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EAN : 9782221075364
224 pages
Éditeur : Robert Laffont (04/02/2006)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Prospère et lumineuse autrefois, la Ville est presque abandonnée. Le télégraphe a été coupé. Plus aucun train n'arrive à la gare, ni plus aucun navire au port. La population s'est enfuie. Des bandes incontrôlées errent à travers le pays. Du monde extérieur aucune nouvelle ne parvient depuis déjà de nombreux mois. C'est la vie qui s'en est allée. Le souverain héréditaire ne règne plus que sur son château et sur une poignée de fidèles que l'ombre est sur le point d'ef... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
migdal
  09 septembre 2020
Formidable hommage à Guillaume Apollinaire (ressuscité sous son patronyme Wilhelm Kostroswitzky) et à ses Cosaques Zaporogues, un peu oubliés de nos jours, qui défendent l'empire Russe sur ses frontières toujours fluctuantes car non dessinées par la géographie, j'aime relire régulièrement les « Sept cavaliers » et j'avoue me retrouver dans le personnage de Maxime Bazin du Bourg lisant Alcools d'Apollinaire encensant Rome et diabolisant le sultan de Constantinople « plus criminel que Barrabas ».
Lecture idéale, notamment pour les voyageurs du RER, ce roman se distingue profondément de Septentrion, autre oeuvre de Jean Raspail et se rapproche plutôt du Camp des Saints par son évocation de la chute d'une civilisation et de l'ensauvagement qui résulte du désordre consécutif à l'abdication d'un pouvoir doutant de sa légitimité. Publié en 1993, il apparait prémonitoire, hélas, à plus d'un titre en décrivant la violence découlant de ces périodes anarchiques où la loi du plus fort s'impose pour le plus grand malheur des femmes, des enfants et des vieillards. Raspail était visionnaire en devinant que les tchétchènes l'emporteront finalement … comme ils l'ont montré cet été à Dijon.
D'autres auteurs, comme Jean Rolin dans « les événements », reprennent ce thème de l'effondrement de l'état et du grand remplacement pour nous rappeler que les civilisations sont mortelles et que la démographie initie toujours les migrations.
Raspail, dans la lignée d'Apollinaire, espére qu'il n'est pas trop tard et proclame n'ayons pas peur de renouer avec nos racines culturelles et la vocation de nos nations.
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Wendat69
  08 décembre 2018
Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par la porte de l'Ouest qui n'était plus gardée...il est des livres qui ont une résonance toute particulière quand à leur lecture on se prend à faire le parallèle entre l'histoire romancée et celle qui se fait jour, sous nos yeux.
L'auteur du camp des Saints et de Sire tisse dans cette histoire une trame apocalyptique, qui paraîtrait presque visionnaire, celle d'un monde renversé, où les derniers représentant d'un ordre en phase de destruction cheminent vers un but dont la finalité leur est pour ainsi dire inconnue. Ils poursuivent leur route, aux confins de leur royaume détruit, parce que tel est leur devoir, leur nature, alors même qu'ils ont laissé sur le côté du chemin l'Espérance.
Dans ce chaos, tout a été renversé, les enfants -empreints d'une colère haineuse et viscérale, s'opposent aux aînés, aux parents, agissent et pensent de façon déshumanisée, empêtrés dans les horreurs que l'anarchie totale a généré. Tout a failli, pan par pan, les piliers de la société, ses garants, se sont affaissés, ont été tués ou ont plus simplement faillis...Il y a dans ce livre comme des réminiscences de l'univers de Tolkien et de sa Guilde, le même caractère prophétique sur la fragilité d'une civilisation, sur la possibilité de sa disparition.
C'est un terrible tableau que dresse Raspail dans les Sept cavaliers (écrit en 1993), dont les couleurs ont la tonalité de la cendre, on peut y voir -sans doute pas la dénonciation, mais plutôt la constatation désabusée- de la déliquescence d'un monde, de son écroulement, au caractère irréversible. Certains passages du livre sont d'une grande beauté, on est véritablement pris dans la chevauchée de ces sept cavaliers, derniers vestiges d'un monde finissant, ultimes représentants d'une certaine idée de l'Homme et de ses devoirs.
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gabb
  03 mars 2019
Imaginez un monde en déclin, proche de l'anéantissement final...
