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EAN : 9782073032690
Gallimard (28/09/2023)
  Existe en édition audio
3.98/5   644 notes
Résumé :
Laurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère — revenu de la Première Guerre mondiale amputé d’une main —, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d’un vallon encaissé que les habitants de la ville considèrent comme maudit : rien n’y pousse et les malheurs s’y accumulent. Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu’une sorcière. Sa vie bascule lorsqu’elle ren... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (142) Voir plus Ajouter une critique
3,98

sur 644 notes
Ce n'est pas le premier roman de cet auteur que je lis et je dois avouer avoir été séduit à chaque fois par son amour pour les Appalaches où il vit et dont il a parfaitement intégré tous les charmes et ....les dangers que peuvent révéler les bois , les forêts , les cours d'eau , une nature nourricière ou hostile dans laquelle vont évoluer des personnages peu nombreux donc parfaitement analysés....
C'est la guerre en Europe , la Grande Guerre , en 1917 et Hank , engagé revient au pays avec une main en moins .Il retrouve là sa soeur , Laurel ,
Celle- ci est considérée comme une sorcière car marquée d'une tâche de naissance qui la désigne à la vindicte populaire sur une terre ou les traditions et légendes ont la vie dure .Tous deux vivent dans la ferme héritée des parents , une ferme située dans une vallée où le soleil ne se montre jamais , sur le côté obscur , celui où les terres ne valent rien ou si peu .
La rencontre par Laurel d'un mystérieux personnage , un joueur de flûte répondant au nom de Walter va modifier l'atmosphère, et l'on ne sera pas loin de parvenir à une belle osmose entre ces personnages tournés vers un avenir bien réel , sous le regard tutélaire et protecteur du vieux Slidell , un voisin ....et bien plus .
En Europe les canons grondent et les obus transmettent jusque dans les Appalaches , un venin insidieux terriblement pervers et efficace . Sur une terre qui rejette déjà ceux qui ...., le poison n'aura pas trop de difficulté à faire son chemin , à tracer un sillon de haine et de violence .
Il ne s'agit pas d'un polar ou d'un thriller , non , c'est bien plus que ça tant nous pourrions être ces gens vivant à cette époque, en ces lieux où ailleurs , et l'intrigue , pour trouver son dénouement dans les dernières pages , nous éclaire, si besoin était sur la force de la vindicte populaire .
Jon Rash est un maître du roman noir , il nous installe dans un décor, et quel décor, un tableau digne des meilleurs impressionnistes , un tableau dans lequel ses " coups de pinceau " distillent ça et là des petits détails rassurants ou inquiétants , c'est selon .Les travaux des hommes à la ferme , les relations qui s'installent entre les principaux protagonistes , leurs gestes , les suspicions , les scènes intimes , sont relatées avec un tact incroyable .J'appelle ça du " Grand art ".
Ce roman à déjà été largement commenté brillamment et plébiscité par grand nombre d' amies et amis babeliotes . Je joins mon avis en précisant, je deviens prudent , qu'il ne s'agit que du mien , que je l'assume et qu'il ne se veut être que le reflet sincère de mon ressenti , un ressenti qui , je l'espère, vous conduira vers la lecture d'un roman passionnant et ...très bien écrit ( traduit ) , une belle étude de l'âme humaine et du rapport avec la précieuse nature .
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Un lopin de terre dans le vallon, dominé par une falaise granitique. Le soleil peinait à réchauffer la maison et les coeurs, déjà meurtris par le décès de leurs parents. Une terre d'ombre, la plus noire et la plus maudite de toute la chaîne des Blue Ridge. Hank Shelton et sa soeur, Laurel, vivent ici malgré les malédictions. Hank, en cette année 1918, est revenu du front, amputé d'une main. Cela ne l'empêche pas pour autant d'effectuer les travaux de la ferme, aidé du vieux Slidell, leur voisin. Ni de bientôt convoler en noces avec la belle Carolyn. Laurel, quant à elle, affublé d'une tâche de naissance à la base du cou, est considérée par les habitants de Mars Hill comme une sorcière. Sa rencontre avec cet inconnu, muet et merveilleux flûtiste, va bouleverser sa vie et révéler peu à peu la vraie nature des gens...

