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Critiques sur Malpertuis (33)
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Foxfire
01 juin 2017
Cela fait longtemps que je veux découvrir l'oeuvre de jean Ray. D'ailleurs, de vides-greniers en bourses aux livres, plusieurs livres de l'auteur avaient déjà rejoint ma PAL ou ils prenaient la poussière. Finalement, c'est grâce à une masse critique que je découvre enfin Jean Ray. Et c'est une jolie façon de faire connaissance tant le livre, publié par les éditions Alma (que je remercie ainsi que Babelio), est beau. Superbe couverture, papier de qualité, tout est réuni pour le plaisir du lecteur.

Il est difficile d'écrire un avis sur "Malpertuis" sans évoquer certains éléments. Ceux qui veulent découvrir le roman vierges de toute connaissance quant à l'intrigue sont prévenus. Sachez simplement que c'est un roman déroutant et fascinant.

La lecture de "Malpertuis" est une expérience singulière, étonnante. le roman semble d'abord être une histroire de maison hantée. Histoire plutôt bien menée et dans laquelle ont goûte l'écriture superbe de Jean Ray. Mais, à la lecture de cette partie, j'ai eu l'impression que le récit souffrait de quelques longueurs. Et j'avoue que je me sentais parfois perdue, je me suis demandée si l'auteur savait où il voulait en venir. Ca m'a un peu perturbée jusqu'à ce que le récit prenne une autre dimension et bifurque vers autre chose que le thème classique de la hantise. A partir de ce moment-là, j'ai été happée, hypnotisée par le roman. L'auteur m'a complètement embarquée jusqu'à être totalement soufflée par la révélation de la vraie nature des personnages.
On ne prend la mesure du tour de force de Ray qu'au fur et à mesure de la lecture. Plus le roman avance, plus on est saisi par l'habileté narrative de l'auteur. La 1ère partie qui m'avait semblé connaître des longueurs et qui m'avait parue fouillis m'a semblé à posteriori totalement maîtrisée, au point d'avoir envie de la relire avec ce nouvel éclairage.

J'ai été séduite par la plume de Ray qui a un grand talent pour instaurer une atmosphère angoissante. L'ambiance créée est vraiment palpable grâce à un grand pouvoir d'évocation. Les descriptions, tant visuelles que sonores, sont saisissantes.
"Malpertuis" est un roman complètement intemporel et la fascination qu'il exerce place Jean Ray dans la lignée d'auteurs tels que Lovecraft ou Machen. Comme ces illustres auteurs, Ray évoque l'innommable, l'indicible pour installer une ambiance pesante tout en entretenant le mystère, en laissant une certaine liberté à l'imagination du lecteur. Comme chez Lovecraft et Machen, le surnaturel et la peur viennent bousculer et balayer les certitudes des héros. Derrière le monde qu'ils croient ordinaires, se cachent des forces anciennes qui oeuvrent dans l'ombre.
J'ai ressenti une très forte filiation avec "le grand dieu Pan". Là où Machen ressuscitait Pan, Ray ressuscite tout un panthéon dans une histoire où les dieux peuvent être capturés, emprisonnés et même tués.

"Malpertuis" est un roman fascinant, complexe, qui demande certainement plusieurs lectures. On ne prend véritablement la mesure de sa puissance que lorsqu'on l'a terminé. Une fois refermé, le livre continue de vivre dans l'esprit du lecteur.

Je serais très curieuse de voir l'adaptation cinéma qui en a été faite, tant ce roman me parait difficilement transposable à l'écran.
Bien évidemment, cette rencontre avec jean Ray en appelle d'autres.

Challenge Multi-défis 2017 - 27 (item 35 : un roman écrit par un auteur belge)
Challenge 1914-1968 entre 2 points de bascule
Challenge A.B.C 2016-2017 (23/26)
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Dionysos89
26 juin 2017
Quand les éditions Alma ont repris la publication des meilleurs romans et recueils de Jean Ray, il fallait s'attendre à redécouvrir du très bon récit d'épouvante, mais s'il y en a un qui devait être remis en lumière, c'est bien Malpertuis qui est souvent désigné comme son chef-d'oeuvre personnel.

