...Mais si réel
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Soleney
  09 mars 2013
Céline Raphaël nous raconte son enfance, incroyablement dure, sous la coupe d'un homme sévère et brutal : son père. Ou plutôt, son absence d'enfance. Très tôt, dès l'âge de deux ans et demi, elle est contrainte de jouer du piano après l'école : « À la maison, mon père m'astreint d'abord à trente minutes par jour puis, rapidement, à une heure de piano. Malgré de fréquentes oppositions de ma part car j'ai du mal, à trois ans, à me concentrer si longtemps, j'aime l'attention qu'il me porte pendant ces cours particuliers. »
Plus elle grandit, plus il se montre dur avec elle, reproduisait involontairement le schéma familial (son propre père le battait et le poussait toujours plus pour qu'il réussisse ses études). Les sanctions, démesurées et injustes, forcent la petite fille à jouer sans cesse, à se laisser battre à chaque fausse note, à se priver de repas pour ne pas perdre de temps, à être traitée pire qu'un chien, une bête de concours. Car des concours, elle en passe ! Des mois de pression insoutenable, de privations, de coups pour quelques minutes de plaisir pour le public.
Au nom de la réussite, son bonheur sera sacrifié par la personne qui aurait dû, plus que tout autre, la protéger.
Courageusement, Céline accepte ces souffrances et garde tout pour elle pour épargner sa mère et sa soeur, qui ne savent pas grand-chose de ses traitements. Tous les jours d'école, elle redoute la fin des classes. Les week-ends l'angoissent terriblement, car elle est entièrement livrée à son père pendant deux jours. Elle a tellement peur qu'elle craint de mourir sous ses coups.
Et personne ne sait rien. Ou plutôt : personne ne veut rien savoir. Céline lance des messages, sortes de bouteilles à la mer, en traînant le plus possible après les cours, en discutant le plus longtemps possible avec ses professeurs. Mais aucun n'a la présence d'esprit de lui demander : « Est-ce que ça va Céline ? Tu n'as pas l'air contente de rentrer chez toi. »
Aurait-elle dû parler pour briser la glace ? Impossible. Comment parler en sachant qu'on risque de condamner l'unité de la famille ?
Elle adresse des messages secrets à son père en plongeant dans l'anorexie. « Si je maigris, c'est que je ne vais pas bien. Si je ne vais pas bien, c'est que tu me rends malheureuse. » Mais son père refuse de comprendre, et il faudra qu'elle passe par la case « hôpital » pour qu'il se rende compte du problème. Mais voilà, pour lui, cette anorexie n'est pas un message, c'est un obstacle à ses rêves de grandeur. Rien de plus. « Je me suis assise à ma place à table, tout en le surveillant du coin de l'oeil. Ma mère avait fait des spaghettis à la bolognaise, mais je ne mangeais plus de pâtes depuis un bon moment déjà.
Une fois servie, je contemplais mon assiette en me demandant comment j'allais pouvoir échapper à cela. Mon père m'observait. Tout d'un coup, il s'est levé et m'a attrapée par les cheveux. Après m'avoir renversé la tête en arrière, il essaya de m'enfoncer une fourchette de pâtes dans la bouche. Je tentais de résister en gardant mes lèvres bien serrées. Il m'a alors bloquée contre son torse en immobilisant mes bras et m'a bouché le nez. J'étais en apnée. »
Ce n'est qu'à l'âge de 14 ans qu'elle parvient à parler à une infirmière du lycée (Céline a sauté une classe), à lui montrer ses bleus, à raconter les sanctions qu'elle subit. En conséquence, elle devra affronter la machine judiciaire française, un monstre froid et sans pitié, pour échapper à la brutalité de son bourreau. Pendant plusieurs années, elle sera trimballée de foyers en familles d'accueil, avec interdiction de garder le moindre contact avec un membre de sa famille. Ce traitement est presque pire pour elle que tout ce qu'elle a subi jusque-là. « Mon lycée était très loin. J'étais obligée de me lever à 4h30 du matin de manière à être sortie du foyer à 5h. Impossible de prendre un petit déjeuner avant de partir : les cuisines étaient fermées. [...] J'arrivais à 21h pour trouver encore une fois les cuisines fermées. Outre la cantine du midi à laquelle j'étais inscrite, je ne mangeais plus que des pommes, faciles à transporter. Inutile de dire que cela n'arrangeait pas ma maigreur. » ; « Les filles du foyer me trouvaient cinglée de faire tous ces sacrifices. Elles avaient trouvé une autre solution plus "sympa". le matin, vers dix heures, lorsque les éducateurs faisaient le tour des chambres pour vérifier que tout le monde était bien parti à l'école ou en stage, elles se cachaient toutes dans les toilettes. Une fois le champ libre, elles choisissaient une chambre et y passaient toute la journée avec alcool, cigarette et cannabis à volonté. [...] Comme elles n'avaient pas à se lever le matin, elles écoutaient du rap, volume poussé au maximum, jusqu'à une ou deux heures du matin tout en fumant des joints et en se faisant des brushings. »
Ce livre m'a énormément touchée. Il raconte le combat d'une jeune fille pour vivre, sa lutte de chaque instant pour sortir de l'ombre de son père. Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander ce que moi j'aurais pu faire si j'avais été à sa place. Sûrement moins qu'elle.
L'histoire de Céline nous transporte d'une émotion à l'autre : on ressent sa peur quand vient le week-end, on est stupéfaits et incrédules de la violence des punitions, on est révoltés du laisser-faire de l'entourage, prêt à sacrifier une jeune fille pour sa tranquillité d'esprit. Et on se remet en question : si jamais je croisais un enfant dans cette situation, qu'est-ce que je ferais, ou ne ferais pas ?
La seule chose qui m'a permis de m'accrocher et de terminer ce livre, c'est la perspective, non pas d'un happy end, mais au moins d'une fin un peu améliorée. Si l'auteur a pu écrire sur son passé, c'est que ça va sûrement mieux, maintenant ?
Et en effet, la fin est beaucoup plus positive. Céline travaille sur elle pour pardonner à son père, sortir de l'anorexie, et surtout pour reprendre confiance en elle. Je ne pense pas qu'elle m'entendra, mais dans tous les cas, je lui souhaite de tout mon coeur d'y arriver. Autant qu'une autre, si ce n'est plus, elle a le droit de choisir sa vie et d'être heureuse.
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   24 février 2013
Aujourd'hui, j'ai renoué avec cet instrument*.
Pour moi. Parce que je me suis rendu compte qu'il a le pouvoir de rendre les gens heureux, le temps d'un morceau.Il a le pouvoir de faire oublier les souffrances, pour quelques instants.
*(le piano).
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BounychouetteBounychouette   20 octobre 2014
Introduction :
Un soir, peu après mon dixième anniversaire, alors que j'avais reçu de nombreux coups et que je n'avais pas eu le droit de dîner, mon père a décidé que je n'irai pas me coucher sans une dernière punition. Il m'a emmenée dans la cuisine et m'a fait asseoir à table. Il a ensuite pris une assiette et y a mélangé de l'omelette froide, un yaourt, du pain, de l'eau et de la salade.
"Tu ne sortiras de table que lorsque tu auras tout fini. Tout. Y compris la sauce."
J'ai alors osé me tourner vers lui, entre bravade et désespoir. Je lui ai demandé, en larmes, ce que je lui avais fait pour mériter de souffrir comme il me faisait souffrir. Même Haydn, notre berger allemand, était mieux traité que moi. Mon père m'a répondu froidement, en me regardant droit dans les yeux :
"Tu es pire qu'un chien."