Un monde parallèle, crépusculaire, inspiré du nôtre, mais un monde fantasmé au cadre temporel flou. En fait une sorte de féodalité médiévale (citadelles, oriflammes et cathédrales) émaillée par endroit de curieux anachronismes, ici une voie ferrée et d'antiques machines à vapeur, là un câble télégraphique, plus loin un ouvrage d'art dessiné par Gustave Eiffel.
Imaginez ce monde, donc, qui fut jadis florissant et prospère, mais qui s'est effrité jusqu'à la décomposition. Quand, comment, pourquoi ? Nul ne le sait. Où sont passés les habitants de la Ville et les fidèles sujets de son seigneur, le grand Margrave héréditaire ? Aucune idée non plus.
Ne vous préoccupez pas de ça, prenez simplement part à la chevauchée.
Les septs cavaliers, emmenés par le compte Silve de Pikkendorff, vont arpenter des terres désolées sur lesquelles plane une atmostphère de fin du monde puissamment évocatrice, à la fois pleine de poésie et de désenchantement.
On pense par moment à la "Horde du Contrevent" (Alain Damasio), ou au "Général de l'armée morte" (Ismaïl Kadaré), mais l'on retrouve aussi les thèmes de prédilection et les "obsessions" souvent controversées de Jean Raspail (effrondrement d'une civilisation, opinions royalistes assumées, menace sourde et latente de hordes barbares qui rôdent aux frontières...).
Heureusement on peut aussi ne voir dans ces pages que le simple récit d'un voyage initiatique délicieusement absurde, dont la finalité nous échappe un peu, sans y chercher d'analogie particulière avec le monde que nous connaissons.
"La vie s'est presque retirée de nous. Elle est bien passée quelque part...", disait le Margrave héréditaire à la veille de l'expédition.
Les cavaliers ont donc pris la route, et moi avec eux, pour une mission à l'objectif incertain : traquer l'Espérance enfuie. Et au passage, tenter d'endiguer l'inexorable désordre ambiant en perpétuant coûte que côute des traditions militaires qui parfois confinent au ridicule. Tant pis si tout s'écroule, l'important est de garder le cap, de s'en tenir au protocole et d'empêcher les derniers rouages de l'appareil d'état de se gripper définitivement.
Qu'importe si l'Etat est exsangue, si Silve de Pikkendorff est un colonnel sans armée, et si la foi de l'évêque Osmond qui l'accompagne est des plus vacillantes : on fait comme si.
On avance, toujours un peu plus loin.
On s'enfonce dans un dans un monde qui déjà n'existe plus.
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Pchabannes
  17 octobre 2009
‘'Sept cavaliers quittèrent la Ville au crépuscule, face au soleil couchant, par la porte de l'Ouest qui n'était plus gardé. Tête haute, sans se cacher, au contraire de tous ceux qui avaient abandonné la Ville, car ils ne fuyaient pas, ils ne trahissaient rien, espéraient moins encore et se gardaient d'imaginer.[…] Celui qui les commandaient, colonel-major sans armée, Silve de Pikkendorff, avait été reçu durant la nuit précédente par le Prince.''
Relecture d'un des plus fameux ouvrages de Jean Raspail. 3 heures en compagnie de Silve de Pikkendorff et de ses compagnons au sein d'un monde en pleine décomposition morale. Les enfants se révoltent entraînant comme Platon l'avait prédit le début de la tyrannie. (Voir http://pikkendorff.kazeo.com/Citations-notees-de-mes-lectures/Platon-De-l-autorite,a233297.html)
Ce nouveau monde est aux portes de la Ville. Les Sept Cavaliers partent au-devant de cet ennemi intérieur et finiront par rencontrer cet autre nous-même que Tocqueville nous décrivait si justement (http://pikkendorff.kazeo.com/Citations-notees-de-mes-lectures/Tocqueville-Panem-circenses,a37061.html).
Quand ce monde nous aura tellement rabaissés, cet autre nous-mêmes regardant la vie s'enfuir pourrait reprendre ses paroles.
‘'L'homme abaissa le regard sur sa propre personne et se découvrit sale, petit, laid, transi et affamé. Il chercha dans le fond de son coeur un vieux reste de haine et l'ayant découvert bien recuit, encore prêt à servir, compris une seconde fois qu'avec ceux qui partait, c'était la vie qui s'en allait.''
Si vous avez trois heures, passez à la bibliothèque et découvrez notre monde avec l'oeil de cet autre vous-même, si il vit encore.
1993, édité chez Robert Laffont
Jean Raspail (http://jeanraspail.free.fr/)
Lectori salutem, Pikkendorff
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Herve-Lionel
  09 juin 2014
N°229
Septembre 2000