Premier constat une fois ce livre terminé : il faut le relire. Là-dessus, je rejoins la sentence d'Arnaud Huftier dans sa postface, on sort de cette lecture en se disant qu'il nous faut recomprendre des éléments, notamment dans la première partie du roman. L'histoire centrale est celle de Jean-Jacques Grandsire, dont le grand-oncle Cassave meurt et organise la vie posthume de sa maison Malpertuis. Il convie son entourage à perdurer dans sa demeure afin que le dernier en vie prétende à son immense héritable. On sent déjà poindre l'ambiance « Cluedo » où cohabitent la soeur de Jean-Jacques, Nancy, sa cousine Euryale, son cousin Philarète, ses oncle et tante Charles et Sylvie Dideloo, mais également les trois soeurs Cormélon, un taxidermiste nommé Lampernisse, le commis Matthias Krook ainsi que les serviteurs, Élodie et les époux Griboin. Rôdent autour d'eux la mère Groulle, l'abbé Doucedame et le mystérieux Eisengott. Parmi tout ce « beau » monde, les noms ne sont pas toujours choisis au hasard et chacun semble, tour à tour, intervenir plus ou moins volontairement dans le destin de Malpertuis.
L'horreur pour Jean-Jacques relève d'une alternance malsaine entre un quotidien d'un ennui pathétique et des scènes d'épouvante aussi violentes que spontanées. Jean-Jacques vit sa vie mais des événements étranges surviennent insidieusement : un camarade est retrouvé cloué par la tête à un mur et continue de chanter, un autre est agressé par trois êtres ailés, un autre encore crache des flopées de feu. Bref, Malpertuis est définitivement le repaire de toutes les bizarreries, de façon peut-être un peu trop loufoque pour le lecteur qui ne s'y attend pas (mais en même temps, c'est le but).
Le lecteur retrouve d'ailleurs le style caractéristique de Jean Ray. Ainsi, les adjectifs tarabiscotés, les métaphores glosées et les situations ubuesques sont légion. Rien que dans la scène de présentation de Cassave, Mais avec Malpertuis, Jean Ray utilise, en plus de cela, une construction atypique dans la narration. En effet, le narrateur ne se nomme jamais, mais précise seulement qu'il est le « cambrioleur des Pères Blancs ». Serait-ce Jean Ray lui-même qui se met en scène ? En tout cas, celui convoque un certain nombre de témoins qui vont à leur tour raconter ce qu'ils ont vu ou prétendent avoir vu. Un peu à la manière d'une enquête policière, charge est donc donné au lecteur de trouvé le mystère avant qui lui soit révélé.

Très personnellement, je n'ai sûrement pas la culture pour tout cerner de ce roman si atypique, à part peut-être sur le plan mythologique (et encore). de façon plus générale, Malpertuis marque son lecteur par une épouvante un peu échevelée, mais constamment mystérieuse, à n'en pas douter persévérer dans la bibliographie de Jean Ray ne peut que le plus grand bien.
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sylvaine
18 avril 2016
Jean Ray ou le "père" de la littérature fantastique belge francophone. Malpertuis ou l'Histoire d'une maison fantastique parait en Belgique en 1943. C'est l'occupation allemande et les frontières fermées à la littérature française vont permettre enfin à Jean Ray de rencontrer le public belge.
Malpertuis ou l'Histoire d'une maison fantastique, avec un titre pareil comment de ne pas s'attendre à des évènements surprenants!. Comment et pourquoi l'oncle Cassave décide t' il de ne léguer sa fortune aux membres de sa famille à la condition qu' ils acceptent de rester vivre à Malpertuis tous ensemble. le dernier survivant touchera le pactole! L'appât du gain,les difficultés économiques , toutes ces raisons vont les convaincre de signer ....
Commence alors pour eux une vie alternant périodes de calme relatif et périodes où surviennent des phénomènes de plus en plus bizarres , des lumières qui s'éteignent toutes seules, des bruits de pas, des sensations de froid , de terreur qui vous assaillent... Nous sommes de plain pied dans Malpertuis avec Jean Jacques Grandsire ,le neveu de Cassave, dont le récit constitue le noyau principal de ce roman mais il n'est pas le seul narrateur ,ils sont en fait quatre.Quatre narrateurs, quatre regards différents, quatre récits qui s'emboitent les uns dans les autres, quatre je devrais dire cinq si l'on ajoute celui qui a "récupéré" les manuscrits et décidé de les mettre en pages avant leur publication...
Après un début de lecture un peu "poussif", je me suis retrouvée piégée !! Lecture fantastique certes mais quel contenu! Mêlant tour à tour mythologie, lycanthropie, les Roses-Croix, Jean Ray ne se transforme t' il pas en grand manitou de ce monde de lumières et de ténèbres ? Comme beaucoup l'on écrit avant moi, l'univers de Jean Ray ne peut pas s'appréhender en une seule lecture ... affaire à suivre ....

