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Critiques sur Par le vent pleuré (138)
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palamede
  06 octobre 2017
Pour Bill et Eugène, deux frères de Sylva, une petite ville des Appalaches, l'été 69 restera celui de tous les dangers.

Un été qui les a marqué à jamais par leur rencontre avec Ligeia, une fille adorable et manipulatrice qui leur à fait découvrir la liberté mais les a mis en compétition, gâchant ainsi une entente renforcée par la mort prématurée de leur père. Ligeia dont le corps réapparaît quarante ans plus tard, enfoui dans un talus de la rivière où les jeunes gens avaient leurs habitudes de pêche.

À l’époque de la découverte du corps, réalisant le voeu de son despotique grand-père, Bill est devenu un brillant chirurgien. Quand à Eugène, incapable d’oublier la jeune fille et doutant encore de son départ volontaire, il est un écrivain alcoolique à la dérive. L’événement, qui ramène les deux frères à leur passé d'adolescents, décide Eugène à exiger de Bill la vérité. Mais la seule véritable explication est que la jeune fille, symbole du mouvement hippie, a dérangé une société puritaine verrouillée sur ses convictions morales et religieuses et l'a payé de sa vie.

Un magnifique roman, inspiré d'un fait divers (" on n'a jamais rien trouvé contre les deux garçons, aucune trace de rien, l'enquête a été bouclée et la vie a continué ", a expliqué Ron Rash), qui nous emporte loin dans une réflexion sur l'expiation, la rivalité fraternelle, et le mouvement de contre-culture américain des années 60.
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marina53
  08 février 2018
La photo, en première page du journal local, faisait apparaître Ligeia pas tellement plus vieille qu'en 1969, l'année de sa disparition. Après quelques gorgées de whiskey, Eugene s'attarde plus longuement sur l'article faisant référence à la découverte macabre d'ossements humains aux abords de la Tuckaseegee, à Panther Creek. Cela faisait des années qu'il n'avait plus repenser à la jeune et insouciante Ligeia...
Été 1969. À Sylva, petite ville tranquille des Appalaches, Eugene et son aîné, Bill, passent une grande partie de leur journée au bord de la rivière, les cannes à pêche installées sur les rochers. Torse nu, ils aiment nager dans le bief d'aval du bassin, gardant un oeil sur les cannes. Un beau jour, ils remarquent une jeune fille se baignant dans le bassin. Une longue chevelure rousse, des yeux bleu-vert, il n'en faut pas plus aux jeunes garçons pour l'accoster. Ils ne savent pas encore que cette sirène va bouleverser leurs vies...


C'est au cours de cet été de 1969 que le destin des deux frères Matney va prendre un virage inattendu. Épris, presque envoutés par cette plantureuse sirène, Bill et Eugene, vont peu à peu se lier d'amitié avec elle. Elle qui, délurée, libérée sexuellement et éprise de liberté va les initier à des jeux jusqu'ici interdits. Ce ne sera que quelques décennies plus tard, alors que les deux frères mènent des vies opposées, qu'Eugene va reconnaître en la femme sur la première page du journal, Ligeia. Que lui est-il arrivé cet été-là pour qu'elle disparaisse subitement ? Ron Rash, dans ce roman, alterne habilement passé et présent. Un passé douloureux, tragique, sous l'emprise d'un grand-père tyrannique. Un présent chaotique et troublant. L'auteur dépeint avec justesse les notions de culpabilité et d'innocence, de souvenirs et de regrets ;avec tendresse la relation entre les deux frères et avec émotion le destin d'un homme cabossé par la vie. Il règne au coeur de ce roman une ambiance à la fois nostalgique et oppressante. Un récit sombre et doux-amer servi par une plume riche et délicate...
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Paola93130
  26 octobre 2018