SEPT CAVALIERS QUITTERENT LA VILLE AU CREPUSCULE – Jean Raspail – Editions Robert LAFFONT.

Cela commence, l'auteur me le pardonnera sûrement, d'une manière banale « Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule, face au soleil couchant, par la porte de l'ouest qui n'était plus gardée ».
Et pourtant, cette simple phrase m'a dès l'abord accroché, m'invitant à en savoir davantage et m'a abandonné deux cent pages plus tard à la fois surpris et passionné d'avoir été le témoin de cette chevauchée.
Dès les premières pages, le décor est planté, un pouvoir vieillissant qui ne tient son autorité que d'un passé révolu. L'auteur la nomme du titre énigmatique de « Margrave héréditaire ». Son ombre plane sur le texte comme plus tard celui de sa fille Myriam après la mort de son père.
Tout le pays semble désorganisé, ses habitants paraissent avoir fuit un ennemi invisible ou avoir été décimée par quelque mal étrange… Seuls quelques fidèles entourent le souverain. Il fallait donc aller voir la raison de toute cette déchéance. La ville dont ils partent a, comme tout le pays a été prospère, mais il ne reste rien de cette grandeur.
Ce voyage pour le moins étrange conduira la petite troupe vers Sépharée, sorte de poste frontière au nord de cette étendue mal définie, un ailleurs assez indistinct.
Puisqu'il s'agit d'un voyage, il y a donc une géographie, mais cela n'a vraiment qu'une importance secondaire. Elle est nécessairement vaste, presque comme un continent, ravagée par une épidémie inexpliquée ou une invasion dont nous ne devinons les ennemis que presque par hasard.
Des personnages qu'on pourrait appeler « résistants » apparaissent et disparaissent comme des elfes ce qui ajoute à ce textes tourmenté un supplément de mystère
Les personnages que le « Margrave » charge d'aller porter un message dont on se demande si cela a véritablement de l'importance sont aussi énigmatiques que différents.
Il y a là Silve de Pikkenendorf, un colonel-comte major sans armée mais qui commande cette petite troupe, l'évêque Osmond van Beck, coadjuteur de la ville, sachant à l'occasion manier le pistolet avec vitesse et précision , le lieutenant Richard Trancrède, jeune officier et cavalier fougueux, le brigadier Vassili, cavalier et homme d'action qui ne connaît pas la peur, Abaï, fin palefrenier et chasseur attentif , le cadet Stanislas Vénier, expert en discipline militaire mais aussi amateur de femmes , le cornette Maxime Bazin du Bourg, artilleur et féru de la poésie de Wilhelm Kostroswitzky , plus connu chez nous sous le nom de Guillaume Apollinaire. Ses vers accompagneront cette armée fantôme. Sa disparition déjà ancienne ajoutera au mystère de cette histoire.
J'ai aimé ce récit conté à travers l'histoire du retard hypothétique d'un train qu'on n'aperçoit qu'à la fin, comme en filigrane, pour rappeler au lecteur qu'il est bien dans un monde où la fiction est reine, mais aussi qu'il n ‘est plus très sûr de ce qu'il vient de lire.
Pourtant, reste le décor, des grands espaces remarquablement évoqués, apocalyptiques parfois et surtout les personnages dont deux seulement atteindront le terme de leur mission. Ils iront soit vers la mort, soit s'arrêteront en chemin , mais au cours de ce voyage initiatique, chacun ira à la rencontre de lui-même.
Telle a donc été ma lecture personnelle de ce livre où la folie à sa place, mêlée à un réalisme parfois criant de vérité et où se mêlent souvenirs et fantasmes.


