AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072755255
Éditeur : Gallimard (06/09/2018)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 130 notes)
Résumé :
Fraîchement diplômé, Richeville, jeune homme timide et idéaliste embarque au nord de l'Alaska, sur l'Hirundo. Objectif : retrouver la fameuse "baleine 52" qui chante à une fréquence unique au monde. Mais l'équipage affrété par le sinistre Samaritano Institute a d'autres desseins. Au menu : le sinistre Dr Alvarez, un hacker moscovite, une start-up californienne, une jolie libraire et des cétacés solitaires, mutants ou électroniques qui entraînent Richeville dans un t... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  30 mars 2017
Cette année-là, après deux classes préparatoires et trois longues années d'études, Richeville sort promu de l'ESSEC de Cergy-Pontoise. Mais le jeune homme n'a aucune ambition, ni devenir banquier ou consultant, ni entrer à l'ENA. Aussi, son diplôme de commerce en poche, il cherche du travail. Mais ce qu'il veut avant tout, c'est donner un sens à son travail et à sa vie. Lorsqu'il tombe sur une annonce pour le moins intrigante et poétique dans laquelle il est écrit qu'un baleinier recherchait un matelot pour une expédition scientifique dans l'océan pacifique nord, il répond aussitôt. S'ensuit un entretien au résultat positif. Un mois plus tard, Richeville, après des heures de voyage, atterrit à Nome, une charmante bourgade de pêcheurs à l'extrême pointe ouest de l'Alaska. À bord de l'Hirundo, il fait la connaissance du capitaine Eduardo, de Marc, un quarantenaire français aux allures de play-boy, et de Dimitri, un russe de son âge. Un équipage parti à la recherche de la baleine 52, celle qui chante à une fréquence unique au monde...
Cette fois-ci, Pierre Raufast nous embarque à bord de l'Hirundo en compagnie d'un équipage pour le moins hétéroclite. Partis à la recherche de cette fameuse baleine bleue, celle qui, de par son chant unique, est abandonnée de ses pairs qui ne l'entendent pas (eux oscillent entre 12 et 25Hz), ces quatre hommes, de par leur promiscuité, vont se livrer. Ainsi, l'on fera connaissance avec le Dr Álvarez, un homme aux expérimentations et desseins sinistres, une jolie libraire, une poissonnière qui cache bien son jeu, un sculpteur de Vierge Marie ou encore un notaire plutôt malin. L'auteur étoffe son récit par des anecdotes véridiques, le plus souvent scientifiques, mais aussi par des aventures rocambolesques. de par cette structure narrative toujours aussi élaborée, il nous offre un roman ingénieux, malicieux, passionnant et fort documenté. Avec, en prime, de jolis clins d'oeil faisant référence à ses précédents romans. L'écriture précise, riche et poétique sert à merveille ce roman à la fois cynique, drôle, sensible et subtil.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          672
boudicca
  28 février 2017
La fréquence du chant émis par les différentes espèces de baleines pour communiquer entre elles oscille habituellement entre 12 et 25 hertz. En tout cas c'est ce que l'on croyait avant la découverte en 1989 d'un cétacé capable d'émettre jusqu'à 52 hertz. Condamné à la solitude (les scientifiques la surnomment d'ailleurs « la baleine la plus seule au monde »), ce cétacé unique en son genre ne se contente pas de communiquer différemment de ses congénères mais adopte également une toute autre trajectoire. Les hypothèses avancées pour expliquer la singularité de l'animal ne manquent pas (représentant d'une sous-espèce ? victime d'une malformation ?) mais la créature continue aujourd'hui encore d'attiser la curiosité de la communauté scientifique... et littéraire. Car c'est bien cette « baleine 52 hertz » qui se situe au centre du nouveau roman de Pierre Raufast avec lequel j'ai décidé (sur les bons conseils de mon cher et tendre) de faire plus ample connaissance. L'ouvrage met en scène un certain Richeville, jeune diplômé en économie qui se retrouve, sur un coup de tête, à faire partie d'une expédition scientifique lancée à la recherche de cette mystérieuse baleine. « Quelque chose de grand va se passer. Dans une poignée de secondes, la fameuse baleine va surgir. Ils vont être les premiers au monde à l'observer. »
Richeville n'est toutefois pas le seul homme à bord et les autres membres de cet équipage pour le moins hétéroclite auront eux aussi l'occasion de relater leur histoire et d'expliquer les raisons de leur présence sur ce navire. Outre le récit des aventures rocambolesques de Richeville, le lecteur apprend ainsi à faire connaissance avec les différents personnages (un ancien hacker, un généticien...) dont le passé soulève d'intéressantes questions relatives aux travers de la société d'aujourd'hui (renforcement de la surveillance informatique, multiplication des problèmes écologiques...) L'auteur s'est de toute évidence bien documenté sur son sujet et n'hésite d'ailleurs pas à parsemer son roman de quelques anecdotes scientifiques attrayantes mais aussi de références à ses précédents romans (« La Fractale des raviolis » et « La variante chilienne »). Son style est en tout cas nettement reconnaissable, plein d'humour et de cynisme même si le roman est empreint d'une indéniable gravité. le thème de la solitude, notamment, est au centre du récit, que ce soit celle du protagoniste ou celle de l'animal qu'il poursuit, et les réflexions de l'auteur sur le sujet donne à l'ensemble un petit côté mélancolique qui ne laissera pas le lecteur indifférent.
