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EAN : 9782707323835
Éditeur : Editions de Minuit (06/03/2014)

Note moyenne : 2.84/5 (sur 106 notes)
Résumé :

Avant de mourir à l'hôpital militaire de Montauban, Louis m'a révélé l'existence de sa fille Mathilde dont il avait perdu la trace.

Il savait seulement qu'elle avait passé des années en asile psychiatrique et qu'on lui avait retiré la garde de son enfant. Il m'a alors demandé de la retrouver.

Et j'ai promis. Sans illusion. Mais j'ai promis. Et c'est bien par elle que tout a commencé
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  02 juin 2014
Sous le titre assez moyen de « La fille de mon meilleur ami » se cache l'un de ces petits bouquins qui se dégustent comme des cafés serrés. de ceux qui, d'un seul trait, vous gorgent d'arômes subtils, à la fois toniques et délicats.
Equilibre entre force et finesse, dosage impeccable entre ce qui est dit et ce qui est sous-jacent, entre ce qui s'exprime et ce qui se sent et une note finale qui laisse en bouche comme une petite touche d'amertume.
Ristretto donc que ce texte bref, dont le charme persiste dans le temps, nous laissant apprécier tout le talent d'un auteur qui va à l'essentiel, qui évite les longues digressions et affectionne particulièrement les formats courts des novelas.
Avec justesse et modération, Yves Ravey fait de l'art dans du peu.
Et avec presque rien, une poignée de personnages, un cadre de banlieue, des phrases écrémées et un style sans détour, l'auteur nous projette dans ce qui se présente au départ comme une gentille historiette mais se révèle bien vite un bel objet littéraire aux formes effilées, très séduisant dans sa limpidité, plus grave qu'il n'y paraît de prime abord.
Ainsi le récit se dévide comme une évidence, l'air de ne pas y toucher, porteur toutefois d'une fatalité qui sourd presque de manière nonchalante, distillant goutte à goutte une atmosphère de roman noir avec cette simplicité élégante et faussement distante qui lui donne toute sa suavité.
Fausse simplicité, fausse désinvolture, Yves Ravey ne s'encombre pas de superflu et chaque mot tombe pile là où il le faut, net, juste, d'une imparable efficacité.
Des phrases courtes sans aspérité, concises, lisses et précises, sur une écriture lucide, factuelle et sans bla-bla.
Cela peut sembler simple, ça ne l'est que pour mieux nous prendre dans les filets d'un univers en demi-teinte, un peu gris, un peu glauque, un peu banlieusard, un peu provincial, un peu cynique, le genre d'histoires courues d'avance à la chute aussi infaillible qu'inéluctable.
Et c'est ainsi, avec une assurance tranquille, au gré d'une mécanique toute efficace dans sa placidité, que l'on accompagne William Bonnet, d'abord gentiment compatissant par la promesse qu'il a faite à un ami militaire décédé de veiller sur Mathilde, sa fille plus ou moins dérangée, puis peu à peu intrigué par le profil de ce personnage qui se révèle à nous en homme moins charitable et honnête que ce qu'il nous avait semblé au départ. Ainsi, que fait-il avec plusieurs fausses cartes de visite et d'identité ? C'est néanmoins un homme qui tient ses promesses. Et lorsqu'à sa sortie de l'hôpital psychiatrique où elle fait régulièrement de longs séjours, Mathilde lui demande de l'emmener voir le fils qu'elle a eu avec Anthony, son ex-mari, et que la justice lui a enlevé, William, bien que se doutant que cette requête sera source d'ennuis et par fidélité à la parole donnée, finit par céder et accepte d'accompagner la jeune femme.
L'enfant vit chez son père maintenant remarié dans une bourgade de province.
Connaissant le caractère imprévisible de Mathilde, William s'emploie à repérer les lieux, rôde, enquête, s'attarde…
Et lorsqu'il rencontre la belle Sheila aux yeux verts, la nouvelle femme d'Anthony…et quand il remarque à quel point ce dernier, trésorier du syndicat et collecteur de la caisse de solidarité des usines Rhône-Poulenc, semble attaché à son petit cartable de cuir….l'idée ne tarde pas à germer qu'il y aurait peut-être un bon coup à se faire dans cette petite ville de banlieue en plein piquet de grève, une occasion à saisir…Oui, il se pourrait bien qu'il touche le gros lot…
« Attention William, sais-tu bien où tu mets les pieds ? » a-t-on alors envie de lui conseiller. « As-tu pensé à Mathilde ? »
Mathilde et ses crises inattendues, Mathilde et son esprit en capilotade…belle et sauvage Mathilde…déroutante, déconcertante, surprenante Mathilde… avec elle, on ne sait jamais comment les choses vont tourner…
Alors fonctionnera, fonctionnera pas, le plan de William Bonnet ? On a envie d'y croire, on n'y croit guère, on attend la chute, la tuile sur le coin de la gueule, tout en s'attachant à ce type pas trop comme il faut mais terriblement sympathique. La mécanique se met en place, le suspense s'installe avec le tranquille savoir-faire de l'auteur et nous, on boit ça d'un trait, café serré, corsé, ristretto…
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isabelleisapure
  11 mai 2014
Louis va mourir.
Il appelle William son meilleur ami pour se libérer d'un secret.
Louis lui apprendra l'existence de sa fille Mathilde dont il avait perdu la trace et lui demande de veiller sur elle.
William promet, ce ne sera pourtant pas une mince affaire, d'autant plus que lui-même est loin d'être un personnage des plus clairs.
Mathilde est divorcée, elle est passée par la psychiatrie et une vie dissolue à la suite desquelles Roméo, son fils, lui a été retire
La situation plus que trouble des protagonistes va générer un road movie tissé d'évènements complètement déjantés qui malgré le fond dramatique prête parfois à sourire.
Par une écriture rapide, concise épargnant les détails inutiles, Yves Ravey nous tient constamment en haleine dans un parcours à grande vitesse.
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Juin
  22 avril 2014
Entrez dans un livre de Yves Ravey c'est ne pas savoir où l'on va. Même si dès le début l'histoire est en place. Les personnages prennent forme peu à peu .
Le héros, William est sans illusion sur l'issue de cette histoire.
William a promis de retrouver Mathilde, qui a été internée et n'a pas vu son fils depuis des années. Il va provoquer cette rencontre, interdite par la loi.
William n'est pas tout blanc. Lui aussi il a une histoire, mais tout va s'arranger et là il se fait des illusions
Tout est décrit, détaillé avec minutie. Personnages, lieux, dialogues...
Et portant on ne sait pas grand chose au final...
Un livre dense malgré ses 156 pages.qui nous balade, là où l'auteur le veut.
J'aime l'écriture d'Yves Ravey depuis que je l'ai découvert avec Le Drap.
