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EAN : 9782221001929
376 pages
Éditeur : Robert Laffont (01/09/1979)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Maintenant, ils roulent vers le nord. Ils ont quitté la ville juste à temps, avant l'invasion sournoise venue du sud, et dont ils ont été les seuls à percevoir la nature, ne recouvre la cité de son uniformité grise.

Trente-cinq compagnons de hasard qu'un même instinct a réunis dans cet antique train jaune et or, superbe relique d'une époque glorieuse de l'histoire du Septentrion. Autour de Kandall, de la belle Clara de Hutte et de Jean Rude... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
migdal
  05 août 2020
Jean Rudeau, alias Jean Raspail, nous emmène vers les froids du grand nord avec trente quatre compagnons en quête de liberté.
Raspail reprend l'un de ses thèmes de prédilection : quand l'espoir n'est plus envisageable, l'espérance prend le relais.
Un magnifique conte philosophique.
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docare
  01 juin 2016
C'est, sans doute, très politiquement incorrect, mais ne peut-on appeler çà de la prémonition ?
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LouIsa77LouIsa77   25 février 2017
Au temps de ma jeunesse, tant de pays, sur divers continents, s'étaient enfoncés de cette façon dans la nuit aveuglante des systèmes régénérateurs, chacun y devenant à la fois dictateur et esclave, double nature de l'homme nouveau. Cela n'avait pas toujours été sans mal. On avait vu des nations vêtues de noir s'amputer, pour aller plus vite, d'un tiers de leur population, membre pourri et sacrifié au sauvetage du corps pur. D'autres pays procédaient différemment, sous des drapeaux et des idéologies d'apparence quelquefois contraire, mais avec une seule méthode éprouvée : autopersuasion par contagion. Tels étaient le poids et la force de l'irradiant cerveau collectif qu'il devenait humainement impossible de penser autrement. Et si certains rechignaient à s'y faire, d'autres se chargeaient de leur arracher le cœur pour leur ouvrir les yeux, choisis, ou plutôt volontaires spontanés, parmi les proches, les parents, les amis, les voisins, les confrères, les collègues, les chefs ou les subordonnés, implacables légions. Il en sortait de partout, jusque dans chaque famille, du fond même des lits conjugaux, du tabernacle des églises ou de la tablée quotidienne des petits bistrots de l'amitié. Plus n'était besoin de prisons, d'asiles de redressement, de camps de régénération ou de stimulation collective. A la fin, chacun se jugeait soi-même selon le code unique sans plus solliciter la vigilance des autres, se déclarait coupable et s'enfermait dans sa propre prison intérieure, le cœur et l'âme transformés en cachot nu et lisse d'où le prisonnier volontaire sortait définitivement métamorphosé. Ainsi avaient péri, de nation en nation, le goût de la singularité, la soif des différences fondamentales et jusqu'à la merveilleuse haine qu'engendraient naguère nos bienfaisantes inégalités divines. Quelles que fussent sa race, sa culture et ses origines, le même type d'homme peuplait désormais les deux tiers de la planète et le plus effrayant, c'est qu'il semblait satisfait !
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CornelioCornelio   18 avril 2019
Les signes s'accumulaient, sans que nous en percevions, tout au nord du pays, loin de la capitale et de ses clochers dorés, les exactes conséquences.
Nous comprenions vaguement comment, sans savoir réellement pourquoi. Tout allait vite, avec des modifications tangibles dans notre vie de tous les jours, mais rien n'était net. Tout changeait dans le flou, comme si une sorte de guimauve envahissante, poisseuse et tenace, transfusée dans les artères vivantes du pays, gelait le cœur et les âmes, et aussi les rouages de l'Etat, les activités de la nation, pétrifiant jusqu'au corps profond de la population. Dans quel but ?
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CornelioCornelio   18 avril 2019
Je me souviens de celle-ci, dans la bouche d'un jeune homme qui aurait aujourd'hui vieilli de quarante ans et se faisait une idée très personnelle de ses semblables : « Et cette terreur soudaine, d'être confondu parmi eux, comme on le serait dans une tribu de singe ». Et celle-là, tirée d'un vieux roman dont l'auteur m'était inconnu. Le gouverneur lisait bien, sans effet, il aimait la petite musique fragile des mots : « Une vague est morte sur nos rives matérielles. Sans bruit, sans force, car elle venait de très loin. Je l'ai prise dans le creux de mes mains. Puis elle m'a échappé et il n'en restait rien... »
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CornelioCornelio   18 avril 2019
Aussi vais-je écouter Kandall lorsque le soir il réunit les enfants dans son wagon et leur raconte des histoires. Invente-t-il ? A-t-il vécu tout cela ? Les peuplades qu'il ressuscite pour les regarder mourir ont-elles jamais existé ? Qu'importe. Les enfants l'écoutent avec des yeux immenses car Kandall sait transformer la mort en un commencement et ses récits vont bien au-delà de la tristesse. J'imagine qu'il nous racontera un jour, peut-être demain, comment est mort le peuple du train qui voulait mourir seul...
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CornelioCornelio   18 avril 2019
En mon nom, en votre nom, je prends possession de Septentrion. Il n'y a de vraie conquête que lorsqu'on sort de ses frontières palpables et impalpables sans esprit de retour. Pour n'avoir pu le comprendre, semblables à tous les hommes de ce temps, ceux qui nous ont précédés ici ont misérablement reflué au sein de la masse protectrice. Dieu merci ! nous autres, nous n'en sommes plus là. Et maintenant, allons fêter cela !
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Videos de Jean Raspail (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Raspail
Là-bas, au loin, si loin... Jean Raspail Préface de Sylvain Tesson Éditions R. Laffont Collection Bouquins
Cinq chefs d'oeuvres de Jean Raspail ainsi qu'un roman inédit sont réunis pour la première fois dans la collection "Bouquins". On y retrouve le souffle de Raspail et les vertus chères à son coeur, courage, loyauté, fidélité. La Procure
Lecteurs ! Vous allez embarquer sur un navire étrange, un bâtiment littéraire. Il a largué les amarres il y a cinquante ans, à moins que ce ne fussent cinquante siècles (mais les faire-part de naissance importent-ils, en littérature ?). C'est un vaisseau de légende. L'équipage ? Des hommes inaptes à la vie moderne. Son port d'attache ? La mélancolie ou la lucidité, ce qui revient au même. Sa destination ? Tout horizon perdu. R. Laffont
https://www.laprocure.com/bas-loin-loin-jean-raspail/9782221157473.html
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