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ISBN : 2702409318
Éditeur : Le Masque (01/10/1979)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 51 notes)
Résumé :
Dans la ville anglaise d’Ingersham, se promène un policier flegmatique. À son passage le non-dit et les ombres remontent à la surface. La ville est-elle soumise à l’indicible peur ou bien a-t-elle peur de l’indicible ? Redécouverte dans sa version originale et intégrale (1943) d’un chef d’œuvre de Jean Ray.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  24 juin 2016
Jean Ray, un nom qui peut intriguer, faire peur ou bien totalement laisser indifférent, mais dans tous les cas, on sent que d'une façon ou d'une autre, ce monsieur doit bien être connu pour une raison. La réédition de ses oeuvres les plus connues (longtemps publiées chez Marabout) vient donc à point nommé. Et ce sont les éditions Alma, dont le catalogue est depuis quelques temps très alléchant, qui ont lancé l'opération en partenariat avec Arnaud Huftier, professeur-chercheur à l'université de Valenciennes (dont il préside, en outre, les Presses Universitaires).
S. T. Triggs, surnommé Sigma, voire Sigma-Tau, n'est qu'auxiliaire de police (et de bureau surtout) à Londres quand il résout une première enquête sans être lié à l'affaire et uniquement avec sa logique et sa raison. Ces deux compétences essentielles vont être rudement mises à mal quand, apeuré par la vision d'un fantôme, il prend quelques jours et se retire à Ingersham, petite ville de campagne, où il va devoir déjouer le vrai du faux, mais surtout le réel du surnaturel. À ses côtés, nous découvrons tour à tour un maire très paternaliste avec ses concitoyens, un directeur des galeries du coin amoureux d'un de ses mannequins, un fonctionnaire passé maître en calligraphie et quantité d'autres femmes chez qui l'heure du thé et les rumeurs déclenchent forcément bon nombre de tracas… et de coups bas.
Dans ce récit republié dans sa version originale et intégrale de 1943, le lecteur trouvera un style très particulier. Tout d'abord, l'antithèse filée tout au long du roman entre la morosité poussée à l'extrême de cette paisible bourgade et les événements atroces qui y ont lieu dénote dès le départ. Ainsi, les événements vont se succéder d'une telle façon qu'on atteindra une violence insupportable vers les deux tiers du récit. de plus, et c'est surtout là l'intérêt de relire du Jean Ray aujourd'hui, son style descriptif croule sous les détails croustillants et imagés, allant toujours chercher l'anecdote qui fera d'une simple narration un moment très étrange à lire.
Bien sûr, ce roman est le reflet de son époque, pourtant il est intéressant de le redécouvrir et de voir qu'à nouveau le fantastique le plus simple et le plus réaliste qui soit est sûrement l'un des plus efficaces. Les créatures fantastiques sont absentes ? Peu importe, il suffit de s'imprégner longtemps et profondément d'un lieu, d'un paysage, d'une atmosphère, de ses voisins pour voir en chaque chose une part de fantastique, et pour le coup d'horreur. Dans cette cité aux apparences flegmatiques trompeuses, l'indicible peur fait naufrager n'importe quelle âme en proie à un quelconque remords.
Une bien belle découverte donc que ce roman de Jean Ray. Il y a une actualité très intéressante autour de cet auteur avec la réédition d'Alma, mais aussi l'adaptation des Contes du Whisky, sélectionnés par Xavier Mauméjean et réalisés par Étienne Vallès en récit radiophonique sur France Culture (Lionnel Astier fait partie du casting vocal). Bref, il y a encore neuf volumes, pour ma part, à découvrir, merci à Alma et Babelio via sa Masse Critique de m'avoir procuré celui-ci.
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jeepax
  19 juin 2016
On ne pense pas forcément à « La cité de l'indicible peur » lorsqu'on évoque Jean Ray, plutôt connu pour l'admirable « Malpertuis » ou la série policière « Harry Dickson ». Ce roman fantastique publié en 1943 illustre pourtant à merveille le talent de narrateur de l'écrivain belge. Et si le style apparaît nos jours un peu suranné (plus encore peut-être que celui d'un Poe ou d'un Lovecraft), on se plaît à savourer cette prose finement ciselée, ces tournures délicieusement désuètes, ce vocabulaire si riche qu'il nécessite parfois l'usage d'un dictionnaire, à l'heure où tellement de livres, y compris des succès de librairie, sont écrits avec les pieds.