Ces mots irrémédiables ont marqué ma chair jusqu'au sang. Je ne les oublierai jamais. J'ai beaucoup de mal à m'en défaire.
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BounychouetteBounychouette   11 octobre 2014
Livre simplement bouleversant. L'histoire du parcours si dure d'une enfant contrainte et forcée par son père à jouer du piano, en passant par les concerts, l'anorexie, ses envies de libertés, de suicide, ses moments de culpabilités, de renfermement, et surtout, sa famille n'osant réagir, son silence, et l'indifférence des autres. Ce livre m'a énormément touchée. Cette femme est forte, 14 ans de sa vie brutalisée, et humiliée ont finalement été accepter. Maintenant, elle a réalisé son rêve, est devenue médecin et sut renouer avec cet instrument, pour le bien qu'il procure aux gens, mais toujours pas pour son plaisir.
Ce livre est surtout très intuitif, sur la façon dont les enfants maltraités essaient de le montrer. Sur la loi du silence, qui, au fil du temps devient comme un mur.
Je vous conseille vivement ce livre.
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SoleneySoleney   09 mars 2013
Dès que nous sommes arrivés à la maison, il m'a jetée par terre sur le carrelage de l'entrée. J'étais sur le ventre. D'une main, il m'a maintenu la tête contre le sol, de l'autre, il m'a mis les deux mains dans le dos et a appuyé son genou contre mon dos. Il m'écrasait. J'étais à moitié consciente. Je savais que maman et Marie l'imploraient de me laisser tranquille, mais je ne réagissais plus. Au bout de quelques minutes, il me demanda si j'étais calmée et prête à travailler sérieusement. Sans attendre ma réponse, il m'a lâchée et nous sommes retournés dans la salle de jeu pour travailler.
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PramPram   22 avril 2014
" J'avais beaucoup de mal à gérer l'enfermement. Je faisais des crises d'angoisse violentes tant je me sentais seule et perdue. Aujourd'hui encore, j'ai des difficultés avec la contrainte de temps et d'espace à laquelle nous devons tous nous soumettre. "

"« Tu es pire qu’un chien. »
Ces mots irrémédiables ont marqué ma chair jusqu’au sang. Je ne les oublierai jamais. J’ai beaucoup de mal à m’en défaire."

" Pour la première fois de ma vie, je n'avais plus peur de mourir seule pendant le week-end. Pour la première fois de ma vie, je savais que si je n'étais pas au lycée le lundi matin, quelqu'un s'apercevrait de mon absence et appellerait les secours. "

" «[...]Je suis perplexe. Tu as attendu quatorze ans pour parler? Tu ne pouvais pas te rebeller avant si c'était si terrible que cela chez toi?»
Le ton était donné. Comme d'autres, elle ne me croyait pas et avait sans doute été séduite par les beaux discours de mon père. Mes parents étaient visiblement trop bien habillés pour avoir osé maltraiter leur fille. "

" Ces adultes ignorent le courage qu'il faut pour se libérer d'un asservissement, encore plus quand cet état est imposé par ceux-là mêmes qui doivent être des protecteurs. Pour l'enfant, en prendre conscience et le dénoncer nécessitent une maturité exceptionnelle ou une détresse extrême. "
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