Vous aimez voyager ?....Moi aussi !
Vous voyagez beaucoup ?....Moi non plus !
Et je vais vous expliquer pourquoi. C'est mon cher-et-tendre. À l'heure des vols pour trois fois rien, Môssieur ne quitte pas le territoire continental portugais. Autant que l'emploi du temps le permet, nous parcourrons notre petit, mais tellement riche et beau culturellement, pays du nord au sud et de l'est à l'ouest…en voiture ! Nous découvrons des pépites de paysages, des bijoux de petites villes, des merveilles de monuments et des chefs-d ‘oeuvres de sites de mer ou de montagne…dès lors que l'on puisse s'y rendre en auto. Quitte à faire 700 bornes, aller-retours, pour flâner à Lisbonne. Coût total de l'expédition, dans ce cas ? 120 euros, essence et péages compris. Juste pour l'aller, on se fait 3h30 d'autoroute, sans paysages. Ou bien 6h30 de voyage en cinémascope et panoramas inoubliables. Mais bon, on pourrait aussi le faire en 45 mn de vol et 30 euros par personne, départ Porto, aéroport Sà Carneiro et arrivée Lisbonne, aéroport Humberto Delgado, la tête dans les nuages ou le ciel bleu. On aurait plus de temps pour flâner et il ne serait pas nécessaire d'y passer forcément deux jours, ce qui nous ferait aussi faire des économies…Mais, je lui pardonne : je l'aime.
Pour l'étranger ? Ni pensons pas ! Oubliez les soldes en 48 heures chrono à Londres ou l'escapade à Paris, en amoureux (+ une : on ne laisserait pas la Princesse chez ses grands –parents). Prendre l'avion ? Ja-mais ! Môssieur, tout courageux qu'il est, a …la frousse !
La seule fois qu'il a pris l'avion, c'était pour notre voyage de noces….À l'allée, « jeune-marié-fougueux » a passé une heure et demie de vol pour Palma de Mayorca blanc comme un linge et les mains moites. Malgré 10 jours au soleil, il a mis le double du temps à bronzer ! Au retour, il s'est accroché aux accoudoirs du siège de toutes ses forces (comme si ça servait à quelque chose en cas de chute !) et il a copieusement insulté la Môman du pilote qui en a pris pour son grade ! Bien que je sois sûre que la pauvre dame était certainement une sainte femme, elle est devenue, dans la bouche de mon tendre époux une mégère à la vertu douteuse. Mais, je lui pardonne : je l'aime.
Bon, je m'égare…
Vous aimez lire ? Moi aussi ?
Vous lisez beaucoup ? Moi aussi ?....pour voyager, justement !
C'est pour ça (j'y viens enfin !) que j'ai entamé (et fini très vite) « Par le vent pleuré » de Ron Rash. Dépaysement, paysage, nature…L'Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir et le l'aurais… », pensais-je …Je me suis bien dit que 208 pages en format numérique, c'était un vol supersonique….mais bon….L'intrigue est intéressante, bien que très prévisible. le décor, lui, est sommairement planté. J'aurais voulu humer l'odeur mouillée de la rivière, entendre le bruit du vent dans les arbres, renifler les effluves des joints de Ligeia, sentir la chaleur du soleil de Sylva. La psychologie des personnages est bien travaillée mais…il m'en fallait encore un peu plus. Deux cent pages de plus, M'sieur Rash…Juste pour que l'histoire facile devienne plus prenante…J'ai été triste de tout deviner trop tôt parce que je ne me suis pas assez baladée dans la nature que vous semblez raconter si bien. Vous ne m'y avez pas perdue. Je ne vous en veux pas. Je me perdrais bientôt dans « le chant de la Tamassee ». Je vous pardonne : j'aime lire quand même !
P.S. : j'en profite pour remercier Jeanfrançoislemoine , ami Babeliote, qui m'a aiguillée sur cette lecture et à qui je fais confiance, de toutes façons, parce que j'ai passé un excellent moment quand même !
Lisez ce petit roman. M'sieur Rash le mérite.


