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Yves Ravey (Autre)
EAN : 9782707346667
144 pages
Editions de Minuit (04/03/2021)
3.44/5   131 notes
Résumé :
Jean Seghers est inquiet : sa station-service a été déclarée en faillite.
Son veilleur de nuit-mécanicien lui réclame ses indemnités et, de surcroît, il craint que sa femme entretienne une liaison avec le président du Tribunal de commerce.
Alors, il va employer les grands moyens.
Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
3,44

sur 131 notes

Bookycooky
  13 mars 2021
La veille ils ont fêté leurs dix ans de mariage.
Cette nuit sa femme Remedios est rentrée à l'aube raccompagnée par Walden, le président du tribunal de commerce. Il est sorti et a lancé un grand salut. Que sa femme rentre si tard, aucun souci, c'est la présence de Walden qui le préoccupe. Il le lui dit. Walden est offensé et démarre. Sa femme trouve son comportement bête et mal élevé vu qu'il vient de déposer son dossier de dépôt de bilan de la station de service qu'il gére à ce même tribunal où le Walden est président.
Vous pensez qu'il y a un problème ?
Deux femmes vont le confronter à ses propres difficultés.....dans un décor qui rappelle les tableaux de Hopper.
Chez Ravey tout est cartes sur table, pourtant jusqu'au bout on n'y croit pas, cherchant la petite bête 😁! C'est court, sans fioriture, sans psychologie, à la limite du minimalisme, très cinématographique avec des personnages impassibles esquissés en quelques traits. Et pourtant rien ne manque à cette fausse intrigue qui se déroule dans un climat de mal être constant , et qui nous tient en haleine jusqu'à un final qui laisse pantois 😆!
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Cannetille
  20 juillet 2021
Rien ne va plus pour Jean Seghers : sa station-service est en faillite, tout laisse à croire que sa femme le trompe avec le président du Tribunal de commerce, et son employé lui réclame le paiement immédiat de ses indemnités. Mais notre homme et narrateur n'a pas dit son dernier mot…
Clair, net et sans bavure : Yves Ravey n'abandonne pas sa marque de fabrique et nous plonge à nouveau dans un de ses courts récits dont le minimalisme fait toute la force de frappe. La situation est banale, les personnages ordinaires et l'intrigue d'une extrême simplicité, pourtant le texte subjugue, surprend et finit par ouvrir des perspectives aussi dérangeantes qu'inattendues. En se cantonnant à l'observation et à la description sèches de leurs faits et gestes, la narration suscite une impression étrange de décalage et de malaise face à des personnages dont le lecteur, perturbé par un tel vide, ne pourra que supputer les sentiments et la psychologie. Sur ce plan, la conclusion, que d'aucuns pourront juger trop abrupte et à première vue frustrante, est une apothéose de non-dit, où s'entrevoit soudain un au-delà du récit, glaçant et diabolique.
Aussi implacable que dépouillée, cette noire histoire aux accents chabroliens se lit d'un trait et vous laisse, déstabilisé, sur les bords de ce faux vide qu'est le non-dit.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Christophe_bj
  10 mars 2021
Jean Seghers est le gérant d'une station-service qui est en cours de dépôt de bilan. Il suspecte sa femme Remédios d'entretenir une liaison avec le président du tribunal de commerce. Son employé Ousmane lui réclame son indemnité de licenciement. Sa mère Dolorès refuse de l'aider. ● Sur une intrigue très convenue, qui relève à la fois du roman noir et du vaudeville, l'univers très particulier d'Yves Ravey se déploie dans toute sa splendeur. Il est fait notamment de non-dits et d'inquiétante étrangeté. On a l'impression d'être dans un monde très légèrement décalé par rapport à celui que nous habitons. C'est incroyable de parvenir à faire cela avec des mots. D'une totale originalité à chaque fois les livres d'Yves Ravey me ravissent. ● Sa prose est serrée, il n'y a pas un mot en trop et aucun mot ne pourrait être retranché, peu d'auteurs arrivent à faire cela. ● Même si la fin vraiment trop rapide ne m'a pas plu, je recommande vivement ce livre et cet auteur.
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palamede
  06 août 2022
Jean Seghers sur le point de perdre sa station service, en redressement judiciaire et sa femme, infidèle, imagine un moyen radical de résoudre ses problèmes.
Première incursion dans le monde très particulier d'Yves Ravey (merci Idil) qui en très peu de pages, et une histoire au premier abord banale, intrigue, dérange et déstabilise. Comme son héros, champion de la manipulation, on a le sentiment d'être baladé par l'auteur dont le récit en apparence prosaïque nous pousse à de multiples supputations sur le dénouement, qui finalement arrive tellement inattendu et abrupt qu'il nous laisse sans voix. Vraiment du grand art.
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JIEMDE
  10 mars 2021
Sur les - toujours - excellents conseils de mes libraires indépendantes préférées, je découvre sur le tard (honte à moi) l'univers d'Yves Ravey à travers Adultère, sorti ces jours-ci. Et ce court roman ou cette novella noire m'a sacrément donné envie de plonger dans les parutions précédentes du sieur Ravey.
Comme disait Jacques C., grand philosophe du siècle dernier, « Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille » ! Seghers en sait quelque chose : son garage est en faillite, ses comptes dans le rouge, son veilleur de nuit Ousmane le harcèle pour le paiement de ses indemnités de licenciement et, last but not least, il semblerait que Mederios, femme de Seghers, le trompe allègrement avec Walden, son ami et président du tribunal de commerce qui gère son dossier. Fermez le ban, la coupe est pleine, et place à la réaction !
L'histoire d'Adultère est simple, saynète banale d'un quotidien vécu par tant de gens, hier et davantage aujourd'hui. L'analyse de la situation par Seghers et sa réaction le seront beaucoup moins.
