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ISBN : 2072828627
Éditeur : Gallimard (21/03/2019)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Dans cette contrée de Caroline du Nord, entre rivière et montagnes, que l’œuvre de Ron Rash explore inlassablement depuis Un pied au paradis, un monde est en train de s’effacer pour laisser la place à un autre. Le shérif Les, à trois semaines de la retraite, et Becky, poétesse obsédée par la protection de la nature, incarnent le premier. Chacun à sa manière va tenter de protéger Gerald, irréductible vieillard amoureux des truites, contre le représentant des nouvelle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  18 mars 2019
Le chérif Les rend son étoile dans un mois pour cause de retraite. Mais avant, en plus des affaires courantes de drogués à la meth, il va devoir traiter une histoire d'empoisonnement de sa chère rivière. Comme souvent, c'est le pot de terre contre le pot de fer quand Gerald, un vieil homme violent et acariâtre, est accusé du forfait par un propriétaire local. Bien que soutenu par Becky, la directrice zélée du Creek Park et poétesse à ses heures, Gerald aura besoin de toute l'expérience et du non conformisme du chérif pour le sortir de ce piège.
Poétique, envoûtant, âpre, tel est le monde de Ron Rash. On s'y plonge avec délectation, sans trop savoir ce qui nous emporte le plus, de ses personnages attachants, tellement humains, ou de cette nature que ses mots subliment, mais disent à quel point il déplore que des régions soient gangrenées par la drogue et le chômage. Nostalgique, Ron Rash l'est sûrement. Aujourd’hui, il semble que les Appalaches lui font regretter un monde disparu qu'il aspire certainement à voir revenir.
Merci à Babelio et aux Éditions Gallimard pour cette belle découverte et l'opportunité, dont je me réjouis, de rencontrer dans quelques jours Ron Rash...
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Bazart
  19 mars 2019
Parmi les invités étrangers de ce Quais du polar dont on parle tous les jours ou presuqe , les lecteurs pourront rencontrer Ron Rash et Chris Offut , deux piliers du rural noir américain et du nature writing de l'Amérique sudiste, qui a vu briller Larry Brown, Benjamin Whitmer ou encore Daniel Woodrell .
Commençons par parler de Ron Rash, que j'ai eu le plaisir de rencontrer en 2015 pour un long master class qui avait lieu dans le très beau cadre du théâtre des Célestins .
Ron Rash publie ce mois ci son nouveau roman, « Un silence brutal »,dans la nouvelle collection de Noir chez Gallimard, après avoir été longtemps publié en France aux éditions du Seuil.
On retrouve dans son nouveau récit des thèmes qui sont aussi prégnants dans tous les romans de Rash : la disparition progressive, lente mais inéluctable, d'un monde qui n'en fini pas de finir, le recouvrement symbolique par les eaux qui, avant de tout engloutir définitivement, fait ressurgir ce que l'on aurait voulu faire disparaître à jamais.
On aime toujours autant cette façon qu' Ron Rash de raconter les histoires de gens dont on ne parle jamais, qui ne sont jamais les héros de rien, et de les rendre passionnantes et émouvantes, porté qu'ils sont par cette très belle écriture, qui n'en dit jamais trop, qui s'exprime tout en douceur - quand bien même la violence est terriblement, et toujours, latente comme d'habitude chez l'auteur …
Et comme d'habitude également chez Rash on est subjugué par la grande pudeur dans la description de ce monde en pleine bascule entre un passé qu'il convient de ne pas trop embellir et un futur certes plein d'espoir du au progrès mais terriblement anxiogène pour tout le reste, et cette jeunesse désemparée qui est tellement accroc à la la meth qu'ils en oublieraient presque un bébé planqué dans le micro-onde …
Et surtout, il y a cette nature environnante, si joliment décrite par l'auteur qui semble tant aimer ses chères Appalaches qu'il s'en sert toujours en décor de ces intrigues …
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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koalas
  20 mars 2019
Avant de prendre sa retraite, le shérif Les a une dernière affaire à résoudre qui lui tient à coeur.
Gérald, un vieux pécheur de truite au caractère bien trempé est accusé de polluer la rivière de Tucker, un homme d'affaire, gros propriétaire qu'il ne peut pas blairer...
Aidé de Becky une protectrice de la nature, les deux enquêteurs vont patauger en eaux troubles...
Depuis Un pied au Paradis, Ron Rash continue d'écrire de bons romans noirs au cœur des Appalaches.