© Hervé GAUTIER.
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
migdalmigdal   08 septembre 2020
Ils n'avaient pas fait dix pas que leur mémoire, soudain, sombra, le temps d'écarter le voile comme on franchit un banc de brume qui étouffe les sons et les choses. Désormais, ils étaient plus seuls encore, perdus au milieu d’une foule qui piétinait au bord d’un quai tandis qu’une infinité de bruits nouveaux et discordants se précipitait à leur rencontre. Arriva un long train déjà surchargé, composé de wagons à deux étages dans lesquels s'entassait une humanité aux visages mornes et fermés. Une voix métallique tombée du ciel annonça toute une série de gares dont les noms leur semblaient peu à peu familiers. Le cornette Maxime Bazin du Bourg fit un au revoir de la main et grimpa dans un wagon. Bientôt la foule les sépara. La dernière pensée du colonel-major comte Silve de Pikkendorff avant de monter à son tour dans le train fut, bizarrement, de remarquer que la puissante locomotive ne produisait aucune fumée...


Deux ou trois stations plus loin, le hasard des mouvements de voyageurs entrant ou sortant du wagon les rapprocha à nouveau l’un de l'autre. Ils se tenaient debout, épaule contre épaule, s'agrippant à la même barre d'appui plus graisseuse qu'une table de cantine.
⁃ On se connaît ?
⁃ On s'est vus.
⁃ Comment vous appelez-vous ? Moi, c'est Silve.
⁃ Moi, c'est Maxime.
⁃ Ça ne s'améliore pas, là-dedans.
⁃ Ah non! C'est de plus en plus dégueulasse.

De nombreuses banquettes avaient été lacérées. Le sol était recouvert de déchets, les parois maculées de peinture. Les voyageurs évitaient de regarder. Ils évitalent aussi de se regarder. Les femmes qui se croyaient jolies étaient laides et celles qui étaient belles s'enlaidissalent. Des mendiants passaient, se succédant, l’air agressif ou implorant, selon. Il y avait des pieds posés sur des sièges que lorgnaient de pauvres vieillards debout souffrant de leurs articulations.
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PchabannesPchabannes   17 octobre 2009
‘’Qu'avait donc écrit Osmond, l'évêque, à la première page de son calepin noir, à propos des sept cavaliers quittant la Ville au crépuscule, tête haute, sans se cacher, car ils ne fuyaient pas, ils ne trahissaient rien, espéraient moins encore...? C'était cela: l'espérance! Ils avaient cru tuer l'espérance, ils en avaient vidé leur âme comme on expulse un air vicié pour respirer enfin plus à l'aise, sans passé et sans avenir, sans mémoire, à l'exemple du chevalier de Dürer, éternel et inexpugnable, et voilà que l'espérance les avait ignoblement rattrapés, qu'elle était venue se rappeler à eux sous la forme de cette malheureuse fleur qui pourtant expirait sous leurs yeux et qu'ils en avaient célébré le symbole comme un assoiffé, dans le désert, découvrant une source et remerciant son créateur... Voilà ce qui leur était arrivé. Est-ce que cela ne leur suffisait pas qu'ils eussent chacun, au fond du cœur, une secrète espérance cachée ? Quel besoin avaient-ils ressenti, venu d'où, et de quelle façon, de s'en trouver une autre en commun à propos d'un détail infime, à propos de rien, c'est-à-dire à propos de tout, l'Espérance avec un grand E, l'insondable vertu d'espérance qui accompagne l'homme dès sa naissance et qui lui colle à la peau comme une illusoire cuirasse ? Elle les avait saisis par surprise. Peut-être ne les lâcherait-elle plus, à moins que la nuit ne l'emportât, comme elle emporte tant de choses. Silve pesta contre lui-même. Il s'était fait avoir comme un bleu... Il songea au cadet Vénier. Un bloc de pierre, ce garçon. A peine seize ans, et, déjà, d'une souveraine insensibilité. Au moins le plus jeune d'entre eux avait-il échappé au piège. Là-dessus Pikkendorff s'endormit.’’

