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ISBN : 2702409512
Éditeur : Le Masque (30/11/-1)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Recueil de nouvelles fantastiques

Le narrateur du prologue raconte que dans un bar de Londres, il rencontre Geoffrey Chaucer. Le titre du recueil fait référence aux Contes de Canterbury de l'auteur anglais. Six cent ans après, plusieurs personnages vont raconter leur histoire. Chaque nouvelle est précédée de la présentation de son narrateur.

Le premier narrateur rencontre aussi le Chat Murr, tiré du roman éponyme de Ernst Theodor Amade... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Masa
  31 octobre 2017
La nomination à la masse critique spéciale “Mauvais genre” – la défunte “Imaginaire”, que j'aimais beaucoup –, m'a permis de pouvoir lire un recueil de nouvelles d'un auteur que j'apprécie tout particulièrement : Jean Ray. C'est une chance d'avoir pu être sélectionnée et je remercie Babelio ainsi que les Éditions Alma. Je les remercie même plutôt deux fois qu'une, car cette maison d'Éditions dépoussière les textes de Jean Ray – cet écrivain talentueux.
Si pour beaucoup Howard Philips Lovecraft est un Maître du Fantastique, en ce qui me concerne, je lui préfère le génial belge Jean Ray. J'adore ses rythmiques tournures de phrases, son univers et un parfois humour noir que j'ai pu lire à travers « Le carrousel des malices » – qui sera réédité par Alma.
« Les derniers contes de Canterbury » sont un hommage à Geoffrey Chaucer. Il reprend les protagonistes de l'ouvrage « Les contes de Canterbury » parut au XIVe Siècle. Jean Ray ne s'arrête pas là, puisqu'il honore également « Le Chat Murr » qui est une oeuvre de Ernst Thedor Amadeus Hoffmann. le félin intervient régulièrement.
Le présent ouvrage regroupe près d'une quarantaine de textes de qualité inégale, mais tous, ou presque, sont du genre Fantastique. Et quoi de mieux qu'en cette période Halloween que se retrouver autour d'une tablée et des fantômes comme convives. Chacun raconte à sa manière un événement tragique. Parfois léger, sombre, glauque ou bien humoristique, ces textes sont agréables à lire, bien que quelques récits puissent être perçus comme désuet dans la forme.
L'ordre de lecture est bien pensé. Nous partons d'un restaurant digne d'un « Rituel de chair » – qui aurait pu être plus développé –, en passant par quelques bourreaux, des marins, pour terminer par des Démons. En bonus, nous avons même le droit à d'autres récits – intitulé “… Et autres textes” – dont l'excellent « Le démon d'Highbottam ».
Parmi ces savoureuses lectures, j'ai beaucoup aimé « La terreur rose » dont on peut admirer la prose magnifique de Jean Ray et qui flirte avec la Science-Fiction. J'ai adoré la tendre histoire « La plus belle petite fille du monde », sombre et tragique. J'ai bien aimé aussi « Tyburn », très Fantastique. Autre récit que j'ai apprécié fut « Le chat assassiné », qui touchera bien évidemment tous les propriétaires de ce cher félin.
En définitive, j'ai apprécié de recueil particulier. Je pense qu'il faut avoir lu les deux ouvrages dont l'auteur s'est inspiré, pour mieux le savourer et le comprendre. Ce sont de bons récits noirs et Fantastiques, parfait pour se divertir. Je suis d'accord avec Arnaud Huftier qui nous parle du talent de l'écrivain en postface. Je l'ai trouvé un ton en dessous « Le carrousel des malices ». Mais j'aime la plume de Jean Ray.
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Marcellina
  17 novembre 2017
Un livre bien écrit, une plume riche, truffée d'imaginaire, criante de folie parfois, toujours interpellante dans sa vision de l'horreur ou sa grande tendresse.
Un recueil de nouvelles, unies dans un même fil, c'est beau, c'est fluide, c'est génial pour qui n'aime pas vraiment les nouvelles.
Un récit de contes noirs à souhait, le Diable nous frôle à chaque page, d'un souffle, d'un doigt. Et pourtant, on en redemande, car le Diable a parfois de ces bontés qui nous laissent pantois.
Et on apprend que c'est le prolongement moderne d'un manuscrit ancien du XIVème siècle, inachevé pour cause de mort de l'auteur Geoffrey Chaucer. Une suite sombre, effrayante, tellement humaine finalement que le tout semble naturel dans son étrangeté bien glauque.
L'auteur, belge, il faut le dire, manipule la langue de Molière en lui donnant des accents de celle de Shakespeare et c'est d'un charme fou même si les sujets abordés sont des plus terrifiants. J'ai adoré !
Mercie à Babelio et Masse Critique pour cet ouvrage superbe par le fond, la forme et l'objet.
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Zora-la-Rousse
  24 novembre 2017
J'avais fait la connaissance de Jean Ray à travers les aventures d'Harry Dickson, et prolongé mon plaisir avec le recueil de nouvelles : Les contes du whisky. J'avais hâte de découvrir cet autre ouvrage de nouvelles, considéré comme un des livres majeurs de l'auteur : Les derniers contes de Canterbery.
Comme tous les samedis soirs, dans l'arrière-salle de la taverne de la Pie savante, le club littéraire d'Uppper Thames se réunit pour mener des travaux et discussions littéraires. En ce soir de fin octobre, un débat enflammé porte sur la possibilité (ou non) que la vieille taverne de la cotte d'Armes soit reconnue comme le berceau des contes de Canterbury du célèbre Geoffrey Chaucer… Les membres de l'académie choisissent alors d'envoyer leur secrétaire, Tobias Weep, vérifier la validité de leur hypothèse sur place. Et le jeune homme de se retrouver au sein d'une bien étrange assemblée, composée des mêmes pèlerins dépeints cinq siècles plus tôt par le père de la littérature anglaise, tous réunis pour une nuit remplie de contes et inoubliable…
Retranscrits dans leur version intégrale, mais surtout dans l'ordre souhaité par Jean Ray, ce recueil de nouvelles est extrêmement plaisant. Au-delà de l'esthétique même de l'ouvrage, particulièrement réussie et soignée par la maison d'édition Almaediteur, j'y ai trouvé une préface et une postface, instructives et documentées, quelques autres nouvelles de l'auteur.
Il s'agit là de littérature fantastique de haut vol, avec des contes et des conteurs de tout genre : drôles, terrifiants, stupéfiants, cruels et poétiques… On frissonne, on rit, on se laisse happer par ce délire embrumé et enfiévré, éthylique. Haut en couleur et verbe fin, Jean Ray est un auteur à redécouvrir, qui sait jouer avec nos peurs et nos cauchemars, qu'il peuple de fantômes, de marins pervertis, de bateaux perdus, de tavernes enfumées et de mauvaise réputation.
Savoureux !
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Henri-l-oiseleur
  24 janvier 2018
Geoffrey Chaucer, Marguerite de Navarre et E.T.A. Hoffmann (ou seulement son chat Murr) se rencontrent dans ce recueil de contes placés sous leur patronage ; Jean Ray n'a pas son pareil pour évoquer les estaminets enfumés des ports de Flandre, d'Allemagne ou d'Angleterre, où se rencontrent bourlingueurs et rêveurs pour se raconter des histoires extraordinaires, fantastiques ou seulement étranges. La palette de l'auteur est assez limitée et il ne sait pas déployer les splendeurs du style d'E.T.A. Hoffmann ou d'Edgar Poe, mais il est agréable à lire dans sa facilité, son humour humble, son ironie parfois. Son fantastique ne m'a pas fait peur le moins du monde. Ses monstres et ses personnages sont stéréotypés, mais il atteint des sommets dans la description d'une chope de bière, d'un pâté en croûte ou même d'un waterzooie, d'un feu de cheminée par une nuit glaciale, du goût du tabac blond fumé songeusement à la pipe dans un bouge d'Amsterdam. Un grand poète des ambiances, des nourritures et des boissons.
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Nelja
  17 mai 2012
Dans ce livre, le narrateur se retrouve dans la taverne où se sont rencontrés autrefois les pèlerins qui ont narré "Les Contes de Canterbury". Il y a Chaucer lui-même, des pèlerins, et ils veulent leurs histoires. Il y a aussi des fantômes, attirés par la lumière ou autre chose, des personnages de fiction, certains même vivants comme notre narrateur...
Tous vont raconter des histoires. C'est du fantastique, au sens le plus large du terme, mais extrêmement varié. Il y a là des histoires sans le moindre surnaturel, qui racontent juste des crimes terribles, en mode horreur ou humour noir ; il y a aussi du grandiose et du sordide, du tragique et du drôle, on touche, selon les histoires, au mythe ou à la science-fiction. Quand aux personnages, ils peuvent se croiser, qu'ils soient dans les histoires ou dans la taverne, et les histoires sont plus liées qu'on ne pourrait le croire... même si, ce n'est pas tellement sous la forme de grandes révélations, plutôt de petits détails troublants et fascinants.
Le style est vraiment spécial, avec des bouts de tournures de vieux français, de belge, d'argot, d'anglicismes, c'est très évocateur.
Globalement, un excellent livre !
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
MasaMasa   30 octobre 2017
— Elle veut que l’on baptise tout de suite la petite, parce qu’elle est catholique.
— Diable, dit Septimus, voilà une autre histoire.
— Oui, dit un matelot, si le mioche meurt et s’il n’est pas baptisé, il n’ira pas au ciel, et sa petite âme viendra tout le temps se plaindre à bord des bateaux de la Row, voilà ce que je dis, moi.
— Ce gentleman à raison, affirma Jim Holloway.
— Et comment faire ? demanda Septimus Kamin au barman.
— On lui verse de l’eau sur la tête et l’on dit : Je te baptise au Nom du Père, du fils et du Saint-Esprit.
— De l’eau, dit Septimus méfiant.
— De l’eau, répéta le barman.
— Pas possible, grogna Holloway.
— Je sais ce que je dis !
— Si tu le dis, c’est pas avarice et par méchanceté, trancha Holloway, pour que notre filleul soit mal baptisée et que cela ne te coûte rien ; voilà toujours pour toi, cul de bouteille.

« L’assomption de Septimus Kamin »
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   24 janvier 2018
(Souvenirs heureux du bourreau de Tyburn) Je fréquentais assidûment la taverne du Pécheur Repenti et j'y prenais fréquemment mes repas, surtout aux jours du pâté de pintade au vin d'Espagne. A l'un des angles dans Spite Street, s'ouvrait la boutique du boulanger Miffins, un bien digne commerçant à qui je réservais ma pratique et qui devint mon ami.
Les jours de fête il confectionnait à mon intention un gibet en pain d'épices, et je me souviens avec émotion d'un de mes jours d'anniversaire où il m'offrit une épée de justice en sucre argenté sur laquelle le sang des suppliciés avait été représenté par du sirop de framboise.
Aux pauvres gens qui habitaient un peu plus loin vers Wardour Ham, je laissais emporter les fagots non consumés des bûchers ou les rondins tournés au charbon, et je leur offrais le vieux chanvre du gibet impropre à un nouvel usage. Ils m'en surent si bien gré que bientôt ils ne m'appelèrent plus que "le bon sir Benjamin" et ils poussèrent même la reconnaissance jusqu'à me proclamer leur principal bienfaiteur, après Dieu et le roi.

p. 77
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MarcellinaMarcellina   17 novembre 2017
Un bout de biscuit de mer dur comme pierre, un petit morceau de lard rance, un litron de soupe et un pot de lavasse baptisée thé ou café, au caprice du cuisinier, étaient dévolus comme ration quotidienne. Deux fois par semaine une écuelle de pois chiches, de riz éventé ou de lentilles rouges parsemées de cadavres de cancrelats, corsait cet horrible menu.
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gillgill   14 mars 2012
Le prologue fantastique
Comme il existe des gens stupides par le monde !
Une des plus éclatantes preuves de cet aphorisme sans tolérance devait être, à mon avis, la fondation d'un club littéraire à Upper-Thames, et l'établissement de son siège dans une arrière salle de la taverne de la "Pie Savante".
La faute en fut à cette vieille canaille de Sir Daniel Creswell, qui se complut à jouer d'affreux tours posthumes à ses héritiers en léguant de grosses sommes à un tas d'institutions saugrenues.
L'une d'elles fut ce club littéraire d'Upper-Thames.
Parfaitement, je le répète, une sombre joie au coeur : un club littéraire dans Upper-Thames ! Dans cette hideuse artère où il n'y a de place que pour des bureaux de courtiers maritimes, des bars de mariniers, des hangars, des magasins de solde et des postes de douane et de police fluviale...
(extrait du prologue)
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NeljaNelja   17 mai 2012
Le rose n'est pas une couleur, c'est le bâtard du rouge triomphant et de la lumière coupable ; né d'un inceste où l'enfer comme le ciel ont joué un rôle, il est resté la teinte de la honte. Mais cela, je ne l'ai senti que trop tard, quand il m'était devenu impossible de sortir encore de la géhenne.

La connaissance d'après coup, celle qui arrive trop tard pour vous sauver, me rappela que le rose est jumellé à l'horreur.

Fleur sanglante des poumons phtisiques, mousse aux lèvres des hommes qui meurent la poitrine percée, tissus visqueux des foetus, prunelles affreuses des albinos morbides, témoin du virus et du spirochète, compagnon des sanies et de toutes les purulences, il a fallu l'innocence et l'admiration des enfants et des jeunes filles pour l'entourer de désirs et de préférence, et cela même démontre sa malice et sa ténébreuse essence.
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Videos de Jean Ray (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Ray
Extrait du documentaire "La Malle aux trésors" de René Follet: René Follet est un dessinateur d'exception qui fait le lien entre la Bande dessinée d'expérimentation graphique et la Bande dessinée Traditionnelle, entre la BD et L Illustration ; René Follet : Plus de 60 ans de Création face à sa fidèle planche à dessin ! Lors de son son apprentissage, il reçoit les conseils avisés d'Hergé, de Jijé , de Franquin: Excusez du peu ! Et pourtant le grand Public le connait peu : Il fallait absolument lui rendre Hommage ! On sait peu que René Follet fut un pilier de Spirou et du journal Tintin dès les Origines . Il a illustré Jean Ray avec Brio , repris la série Valhardi, collaboré avec Tillieux; Il a travaillé dans l'ombre pour William Vance et Mitacq....et réalisé de fabuleuses illustrations pour des ouvrages grand format sur les Grecs ou la Chevalerie... Des collègues dessinateurs, au premier rangs desquels Emmanuel Lepage, René Hausman, Frank Pé , Jean-François Charles, évoquent son style nerveux et aérien, son impressionnant sens du mouvement ! Un hommage appuyé lui est également rendu par les critiques et Bio-bibliographes Patrick Gaumer, Gilles Ratier ,Josef Peeters ainsi que par Rodolphe qui fut un de ses scénaristes pour une vie de Stevenson. René Follet n'a pas rangé ses pinceaux : à plus de 80 ans, ses lavis ou ses BD en couleur directe émerveillent plus que jamais ; Tout récemment, il est retourné vers son goût premier pour l'illustration: les petites cases de la BD n'ont pas réussi à enfermer sa volonté de liberté graphique... Un film Grif'GRAPHE de Patrick Dillies et Denis Pattyn/musique Juliette Dillies , à l'occasion des expositions organisées par Christian Antoine ( "Sur la pointe du Pinceau") Louis et Fabien Malré ( "Les amis de René Follet") à BD BOUM -Blois Novembre 2015 et au centre culturel de Rouge-Cloître près de Bruxelles ( 1er trimestre 2016). Ce documentaire a fait l'objet d'un DVD bourré de Bonus, avec notamment la complicité de Frank Pé.
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