Pierre Raufast se penche avec son nouveau roman sur un fait scientifique intéressant autour duquel il tisse plusieurs histoires plus ou moins rocambolesques que l'on découvre au fil des pages avec beaucoup de plaisir. Merci à Babélio et aux éditions Alma pour cette belle lecture !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
Dionysos89
  06 mars 2017
Quand on a dévoré La Fractale des raviolis, puis La Variante chilienne, on ne peut décemment pas passer outre le nouveau roman de Pierre Raufast chez les éditions Alma : La Baleine thébaïde.
Ce coup-ci, Pierre Raufast nous narre l'histoire tragi-comique de Richeville, diplômé en économie après avoir fini une grande école, ce qui lui a laissé un goût amer vis-à-vis de la cohabitation entre étudiants. Sur un coup de tête et par un hasard confondant, il prend part à une mission scientifique à bord d'un simple bateau de pêche ; le but est de traquer et trouver la fameuse « baleine 52 » ! Vous ne la connaissez pas ? Cela tombe bien, lui non plus. C'est une baleine au phénomène unique : elle émet une « mélodie » à une fréquence de 52 Hz et elle est la seule baleine à le faire, faisant ainsi penser à une nouvelle espèce (« true story », allez vérifier vos sites d'informations préférés).
Là-dessus, Pierre Raufast constitue un casting encore une fois bien velu, sans être pléthorique ; en effet, chacun des trois autres membres de l'équipage a une histoire à faire valoir et vient le temps (entre solitudes et jeux de cartes) de les raconter à Richeville qui note le tout. Que leur est-il arrivé pour finir dans cet équipage hétéroclite ? Qu'arrive-t-il à cet équipage justement ? Et comment l'auteur en tire-t-il parti ? C'est là tout le sel de ces histoires imbriquées : un élément en entraîne un autre insignifiant, mais qui se révèle capital trente pages plus loin, puis une autre anecdote s'enchaîne sans coupure, etc.
Avec son verbe et sa verve habituelle, Pierre Raufast a choisi d'aborder cette fois la question de la science plus ou moins éthique, du numérique plus ou moins intrusif et de la puissance financière plus ou moins méritée. Même si nous sommes constamment dans une certaine comédie du quotidien, il y a toujours du drame qui se cache là-dessous, au grand dam de Richeville qui n'aura pas des aventures réjouissantes tous les jours…
Forcément, quand on commence à connaître un peu l'écriture d'un auteur, on choisit le bon moment pour en lire davantage. Deux heures après m'y être mis, donc, le constat était sans appel : la plume de Pierre Raufast se lit toujours sans retenue. de l'humour cynique, des anecdotes fumeuses et des récits de vie rocambolesques : le programme me convient toujours autant !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
Josephine2
  05 février 2017
Voilà le dernier roman de Pierre Raufast. Et vous savez à quel point je suis fan de cet auteur.
Encore une fois, Pierre Raufast me fait rentrer dans son monde peuplé d'histoires gigognes. J'adore !
Il nous entraîne sur un bateau, à la recherche de la « baleine 52 ». Elle chante à une fréquence unique au monde… Mais que se cache-t-il derrière le Dr Alvarez, créateur du laboratoire Samaritano Institute, affréteur de cette expédition ?
J'ai suivi avec délectation les péripéties qui arrivent au jeune Richeville, un peu idéaliste, solitaire, paumé. Il ira de malchance en malchance…
Vous connaissez la « Théorie du Papillon » émise par Lorenz en 1973 : « le battement des ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer un ouragan au Texas ? ». Pierre Raufast s'appuie sur cette théorie pour ses romans. Ainsi que sur des personnages tout aussi improbables. C'est à chaque fois une nouvelle découverte. Une belle découverte. Tant de possibles existent…
Je ne suis pas une étoile, mais je me suis posée pour lire doucement cette histoire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          322
zabeth55
  18 novembre 2018
Quand la finance et la science s'unissent, ça peut produire d'étranges résultats. Surtout quand un jeune homme timide et fraîchement diplômé se retrouve malgré lui embarqué dans une aventure qui le dépasse.