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migdalmigdal   09 septembre 2020
- Je descends là. Et vous ?

- Un peu plus loin.

- On se revoit ?

- Je prends ce train presque tous les jours, le wagon de queue, de préférence. C'est le moins bondé, donc le moins sale, parce que le plus éloigné de la sortie.

- Je le prends aussi assez souvent. Sans indiscretion, qu'est-ce que vous faites, dans la vie ?

- J’ai quitté l'armée, dit Maxime. C'est bouché et ça ne sert plus à rien. Je bricole. Je vends de l'assurance. Je m'ennuie. Et vous ?

- Moi, j'écris. J'essaie d'écrire. C'est tout aussi bouché et ça ne sert tout autant à rien...

Ils se retrouvèrent de temps en temps, wagon de queue, ligne A, la main sur la barre d'appui poisseuse, isolés comme dans une bulle d'air pur au milieu de cette foule. Ils se disaient des tas de choses.
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migdalmigdal   07 septembre 2020
Le monde extérieur est muet, comme s'il était devenu soudain aussi vide que les salons de ce château. Les ambassadeurs ont filé dès qu'ils ont connu le départ de Myriam. Je ne peux le leur reprocher. Ils ont dû penser que j'allais la suivre. Aucun n’a pris le temps de prendre congé, à l’exception de mon vieil ami l'ambassadeur des Vallées qui m'a dit en partant cette phrase curieuse : « C'est la fin du monde rêvé... » J'imagine qu’il entendait par là que le monde n’attend plus rien de nous, même pas le rêve. Et, d ailleurs, a-t-il jamais attendu quelque chose de nous ? Ou bien est-ce nous qui l'avons rêvé ? C'est ce qu'on appelle le destin des nations. Elles se font des illusions...
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migdalmigdal   08 septembre 2020
La phrase ne fut point achevée. Le mot qu'avait retenu juste à temps Mgr Van Beck, prélat catholique, était le mot foi, évidemment, Silve l'avait aussi compris. Que Dieu existe ou non, on ne tente pas de le débusquer en lui proposant un marché : « Manifeste-toi, sors de tes nuées, il y va de ma foi ! » Ce n'est pas décent. Cela manque d'allure, de fierté. Cela manque aussi d'amour, et peut-être est-ce cela l'impossible, mais comment se tirer de là ? En tout cas cela manquerait d'honneur, et c'est ce que Mgr Van Beck pensait. L'honneur de l'homme est de croire en Dieu sans rien exiger en échange. A plus forte raison si au fond de soi-même il ne croit pas. Un incroyant qui prie se révèle en réalité un homme de grande foi. Tel était Mgr Van Beck, songeant à la colline sainte de Zurfenberg où il venait de se donner à lui-même rendez-vous...
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Vidéo de Jean Raspail
Là-bas, au loin, si loin... Jean Raspail Préface de Sylvain Tesson Éditions R. Laffont Collection Bouquins
Cinq chefs d'oeuvres de Jean Raspail ainsi qu'un roman inédit sont réunis pour la première fois dans la collection "Bouquins". On y retrouve le souffle de Raspail et les vertus chères à son coeur, courage, loyauté, fidélité. La Procure
Lecteurs ! Vous allez embarquer sur un navire étrange, un bâtiment littéraire. Il a largué les amarres il y a cinquante ans, à moins que ce ne fussent cinquante siècles (mais les faire-part de naissance importent-ils, en littérature ?). C'est un vaisseau de légende. L'équipage ? Des hommes inaptes à la vie moderne. Son port d'attache ? La mélancolie ou la lucidité, ce qui revient au même. Sa destination ? Tout horizon perdu. R. Laffont
https://www.laprocure.com/bas-loin-loin-jean-raspail/9782221157473.html
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