Une région sauvage menacée par la main de l'homme moderne, par l'arrivée du tourisme de masse et leur nouveau mode de vie inadéquate avec l'écosystème et la poésie des lieux.
Jusque dans ces contrées restées à peu près à l'état sauvage, le poison de la pollution et de la drogue distille peu à peu son venin dans la rivière et dans les veines de la jeunesse....
A la manière de Gionio qu'il cite, Ron Rash sublime la nature qui l'inspire, sonde le cœur des hommes dans un monde qui ne tourne plus très rond. Son shérif en fin de course n'est pas au bout de ses peines...
Un silence brutal ...poignant !
Merci à Babélio et à Gallimard pour cette bonne pêche.
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JIEMDE
  21 mars 2019
Le temps passe, le monde reste. Pour s'en rendre compte, il faut « invisager avant de voir ». Invisager, c'est à dire sentir, ressentir, imaginer, transposer, relativiser. Autant de choses que notre monde contemporain ne fait plus…
En Caroline du Nord, dans les Blue Ridge Moutains au coeur des Appalaches, la rivière poissonneuse qui attire les clients par centaines au lodge de pêche de Tucker a été volontairement empoisonnée. Et tout accuse le vieux Gérald, voisin marginal qui refuse de céder son terrain attenant au domaine.
Pas de bol pour Les, le shérif. À dix jours de sa retraite, il se serait bien passé d'avoir à trancher ce différent et à embastiller Gérald, d'autant plus que Becky, la garde forestière et leur amie commune le défend bec et ongles. Mais plus que la rivière, c'est la vallée entière qui est en fait contaminée, passée de joyau naturel à repaire de dealers de meth et spéculateurs immobiliers. Mist Creek Valley est devenue Meth Creek Valley, et les survivants de l'ancien monde tentent de s'en accommoder.
Dans Un silence brutal, Ron Rash – magnifiquement traduit par Isabelle Reinharez – nous livre bien plus qu'une intrigue noire, un brin désespérée et somme toute, pas grandement originale. C'est un plaidoyer en faveur du temps qui passe, du monde qui nous dépasse, subsiste et subsistera après et malgré nous.
Aujourd'hui, « une fois descendu de leurs voitures, les touristes brandissent des appareils photos ou des téléphones portables, comme s'ils étaient incapables de voir sans eux. Je repense à ce que disait Richard “Ils ne sauront même pas qu'ils vivent dans ce monde“ ».
À cette culture de l'instant, Rash oppose l'invitation à « invisager » le monde, rappelle Lascaux, cite Giono et convoque la flore de Mist Creek Valley – Connaissez-vous les suzannes-aux-yeux-noirs, salsepareille, barbon à balais, lobélies cardinales, monardes, eupatoires pourpres, digitales fanées, pomme de sapin de Fraser, bouleaux verruqueux, fleur de bignone, angélique du Japon, tulipier de Virginie… ? – en nous invitant avec Becky à nous laisser fasciner par une vipère cuivrée, un pic flamboyant, un scinque pentaligne, un machaon, une limace léopard, des guêpes maçonnes, une chouette rayée, un carouge à épaulettes rouges, une moufette du galax, des mouches de mai, une truite brune, un mocassin d'eau, une perche mandarine, quelques vandoises ou ménés, une salamandre, ou plus simplement, de magnifiques truites mouchetées…
Un silence brutal, c'est une histoire simple mais un splendide livre, où la langue de Rash s'égare en poésie au service de ce cri d'alerte que le chantre des Appalaches ne cesse de pousser en faveur de la préservation de toutes les ressources.
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Zakuro
  20 mars 2019
Pendant une semaine, je me suis évadée de mon quotidien . Pendant une semaine, je regardais la rivière où nageaient les truites argentées et glissaient les vipères d'eau à l'allure faussement dolente. Je me suis assise à l'ombre des grands arbres, j'admirais la couleur des tulipiers et le chant des loriots du haut des branches avec au loin le roulement de la cascade. Un environnement magnifique, un silence apaisant mais c'est sans compter la main de l'homme, celle qui tend la faux, main cupide et retorse qui vient rompre cet enchantement poétique.
Le titre original prend tout son sens « Above the Waterfall », au dessus de la cascade car c'est là où se passe le noeud de l'intrigue mais le titre français « un silence brutal » est aussi très évocateur. Silence et brutal, deux mots antagonistes mais qui fait le lien entre les personnages.
