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ISBN : 2823816941
Éditeur : 12-21 (10/09/2015)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Quelques barques bancales posées sur un monde en sursis. Aux confins de l'Amérique et des glaces, le petit village indigène de Salmon Bay vit ses derniers instants.
Bientôt, le littoral cédera, la baie l'engloutira.
En attendant la barge chargée de les mener au nouveau site, les habitants disent adieu à la terre – cette terre où plane l'esprit des ancêtres, cette boue où les petites filles dessinent des histoires ... Adieu à la toundra pelée, à la stat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Thalyssa
  21 septembre 2015
Je suis passionnée par l'Alaska et le Yukon depuis l'école élémentaire, époque à laquelle j'ai commencé à lire et relire des oeuvres telles que Croc Blanc et L'Appel de la Forêt de Jack London. J'aime les grands espaces, voir des animaux dans leur milieu naturel, m'informer sur les mythologies amérindiennes, je rêve de contempler un jour une aurore boréale et le froid ne me fait pas peur... Je ne vais pas vous raconter ma vie, mais vous comprendrez aisément pourquoi ce roman a attiré mon attention par son simple titre. Ajoutez à cela le visuel de la couverture tout simplement splendide et le craquage était assuré !
Don Rearden nous présente le village de Salmon Bay, composé de cahutes branlantes et d'un peu moins de deux cents habitants. La population est majoritairement yupik et comme souvent, le manque d'argent et l'alcoolisme rongent les bases de cette communauté. Pourtant, il y règne une ambiance unique, où tout le monde connaît tout le monde et où on se serre les coudes face aux rigueurs du climat et à l'isolement géographique. Mais l'heure est grave... le réchauffement climatique a accéléré l'érosion des côtes ; l'église et plusieurs habitations ont ainsi été englouties par les eaux de la baie. En collaboration avec le gouvernement américain, Tiffany - la mairesse du village - a annoncé que le village tout entier serait déménagé sur une île voisine, plus apte à subvenir à leurs besoins et à assurer leur sécurité. le déchirement est total pour les gens du coin. Plus qu'une ville, c'est l'Histoire de leur peuple et de leurs familles respectives qu'ils doivent laisser derrière eux. Malgré le manque d'aménagements et les nombreux inconvénients que comporte la vie dans ces contrées sauvage, l'attachement qu'ils portent à leur terre est plus qu'évident, même pour une civilisation comme la nôtre où l'on n'hésite pas à déménager plusieurs fois dans une vie et à écumer le pays tout entier ce faisant.
le panel de personnages est assez varié ; chacun d'entre eux possède un petit quelque chose qui le rend terriblement intéressant. Nous retrouvons (entre autres) Jo-Jo l'animateur radio et DJ du village, Junior le gamin se prenant pour un oiseau, Panika la fillette qui adore raconter des histoires, son grand-frère Dennis connu pour ses méfaits et qui a bien du mal à se défaire de cette étiquette. Mais il a l'air d'un ange comparé à Ray, le dealer local. Il y a aussi Tyler tristement célèbre pour son allergie au froid, Josh le beau gosse sportif amoureux d'Angelic, et Valérie, la cousine de cette dernière qui semble garder pour elle un secret qui l'étouffe lentement mais sûrement. L'auteur inclut également parents et grands-parents dans l'intrigue pour mieux nous montrer le choc des générations mais aussi pour souligner la perte progressive des valeurs ancestrales, mais les personnages vont devoir apprendre rapidement à compenser ce clivage car les militaires sont arrivés pour aider à l'évacuation du village et le temps est désormais compté avant l'arrivée de la barge qui les emmènera tous au loin.
Les débuts du roman peuvent paraître légèrement brouillons. On assiste à la folle échappée à vélo de Jo-Jo vers la station radio, Jo-Jo victime d'un malencontreux incident qui le précipitera tête la première dans le lac (l'emploi de l'italique n'est pas anodin et vaut son pesant d'or !). Après cela, l'auteur va et vient dans le temps pour nous présenter les autres protagonistes et bien qu'il prenne toujours soin à resituer l'action par rapport à l'accident de vélo, la gymnastique pourrait fatiguer certains lecteurs. Toute la première moitié relève du roman d'ambiance. On fait connaissance avec tout un chacun pour mieux comprendre ce qu'un tel changement signifie pour eux, par-delà même les enjeux économiques et logistiques. On s'immerge progressivement dans la vie locale et on respire à pleins poumons l'air frais de la toundra et du saumon fumé. le dépaysement est total et m'a donné envie de me couper de tout pour renouer encore davantage avec la nature. Au coeur du roman, l'auteur reprend la trame liée à Jo-Jo et les événements vont commencer à se bousculer. le danger guette à chaque coin de rue et plusieurs personnages en feront les frais.
D'une plume dynamique et poétique, Don Rearden nous offre un grand bol d'air pur dans cette partie de l'Alaska oubliée des guides touristiques, ainsi qu'un travail de fond sur les piliers de la vie en communauté. Dans cette formidable aventure humaine, il oppose avec dextérité vie moderne et coutumes ancestrales. Il noue et dénoue plusieurs trames qu'il recroisera entre elles pour former une authentique danse tribale. Face aux adieux imminents, ses personnages vont faire le point sur leur quotidien et sur eux-mêmes en même temps qu'ils trient leurs effets personnels. Ils seront ainsi nombreux à tout remettre en question...
Lien : https://dragonlyre.wordpress..
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Walkyrie29
  04 janvier 2016
Un roman magnifique et bouleversant qui raconte l'histoire de ceux qui pourraient bien être les premiers réfugiés climatiques, ceux qui devront subir les effets du réchauffement, ceux qui devront abandonner leur terre ancestrale vouée à disparaître, et dont l'action nous balade dans un Alaska sauvage et traditionnel.
A Salmon Bay, le réchauffement climatique se fait sentir, le pergelisol devient peu à peu une boue odorante, les moustiques se multiplient et les berges fragiles sont de plus en plus grignotées par l'Océan. Dans ce village au paysage froid et boueux bordé d'un lac d'excréments, aux cahutes bancales et fragiles, où les traditions de pêche et de chasse se perdent peu à peu, un peuple indigène aux conditions de vie précaires résiste, originaire des Yupiks, une peuplade esquimau d'Alaska. Pourtant, ces êtres humains attachés à leur village vont devoir tout abandonner et reconstruire ailleurs, Salmon Bay sera un jour ou l'autre engloutie et pour survivre les habitants n'ont pas d'autre choix que de déménager sur le site du nouveau village, Edward Island. Dans ce contexte dramatique, des vies humaines s'entremêlent bercées par la voix et de l'âme de Jo-Jo, le DJ de la radio locale.
Le roman est riche en personnages éclectiques tous plus attachants les uns que les autres, on vit le drame de la disparition du village mais aussi le reflux des consciences collectives face à des us et coutumes qui disparaissent, leurs vies tristes, précaires, monotones souvent blessées davantage par les addictions à l'alcool et à la drogue. Par omission, on ressent pleinement leurs épreuves quotidiennes : un mal étrange, les réminiscences passées, les problème d'adolescence, les ennuis de couple, leur peur, leur doute mais aussi et surtout leur espoir éveillée. Une ribambelle de personnages variés tout aussi importants les uns que les autres raconte la vie difficile à Salmon Bay : Jo-Jo, le DJ de la seule radio locale et passionné de vélo, le personnage central sans être vraiment le principal, tout tourne autour d'un événement qui arrive à ce personnage ; un accident de vélo et de là découlent des allers-retours temporels par rapport à cet événement, l'histoire est étalée principalement sur cette journée fatidique. Les personnages gravitent autour de ça, Josh, un adolescent en colère, Angelic, une jeune fille qui se retrouve face à une grande responsabilité, Valérie, seule et n'assumant pas sa différence, Ray, le trafiquant local, Eli, l'ancien alcoolique, Auggie, le gentil garçon qui n'a jamais eu de petite amie, Happy et sa bonne humeur innocente, Marcy et Ed, un couple en perdition, Tiffany, la maire qui cherche à assumer ses racines face aux autres habitants, Dennis dit l'embrouille accumule les ennuis, Panika, la petite fille qui dessine des histoires dans la boue au couteau, Tyler, l'esquimau allergique au froid, Junior et sa passion ornithologique, Tim, empathique responsable de l'armée, Underwood, l'antipathique citadin… de tout âge et tout sexe, aussi différents et opposés puissent-ils être, ces personnages se retrouvent malgré tout unis face à cet événement qui approche : le déménagement. L'Etat américain a décidé de confier l'organisation de cette évacuation inévitable à l'armée, voilà des hommes en treillis et costumes de camouflage envahissant le village, étrangers à cette société. En attendant la barge qui scellera l'abandon de leur vie passée, une violente tempête s'approche du village accentuant davantage encore l'érosion des berges.
On parle donc ici des premiers réfugiés climatiques, d'un village de deux cents personnes qui devra être délocalisé, de catastrophe naturelle imminente, de réchauffement climatique, de fonte des glaces, des saumons qui ne remontent plus la Salmon River, de pergelisol devenu boueux et humide, des thèmes très actuels, des conséquences écologiques dramatiques et des êtres humains qui subissent sans pouvoir rien y faire. Des hommes et des femmes qui continuent de vivre normalement malgré un déménagement inévitable. Edward Island est dans toutes les pensées, mais Salmon Bay est dans tous les coeurs. Don Rearden rend hommage à cet Alaska isolé, parfois abandonné, mais profondément ancestrale et traditionnelle, qui malheureusement semble se perdre peu à peu. Il signe là une histoire de nature, mais surtout une histoire d'hommes, des destins, des vies liées, unies dans cette épreuve difficile, abandonner sa terre, son chez soi, pour construire une nouvelle vie à quelques dizaines de kilomètres de là. Et cette nature qui reprend ses droits, effraient, menacent. C'est fort, intense voire même haletant, qui succombera ? Qui survivra ? La mort rôde mais la vie et les croyances n'ont pas dit leur dernier mot… Une écriture rapidement envoûtante, passée les premiers paragraphes pouvant se révéler déroutant, emporté par la vague des mots intenses et si simples de l'auteur, on suit avec rythme et passion ses destins croisés non épargnés. C'est humain et beau.
En bref, un excellent roman humaniste que signe là Don Rearden, une oeuvre sur une thématique forte et actuelle qui laisse un frisson d'inquiétude une fois la dernière page tournée mais également une bouffée d'air frais issue des contrées Arctiques. Et comme disait Michel Fugain « C'est un beau roman, c'est une belle histoire… »
Je remercie Louve du forum Mort Sure et les éditions Fleuve pour ce magnifique partenariat.
Lien : https://songesdunewalkyrie.w..
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LeaTouchBook
  15 septembre 2015
Ayant eu une presse unanime pour le Présage du corbeau, il me fallait faire connaissance avec Don Rearden : Un dimanche soir en Alaska est un roman comme je les aime !
Premier point positif : la localisation de l'histoire. J'aime toujours autant les romans se déroulant aux États-Unis, c'est un pays qui m'interpelle, un pays à la richesse culturelle incroyable et dont certains territoires semblent encore inexplorés voire presque des no man's land. Dans ce roman l'auteur s'attache à raconter le quotidien d'un village avec sa culture, ses rites et habitudes inhérentes à une population qui est sur le point de disparaitre. L'Alaska est merveilleusement mis en avant par Don Rearden et pour vous convaincre je ne peux que citer un de mes auteurs favoris : "L'Alaska comme vous ne l'avez jamais vue". David Vann a parlé.
Deuxième point positif : les personnages. Voici une galerie de personnages uniques en leur genre, avec leurs défauts et leurs qualités, leurs secrets et leurs histoires , tous différents par leur âge, sexe et expérience mais avant tout : tous unis dans cette disparition attendue de leur village. Ce sont des personnes terriblement attachantes, en lien avec la nature, leur environnement. Des personnes qui vont devoir construire un nouveau chez-soi ailleurs... Des vérités seront mises à jour, des dernières épreuves seront à affronter, le lien unique qui unit chaque habitant continuera t-il à exister ?
Troisième point positif : une histoire qui est en lien direct avec l'actualité et qui possède une grande originalité. A une époque où la nature et la culture semblent être en parfaite dissociation, Don Rearden nous dépeint un village lié aux éléments, aux ancêtres, à la tradition. On se demande comment tout cela va se terminer , on s'attache autant à Salmon Bay qu'à ses autochtones.
En définitive, j'ai beaucoup aimé Un dimanche soir en Alaska et vous le recommande ardemment !
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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mediathequeguebwiller
  04 décembre 2015
Perdu en Alaska, le village de Salmon Bay, menace d'être englouti. La faute au réchauffement climatique selon d'éminents cientifiques. le gouvernement américain prend l'affaire au sérieux et ordonne le « déménagement » de la petite communauté. Sa population issue d'une tribu yupik obtient le statut de « réfugié climatique ». Une première. de quoi bouleverser le quotidien de ces esquimaux qui résistaient jusque-là tant bien que mal à un autre fléau en forme de bouteille de vodka… L'armée est sur le coup. Un fonctionnaire aussi zélé que méprisant semble avoir tout prévu. Mais en ce dimanche fatal, tout va basculer : un stupide accident de vélo ; une bavure militaire ; un naufragé à la dérivé ; des ados qui partent en vrille ; d'autres qui jouent les héros ; un rendez-vous romantique qui dévisse ; des secours qui tardent à venir ; la tempête qui menace… Et Don Rearden, sans jamais sombrer dans le tourbillon ambiant, de signer un thriller haletant où l'on passe du rire aux larmes.
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pchion
  01 décembre 2015
Très bonlivre. Passionnant d'un bout à l'autre. le procédé d'écriture peut dérouter dans les premières pages, mais il faut persévérer. L'art d'écrire un roman policier qui n'en soit pas un mais qui génère les mêmes tensions...
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