Qui est donc cet inconnu qui va, à tout jamais, chambouler la vie de Laurel et de Hank ainsi que celle des habitants de Mars Hill et secouer les esprits ? Que cache les mots qu'il ne dit pas ? Ron Rash nous plonge dans une ambiance étouffante et languissante, au coeur d'un décor indompté qu'aucune lumière ne transperce. Seule Laurel, une jeune femme à la fois courageuse, rêveuse et pleine d'espoir, semble briller parmi ses hommes. La nature, omniprésente, écrasante et puissante, y est magnifiquement dépeinte. Ron Rash nous offre un roman rugueux, bouleversant, sombre et tragique dans lequel il aborde des thèmes tels que l'éducation, la bêtise humaine, les séquelles de la guerre et la sauvagerie des hommes. L'écriture y est descriptive et magnifique. Un roman qui résonne encore, telle la flûte de l'inconnu au coeur de ce vallon...
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Une petite excursion au coeur des Appalaches, avec pour guide Ron Rash, est toujours la promesse d'un moment de lecture exaltant !
La Caroline du Nord ne semble pas avoir de secret pour cet écrivain régionaliste et son roman “Une terre d'ombre”, publié en 2012, se déroule non loin de Mars Hill dont la prestigieuse université fait la fierté de la ville depuis le milieu du 19e siècle.

Laurel et son frère Hank exploitent un lopin de terre situé au pied d'une falaise granitique. Les rayons du soleil n'atteignent que très rarement leur petite propriété, héritage de leurs parents trop tôt disparus. Les gens de Mars Hill ne se privent pas de médire de cette fratrie isolée et considèrent même Laurel comme une sorcière eu égard à sa tâche de naissance à la base du cou.
En cet été 1918, Hank vient d'être rapatrié du front européen avec une seule main, s'attirant une certaine compassion de l'opinion qui depuis le début de la Grande guerre voue une haine farouche “aux boches”.
Malgré son handicap il s'est remis courageusement aux travaux de la ferme, excité par son mariage tout proche et heureux de voir sa soeur éprise d'un homme de passage muet comme une carpe bien que flûtiste hors pair.

Mais avec Ron Rash les situations idylliques n'ont pas vocation à durer. Un vent de folie, mélange d'étroitesse d'esprit et de préjugés, couve dans la région depuis trop longtemps…

Les stridulations des cigales, les “oui oui oui” d'une volée de perroquets, le solo merveilleux d'un virtuose bien mystérieux ont des allures de douce symphonie.
Ne vous y trompez pas, le maestro Ron Rash préfère la tragédie : “Une terre d'ombre” met en lumière l'implacable irrationalité inhérente aux comportements grégaires.

