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EAN : 9782490251056
Éditeur : Canoë (04/10/2019)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Regards paranoïaques A travers 7 histoires racontées avec une verve d'enquête policière où sont impliqués des photographes célèbres ou qui vont le devenir (Julia Margaret Cameron - grand-tante de Virginia Woolf - Cartier-Bresson, Doisneau, Gisèle Freund, Markus Hansen, Lartigue, Laurence Sudre), Martine Ravache s'attache à mettre en évidence le fait que tout regard est subjectif, qu'il est une construction de l'esprit et que dans le partage collectif de cette expéri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
LiliGalipette
  02 septembre 2020
« Les sept récits qui suivent sont une lente montée vers la lumière comme le bain du révélateur infuse dans la pénombre avant de laisser apparaître l'image en douceur. C'est bien la capacité de révélation, propre à la photographie, qui est le sujet de ce livre. » (p. 26 & 27)
Pour ceux qui n'ont pas encore compris, je découvre depuis peu les dessous du huitième art. Regarder un cliché, je sais faire. le comprendre, c'est autre chose... Et pour cela, le livre de Martine Ravache est parfait ! L'autrice explore clairement des sujets complexes. Elle présente sa rencontre et son amitié avec Gisèle Freund et raconte la dispute autour de l'héritage de la portraitiste. Elle compare un portrait de Virginia Woolf et un portrait de la mère de l'autrice britannique, distants de 80 ans. Elle réfléchit à la bataille entre le noir et le blanc et la couleur, et à l'usage que les photographes ont fait de ces deux façons de représenter le monde. « S'intéresser à la couleur, c'est donc voyager dans un pays aux contours incertains dont on ne peut jamais vraiment faire le tour. » (p. 93)
Réussir une photo, ça demande d'avoir le coup d'oeil, ou plutôt le clin d'oeil, puisque le photographe s'éborgne pour mieux voir. « La meilleure façon de voir serait donc de fermer un oeil pour ne garder que le bon. » (p. 109) Et on s'interroge alors sur le fameux baiser de Robert Doisneau : est-ce un moment volé ou une banale construction ? « Quel intérêt Doisneau aurait-il eu à mentir ? À vouloir se faire passer pour un metteur en scène, un truqueur plutôt que pour un génie de l'instantané ? » (p. 161) Et face aux portraits miroirs et empathiques que Markus Hansen fait de lui en réponse à des visages d'autres personnes, on réfléchit nécessairement à l'art de l'autoportrait à l'heure de la pellicule. « Dans ma pratique professionnelle, j'ai constaté que le processus de perception et sa transformation concernent aussi le regardeur. Regarder est moins une activité objective qu'une construction de l'esprit. » (p. 24)
Des grands noms émaillent le livre : Jacques Henri Lartigue, Seydou Keïta, Henri Cartier-Bresson, Laurence et Dominique Sudre, etc. Tous marquent l'histoire de la photographie, interrogent son rapport au réel et sa dimension artistique. « La bonne photographie tire sa force de séduction du chemin tortueux qu'elle parcourt dans notre inconscient. Elle est une aventure inoubliable. Il lui arrive toutefois de rejoindre le bataillon des images endormies qui peuplent nos imaginaires avant de réapparaître comme un fantôme, miraculeusement surgi de je ne sais quelle nuit. » (p. 101 & 102) le livre de Martine Ravache donne à réfléchir, profondément et avec beaucoup d'intérêt !
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leslivresquejaime_
  09 septembre 2020
Bresson disait qu'un simple regard pouvait déclencher une passion, un assassinat, une guerre. Au fond, un simple regard peut signifier mille émotions, pour celui qui le croise...
Alors pourquoi parle-t'on de regards paranoïaques?
Parce qu'il peut être inventif, changeant, parce que trouble, parce qu'intime, nous frôlons parfois le voyeurisme en croisant un regard sur une photo, un instant s'arrête à jamais, et nous pouvons alors tout y déceler...