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cardabelle
  16 novembre 2017
Ron Rash , une patte, une signature .
Poète, humaniste , amoureux de la nature .
Cette fois, il nous propose un voyage dans le temps et une immersion dans les années 60 au coeur des Appalaches , à Sylva, petite ville où les bruits du monde et même ceux de la Guerre du Vietnam arrivent presque étouffés , lointains ; un endroit encore préservé des remous de la contre-culture.
Pourtant , l' atmosphère feutrée , bien pensante réglée par la morale et la discipline va très vite être mise à mal par le déroulement du récit .
Peu à peu , l'auteur lève le voile sur les personnages et le lecteur frissonne !

Au début, on partait pour un été paisible avec Eugène et Bill deux jeunes garçons ,orphelins de père qui vivent avec leur mère sous le joug du grand-père ,personnage tyrannique et plus on le découvre plus le mot est faible : un homme ivre de toute-puissance , pervers, mégalo ...

Puis, survient la jeune Ligeia , une sirène blessée , échouée là , contrainte à un exil par sa famille , une mesure de protection qui lui pèse !
Alors, bien-sûr , la nymphette ne peut que troubler la quiétude des bords de la Tuckaseggee et des parties de pêches des deux ados !

Le roman offre un portrait intéressant de la jeunesse de l'époque qui tout à coup sentant le vent de liberté venant d'ailleurs prend conscience brutalement du poids de son carcan et se montre capable de braver tous les interdits érigés en gardiens de la morale .
Une liberté qui tout à coup devient une exigence au mépris de tous les dangers pour certains .

L'alternance temporelle du récit permet d'aborder les subtilités de l'évolution des deux héros aux caractères très nuancés mais pourtant si unis.
C'est Eugène devenu adulte qui est le narrateur .
Peu à peu , les flashbacks vont livrer par bribes leurs secrets pour permettre le dénouement d'une intrigue des plus glaçantes !

Mais , si ce roman est un thriller , on en retient surtout la photo de cette époque utopique ou planante , contestataire ou insouciante.
Par moment, j'ai repensé au film "Good Morning England" quand le jeune Bill doit se bagarrer avec les ondes pour capter Jefferson Airplane ou les Beatles ! Atmosphère ? Parenthèse ?
Mais derrière , il y a toujours la vie et ses drames intemporels ceux-là.

Bien beau roman alliant comme toujours chez Ron Rash subtilité , force , délicatesse et poésie .
Il serait parmi mes préférés de cet auteur avec " Une terre d'ombre" et "Un pied au paradis "... oui , peut-être .
Mais en réalité , ayant lu tous les " Ron Rash" traduits , je les ai appréciés à des degrés divers peut-être mais tous m'ont plu .
Alors , à présent , bon courage pour évaluer l'objectivité de cet avis !
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Cannetille
  10 mars 2020
Les restes d'une jeune femme sont soudain retrouvés, près de la rivière qui borde cette petite ville tranquille de Caroline du Nord : il s'agit de Ligeia, disparue quarante-six ans plus tôt, en 1969, à l'issue d'un été où elle avait fréquenté en cachette les deux frères Bill et Eugène. Petits-fils du tout-puissant médecin, tyrannique et conservateur, qui tenait alors sous sa coupe, non seulement sa famille, mais aussi toute la ville, ils avaient alors été fascinés par la liberté de comportement de cette jeune hippie venue de Californie, qui les avait initiés au sexe, à l'alcool et à la drogue. Cette découverte macabre est pour les deux hommes, aujourd'hui sexagénaires, un fracassant retour du passé, qui va poser de bien sombres questions quant à leur responsabilité dans la mort de Ligeia.


La vérité psychologique des personnages rend parfaitement crédible cette histoire, d'ailleurs inspirée d'un véritable fait divers. Au-delà de l'affaire criminelle qui entretient suspense et curiosité, c'est à une plongée étouffante dans la société de cette petite ville américaine de la fin des années soixante que nous convie Ron Rash, à l'époque où le vent nouveau de la liberté se heurtait parfois violemment à l'autorité conservatrice.


Alors que la méchanceté et la noirceur du grand-père n'en finissent pas d'atterrer toujours plus le lecteur, les portraits de Ligeia et des deux frères prennent peu à peu une densité dramatique dont on sait l'inéluctable explosion, sans toutefois parvenir à s'en figurer le moment ni le comment. L'effet de surprise reste ainsi intact jusqu'au bout, dans un dénouement implacable et glaçant, où le poids de la responsabilité n'échoit clairement pas au plus grand coupable.