Grâce aux éditions Alma, on redécouvre aujourd'hui quelques textes de Jean Ray devenus difficiles à dénicher ailleurs que chez les bouquinistes. « La cité de l'indicible peur », adaptée librement par Jean-Pierre Mocky en 1964 sous le nom de « La grande frousse » (il révisera cette version insatisfaisante en 1972 et lui donnera le nom du roman), met en scène les habitants de la petite ville d'Ingersham en Angleterre, dirigée d'une main de fer par son maire, bourgade endormie où tout le monde se connaît, micro-société en apparence tranquille mais percluse de secrets et de peurs. Sigma Triggs, modeste employé de Scotland Yard et fraîchement retraité, débarque tel un chien dans un jeu de quilles au milieu de cette galerie de personnages hauts en couleurs. Mais peu après son arrivée, d'étranges meurtres sont perpétrés, des gens meurent de terreur à la vue de ...fantômes ? Triggs va bien malgré lui endosser le rôle de détective et tenter d'y voir clair parmi ces habitants aux comportements parfois singuliers.
Bien que le dénouement soit expédié un peu rapidement, l'intrigue est rondement menée. Jean Ray manie avec adresse les deux genres auxquels semble appartenir cette histoire, policier et fantastique, tout en les parodiant discrètement ; il s'attarde au moins autant sur l'âme humaine et ses méandres que sur les aspects surnaturels. Son « héros », souvent dépassé par les événements, n'en est pas vraiment un, ce qui le rend humain et attachant. Il n'aura d'ailleurs au bout du compte pas compris grand-chose à l'affaire…
Un roman plaisant, à relire ne serait-ce que pour l'écriture soignée de son auteur.
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Nelja
  29 juillet 2014
Un ancien secrétaire de Scotland Yard, pointilleux et avec une bonne mémoire mais sans imagination ni intelligence aucune, prend sa retraite dans une petite ville, où sa réputation devient rapidement celle d'une grand inspecteur - et il est trop poli pour démentir. Ainsi, on lui demande son avis sur toutes les affaires bizarres de la ville, mais sont-elles des affaires criminelles, ou des affaires surnaturelles ? Ou peut-être la réponse est-elle "cela dépend lesquelles".
J'aime comment on nous laisse dans le doute sur ce dernier point jusqu'aux dernières pages, c'est très bien mené. J'aime aussi bien le secrétaire retraité, alors que d'habitude les persos incompétents à qui on fait faire ce dont ils ne sont pas capables à cause d'un malentendu, ça me dérange... mais ici, le mélange de vie mondaine quotidienne entre personnes d'apparence ultra-banale et d'histoires horribles donne une ambiance légèrement surréaliste qui n'insiste pas du tout sur le côté embarrassant. Je n'aurais pas cru que le mélange marcherait, mais en fait, si.
On m'a dit qu'il y avait une adaptation en film comique, on m'a dit aussi que ça changeait complètement l'esprit, mais en fait... il y a un côté humoristique, pas explicite, mais à mon avis, bien présent, dans le décalage en question. Même s'il y a aussi des ambiances oppressantes et des morts horribles, bien sûr. le scénario d'ensemble est un peu décousu, parfois on ne sait pas où on va, mais la fin, comme souvent avec Jean Ray, est brillante.
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gill
  14 mars 2012
Jean Ray nous offre avec ce livre plus qu'une simple affaire policière.
Certes on y trouve des crimes atroces, des meurtriers insaisissables, du mystère et de la peur.
Mais avec cet auteur l'épouvante est toujours présente, ses criminels sont d'épouvantables créatures et les buts qu'ils poursuivent défient le bon sens quotidien.
JP Mocky a tiré de cet excellent livre un film qui malgré la présence de bourvil dans le rôle principal était un peu loupé.
Ce qui ne gâche en rien le plaisir que le lecteur aura à se plonger dans cet excellent livre de littérature fantastique.
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Lucile-
  09 janvier 2017
Jean Ray, voilà un auteur belge que je découvre. Notamment connu pour Malpertuis, il sort La Cité de l'indicible peur quelques mois plus tard, en plein pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il est considéré comme le maître du « réalisme panique » dont le but est d'alarmer le lecteur en lui faisant ressentir l'horreur ou la peur.
Ce roman, bien accueilli à sa sortie, a néanmoins perturbé la presse qu'elle ne cessait de le décrire comme étant « faux ». Difficilement classable en effet. le récit, en apparence un roman d'épouvante, se révèle être un polar noir où les meurtres sont en réalité de cause belle et bien humaine, mais qui pourtant se termine par une petite touche de fantastique avec l'apparition d'un vrai fantôme qui n'a cependant rien à voir avec toute cette histoire. Celui qui devait être un personnage principal s'avère en fait un personnage secondaire qui erre sans se soucier des Hommes. le personnage principal, Sidney Terence Trigs, ancien fonctionnaire de la police à la retraite, est lui aussi un faux enquêteur qui découvre un trafic de faux-monnayeur.
Alors faux roman d'épouvante ou faux polar ? Faux enquêteur ? Indicible peur ou peur de l'indicible ? Peut-être, mais là n'est pas la question puisqu'il s'agit en tout cas d'un vrai roman palpitant, à mi-chemin entre Miss Marple et Hercule Poirot d'une part, et Edgar Allan Poe et Lovecraft d'autre part.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   23 juin 2016
À cinquante ans passés, on le trouvait toujours à sa même place dans Swan Lane, gras à lard, rose et souriant ; son nez en boule de gomme chaussé de fines lunettes d’or et une jaquette d’étrange confection, à bourrelets aux hanches, le faisaient ressembler à un Pickwick en vertugadin, grossièrement agrandi au pantographe.
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gillgill   14 mars 2012
ILS
Ces brèves pages liminaires ont-elles vraiment pour but de porter la lumière dans la nuit ? Sont-elles de force à allumer la lanterne du chasseur de mystères ? On n'oserait l'affirmer.
La "grande peur", qui hanta durant près de cinq siècles les coulisses de l'histoire d'Angleterre, joue-t-elle un bout de rôle dans la multiple tragédie d'Ingersham ?
Nous sommes dans la seconde moitié du XIVème siècle.
Chaucer a terminé quelques-uns de ses merveilleux "Contes de Canterbury"...
(extrait de l'introduction de l'édition parue chez "Marabout" en 1965)
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Videos de Jean Ray (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Ray
Extrait du documentaire "La Malle aux trésors" de René Follet: René Follet est un dessinateur d'exception qui fait le lien entre la Bande dessinée d'expérimentation graphique et la Bande dessinée Traditionnelle, entre la BD et L Illustration ; René Follet : Plus de 60 ans de Création face à sa fidèle planche à dessin ! Lors de son son apprentissage, il reçoit les conseils avisés d'Hergé, de Jijé , de Franquin: Excusez du peu ! Et pourtant le grand Public le connait peu : Il fallait absolument lui rendre Hommage ! On sait peu que René Follet fut un pilier de Spirou et du journal Tintin dès les Origines . Il a illustré Jean Ray avec Brio , repris la série Valhardi, collaboré avec Tillieux; Il a travaillé dans l'ombre pour William Vance et Mitacq....et réalisé de fabuleuses illustrations pour des ouvrages grand format sur les Grecs ou la Chevalerie... Des collègues dessinateurs, au premier rangs desquels Emmanuel Lepage, René Hausman, Frank Pé , Jean-François Charles, évoquent son style nerveux et aérien, son impressionnant sens du mouvement ! Un hommage appuyé lui est également rendu par les critiques et Bio-bibliographes Patrick Gaumer, Gilles Ratier ,Josef Peeters ainsi que par Rodolphe qui fut un de ses scénaristes pour une vie de Stevenson. René Follet n'a pas rangé ses pinceaux : à plus de 80 ans, ses lavis ou ses BD en couleur directe émerveillent plus que jamais ; Tout récemment, il est retourné vers son goût premier pour l'illustration: les petites cases de la BD n'ont pas réussi à enfermer sa volonté de liberté graphique... Un film Grif'GRAPHE de Patrick Dillies et Denis Pattyn/musique Juliette Dillies , à l'occasion des expositions organisées par Christian Antoine ( "Sur la pointe du Pinceau") Louis et Fabien Malré ( "Les amis de René Follet") à BD BOUM -Blois Novembre 2015 et au centre culturel de Rouge-Cloître près de Bruxelles ( 1er trimestre 2016). Ce documentaire a fait l'objet d'un DVD bourré de Bonus, avec notamment la complicité de Frank Pé.
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