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Pierre Mac Orlan (Antécédent bibliographique)
ISBN : 2302005678
Éditeur : Soleil (27/05/2009)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Un homme vieillissant fait la lecture du roman de sa jeunesse. Il y évoque sa participation au monde des gentilshommes de fortune du XVIIIe siècle.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  17 décembre 2014
1718. A tout juste 14 ans, ce jeune breton orphelin vit dans la misère, entouré de vieillards obscènes, se nourrissant de tout ce qui bouge, aussi bien les mulots que les lézards. Tandis qu'une jeune paysanne lui apporte de quoi se nourrir convenablement, lui voudrait bien goûter autre chose que son pain. Mais, la jeune fille se refuse à lui. Pris d'un élan soudain, il l'étrangle pour avoir son dû. Se vantant auprès des bouseux de son geste, ces derniers veulent le livrer à la maréchaussée. Ne se doutant pas de la violence de son crime, il s'enfuit dans la nuit venteuse et pluvieuse...
C'est dans une auberge de Brest qu'il s'est fait oublier pendant un an. Il aide les servantes, bercé par les chants et les récits des marins. Un soir où il raconte sa mésaventure à l'un d'eux, celui-ci lui propose de rejoindre l'équipage de son navire. Heureux de pouvoir servir le Roi, il jubile déjà à l'idée de naviguer. Engagé comme mousse à bord de l'Etoile Matutine, il fait la connaissance de Mac Graw, en qui il découvrit un vrai père, et le capitaine George Merry...
Ce récit de Pierre Mac Orlan est somptueusement mis en image par Riff Reb's. Tourmenté par son passé, ce vieil homme qui, jadis, navigua en eaux troubles, se livre sans pudeur. L'on est pris dans les filets de cette vie agitée, riche en rencontres et en événements. L'on croise ici et là des boucaniers, des pirates, des marins cruels, sanguinaires et voleurs, un capitaine arrogant. De Brest à Porto Bello, l'épopée fut fantastique et dépaysante. Riff Reb's nous plonge dans un récit inquiétant et obscur, d'une force et d'une intensité incroyables. Porté par un trait puissant, une mise en page dynamique et des couleurs bichromatiques sombres, ce récit nous submerge totalement.
Bienvenue à bord de l'Etoile Matutine !
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Laurence64
  31 décembre 2012
Jambe de bois, check. Bandeau noir, check. Pilule contre le mal de mer, check.
Prête à appareiller, j'ouvre grand mes oreilles pour écouter les confidences de celui dont je ne saurai pas le nom. Il risque la potence à se conter ainsi.
Faut dire que commettre un meurtre à quinze ans pour savoir ce qui se cache sous les jupes des filles augure mal de l'avenir. Ce n'est pas du Souchon mais du Pierre Mac Orlan. On ne trébuche pas dans une cour de récré mais on glisse de bâbord à tribord parmi l'équipage de l'Etoile Matutine.
Et dire que j'avais décidé ne pas aimer les romans maritimes! Comme le disait ma grand-mère (déjà croisée dans un autre billet), avant de dire on n'aime pas, on goûte! Et gnagnagna… D'abord, je venais de goûter le loup des mers, mis en dessins par le même Riff Reb's. Et j'avais savouré (pas comme les blettes ou le cochon de lait).
En treize chapitres tout en bichromie, on désenchante avec un groupe d'hommes vivant ensemble nuit et jour, frottant leur existence à la violence. de superstitions en abordages, de recherche de trésors au partage de butins, les trognes de ces marins anarcho-capitalistes séduisent, répugnent mais jamais n'indiffèrent.
Parce qu'on est loin, très loin, des récits de piraterie conventionnels, l'embarquement dans le navire revient à mettre les pieds dans un fragment d'humanité qu'il aurait été dommage d'ignorer. A bord de l'Etoile Matutine est une histoire d'hommes.
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boudicca
  17 janvier 2015
« Welcome in hell, boys ! » C'est ainsi que le redouté capitaine George Merry accueille notre jeune narrateur qui, désormais âgé, prend ici la plume afin de relater sa jeunesse en mer à bord de « L'étoile Matutine ». Premier des trois ouvrages de Riff Reb's chez Noctambule (suivront « Le loup des mers » et « Hommes à la mer »), la bande dessinée propose une adaptation d'un texte de Pierre Mac Orlan consacré aux aventures de ceux que l'auteur appelle « les gentilshommes de fortune », hors-la-loi ou simples miséreux partis en mer à la recherche de gloire et de richesse. le récit est construit sous forme de petits épisodes nous en dévoilant chacun un peu plus sur tel ou tel personnage ainsi que sur les conditions de vie de ces brigands des mers. Et ce que l'on découvre n'est pas très gai. Mac Orlan brosse un portrait bien sombre de cette existence aventureuse et n'hésite pas à multiplier les scènes soulignant la cruauté, voire même la folie, de certains des personnages.
N'allez donc pas vous imaginez de braves pirates, forts et fiers, revendiquant leur liberté à la pointe de leur sabre et combattant avec honneur. Non, ici on a affaire à George Merry, capitaine dur et cruel n'hésitant pas à abandonner de jeunes prisonnières sur une île déserte. On a affaire à Mac Graw, sans doute le membre le plus civilisé et cultivé de l'équipage mais qui n'hésite pas à tuer pour une simple remarque. On a affaire à un narrateur qui, alors qu'il était enfant, n'hésita pas à tuer une jeune fille pour regarder sous ses jupes. Et il y a Monsieur de Marceau, et Meister et bien d'autres encore. Chaque chapitre lève un peu plus le voile sur la personnalité de chacun d'eux et certains sont particulièrement perturbants, à l'image de cette excursion nocturne dans un port ravagé par la peste et où la folie semble s'être emparée de la ville. L'ensemble du récit baigne ainsi dans une ambiance oppressante que viennent rehausser les graphismes de Riff Reb's dont les jeux sur les couleurs et les expressions des personnages sont tout bonnement stupéfiants.