Le final est forcément désespérant, d'une infinie tristesse. Un roman qui néanmoins captive et s'adresse à un large public.
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Voici un roman sombre, âpre, rugueux, aussi sombre que le vallon qu'il décrit, un
ouvrage époustouflant qui se lit d'une traite.
Laurel Shelton et son frère Hank revenu de la guerre avec une main en moins vivent dans un vallon isolé de la Caroline du Nord.
L'ombre de la falaise est si dense qu'elle s'infiltre dans le bois, les champs,et surtout la maison:"Le pire, c'était la maison, c'était toujours un lieu sombre, qui ne bénéficiait que de quelques heures de soleil par jour"...
La falaise étend son ombre sur la terre mais aussi dans le coeur des hommes...
Dans ce lieu encaissé Laurel vit un quotidien fastidieux que vient illuminer la beauté de la nature, affublée d'une tache de naissance qui bleuit son bras et son cou la jeune femme a connu les sarcasmes malgré la bienveillance de son institutrice mademoiselle Calicut.
Elle est devenue une paria, une sorcière qu'il ne fait pas bon approcher et on verse du sel à l'entrée du domaine....Au village, les habitants superstitieux l'évitent comme la peste...
Nous sommes dans les derniers mois de la guerre 14-18, qui,aux États- Unis aussi divise les hommes, les envoie en Europe et les restitue en morceaux à leur famille.
Un jour, un nouveau venu, un mystérieux inconnu mutique ,qui joue de la flûte, vient secouer les femmes et les hommes de ce vallon.....il va révéler leur vraie nature, les vieilles rivalités, les préjugés, les haines recuites ont trouvé un terreau fertile dans la guerre qui secoue l'Europe mais aussi ce coin des États - Unis, ce vallon ressemblant à une terre maudite.......
.
La nature très présente est magnifiquement observée et décrite ,la musique et le silence apportent un contre point important à l'intolérance, à la xénophobie et à un patriotisme borné qui aboutissent à une violence sans nom!
L'action glisse doucement de la rencontre au drame ...imputable aux préjugés.....à la bêtise,à l'ignorance et à la peur, le tableau est dressé par petites touches.
Un roman bouleversant et tragique, une prose absolument magnifique, Ron Rash que je ne connais pas nous offre des personnages campés si solidement qu'ils vont continuer à vivre dans nos mémoires et nos esprits très longtemps.
Un roman noir implacable traversé d'aveuglants éclats de lumière, une histoire d'amour tragique.
Une oeuvre poignante, sublime!
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Etat de Caroline, dans la chaîne de Blue Ridge en 1957. Un projet gouvernemental vise à innonder sous un lac artificiel les terres du vallon de Mars Hill.
Un mal pour un bien, peut-être, car ce lieu est maudit depuis ses premiers habitants, les Cherokee.
Quand l'agent fédéral constate les lieux, l'endroit semble inhabité. Une cabane en rondins de bois totalement abandonnée et un puits en parfait état sont les seuls vestiges d'une vie passée. Nulle présence humaine. Sauf quand le puits fait remonter le lointain écho d'une flûte et la blanche lumière de Laurel Shelton en cette année 1916.

La férocité guerrière et la chaleur de l'amour humaine couvrent l'atmosphère de ce roman haletant et luttent pour l'emporter. Ron Rash nous fait osciller constamment entre des moments heureux et une inquiétude latente où tout peut basculer.
J'ai éprouvé du bonheur pour Laurel quand elle rencontre et aime cet homme inconnu. Il ne parle pas, il joue de la flûte dont les notes ressemblent aux cris des derniers perroquets de Caroline.
J'ai ressenti l'horreur et l'injustice face à la bêtise et l'intolérance. Car la falaise étend son ombre non seulement sur la terre mais aussi dans le coeur des hommes.
L'écriture suit cette progression, plénitude et lente découverte de l'autre au début du livre avant l'enchaînement rapide et incontrôlable des évènements tragiques des dernières pages.

J'ai été totalement subjuguée par ce roman en partie tiré de faits réels. La nature très présente est magnifiquement observée et décrite.
C'est la première fois que je lis un ouvrage de Ron Rash et je vais absolument découvrir d'autres titres.

