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EAN : 9782954712802
145 pages
Éditeur : Loic Raynal (12/12/2013)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
A 38 ans, dévisser.
C'est l'histoire d'une chute, rapide et violente. S'enfuir d'un travail qui détruit les idées, accepter en même temps le départ de l'être aimé... Glisser sans retour possible, avoir peur.
Quand le corps prend possession des actes, c'est l'angoisse qui s'installe. Devoir laisser faire, dévier vers un état d'une infinie impuissance
et entendre le compte-à-rebours s'installer à l'intérieur de soi...
La solitude. Souffrir d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
wartenkaplan
  31 mars 2014
Livres
P
Elle s'appelle Péninsule. Elle le quitte en plein naufrage!

Le burnout de Loïc Raynal commence longtemps en arrière de sa vie. Il est possible que ce syndrome ait débuté chez lui dès l'enfance qu'il a eu très protégée de parents attentionnés qui lui ont dit de bien travailler à l'école afin d'accéder à une place enviable dans la Sté. Sage et obéissant, il fait ce qu'on attend de lui. C'est un enfant seul qui reste enfermé entre ses parents et ses études. Ensuite 2 ans de prépa + 3 ans d'une grande école de commerce ont alimenté ce burnout. Il écrit s'être un peu ennuyé dans cette école. Il est vrai que j'ai souvent entendu dire qu'on n'y faisait pas grand chose dans ces institutions et que par contre on s'y amusait beaucoup.
A cette époque, ce n'est encore qu'une « une simple fatigue"
Puis l'emploi. 10 ans dans un important boulot de direction dans une grande entreprise. Travailler de plus en tard, souvent jusqu'à 22h00. Peur de mal faire. Epuisement total. Burnout. Quitter son poste. Laisser ses collaborateurs lui ajoute un sentiment de culpabilité. Glissement vers le néant. Introspection. Il remonte un peu. Trouve une formation pour devenir coach de chefs d'entreprise pour leurs apprendre à se libérer des contraintes, etc.
Séparation d'avec son ami Péninsule. "Tu es méchant !" lui répète-t'elle constamment. Méchant de quoi ? Loïc ne comprend pas !
Le "je" commence chaque phrase. Pas de il, pas de nous, pas de tu, pas d'autres pronoms. le "jeu" central. le "je" sourd et aveugle. le "je" de la souffrance. Ce "je" m'a toujours mis dans une situation inconfortable. le "je" et le "moi". Peut-on se questionner à soi-même ? Que voyons-nous dans le miroir sinon la question de la question. le questionnement sans fin. Et puis un jour, ça s'arrête, peut-être parce qu'il n'y a plus de question tellement il n'y a pas de réponse. Abandon par forfait. Capitulation sans condition. le trou noir !
L'auteur, n'est-il pas sorti trop vite de l'enfance tant ses parents espéraient de lui ? C'est la question qu'il se pose.
Loïc Raynal pense que ce n'est pas la somme de boulot qui est la cause directe de son burnout mais la perte de la foi. Je serai de son avis. Tout le monde ne succombe pas sous l'action de la pression de ce siècle.
Par contre, la foi pourrait comporter un danger par ce qu'elle représente de pulsionnel, d'irrationnel, de manipulation, de course illusoire vers un Graal lointain.
La foi donc, si nous la perdons nous laisse au bord du chemin déprimés et brisés.
C'est donc la foi qui a tué Loïc !
La foi ! trop dangereux ! Elle a éliminé trop d'idées, trop de peuples, trop de civilisations. Elle remplace une dictature par une autre. Une dépendance par une autre. La foi confisque la pensée. Elle engendre la peur. Et la peur fait fonctionner le monde
Laissons la foi dans son espace spirituel. La foi n'est pas le réel. L'homme lui est réel. La foi ne peut rien pour lui. La foi écarte du sens. Seule la pensée est le réel.
Et voilà les désastres que nous voyons tous les jours provoqués par cette économie pervertie par des hommes et des femmes à qui a été inculquée la foi absolue dans le profit dans ces nouvelles églises du commerce.
Ces écoles de commerce fabriquent des individus normés, des êtres d'exécution dont le raisonnement est au niveau zéro de la pensée. Ils sont formés pour entrer dans cet univers de l'entreprise devenu virtuel et paranoïaque, entreprise dont la finalité n'est plus de servir la collectivité mais de sacrifier au seul dieu Profit. On n'est plus l'humain, ouvrier oeuvrant pour l'équilibre du monde, mais esclave d'un travail qui n'a pas d'autre sens que de multiplier le profit à l'infini.
L'objectivité caractérise l'entreprise sous forme de chiffres et de process. C'est le dogme. On doit avoir foi dans ce dogme. Interdit de penser en dehors du process et des chiffres. Gare à celui qui sort du dogme.
Ne plus accepter d'être normé, chercher la subjectivité et l'ordre dans le désordre.
La peur rend l'homme mauvais et méchant dans ces oeuvres ! Oh mais ses intentions sont toujours belles et séduisantes !
"Qui veut faire l'ange, fait la bête" a écrit Pascal.
Rousseau s'est trompé !
Heureusement il reste de très belles initiatives individuelles ou issues de petits groupes qui s'acharnent à contredire cette globalité désastreuse.
Nous devrions tous naître avec le gène d'Antigone !
Le témoignage de Loïc Raynal est poignant. "Péninsule" est son premier roman. C'est un jeune écrivain dont d'écriture déroule bien l'histoire de sa souffrance ! Il est toujours bon de lire des bouquins de personnes qui ont mal à leur vie. C'est un cri qui ébranle notre quotidien satisfait.
J'ai rencontré cet auteur toulousain chez Cultura - Rives d'Arcin à Bègle. Nous avons beaucoup discuté. Loïc Raynal aime l'homme. Il pense qu'il est possible d'intervenir pour qu'il change. Il ne veut plus jouer dans un théâtre d'ombres. Et pourtant... !

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