Instantané d'une époque en mutation et d'un détonnant conflit de générations, ce récit noir d'une lâche impuissance face à la tyrannie se lit en un souffle. Il vous laisse hanté par la question du doute et de la culpabilité, par cette infinie expiation qui aura été le corollaire d'une liberté chèrement payée. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Crossroads
  15 janvier 2018
♫ Vive le vent, vive le vent, vive le vent pleuré ♪
Hem, modérément sûr du refrain, d'un coup d'un seul.

Rash fait partie, à mes yeux, de ces auteurs sans surprise. Entendez par là qu'au mieux, il subjugue, au pire, il séduit.
Pour moi, ce sera la séduction siou'plaît. Pour la subjugation, on attendra le prochain.

On dirait que Bill et Eugène seraient deux frères assimilés à un jeu de quille.
On dirait que Ligeia, fraichement débarquée dans leur bled paumé, cristalliserait longtemps le souvenir ému de cet été 1969. Un être extraordinairement décomplexé et charismatique aux allures de chef de meute. Je vous laisse imaginer l'effet produit sur la fratrie par cette gamine envoûtante à la libido aussi débridée qu'une 103 SP sport kitée. Je m'adresse aux puristes, là, aux foufous de la vitesse, aux amateurs de sensations extrêmes.
Mais les souvenirs sont comme les caravanes face aux clébards par trop démonstratifs, ils passent.
Pour ce qui est de trépasser, le mystère reste entier quant à cette poignée d'ossements découverts sur la grève. Un jeu d'osselet morbide qui ravivera, des décennies plus tard, cette saison mémorable alors nimbée d'insouciance. Une parenthèse enchantée qui pourrait bien laisser, au final, comme un méchant goût d'amertume en bouche pour ces deux frangins aux trajectoires contrastées.

J'ai aimé. Pas adoré.
Au rayon des satisfactions, l'évolution des rapports entre ces deux gamins au contact de la désirable Ligeia. Un apprentissage aussi court qu'intense relaté avec tendresse et humanité.
Il y a du Dostoïevski chez Rash. En décrivant subtilement un personnage rongé par le doute, c'est Raskolnikov qu'il ressuscite.
Le récit est prenant, plutôt bien amené et joue formidablement sur une possible culpabilité qui fera douter le lecteur tout du long... ou presque.
Et c'est là que le bât blesse. Le point noir de compétition qui aura occasionné trois dépressions et huit départs anticipés chez Biactol, ce final ultra prévisible qui ne surprendra que les amnésiques, et encore.
Il n'y a rien de pire qu'une histoire bien ficelée qui tourne en eau de boudin. J'ai rien contre le boudin, qu'on se le dise, mais en fin de lecture et à haute dose, il se pourrait qu'il occasionne ballonnements et autres joyeusetés intestinales de la sorte, de quoi l'avoir mauvaise pendant pas mal de temps.

Par le vent pleuré, par la fin grandement désappointé.
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nameless
  18 décembre 2017
Quand le squelette d'une jeune fille disparue 46 ans plus tôt refait surface porté par des alluvions, il est temps pour deux frères, Bill et Eugène, suite à cette exhumation fortuite, de convoquer leurs souvenirs et de procéder à l'examen de leurs consciences rongées par la culpabilité et parasitées par de nombreux mensonges. En 1969, ils sont deux jeunes hommes vivant à Sylva, petite ville paumée des Appalaches où les bruits du monde parviennent feutrés et filtrés par l'unique chaîne de télévision disponible ; ils sont éduqués par un grand-père médecin et néanmoins despotique qui leur enseigne très tôt que dans la vie, on fait des choix dont il faut accepter les conséquences.


Alors qu'ils se livrent à la pêche à la truite, une sirène vêtue d'un maillot de bains vert fait son apparition dans leur champ de vision et dans leur vie pour en modifier définitivement le cours. C'est Ligeia, pur produit de la contre-culture et du summer of love, hippie, sexuellement délurée, adepte de substances psycho-actives, une vraie caricature, il ne lui manque que le combi Volkswagen. Pour ces deux frères de l'Amérique rurale, la naïade est une révélation. Que s'est-il passé au cours de cet été ?


Roman ou nouvelle ? Trop bref pour entrer dans la première catégorie, trop long pour appartenir à la seconde, Par le vent pleuré m'a laissé une impression de facilité et une indéfinissable sensation de déjà-vu-déjà-lu et d'inabouti. Les grands espaces chers à l'auteur sont réduits à la portion congrue, la pêche à la mouche est ramenée à un hameçon accroché dans un rhododendron, le summer of love tient tout entier dans la description d'une tenue hippie breloques comprises, et le rappel de quelques chansons mythiques datent universellement et musicalement l'époque. La guerre du Vietnam est effleurée dans une ou deux phrases. Quant à l'initiation au sexe au bord de la rivière, elle donne lieu à des scènes nunuches à souhait.


Sur le thème du passage à l'âge adulte au cours d'un été dans un décor bucolique, du premier amour, du premier rapport sexuel, de la première cuite et des premières addictions, Ron Rash exploite avec brio la nostalgie des années 60 riches en libérations dans tous les domaines, pour offrir un roman gentil, mignon, bien écrit, saupoudré de ce qu'il faut de culpabilité et de drame pour ne pas paraître trop simpliste, sans aucun suspens puisque dès les premières pages, le lecteur se doute que le squelette et les deux frères sont liés par leur passé commun. Les personnages sont banals  et sans profondeur psychologique : deux frères ennemis, l'un très brillant chirurgien et l'autre écrivain raté et alcoolique. On est bien loin du très brillant et inégalé L'été de Trapellune de Ruth Rendell qui raconte pratiquement la même histoire.


Au total, une relative déception qui ne me dissuade cependant pas de découvrir d'autres romans de Ron Rash. Mais il ne s'agit que de mon avis !
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Jeanfrancoislemoine
  05 septembre 2018
"Par le vent pleuré " fut pour moi un bon moment de lecture.Bill et Eugène,deux jeunes de Sylva,États-Unis, fréquentent assidûment les bords d'une rivière où ils s'adonnent à leur loisir favori,la pêche. Orphelins de père ,ils sont sous la coupe de leur despotique grand-père.
La rencontre avec la jeune mais déjà (très ) émancipée Ligeia va les conduire au bord d'un gouffre qui risque fort de les aspirer.C'est cette rencontre qui nous est relatée et qui va,tout au long de son déroulement,nous conduire sur des sentiers parfois hasardeux.Les sens du lecteur que nous sommes vont rester en éveil, hésitant à emprunter tel ou tel chemin.Certes,les personnages sont peu nombreux et les hypothèses se réduisent pour aboutir à un dénouement sans vraiment grande surprise mais le récit est toujours vif et son intérêt reste grand,du début à la fin.
Le style de l'auteur est terriblement efficace et nous entraîne allègrement à la découverte du meurtrier de Ligeia dont on vient de retrouver les restes 40 ans après sa disparition.
Il est très intéressant de noter les différences de comportement de ces jeunes américains ,Bill,Eugène,Ligeia,et de comprendre le profond changement de mentalité des adolescents dans ces années 60.L'opposition entre les deux frères est admirablement décrite, tout comme,du reste,leur union dans certaines circonstances.Et que dire de Ligeia?Rien.Je vous laisse découvrir ce personnage complexe,aussi machiavélique qu'attachant.
Je ne regrette pas du tout d'avoir "rencontré "ces jeunes...devenus "vieux".
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Eve-Yeshe
  02 mai 2018
Un roman qui commence avec la découverte d'ossements qui vont s'avérer être ceux de Ligeia, jeune fille ayant vécu dans une communauté hippie, où s'est parents l'ont récupérée manu militari et placée chez son oncle pour la remettre dans le droit chemin… cette découverte fait resurgir le passé car toute le monde la croyait simplement partie.