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critiques presse (6)
LaPresse
30 mai 2014
C'est un vallon abandonné, en Caroline-du-Sud, où les falaises ne laissent pas le soleil pénétrer, et où rien ne pousse. Sur le point d'être recouverte par un barrage, cette «terre d'ombre» recèle un passé qui sera bientôt englouti, avec ses rivières, sa maison de rondins.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LesEchos
21 février 2014
Entre conte naturaliste et western sanglant, un superbe roman sur la part d’ombre qui gangrène le monde et les hommes.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LeJournaldeQuebec
21 février 2014
Avec son cinquième roman, Ron Rash sonde les tréfonds de l’âme humaine pour faire remonter à la surface nos facettes les plus sombres.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Culturebox
09 janvier 2014
Dans cette grisaille, une magnifique histoire d’amour va naître entre deux intouchables. Peut-elle aller jusque bout, sous ce ciel si menaçant ? Lisez Ron Rash, vous ne le regretterez pas.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaLibreBelgique
08 janvier 2014
Après "Le Monde à l’endroit", Ron Rash continue d’explorer l’Amérique profonde et ses dévoiements. Où la beauté de la nature ne peut empêcher la violence, la musique la folie entêtée des hommes.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama
08 janvier 2014
Porté par une écriture descriptive, ample et d'un lyrisme mesuré, Ron Rash entreprend, comme dans chacun de ses livres, une fouille archéologique de son pays natal, la Caroline du Sud, pour en tirer une remarquable réfle­xion sociale et politique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
Quand on se fréquente, c’est tout miel et pissenlits, lui avait expliqué Marcie, mais quand on se retrouve tous les jours auprès de quelqu’un, des choses qu’on n’avait pas trop remarquées auparavant, la façon qu’il a d’avaler sa soupe à grand bruit ou de ne pas quitter ses chaussures crottées, ou même le plus infime détail, un air qu’il ne cesse de siffloter ou sa manière de disposer le petit bois dans la cheminée, vous asticotent comme une dent gâtée.
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Quelles que soient l’heure du jour ou la saison, quel que soit le nombre de lampes allumées, c’était toujours un lieu sombre qui, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, avait toujours senti la souffrance. Mais ici, en haut, la large saillie de granit captait les rayons du soleil et les retenait, l’enveloppait de clarté. La lumière était comme du miel chaud. Des gouttes de rosée sur une toile d’araignée renfermaient des arcs-en-ciel entiers, et la queue d’un lézard des palissades brillait du même bleu que du verre indigo. L’eau étincelait de particules de mica. Parfois Laurel s’étendait à plat dos sur le rocher pour que le soleil tombe plus largement sur elle, mais la plupart du temps, comme ce jour-là, des deux mains elle serrait ses genoux contre sa poitrine, comme si elle était en train d’attendre quelque chose ou quelqu’un. En train d’attendre. Elle avait attendu, attendu dans la maison tout comme ici que sa vie commence, sa vie.
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(…) mais il y avait eu des moments au cours de la dernière année, surtout après la mort de son père, où Laurel avait eu comme l’impression d’être un fantôme. (...) Ces nuits-là, dans le vallon, Laurel se réveillait en entendant des bruits et des silences jamais remarqués lorsque Hank ou son père étaient présents – le vide d’une pièce sur deux, le grincement de la corde et de la poulie du puits, la maison remettant en place une partie d’elle-même –, les bruits et les silences les plus solitaires au monde. Il y avait eu des matins où en regardant dans le miroir elle s’était demandé si ce qu’elle voyait n’était pas, plutôt qu’un reflet, quelque chose de léger qui flottait dans l’air.
P22
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Malgré l’obscurité qui gagnait petit à petit le vallon en dessous, elle laissa le pantalon sécher quelques minutes de plus. Elle s’assit sur la saillie rocheuse et entoura ses genoux de ses bras. Quand elle avait sept ans, elle avait trouvé cet endroit en cueillant des mûres. Petite, le rocher lui avait semblé une énorme main qui la sortait de la tristesse du vallon. Le pire, c’était la maison. Quelles que soient l’heure du jour ou la saison, quel que soit le nombre de lampes allumées, c’était toujours un lieu sombre qui, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, avait toujours senti la souffrance. Mais ici, en haut, la large saillie de granit captait les rayons du soleil et les retenait, l’enveloppait de clarté. La lumière était comme du miel chaud. Des gouttes de rosée sur une toile d’araignée renfermaient des arcs-en-ciel entiers, et la queue d’un lézard des palissades brillait du même bleu que du verre indigo. L’eau étincelait de particules de mica. Parfois Laurel s’étendait à plat dos sur le rocher pour que le soleil tombe plus largement sur elle, mais la plupart du temps, comme ce jour-là, des deux mains elle serrait ses genoux contre sa poitrine, comme si elle était en train d’attendre quelque chose ou quelqu’un. En train d’attendre. Elle avait attendu, attendu dans la maison tout comme ici que sa vie commence, sa vie.
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Sur cette hauteur, les fleurs de rhododendrons n'étaient pas encore tout à fait fanées. Leur parfum capiteux et l'odeur de vanille de la clématite donnèrent le tournis à Laurel tandis que passaient les minutes et qu'un air se mêlait au suivant. Le soleil s'inclina à l'ouest et le peu de lumière qui filtrait par la percée entre les arbres se dissipa. L'argent scintillant de la flûte s'atténua, vira au gris, mais la musique conserva sa brillance vaporeuse.
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