Chacun de ses livres est une découverte. On peut s'y ennuyer..Moi je suis bluffée à chaque fois.
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Penylane
  31 mars 2019
C'est en lisant une critique de Bookycooky que l'envie m'est venue de découvrir cet auteur.
Il faut dire que j'aime particulièrement cette maison d'édition…
La découverte a été à la hauteur de mon attente !
L'histoire débute au chevet de Louis qui avant de mourir confie à son meilleur ami l'existence de sa fille et lui demande de veiller sur elle.
C'est une écriture où les phrases dans leur apparente simplicité créent une musique toute particulière. L'humour s'invite et le sourire vient aux lèvres.
Les personnages se complexifient aux fils des pages et le lecteur doit revoir son pont de vue.
Yves Ravey joue avec nous comme avec ces personnages, tout en finesse et avec l'élégance d'un gentleman cambrioleur.
J'ai adoré et je suis ravie de voir qu'il me reste à découvrir beaucoup d'autres livres aux titres tout aussi intrigants.
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MarianneL
  03 mai 2014
Sur le lit de mort de son meilleur ami Louis, un ancien légionnaire, William avait promis de retrouver la fille de celui-ci, Mathilde, dont la trace s'était perdue après plusieurs années d'internement en asile psychiatrique et un divorce où elle avait perdu la garde de son fils Roméo, à cause justement de ces antécédents.
Quelque temps plus tard, William a retrouvé Mathilde dans une boîte de nuit, établissant une relation d'une nature obscure. Malgré l'interdit judiciaire qui lui empêche de revoir son fils, William va à nouveau accepter de rendre service et de conduire une Mathilde insistante dans sa ville natale de l'Essonne, pour qu'elle puisse revoir Roméo, maintenant âgé de cinq ans.
Par touches successives avec une écriture d'apparence limpide, la personnalité de l'ami intègre et dévoué se brouille, et William Bonnet, au portefeuille débordant de fausses cartes professionnelles, prend vite la coloration d'un escroc à la petite semaine en déroute, donc les motivations se dévoilent quand l'auteur lâche un détail sur sa vie au détour d'une phrase.
Hélas, l'écriture dépouillée d'Yves Ravey parsemée d'indices un peu trop visibles du chemin qu'il veut emprunter, m'a plutôt ennuyée. Et cette économie de moyens ne m'a pas laissé de traces, comme une littérature de nature homéopathique.
«La fille de mon meilleur ami» est le douzième roman d'Yves Ravey, mais une découverte pour moi, qui ne suis visiblement pas entrée par la bonne porte dans son monde. Je ne renoncerai pas sans une nouvelle tentative …
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critiques presse (5)
Bibliobs   09 juin 2014
L'écriture, d'une blancheur tout étudiée, entortille vicieusement le lecteur, notamment par un usage expert des dialogues qui savent instiller une tension inattendue: il suffit qu'un gendarme vienne interroger le couple, de manière on ne peut plus réglementaire, et l'on se prend à trembler pour eux
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox   19 mars 2014
L'écriture d'Yves Ravey, limpide et discrète, est redoutablement efficace pour servir un récit obscur et déroutant. La performance tient autant de l'écriture que de la construction romanesque, et notamment du choix du narrateur.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama   12 mars 2014
Un songe tout à la fois ironique, cruel et anxieux, épousant la forme du roman noir, celle aussi d'une représentation donnée par un théâtre d'ombres – dont Yves Ravey est le marionnettiste virtuose.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   10 mars 2014
On ne se penchera jamais assez sur les admirables petits romans d'Yves Ravey, parfaits croisements entre Simenon et le nouveau roman. Après les excellents Enlèvement avec rançon et Un notaire peu ordinaire, l'écrivain bisontin livre avec La Fille de mon meilleur ami une intrigue policière à l'écriture sèche, qui peut à tout moment prendre une direction inattendue.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   10 mars 2014
C’est un style qui plante le décor par ce qu’il décrit, mais aussi par la manière dont il le décrit : un fond de tableau linguistiquement neutre, lisse, dans lequel tout, au premier plan comme au second, par le détail, va pouvoir se dérégler en ironie : des poux espiègles semblent sortir de la chevelure de madame Bovary.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   17 mai 2016
La serveuse a quitté le bar et s'est approchée. J'ai commandé un milk-shake. J'ai dit à Sheila que les milk-shakes, dans cette ville – peut-être, elle, elle ne le savait pas, mais moi, j'étais au courant – étaient excellents, avec beaucoup de crème chantilly, particulièrement ceux à la framboise, ça valait le coup de venir ici, ne serait-ce que pour goûter. Elle m'a demandé si j'étais dans mon état normal, ou si j'avais bu, parce que c'est assez rare, quelqu'un qui vient vous parler de milk-shake à la framboise à 10 heures du matin. Ceux à la vanille sont bons aussi, ai-je poursuivi en ignorant sa remarque.
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PiatkaPiatka   28 juin 2014
Elle m'a demandé si je regrettais la promesse faite à son père. Elle me connaissait si bien ! Et elle le savait : Je m'en voulais d'avoir accepté. J'ai répondu : C'est pas le moment, Mathilde, de me casser les pieds avec tes questions ! Elle s'est penchée vers moi. J'ai frissonné : Tu sais que je ne regrette jamais rien, Mathilde.
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cocacoca   21 août 2014
Si vous voulez vraiment la garantie que votre mari ne saura jamais... ça ne vous coûtera rien, Sheila. A vous, ça ne coûtera rien. Votre mari... c'est le trésorier de la section locale du syndicat, il s'occupe bien de la caisse d'indemnisation des grévistes ? Elle a dit oui. J'ai poursuivi : le syndicat redistribue les salaires manquants... Il en vient de tout le pays. Or, vous ne le savez certainement pas, mais je suis à court.
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cocacoca   21 août 2014
Ce n'est peut-être pas le moment de se faire remarquer, non ? C'est complètement idiot de voler une paire de lunettes de soleil. Imagine, Mathilde...! Tu veux te retrouver au poste de police...? En train d'expliquer ton intention de revoir ton fils contre la décision du juge... ! ? Mais Mathilde ne voyait pas le rapport entre ces lunettes et son fils.
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JuinJuin   22 avril 2014
- Je ne suis pas responsable d'elle, ai-je dit, mais je la connais, bien entendu.