Le passé resurgit brutalement et sème le trouble chez les deux frères Matney, Bill l'aîné devenu brillant chirurgien et Eugène écrivain maudit qui a sombré de l'alcoolisme. Curieusement, c'est ce dernier qui va essayer de comprendre et de connaître la vérité, et ce que son aîné lui cache.

Retour donc sur cette année 1969, où les Hippies s'éclatent sur fond de drogue, sexe, musique liberté, et guerre au Vietnam alors que dans l'Amérique profonde, un patriarche règne en maître sur ses petits-enfants, avec un ascendant physique et psychologique effrayant. Il impose sa loi, avec un colosse qu'il a ramené de la guerre et qui est son homme à tout faire au sens maffieux du terme.

Comment nos deux jeunes ados ne seraient-ils pas attirés par cette sirène libérée qui se baigne nue dans la rivière, et consomme sexe, alcool et drogue de manière débridée.

J'ai bien aimé, ce récit qui alterne présent et passé, ainsi que la manière dont les personnages sont décrits avec leurs démons, le poids de l'éducation dans certains milieux qui s'apparente plus à du dressage et la fragilité de l'écrivain maudit, brisé par l'alcool qui parle si bien de son écrivain favori : Thomas Wolfe (dont le titre du roman s'inspire).

C'était le premier roman de Ron Rash que je lisais, je l'ai trouvé sympathique, la lecture en est facile car l'écriture l'auteur est fluide et cela m'a permis de passer un bon moment, mais sans plus. Je lirai probablement « le chant de la Tamassee » qui est dans ma PAL depuis sa sortie. Une récréation entre deux livres plus conséquents…
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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spleen
  21 octobre 2017
Il faudrait faire des lectures "à l' aveugle" , sans connaitre le titre et surtout l'auteur comme nous faisons ici des dégustations à l'aveugle de nos vins de Bordeaux ...

Je sais, les grincheux vont rétorquer que j'ai trop abusé du divin nectar et que je raconte n'importe quoi ...

N'empêche, il y a chez certains écrivains une patte particulière et dans la littérature américaine , une ambiance que l'on ne retrouve pas ailleurs .

C'est ce que j'ai pensé en lisant ce roman de Ron Rash après avoir tourné avec résignation les pages de certains de nos écrivains français nombrilistes !

Il y a souvent des étés qui marquent la fin de l'enfance, la fin de l'insouciance : pour Eugène , cet été 1969 en Caroline du Nord , sera celui de la rencontre avec Ligéia, une sirène apparue au bord de la rivière, une jeune fille délurée qui va lui faire connaitre  l'amour, l'alcool et la drogue , ce sera son "summer of love ".

Dans ce village perdu des Appalaches, on est loin du mouvement hippie et de la libération des moeurs et pour Eugène et son grand frère Bill, les rencontres secrètes avec Ligéia sont un défi et une émancipation vis à vis du grand-père paternel qui les héberge avec leur mère depuis la mort de son fils ,  et qui régente de manière tyrannique la vie de la maisonnée .

Allers retours permanents entre cette période qui finit par le départ précipité de la jeune fille et l'année 2015 où des ossements sont découverts au bord de la rivière et identifiés comme ceux de Ligéia.  
Pour Eugène devenu un écrivain alcoolique , rejeté par sa famille cette découverte ravive les souvenirs de cette époque heureuse , la suite n'ayant été pour lui qu'une lente et inexorable descente .
Les questions autour de la mort de son amoureuse avec en premier lieu le rôle de Bill dans sa disparition deviennent un moteur et une obsession qui le font revenir sur les lieux de son enfance  .

On retrouve les thèmes chers à Ron Rash, la rivière : c'est là le cadre des rencontres des jeunes gens et c'est là aussi que le passé refait surface  , la lutte fratricide, éternelle recommencement de la tragédie d'Abel et Cain ,  avec comme musique de fond le Grateful Dead et Jefferson Airplane , planante comme cette période .

Un roman  sans doute moins puissant que les précédents mais j'en reprendrai bien encore un verre !
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