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Walktapus
07 juillet 2012
Jean Ray est un grand maître du fantastique. Avec son style inimitable, il n'avait pas son pareil pour planter des ambiances ambigues, à la frontière du rêve, du mystère, de l'horreur, du grotesque, du sordide. Ses récits sont teintés par la lumière des pays riverains de la mer du nord.

Avec Malpertuis, il quitte le domaine des courtes nouvelles où il excelle pour aborder un récit plus long et une construction ambitieuse. Une histoire s'étendant sur plusieurs décennies, plusieurs narrateurs, parfois homonymes - ce qui peut rendre le récit difficile à suivre - de très nombreux thèmes, ésotériques ou mythologiques, et une explication, donnée en toute fin de livre, qui permet d'éclairer le récit sur ce qu'on n'a pas deviné.

Rien de tout cela ne nuit à l'ambiance forte et particulière du livre, inquiétante et mystérieuse. Malpertuis est considéré comme le chef d'oeuvre de Jean Ray, sans doute à cause de sa longueur, mais mon faible pour les contes du whisky demeure aussi fort.
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Masa
02 décembre 2016
La collection Marabout recèle bien des merveilles Fantastiques. Depuis que j'ai fait la connaissance de la mélodieuse plume de Jean Ray, je n'ai plus qu'une envie c'est de m'en abreuver. L'édition que je possède date de 1962 et sa superbe illustration – dont l'illustrateur m'y est inconnu – donne le ton.
Nous voici propulsés dans une vieille demeure au doux nom de Malpertuis. Si elle provoque la terreur chez Jean Ray, chez moi elle me donne l'envie d'en savoir davantage.

Tout commence avec un homme mourant. Sur son lit de mort, à la veille de son agonie, il souhaite dans un ultime soupir que sa maison reste intacte. Quiconque souhaiterait sa fortune devra rester vivre à Malpertuis. C'est bien connu, l'argent attire.

Le livre est découpé en trois parties :
→ « Inventaire en guise de préface et d'explication ». Ces deux ou trois pages démontrent toute la qualité onirique de Jean Ray. Il suffit de lire ces quelques lignes pour être embarqué par la plume extraordinaire de l'auteur. Il a l'art d'utiliser et d'associer les mots pour donner une musicalité douce et agréable.
→ « Alecta ». Voici par où l'histoire commence, en ce nom terrifiant d'Alecta. C'est la partie que j'ai le plus appréciée par son ambiance sombre, gothique et glauque. Fini les belles proses de la préface, ici c'est l'univers d'une étrange bâtisse qui prend le pas. J'ai beaucoup aimé cette atmosphère et ces étranges événements – mention “félicitation du jury“ au passage du grenier avec les rongeurs.
Je me surprends à prendre plaisir à lire ce livre, mais encore plus quand il faut que je le lâche pour des raisons personnelles. L'envie de poursuivre est parfois plus fort sur le reste.
→ « Euryale ». Si je me suis abreuvé des deux premières parties, cette troisième trame m'a laissé un goût âpre. Tout d'abord, le narrateur laisse la place à un autre et j'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire. Malgré un sursaut d'intérêt le reste n'a été que difficulté dans la compréhension du récit tant l'auteur semble avoir mélangé les narrateurs et surtout l'apport de mythologie à son histoire. J'en suis même venu à me lasser de Malpertuis. J'ai ressenti l'envie d'en finir au plus tôt. J'ai eu beaucoup de mal à lire les dernières pages.

En guise de bonus, les Étions Marabout donne un épilogue “très bizarre“ à la rencontre de l'auteur, mais aussi une explication – comme ce fut le cas de « La guerre des mouches » de Jacques Spitz. Je regrette cette troisième partie qui alourdit le récit. Malpertuis n'est pas mauvais en soi, il lui manque plus de clartés dans sa conclusion, mais aussi plus d'action pour être un véritable chez-d'oeuvre de la littérature Fantastique. À noter que Malpertuis fut écrit durant la Seconde Guerre mondiale en 1943.
Sept ans après la disparition de Jean Ray, (1971), Harry Kümel a adapté ce roman au grand écran sous le même nom. Ce film a par ailleurs été nominé au festival de Cannes l'année suivante.
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Luniver
28 août 2013
Cassave est sur le point de mourir, et dévoile à sa famille son testament : ils héritent de son importante fortune à condition de vivre pour toujours à Malpertuis. Au vu de la somme, personne n'hésite, bien que l'entente ne règne pas : un empailleur un peu fou, un ami de la famille qui court rallumer les lampes qu'une mystérieuse créature prend plaisir à éteindre, … chaque personne semble avoir de lourds secrets à cacher.