ça semblait amuser l'officier : D'accord, vous n'êtes pas responsable de cette jeune femme, n'empêche, monsieur Bonnet, n'empêche....!
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Videos de Yves Ravey (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yves Ravey
Vendredi 8 mai 2009 Rencontre avec le romancier et dramaturge Yves Ravey (dernier ouvrage paru : Bambi Bar, éd. de Minuit 2008) : « L'écrivain expulsé du paysage » dans le cadre du banquet de printemps 2009 intitulé " Exils et frontières"
ves Ravey : Né au sortir de la guerre, de père français et de mère autrichienne, il vit et enseigne les arts plastiques à Besançon. Il écrit des romans et des textes pour le théâtre, pour la plupart publiés aux éditions de Minuit. Il a publié à ce jour neuf romans, dont : Bambi Bar (2008), L'Épave (2006), Pris au piège (2005) et le Drap (2004), à la parution duquel il avait été consacré par la presse comme un romancier majeur dans le paysage littéraire français. Il a écrit également des pièces de théâtre (dont Dieu est un steward de bonne composition, Minuit, 2005), créé au Théâtre du Rond-Point et mis en scène par Jean-Michel Ribbes avec Judith Magre, Claude Brasseur et Michel Aumont ; et enfin un magnifique essai, Pudeur de la lecture, paru aux Solitaires Intempestifs en 2003. «Des années et des années à écrire pour apprendre à faire court : les livres d'Yves Ravey sont de plus en plus minces mais toujours aussi denses» J.-B. Harang, le Magazine littéraire, 2008. Il a publié en 1996 Alerte, un roman traversé par la question de la mémoire des camps et dont il sera question à présent. Le Monde publie en 2008 un texte sur la situation de l'écrivain : « L'écrivain expulsé du paysage », et qui sera lu par Baptiste Harang à la fin de la rencontre.
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