Une belle occasion de découvrir la sinistre histoire de l'équipage de « L'étoile Matutine » et d'admirer les graphismes de Riff Reb's. Celui-ci semble d'ailleurs apprécier les textes de Pierre Mac Orlan puisqu'il en adaptera deux autres, deux nouvelles elles aussi plutôt tragiques, dans « Hommes à la mer » (« La Chiourme » et « Le Grand sud »)
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Arakasi
  02 février 2015
Vous voulez du forban romantique, des îles paradisiaques où dansent les jolies femmes et se balancent les cocotiers, d'héroïques batailles navales, de douces brises marines caressant les voiles apaisées des gréements ? Passez votre chemin : « A bord de l'Etoile Matutine » vous fera l'effet d'une giclée de boyaux en plein visage ! Soyons honnêtes, par rapport aux membres de l'équipage de l'Etoile Matutine, même les flibustiers du redoutable Capitaine Flint de Stevenson passeraient pour des enfants de coeur tout à fait sains d'esprit. C'est qu'il faudrait creuser rudement profond dans la tambouille de l'humanité pour parvenir à découvrir une bande de crapules aussi détraqués, vicieux et violents que les joyeux drilles du Capitaine George Merry. Même le narrateur, embarqué comme mousse à l'âge de quinze ans sur le navire pirate, est un vrai petit psychopathe. Pourquoi pensez-vous qu'il ait pris la mer ? Erreur judiciaire, goût de l'aventure, parents au bord de la famine ? Que nenni ! C'est parce que notre charmant puceau a étranglé une jeune paysanne qui avait refusé de lui montrer le dessous de ses jupes, crime dans l'adolescent n'a jamais éprouvé le moindre remord, à peine une vague déception. Ce qui se cache sous les jupes des filles n'était pas si intéressant que cela, tout compte fait…
C'est donc un monde bien particulier que celui de l'Etoile Matutine, un monde à part où toutes les perversions et les crimes sont permis, peuplé d'individualistes forcenés et souvent à peine plus intelligents que les requins auxquels ils ressemblent tant. Ici, on poignarde un homme pour une simple plaisanterie tout en pleurnichant sur la mort de quatre chiots, on viole femmes et enfants sans une arrière-pensée, on boit en un soir les gains de plusieurs mois, on blasphème Dieu et ses saints, mais on tremble dans le secret de son âme à l'idée des démons de l'Enfer qui viendront tôt ou tard nous chercher – un Enfer marin, bien entendu, rempli de squelettes de pauvres matelots taillés en pièces et de bateaux coulés.
C'est avec une évidente jubilation que Riff Reb's s'est attelé à dessiner ce défilé de sales gueules ravagées, de trognes aux yeux cruels et veules, rongées par l'abus d'alcool et de vices. Par le biais de petits détails graphiques et narratifs, il parvient même à les rendre parfois sympathiques, à révéler l'humain sous la brute, juste assez longtemps pour les prendre en pitié avant que la révulsion ne nous submerge à nouveau. Comme dans les opus suivants de sa trilogie consacrée à la mer, « le loup de mers » et « Hommes à la mer », Reb's excelle dans l'illustration des paysages marins, tous sublimes – qu'il s'agisse de tempêtes déchainées, d'îles couvertes de guano ou de mers étoilées par temps paisible – et contrastant avec l'atmosphère lourde, glauque et claustrophobique du récit. C'est très beau, très soigné et magnifiquement immersif. N'ayant pas lu le roman de base de Pierre Mac Orlan, je ne peux pas me prononcer objectivement sur la qualité de l'adaptation de Riff Reb's, mais, tel quel, son « A bord de l'Etoile Matutine » reste un très bel objet et une aventure passionnante à travers les océans et les recoins les plus noirs de l'âme humaine.
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jamiK
  16 janvier 2017
Je n'arrive pas trop à savoir ce que j'en pense. Il y a des éléments que j'adore, et d'autres qui me gênent,
Les dessins de bateaux sont magnifiques et on se sent embarqué dans l'ambiance des pirates, mais les personnages sont représentés de façon un peu comique, à la façon des Trolls de Troy, alors que le ton de l'histoire est grave, un peu morbide, inquiétant. Je trouve que ça ne colle pas tout à fait, le choix du style en bichromie est judicieux pour rendre l'histoire un peu rétro et mystérieuse, mais la technique est un peu trop léchée, l'emploi un peu trop systématique et fini par alourdir les planches. A la vue des quelques planches de croquis à la fin du livre et même de la couverture, je me dis qu'on aurait pu avoir avec le talent de Riff Reb's quelque chose de plus brut, moins lisse, et qui aurait mieux rendu service à l'oeuvre de Pierre Mac Orlan.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
marina53marina53   17 décembre 2014
Quand on est ignorant de tout, on ne désire rien.
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Videos de Riff Reb's (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Riff Reb's
Riff Reb's - Festival BD Pyrénées 2015
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