Le roman "Regards Paranoïaques" de Ravache est une grande enquête sur le regard, divisée en 7 petites histoires.
Entre essai sur la photographie et enquête journalistique, nous découvrons plusieurs artistes, témoignages, un procès...
En une phrase, pour révéler le fond des histoires contées par Martine Ravache:
1. le regard et l'interprétation d'une photographie.
2. La différence entre le regard de l'écrivain et celui du photographe.
3. La puissance du regard et de la lumière dans la photographie en noir et blanc, et celle qui est colorée.
4. L'évolution du regard qu'un individu porte sur une photo, et l'évolution du regard selon les époques.
5. La jurisprudence sur le droit à l'image pour la photographie de Doisneau "Baiser de l'Hôtel de Ville".
6. La photographie des années 70: regard sur une époque et des événements, entre révolution, rage, amour et mort.
7. Enfin, avec les travail d'Hansen: le regard de l'autre comme révélateur de notre identité.
Je suis partagée par ces récits. L'écriture est magnifique, je n'ai rien à redire, on lit d'une traite toutes ces histoires, mais certaines sont très techniques. Destinées à être lues par un public averti...
J'ai appris de nombreuses choses, toutefois. En si peu de page, je ressors de ce roman pleine de connaissances!
On apprend que le noir et blanc a longtemps été surestimé, alors que la couleur faisait son apparition. On estimait ce nouveau procédé trop vulgaire, trop propre à exposer la réalité. le noir et blanc permettait aussi de jouer davantage sur la lumière...
Aussi, concernant le procès de Doisneau pour son "Baiser de l'hôtel de ville", jurisprudence sur le droit à l'image. L'interprétation juste de l'auteure et son regard sur l'affaire m'ont passionnés.
Les récits s'achèvent sur une ode à l'empathie et au rôle du regard du spectateur en photographie. Comme les résument parfaitement le travail d'Hansen et l'écriture de Martine Ravache: en photo, comme dans la vie de tous les jours, autrui est toujours révélateur de notre identité...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   02 septembre 2020
« Les sept récits qui suivent sont une lente montée vers la lumière comme le bain du révélateur infuse dans la pénombre avant de laisser apparaître l’image en douceur. C’est bien la capacité de révélation, propre à la photographie, qui est le sujet de ce livre. » (p. 26 & 27)
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LiliGalipetteLiliGalipette   02 septembre 2020
« Un seul coup d’œil suffit pour rentrer par effraction dans l’intimité des autres et saisir systématiquement les secrets du désir : la concupiscence, la jalousie, la peur, l’admiration, l’amour dans le regard de l’autre et des autres… Les pulsions du désir finissent par échapper à leur propriétaire. Ce regard-là vous vaut toujours des ennuis : les gens ont horreur d’être « devinés » (légitimement paranoïaques à leur tour ?). Un jour, j’ai fini par comprendre que cette activité d’espionnage et mon goût personnel pour l’écriture ne faisaient qu’un. » (p. 44)
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LiliGalipetteLiliGalipette   02 septembre 2020
« La bonne photographie tire sa force de séduction du chemin tortueux qu’elle parcourt dans notre inconscient. Elle est une aventure inoubliable. Il lui arrive toutefois de rejoindre le bataillon des images endormies qui peuplent nos imaginaires avant de réapparaître comme un fantôme, miraculeusement surgi de je ne sais quelle nuit. » (p. 101 & 102)
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LiliGalipetteLiliGalipette   02 septembre 2020
« Dans ma pratique professionnelle, j’ai constaté que le processus de perception et sa transformation concernent aussi le regardeur. Regarder est moins une activité objective qu’une construction de l’esprit. » (p. 24)
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LiliGalipetteLiliGalipette   02 septembre 2020
« Quel intérêt Doisneau aurait-il eu à mentir ? À vouloir se faire passer pour un metteur en scène, un truqueur plutôt que pour un génie de l’instantané ? » (p. 161)
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