L'ambiance de ce roman est une vraie réussite : une vieille maison maléfique, des personnages hauts en couleur qui cachent tous leur part de mystère, des événements étranges et terrifiants qui surgissent sans crier gare, … Difficile d'y trouver à redire !

J'ai eu un peu plus de mal avec le mélange des genres cependant : à côté de passages très fantasy, on retrouve du fantastique plus classique, avec exorcisme ou loups-garous. J'ai parfois eu l'impression de lire une série de nouvelles rassemblées un peu par hasard.

Si ce roman me laisse un petit goût de déception, je n'hésiterai pas à relire cet auteur qui semble avoir un univers très riche à partager.
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Hippolyte78
19 août 2017
Ayant découvert Jean Ray dans la nouvelle publié dans le Bifrost consacré à ce dernier, et qui m'avait bien plus, ni une ni deux, je vais en librairie, achète Malpertuis, et puis le reste de la journée, j'ai lu Malpertuis.

J'ai suis complètement tomber dans le piège de ce roman, qui m'a pronfondément bouleversé.
Une ambiance très sombre et mytérieuse, dans une maison particulière, une famille étrange, et un héritage étonnant.
L'intrigue va crescendo tout au long du bouquin, et l'epouvante va de même s'intensifié de page en page, c'est incroyable ! Je n'ai put me détacher des pages du livre ! Envoutant !
Nous avons le droit ici, tout comme dans de nombreux roman fantastique, une importance de la religion et du mysticisme.

C'est assez compliqué d'en parler, je le conseille vraiment, c'est un livre d'une grande beauté !
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michelblondeau
26 janvier 2015
C'est sans doute un des textes les plus longs de Jean Ray, auteur de contes et de nouvelles brèves. En tant que roman, il est du reste d'une taille assez modeste. Jean Ray conserve dans cette forme tout son talent de conteur, sachant aller à l'essentiel.
Malpertuis mérite amplement son statut de classique du fantastique. C'est un peu l'ultime roman gothique aussi, le dernier descendant d'une lignée littéraire qui part d'Ann Radcliffe et Horace Walpole en passant par Bram Stoker.
Je garde en mémoire le décor, une ville du Nord imaginaire, mélange de Gand et d'Hanovre, anciennes maisons pleines de secrets, résonnant du souvenir de mystérieux voyages en mer. L'océan, jamais loin, comme une figuration de l'inconscient et des êtres étranges qu'il abrite.
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lecassin
23 mars 2013
Cassave est à l'article de la mort, en même temps qu'à la tête d'une immense fortune à léguer. Il convoque la famille et leur propose un marché : tout sera à eux à sa mort, à la condition qu'il viennent vivre dans sa chère et vieille maison.
Qui se doute alors que cette vieille maison n'est autre qu'un sas ouvrant sur…sur je ne sais quoi, en fait…
On verra surgir des monstres des greniers, des meubles…des murs, même… Et que viennent bien foutre ici les Dieux de l'Olympe, comme ressuscités…

Horreur, malheur… Décidément, j'ai bien du mal avec ce type de littérature… Mais il faut bien essayer pour le savoir…
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Vertigen
04 juillet 2016
Un immense fanal de la littérature fantastique. Lourd, sombre, étouffant, froid, implacable. Transpirant le mystère (familial) et l'énigme à chaque ligne. Une oppression physique, encapsulée dans un texte d'une monstrueuse perfection technique. Dans ces eaux noires, sous "ce grand éteignoir" qui engloutit sans recours les flammes vives, les éclats de lumière de la boutique de couleurs ressortent avec fracas ; une vivacité presque chirurgicale, qu'organise ce criant contraste. Plus précieuses d'être si rares, et vacillantes, sous une aussi vaste obscurité.
P-a-r-f-a-i-t.
Jean Ray est un grand maître, Malpertuis est un chef-d'oeuvre.
Absolument indispensable, de mon point de vue, pour échapper à la soupe édulcorée du fantastique de gare de notre siècle, et se souvenir que la littérature de genre est de la littérature, _tout court_.
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