Dans un style épuré où le moindre mot compte, où la digression superflue n'est pas une option, où les dialogues sont réduits à l'essentiel, Ravey réussit en quelques pages à capter son lecteur et à l'installer dans une tension qui monte au fil des pages, pour ne le relâcher qu'au dernier mot. Sans affect pour ces personnages qui ne le méritent pas, sans pathos non plus, on se prend étonnamment à s'intéresser à cette tranche de vie qui finit mal. Chapeau !
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critiques presse (7)
LesInrocks   10 janvier 2022
L’auteur multiplie les pièges qui encerclent son narrateur, et fait planer une angoisse diffuse sur un roman qu’on ne lâche pas.
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LeMonde   07 juin 2021
L’écrivain signe « Adultère », son dix-septième roman. C’est l’occasion de reparcourir une œuvre qui se tient toujours à la lisière du roman noir, à travers quelques traits saillants.
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Bibliobs   26 mars 2021
« Adultère » est la confession compendieuse d’un pauvre type, que des déconvenues sociales et sentimentales transforment en salaud. Dans ce bref roman, tout est, mine de rien, oppressant et diabolique.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaLibreBelgique   17 mars 2021
"Adultère" d’Yves Ravey, un très beau moment de lecture pour un roman-thriller comme du Hopper.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesInrocks   09 mars 2021
Yves Ravey échafaude avec Adultère un roman noir fulgurant. Comme à son habitude, c’est angoissant, concis, et totalement inattendu.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
SudOuestPresse   05 mars 2021
On entre dans un livre d'Yves Ravey comme dans un film de Chabrol : on connaît le procédé, les obsessions ; on traque variantes et nuances.
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LeFigaro   04 mars 2021
Le charme puissant de ce roman tient au fait que le lecteur voit tout, et qu'il assiste impuissant au dérèglement des êtres et des circonstances.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   07 mars 2021
Dolorès m’a redemandé comment ça allait, si j’avais des soucis avec la station. Elle éprouvait le sentiment que
quelque chose clochait. Et je lui ai rappelé, pour éviter d’avoir à parler de Remedios et de Walden,
qu’au début, mon intention était de reprendre une autre station-service, même groupe pétrolier, mais plus grande, plus gros chiffre d’affaires,
et Remedios serait de la partie, évidemment. Ma mère s’est confondue, cette fois, avec l’obscurité.
Je n’entrevoyais plus qu’un léger contour de sa silhouette, mais je l’entendais parfaitement. Elle m’a
dit : À supposer que cela se produise, crois-tu que ta femme serait d’accord pour t’accompagner ?
C’est évident, ai-je répondu, pourquoi ce doute de
ta part, maman ? J’ai proposé à Dolorès, toujours
en retrait dans l’ombre, de la raccompagner en lui
prenant le bras. Merci, Jean, je peux rentrer seule,
et j’ai posé la question suivante : N’aurait-elle pas
observé quelque chose d’anormal ?
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rkhettaouirkhettaoui   07 mars 2021
Cette femme, toute experte qu’elle fût, ne détenait aucune preuve. Elle m’a retenu dans le bureau en me demandant si c’était sérieux, mon voyage ? si je partais sans ma femme…? Au fait, votre femme…? Je n’ai su quelle était sa question. Elle s’est retournée. L’adjudant Bozonet se tenait au milieu de la piste, en chemise, car il faisait déjà chaud. J’ai aperçu, à cette occasion, trois de ses collègues de la cellule d’investigation au milieu des cendres. Il s’est adressé à Hunter, d’un signe réservé de la main, tout en restant sur place. Et je me suis convaincu, une nouvelle fois, que la présence de l’adjudant était ma chance.
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rkhettaouirkhettaoui   07 mars 2021
Je vous rappelle qu’Amina est très sensible, elle est donc susceptible d’interpréter toute parole dans un sens négatif. Je dis aussi que, pour parler seul à
seul, il a bien fallu que vous arriviez au momentoù Ousmane était dans le parc. Pour ce faire, il a fallu compter avec le temps : le temps qu’Ousmane sorte de chez lui pour se rendre au parc municipal, le temps qu’il reste dans l’aire de jeu, le temps
qu’il revienne avec les enfants qui avaient emporté leur ballon. Pour cela, il faut être présent, au pied
de l’immeuble, avant le départ d’Ousmane. Il faut donc l’avoir épié pour être en mesure de constater,en toute certitude, que la voie est libre.
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YANCOUYANCOU   15 mars 2021
"Elle a regardé autour d'elle, un peu empruntée, et puis, a-t-elle ajouté, sans que je m'y attende, passant d'un sujet à l'autre : Vous me permettez de changer de chaussures... ma voiture est juste à côté?"
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rkhettaouirkhettaoui   07 mars 2021
Ma mère ne dépensait pas sans compter. Elle était très économe, mais elle ne comptabilisait pas
le montant de ses rentrées d’argent reçues sous forme de rente mensuelle. Il va sans dire – mais nous n’en parlions jamais – que mon père ne lui versait aucune pension complémentaire. Je pouvais donc lui emprunter un peu d’argent, sans que cela constitue un drame. Au pire, je risquais quoi ?
une réflexion désagréable lors de ma prochaine visite, ce qui, dans ce cas, me disais-je, serait parfaitement compréhensible.
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Videos de Yves Ravey (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yves Ravey
Claire Baglin et Yves Ravey vous présentent leurs ouvrages "En salle" et "Taormine" aux éditions de Minuit. Entretien avec Thomas Simmonet.
Retrouvez les livres :
- En salle : https://www.mollat.com/livres/2643227/claire-baglin-en-salle - Taormine : https://www.mollat.com/livres/2643226/yves-ravey-taormine
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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