Les, un shérif bientôt à la retraite et Becky, garde forestière du Parc de Locus Creek jouent les derniers dés de notre civilisation pour sauver Gerald et sa ferme. Ce sont aussi tous les deux des « taiseux » ayant en commun un passé lourd qui renforce leur complicité. Ron Rash libère leur parole en faisant parler Les et Becky alternativement, ce qui les rend plus proches et plus attachants en employant le je.
Dans ce parc encore préservé mais peut-être plus pour longtemps, le cours d'eau peine à rester limpide car elle charrie dans son lit un monde autrement plus puissant et dangereux : les drogues, les armes à feux, l'appât du gain.
Un silence brutal est un grand roman naturaliste où la description minutieuse des paysages, des fleurs et des animaux est un motif de broderie fine, une épure totale qui m'a permis de surmonter tout le reste, la fin de quelque chose de beau, l'insoutenable loi de l'éphémère qui m'a rendue triste.
Un roman poétique marquée par l'écriture au charme unique de Ron Rash et des références au poète anglais Hopkins du 19ième siècle émaillé aussi et peut-être de souvenirs personnels des séjours de l'auteur en France comme la visite des peintures de la grotte de Lascaux .
Et bien sûr le noir, la noirceur des êtres et du destin, tapie dans l'ombre mais prête à piéger celui qui se laisse tenter.
Nature, poésie, noir, une alchimie complexe mais totalement réussie à chaque nouveau roman de Ron Rash dont je suis une fervente admiratrice. J'aime totalement son univers, sa manière de composer ses personnages criants de vérité avec un soin particulier à exprimer ce qu'ils ressentent de l'intérieur, c'est vraiment magnifique. La tension est là aussi, toujours, palpable, montant progressivement comme les notes d'une musique, une trille romantique mais indéniablement noire. Presque crépusculaire.
Merci infiniment à Babelio pour la découverte du livre et pour la rencontre avec Ron Rash prévue très prochainement !
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critiques presse (2)
LeFigaro   22 mars 2019
Dans ce polar littéraire où les paysages tiennent la vedette, certaines scènes sautent au visage.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Liberation   22 mars 2019
Un silence brutal, qui inaugure la saison 2019 de la collection – avec l’opportune réédition de Nadine Mouque d’Hervé Prudon –, relève du « rural noir ». Ron Rash ne s’éloigne jamais de la rivière, de la montagne, des sentiers, de la vie des fermiers ou de ce qu’il en reste.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
encoredunoirencoredunoir   20 mars 2019
Dans une zone aussi rurale que la nôtre, tout le monde est rattaché à tout le monde, si ce n’est par les liens du sang du moins de quelque autre façon. Dans les pires moments, le comté ressemblait à une toile gigantesque. L’araignée remuait et de nombreux fils reliés les uns aux autres se mettaient à vibrer. Quand j’entrai dans le café un grand silence envahit la salle, signe que les gens savaient déjà. Quelques conversations reprirent, mais à mi-voix, des paroles échangées concernant la météo ou la pêche, le genre de sujet dont on parle quand tout le reste est exclu.
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palamedepalamede   19 mars 2019
Au fil des années, j’avais appris que la meilleure façon de résoudre un problème c’etait parfois de lui laisser croire que vous étiez occupé à autre chose, à remplacer une ampoule grillée sur la galerie, ou à réparer un robinet qui fuit. La solution finirait par montrer le bout de son nez et vous apparaîtrait clairement.
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palamedepalamede   18 mars 2019
Tout au fond de moi qui suis-je ? ... Il y a des gens qui vivent toute leur vie sans connaître la réponse. D’autres la connaissent et, la tête haute ou basse, vivent avec.
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palamedepalamede   17 mars 2019
C’était si près d’eux
S’ils avaient eu des yeux pour le voir.


(G.M. Hopkins)
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ZakuroZakuro   18 mars 2019
Même les wagons de marchandises de Hopper sont seuls.
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Videos de Ron Rash (62) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ron Rash
http://www.librairiedialogues.fr/ Mikaël de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur du rayon BD : "Le Goût d'Emma" de Julia Pavolowitch, Emmanuelle Maisonneuve dessiné par Kan Takahama (Les Arènes), "Serena" de Pandolfo et Risbjerg d'après le roman de Ron Rash (Sarbacane) et "Deux ans de vacances" Philippe Chanoinat et Frédéric Brrémaud d'après le roman de Jules Verne, dessiné par Hamo (Vents d'Ouest). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Élise le Fourn.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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