C'est un roman un peu hors norme, fort agréable à lire qui pose bien des questions sur les dérives des nouvelles technologies.
Pauvre Richeville, naïf et pur, face aux requins modernes !
Beaucoup d'humour dans cette aventure pas si loin de la réalité.
Commenter  J’apprécie          270
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   06 octobre 2018
[ école de commerce ]
En septembre [...] je rejoignis cinq cents nouveaux camarades pour partir à la montagne en semaine d'intégration. Menés par une poignée d'extravertis flamboyants, ces quelques jours furent placés sous le signe d'un totalitarisme forcené : bonne humeur impérative, alcool fort obligatoire, musique à fond jusque tard dans la nuit.
- Vous avez réussi un des concours les plus difficiles de France, amusez-vous, enivrez-vous, c'est un ordre ! clamait un certain Martial, qui menait sa petite guerre : coucher avec le plus de 'premières années' possible. Dur diktat pour un introverti comme moi.
Je n'aimais pas la vulgarité de ces rassemblements. L'image de ces filles ivres mortes baignant dans leur vomi me désolait.
Il fallait faire semblant : entrer dans le rang. Commencer ce gigantesque travail de formatage. Les 'deuxièmes années' reproduisaient le schéma de leurs aînés. Le bizutage est l'étape initiale du calibrage des esprits. Il faut mater les libres penseurs, expier nos honteuses nuits de travail... Danser ivre et nu sur la table est un rite de passage exigé par la divinité économique qui fera de nous, peut-être, des gens riches et puissants. Ainsi soit-il.
Le bureau des élèves avait les moyens d'alcooliser toute la promotion. Pourquoi s'en priver ? Dans ce milieu, seul l'argent fixe les limites.
(p. 20-21)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
marina53marina53   01 avril 2017
Ô mères, coupables absentes,
Qu'alors vous leur paraissez loin !
À ces créatures naissantes
Il manque un indicible soin ;

On leur a donné les chemises,
Les couvertures qu'il faut :
D'autres que vous les leur ont mises,
Elles ne leur tiennent pas chaud.

Mais, tout ingrates que vous êtes,
Il ne peuvent vous oublier,
Et cachent leurs petites têtes,
En sanglotant, sous l'oreiller.

Première solitude, René François Sully Prudhomme
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
Josephine2Josephine2   05 février 2017
Page 23
Cette année-là, moi, Richeville, je décrochais le diplôme de l’ESSEC…
…J’obtins le diplôme au bout de trois longues années.
Dans ma promotion, un tiers voulait devenir banquier par amour de l’argent. Un autre tiers visait l’ENA pour la puissance. Le dernier tiers se rêvait consultant dans l’un des big four pour devenir riche et puissant. Je faisais partie du quatrième tiers, le tiers honteux : celui qui n’avait aucune ambition. Le renégat du commerce, l’apostat du mangement. Autant vous dire que j’étais aussi populaire qu’une reine Bothrimyrmex chez les fourmis Tapinoma.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
ZilizZiliz   09 octobre 2018
Par principe, le Dr A. s'est toujours intéressé aux activités interdites. Selon lui, c'est dans les domaines prohibés qu'il faut concentrer les recherches. La compétition y est moindre et les autorités sont incapables de réguler des activités qui légalement n'existent pas. En résumé, pas de contraintes administratives ni scientifiques et pas de concurrence. Le rêve de tout chercheur : qu'on lui foute la paix. Il est toujours temps, les résultats en main, de plaider la légalisation des pratiques au vu de l'immense valeur de la découverte. La seule condition étant de ne pas se faire prendre. Pour cela, l'institut disposait d'une batterie d'avocats et de fiscalistes très performants qui [le] conseillaient sur les montages financiers et structurels à réaliser.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
marina53marina53   30 mars 2017
Ils se regardent en silence. Il est trop tôt pour un premier baiser. Ne pas gâcher cette folle espérance. Jouir de cette attente, profiter de ces instants de grâce où le cœur et la tête ne sont pas encore d'accord. Laisser le temps les envelopper délicatement et tisser leur histoire à la façon d'un cocon de soie.
Commenter  J’apprécie          271
Videos de Pierre Raufast (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Raufast
#LaMinuteFolio avec Pierre Raufast Comment est rangée sa bibliothèque ? À qui fait-il confiance pour lui conseiller des livres ? Toutes les habitudes de lecteur de Pierre Raufast
autres livres classés : baleineVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox